Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie

Couverture du livre « Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie » de Delphine Minoui aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021363029
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d'explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une... Voir plus

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d'explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d'exhumer des milliers d'ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

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Les derniers avis

  • 0.25

    « Les passeurs de livres de Daraya » est un essai passionnant sur un sujet compliqué.
    Je trouve qu'il complète « de l'ardeur » de Justine Augier, qui restait compliqué, qui se focalisait sur une personne en particulier. Pour le suivre, j'avais dû faire quelques recherches sur internet, me...
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    « Les passeurs de livres de Daraya » est un essai passionnant sur un sujet compliqué.
    Je trouve qu'il complète « de l'ardeur » de Justine Augier, qui restait compliqué, qui se focalisait sur une personne en particulier. Pour le suivre, j'avais dû faire quelques recherches sur internet, me forcer aussi à ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se passer pas si loin de chez moi.

    Ces 2 livres se complètent et aident le lecteur à ouvrir grand ses yeux sur le déroulement d'une guerre infâme, touchant les civils ou les résistants.

    Cet essai est plus touchant, plus humain je trouve. Nous sommes confrontés à des jeunes gens, qui combattent, qui ne' veulent pas quitter leur ville, Daraya, et qui un jour se mettent à récupérer des livres dans les décombres. Ils décident de faire une bibliothèque enfouie dans un immeuble loin des lignes de frappes.
    Des gosses pour la plupart, une vingtaine d'années, qui ne lisaient pas tant que ça avant la guerre et qui ont découvert dans la lecture l'espoir !
    J'ai été très surprise d'apprendre que leurs lectures favorites étaient les livres de développement personnels. C'est drôle et terrible à la fois. C'est merveilleux car lire un livre de développement personnel c'est miser sur l'avenir. C'est beau, touchant.

    Je me suis attaché à ces hommes, je me suis rendu compte plus que dans « de l'ardeur » de l'inertie du monde face aux atrocités commises en Syrie.

    Je lis des critiques qui se plaignent qu'on leur parle de la Syrie sans cesse et pourtant, il faut continuer ! Il faut ! On ne peut plus se permettre de dire « On ne savait pas ». Maintenant, avec notre société ultra connectée – et c'est d'ailleurs grâce à cette ultra-connexion qu'on peut lire cette histoire – nous sommes obligés de nous déciller.

    Ce livre nous y aide ! Les questions posées par Delphine Minoui à Ahmad – l'interlocuteur le plus présent - sont pertinentes, les réponses importantes.
    En fait ce livre est important, tout en restant agréable à lire.

    Le destin de cette bibliothèque et surtout de ces hommes et femmes de Daraya m'a serré le cœur.
    Je continuerai d'ouvrir grand les yeux, de m'abreuver de l'état du monde et c'est grâce à ce genre d'essai que je pourrai le faire !

    Un coup de cœur !

  • 0.2

    J’ai beaucoup hésité à mettre « je recommande » ou « j’ai adoré ». J’ai choisi la première. Absolument pas dans l’idée d’un classement pour une fois, mais dans un soucis de faire passer le message. Je recommande cette lecture pour savoir et ne pas faire comme si cela ne nous concernait pas. Je...
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    J’ai beaucoup hésité à mettre « je recommande » ou « j’ai adoré ». J’ai choisi la première. Absolument pas dans l’idée d’un classement pour une fois, mais dans un soucis de faire passer le message. Je recommande cette lecture pour savoir et ne pas faire comme si cela ne nous concernait pas. Je recommande cette lecture pour connaître l’horreur de ce qui se passe derrière les murs détruits de ces villes prises en otage par l’armée de Bashar Al-Assad. Je recommande cette lecture à toute personne désireuse de voir plus loin et de comprendre. Je recommande aussi cette lecture car c’est un hymne à la puissance du savoir, des livres et de la culture contre l’obscurantisme, la dictature et la violence. Enfin je recommande cette lecture car elle est porteuse d’espoir et est un devoir de mémoire pour tous ces combattants qui luttent par amour pour leurs pays.
    C’est l’histoire des jeunes rêveurs syriens et de toute une population qui pensaient faire changer leur pays avec des fleurs et des mots. La réplique a été terrible. Pendant 4 ans, les bombes barils, le gaz sarin, les roquettes, les coups de canon, les bombes incendiaires au napalm ont frappé Daraya… 4 ans de siège avec la faim au ventre et leurs livres qui les nourrissent et les sauvent de cet enfer, pour avoir oser se lever pacifiquement contre le régime de Bashar Al-Assad qui les qualifient de terroristes. Et ne doit-on pas détruire les terroristes à tout prix?
    A travers la plume de Delphine Minoui qui sera en contact pendant plus d’un an et demi avec Ahmad, Omar, Hussam ou Ustez via une connexion internet de fortune, on suit leurs vies entre les décombres, la mort constamment au dessus de leurs têtes qui les nargue…On voit que l’espoir, malgré la mauvaise rodeuse, reste toujours présent. On entend cette soif d’apprendre et de diffuser le savoir. On comprend leur envie de lutter pour vivre selon leurs idéaux.
    Je garderai ces quelques phrases échangées entre Ahmad, un des jeunes révolutionnaires et Delphine Minoui, qui résume tout :
    Delphine : C’est donc fini?
    Ahmad : Bien sur que non! On peut détruire une ville! Pas des idées!

  • 0.25

    Un document magnifique et poignant sur un lieu au service du savoir et de la philosophie pour contrer la guerre et le terrorisme, une bibliothèque secrète au coeur de la ville assiégée de Daraya. En plein chaos sous les bombes, des jeunes révolutionnaires syriens vont rassembler des livres...
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    Un document magnifique et poignant sur un lieu au service du savoir et de la philosophie pour contrer la guerre et le terrorisme, une bibliothèque secrète au coeur de la ville assiégée de Daraya. En plein chaos sous les bombes, des jeunes révolutionnaires syriens vont rassembler des livres découverts sous les ruines et constituer une véritable bibliothèque d'ouvrages arabes mais aussi occidentaux, de la poésie, des essais politiques, de la philosophie. J'ai découvert, à travers les échanges virtuels entre l'auteure journaliste et quelques-uns des activistes, un formidable projet pour résister grâce aux livres, à leurs idées et à leur espoir de liberté et de démocratie pour leur pays. Il s'agit ici d'un appel à la tolérance et d'un rejet total de l'islamisme radical et de la violence du régime de Bachar al-Assad.
    La bibliothèque est le point de départ et le fil rouge de ce document mais l'auteur nous raconte aussi le terrible siège de Daraya, la montée de la révolte pendant le Printemps arabe, les manifestations pacifistes et l'évacuation de la ville assiégée laissant la bibliothèque aux mains du régime. C'est très instructif sur la situation là-bas, je ne connaissais cette ville de la banlieue de Damas qu'à travers quelques photos de presse. Les différents intervenants sont très touchants et arrivent à insuffler une belle puissance au récit. Pour eux, les livres sont une porte ouverte vers la réflexion, une parenthèse entre les combats et un moyen de s'évader. Ils développent leur pensée grâce à la philosophie, ouvrent leurs horizons et échangent leurs idées dans cette enclave secrète et préservée.
    Mes mots ne seront pas assez justes et assez forts pour vous décrire mon ressenti par rapport à ce livre mais il est à mettre entre toutes les mains, à échanger et à faire connaître autour de nous pour que le combat de ces jeunes syriens ne soit pas vain. C'est un petit bijou et un énorme coup de coeur dans la catégorie « Documents » du prix des lectrices Elle 2018.

  • 0.2

    Attention livre essentiel!
    A Daraya, faubourg de Damas, Omar, Ahmad, Shadi et leurs amis, jeunes syriens rebelles au régime de Bachar el-Assad, ont créé une bibliothèque clandestine avec les ouvrages retrouvés dans les décombres de la ville.
    Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, a pu...
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    Attention livre essentiel!
    A Daraya, faubourg de Damas, Omar, Ahmad, Shadi et leurs amis, jeunes syriens rebelles au régime de Bachar el-Assad, ont créé une bibliothèque clandestine avec les ouvrages retrouvés dans les décombres de la ville.
    Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, a pu entrer en contact avec eux grâce à Internet.
    Dans cette ville qui a tenu un siège de 1 350 jours sous les bombes barils et le gaz sarin, ces combattants pacifistes vont lutter à coup de livres «armes d’instruction massive qui font trembler les tyrans».
    11.000 livres de littérature arabe et étrangère, de philosophie, de théologie vont être sauvés des gravats permettant aux habitants de lire sous les bombardements.
    Un témoignage rare, une histoire de résistance incroyable au cœur d’une ville syrienne abandonnée par le reste de la planète.

  • 0.25

    Un livre édifiant, dont il émane une grandeur et de l'espoir, et ce malgré le sujet abordé. En effet, de jeunes rebelles luttant contre le régime de Bachar Al Assad en Syrie, par les armes mais surtout par les livres. Ils décident de ramasser les livres trouvés dans leur ville réduite en...
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    Un livre édifiant, dont il émane une grandeur et de l'espoir, et ce malgré le sujet abordé. En effet, de jeunes rebelles luttant contre le régime de Bachar Al Assad en Syrie, par les armes mais surtout par les livres. Ils décident de ramasser les livres trouvés dans leur ville réduite en miettes, notent le nom de leur propriétaire, et créent une bibliothèque secrète. Cette bibliothèque permettra à ces jeunes hommes de se retrouver, de respirer, de s'oublier par le biais de la littérature. Un bel hymne à la littérature, arme contre l'obscurantisme.

  • 0.25

    C’eut été une fiction, ce récit m’aurait enchantée ; en effet l’idée d’une résistance menée par les livres, le savoir, la culture contre la tyrannie, la domination semble utopique voire saugrenue. Pourtant il s’agit d’un témoignage.
    Et là, je l’avoue ce livre est un choc, une vraie décharge...
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    C’eut été une fiction, ce récit m’aurait enchantée ; en effet l’idée d’une résistance menée par les livres, le savoir, la culture contre la tyrannie, la domination semble utopique voire saugrenue. Pourtant il s’agit d’un témoignage.
    Et là, je l’avoue ce livre est un choc, une vraie décharge puisque Delphine MINOUI témoigne de ses multiples échanges avec de jeunes syriens dans la ville assiégée et bombardée de Daraya (de 2012 à 2016). Jour après jour, en dépit des bombes, du danger, de la guerre ils ont amassé des livres retrouvés dans les maisons détruites pour les rassembler en une bibliothèque clandestine dans le sous-sol d’un immeuble. « Une forteresse de papier », rempart contre l’ignorance et la barbarie, à la fois subversive et apaisante.
    Au fil des mois Delphine MINOUI communique comme elle peut avec tous ces jeunes, textos, réseaux sociaux, skype, les liaisons sont brouillées mais sa promesse que ce témoignage rejoigne une bibliothèque et surtout sa ténacité permettront à ce récit de voir le jour.
    Jour après jour la lecture est une évasion, une résistance et un réconfort.
    Le récit se termine avec la fin du siège de Daraya, l’évacuation forcée des survivants et le saccage de leur bibliothèque par l’armée de Bachar al-Assad.
    J’ai eu le cœur serré, la vue brouillée et la rage au cœur constatant l’impuissance des Nations Unies, de l’occident en dépit des appels à l’aide et de la barbarie qui a sévit (gaz sarin, bombes barils, exécutions, blocus visant à empêcher le ravitaillement en denrées..).
    Je me souviendrai longtemps d’Omar, de Muhammad, d’Ustez, d’Ahmad et tous les autres. Ils resteront dans mes pensées et dans mon cœur.
    Nul doute que je vais me transformer bien modestement en passeuse de livre de ce récit édifiant et tellement plein d’humanité.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/12/les-passeurs-de-livres-de-daraya-de.html

    "Une page d'espoir dans le roman noir de la Syrie "

    J'ai lu ce livre il y a quelques semaines et ai été ravie d'apprendre ensuite qu'il avait été sélectionné pour le Grand Prix Elle.

    L'histoire se...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/12/les-passeurs-de-livres-de-daraya-de.html

    "Une page d'espoir dans le roman noir de la Syrie "

    J'ai lu ce livre il y a quelques semaines et ai été ravie d'apprendre ensuite qu'il avait été sélectionné pour le Grand Prix Elle.

    L'histoire se déroule à Daraya, une banlieue rebelle de Damas. Suite à la révolution de mars 2011 la population insoumise est assiégée depuis novembre 2012 dans une ville devenue fantôme. Sur les 250 000 habitants de Daraya, seuls 12 000 vivent encore là.
    Un jour, des jeunes gens découvrent des livres sous les décombres de la maison d'un directeur d'école. En récupérant des ouvrages sous d'autres maisons ils constituent un stock impressionnant de 15 000 livres, c'est ainsi que nait en décembre 2013 la bibliothèque secrète de Daraya, première bibliothèque de la ville qui va regrouper tous les livres récupérés sans aucune censure.

    Après avoir découvert sur internet une photo de deux hommes consultant des livres dans la bibliothèque de Daraya, Delphine Minoui, une jeune journaliste française, décide d'en savoir plus. A partir d'Istanbul où elle réside, elle interroge des jeunes activistes lors de dialogues virtuels sur Skipe, avec les bombes en fond sonore… et elle visionne des photos et des films. Leurs échanges vont se prolonger pendant quatre ans jusqu'à l'évacuation forcée de Daraya.

    Ces livres, "leurs armes d'instruction massive", regroupés dans la bibliothèque clandestine font trembler les tyrans et constituent à la fois un acte de résistance et de transgression.

    J'ai appris énormément de choses avec ce livre. J'ai été enthousiasmée par ce récit qui montre la soif de culture de ces jeunes qui cherchent à s'instruire par la lecture pour pallier au manque d'université alors qu'ils n'aimaient pas particulièrement lire avant la guerre, il est vrai que seuls des livres de propagande étaient autorisés par l'ancien régime, grâce à la bibliothèque secrète ils vont découvrir des philosophes jusqu'alors interdits. Ces jeunes trouvent aussi dans la lecture un moyen de s'évader de leur sinistre quotidien ou tentent simplement de rester humains... "Ouvrir la porte du savoir, s'échapper de la routine du conflit, sauver des archives du pays". Pour eux, sauvegarder tous ces livres est aussi une façon de sauver le patrimoine de Daraya.
    J’ai été émue d’apprendre que des combattants en embuscade lisent des livres téléchargés sur leur téléphone portable, que les jeunes qui fréquentent la bibliothèque recherchent aussi des livres de témoignages de gens qui ont vécu comme eux un siège comme à Sarajevo ou aiment lire des manuels de développement personnel.
    J'ai retrouvé chez les jeunes que Delphine Minoui interroge la même volonté de témoigner, le même souci de documenter qu'avait Razan dont Justine Augier a raconté l’histoire dans De l'ardeur : Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne
    Le conflit syrien sert de toile de fond au récit, on perçoit parfaitement l’enfer vécu au quotidien par la population et l’inertie internationale qui ne peut que nous révolter mais le conflit syrien n’est pas le sujet du récit, il n’est là que comme élément de contexte. Delphine Minoui signe ici un récit sur le pouvoir des livres dans des circonstances dramatiques, elle accumule de nombreuses phrases très fortes sur le pouvoir des livres et montre qu’ils peuvent sauver de la folie.
    Ce récit lumineux au magnifique titre, "Les passeurs de livres" beaucoup plus parlant pour moi que celui de "bibliothèque secrète de Daraya", raconte une histoire incroyable et délivre un formidable message d'espoir. Des livres comme bouclier contre l'obscurantisme, des livres comme rempart, des livres refuge de papier, des livres pour conjurer la faim…
    Delphine Minoui est une journaliste qui honore son métier. Finaliste du Grand Prix Elle 2018, elle ferait pour moi une parfaite lauréate.

  • 0.25

    Ou comment voir la guerre, la Syrie autrement…

    Grâce à Skype, WhatsApp et à des mails la grand reporter du Figaro communique depuis Istanbul avec des activistes insoumis de Daraya, ville située à 7 Km de Damas et en proie à la furie meurtrière du régime de Bachar el-Assad.
    Elle sera...
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    Ou comment voir la guerre, la Syrie autrement…

    Grâce à Skype, WhatsApp et à des mails la grand reporter du Figaro communique depuis Istanbul avec des activistes insoumis de Daraya, ville située à 7 Km de Damas et en proie à la furie meurtrière du régime de Bachar el-Assad.
    Elle sera détruite à plus de 90%.

    Ce document est un témoignage poignant d’une guerre in situ, un véritable hymne à la Liberté.
    La résistance par la Culture. La Littérature contre les bombes.
    Le symbole d’une lutte qui j’espère finira par cesser un jour…

    C’est une lecture terriblement fascinante que nous propose ici Delphine Minoui.
    Aussi dure qu’optimiste, qui prend aux tripes.

    Les lignes vous hanteront une fois le livre refermé.
    Il fait indéniablement partie des ouvrages qui marquent et resteront dans les mémoires.

    Mon billet complet sur https://arthemiss.com/les-passeurs-de-livres-de-daraya-de-delphine-minoui/

  • 0.25

    Damas, Alep, Homs, Raqqa, Palmyre… Des villes avec des quartiers entiers transformés en morceaux squelettiques, des champs de ruines à perte de vue, des immeubles fantômes et des milliers de vies qui ont été anéanties par les bombardements, les attentats, la torture, la famine…

    Depuis des...
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    Damas, Alep, Homs, Raqqa, Palmyre… Des villes avec des quartiers entiers transformés en morceaux squelettiques, des champs de ruines à perte de vue, des immeubles fantômes et des milliers de vies qui ont été anéanties par les bombardements, les attentats, la torture, la famine…

    Depuis des années, ce n’est plus une lutte pour vivre mais pour survivre. Et puis, il y a Daraya, ville des environs de Damas qui comptait plus de 75.000 habitants en 2007… Le 25 août 2012 a lieu un massacre de la part des forces gouvernementales, officiellement des représailles contre des terroristes. Pourtant les 1ères manifestations étaient pacifiques, des révolutionnaires offrant des fleurs aux soldats et réclamant seulement plus de démocratie, plus de liberté. Mais, le sort de milliers d’habitants fut plié, plus de 800 morts et un exode massif. Néanmoins, une poignée de vaillants combattants de la liberté est restée et, un jour, au milieu des décombres, ils dénichent une arme terrible, une arme capable de rassembler, une arme qui fait vivre, une arme qui suscite l’espoir, une arme sans bruit, sans odeur mais universelle, une arme qui fait battre les cœurs : un livre !

    Grâce à Internet et à ses contacts, une journaliste a eu vent de cette histoire incroyable. C’est Delphine Minoui, auteure de plusieurs ouvrages dont « Je vous écris de Téhéran », qui va se mettre en relation avec ces jeunes gens porteurs d’une énergie incroyable et raconte dans « Les Passeurs de livres de Daraya » cette épopée livresque au milieu des bombes. Un document absolument magnifique tant par sa puissance narrative que par l’engagement bouleversant de ces jeunes syriens.

    Ces jeunes gens, parfois blessés, parfois revenus de prison, qui vont jour après jour récolter des livres, les rassembler, les archiver, les ranger soigneusement dans un espace obscur, dans les entrailles d’une ville décharnée. Ils vont prendre soin de noter le nom du propriétaire sur chaque ouvrage, car pour eux, ils appartiennent à quelqu’un et devront être restitués quand la guerre sera finie. L’un des miracles dans ce pandémonium est que la plupart de ces adultes n’étaient pas des lecteurs mais soudainement ils puisent une force, trouvent une lumière en découvrant les récits d’Antoine de Saint-Exupéry avec son « Petit prince » ou de Paulo Coelho et son « Alchimiste ».

    Au fil des pages, on apprend que « la lecture est un refuge », qu’elle « aide à penser positivement et permet de chasser les idées négatives », que le livre est le meilleur des outils pour « s’évader, pour se retrouver, pour exister » et que lire est « un acte de transgression ».

    Dans cet enfer où se côtoient les barils d’explosifs, la prolifération de gaz toxiques, l’absurdité des convois humanitaires, l’hypocrisie des instances occidentales, il y a des hommes et des femmes qui trouvent le courage de créer une bibliothèque pour partager avec d’autres cette « mélodie de mots contre le diktat des bombes ».

    Des histoires touchantes comme celle de cet amour qui va naître via l’échange de livres et surtout l’empathie de l’auteure envers ces messagers de tous les espoirs, font de ce livre une bible livresque, une ode à la puissance de l’écriture, un arc-en-ciel de nuances d’espérance, une référence journalistique et une leçon d’humilité.

    Les livres comme arme d’instruction massive, les livres comme chant de la liberté, cette liberté que Paul Eluard voulait écrire partout, sur tous les murs. En refermant ce livre, j’ai aussi envie de crier : Syrie, j’écris ton nom ; peuple syrien, j’écris ton nom. En espérant que des mains se tendent vers les pages de la démocratie.

    http://squirelito.blogspot.fr/2018/01/une-noisette-un-livre-les-passeurs-de.html

  • 0.25

    « Au milieu du fracas, ils s'accrochent aux livres comme on s'accroche à la vie. Avec l'espoir des meilleurs lendemains. Portés par leur soif de culture, ils sont les discrets artisans d'un idéal démocratique. Un idéal en gestation, qui brave la tyrannie du régime. Qui défie, aussi, la brutalité...
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    « Au milieu du fracas, ils s'accrochent aux livres comme on s'accroche à la vie. Avec l'espoir des meilleurs lendemains. Portés par leur soif de culture, ils sont les discrets artisans d'un idéal démocratique. Un idéal en gestation, qui brave la tyrannie du régime. Qui défie, aussi, la brutalité des soldats au drapeau noir, destructeurs d'antiquités à Palmyre, auteurs du terrible incendie de la bibliothèque de Mossoul, en Irak en 2015. Des mercenaires de la paix face à la destruction prédicatrice. »

    Ma médiathécaire, cette vile tentatrice, a encore frappé, en me conseillant vivement de faire connaissance avec Les passeurs de livres de Daraya… Et quelle claque ! Ce que l'on nomme communément et pudiquement "la question syrienne" me tient énormément à coeur : j'ai été et demeure bouleversée par cette tragédie, par ces populations anéanties, par Alep, par Homps...

    Ce document , écrit par Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, et spécialiste du Moyen-Orient, colle à la peau de l’affreuse actualité, celle d’un pays en lambeaux, la Syrie, et plus particulièrement d’une ville martyre.

    Située dans la banlieue de Damas, Daraya a été la proie d’incessants bombardements qui l’ont détruite, isolant et affamant une population abandonnée et désespérée. Pour affronter l’horreur, la peur, le néant, le sang, la mort, la guerre et les privations, de jeunes syriens ont eu l’idée de créer une bibliothèque, un abri clandestin, une agora cachée, un lieu de résistance : les livres comme « armes d’instruction massive » contre les « armes de destruction massive »..

    Ayant découvert par hasard une photo de cet endroit secret, Delphine Minoui est entrée en contact avec ces jeunes, ceux-là même qui avaient vingt ans lors du Printemps Arabe. Ceux-là même, qui , face aux tirs des soldats du régime en place, ont répondu en leur offrant des bouteilles d’eau et des roses. Dès lors, témoigner est devenu pour elle une urgence, une nécessité.

    Du Petit Prince aux ouvrages de développement personnel, de l’Alchimiste aux grands penseurs du monde musulman, des livres prohibés par le le gouvernement aux poètes comme Mahmoud Darwich, ils luttent. Les yeux plissés pour affronter l’obscurité, ils se nourrissent en lisant. Un livre à la main, parfois sur la ligne de front, le baril de poudre pas loin, ils combattent pour la Liberté. Durant les quatre années que durera le siège, chaque lecture sera une fenêtre d’ouverture sur le Monde.

    Les passeurs de livres de Daraya est un témoignage d’une puissance rare. Les mots sont beaux, lumineux, intenses. Ils prennent au ventre, ils ramènent à la réalité, celle que l'on tait. Ils sont Espoir , Humanité et Lutte. Ils sont Halos dans le chaos.

    Vous l’aurez sans doute compris, cet essai est totalement transformé pour moi… C’est un immense coup de cœur, une lecture indispensable, un livre à posséder absolument, un hymne à la Liberté, une leçon de vie, une immense, immense claque, ainsi que je vous l’annonçais tout au début de cet article… Un seul mot d'ordre donc : lisez-le !!!

    « A l’ombre de la guerre, les phrases peuvent de nouveau vibrer. Elles sont la marque du temps qui reste quand tout est condamné à disparaître. Elles frémissent de tous ces mots, ceux de la sagesse, ceux de l’espoir, de la science, de la philosophie, qui résistent à la poudre d’explosif »

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