Delphine Minoui

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Avis (21)

  • Couverture du livre « Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie » de Delphine Minoui aux éditions Seuil

    Magali BERTRAND sur Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie de Delphine Minoui

    On ne peut pas mettre ce documentaire entre les mains d’une bibliothécaire et espérer qu’elle y demeure indifférente…
    J’ai été touchée, transportée, émue, sidérée, épatée…et tant d’autres choses à la lecture de ce témoignage hors norme qui justifie et anoblit à lui seul l’existence même de...
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    On ne peut pas mettre ce documentaire entre les mains d’une bibliothécaire et espérer qu’elle y demeure indifférente…
    J’ai été touchée, transportée, émue, sidérée, épatée…et tant d’autres choses à la lecture de ce témoignage hors norme qui justifie et anoblit à lui seul l’existence même de toutes les bibliothèques et bibliothécaires qui jalonnent le monde et son Histoire.
    Tenir par les mots, tenir pour les mots, tenir les mots pour conserver, malgré tout et au-delà de tout sa part d’humanité, même quand tout le reste fait défaut, quand il n’y a plus rien, ni nourriture, ni repos, ni certitude, en conserver une : je suis un être pensant, je lis donc je vis.
    La démarche de ces hommes, qui refusent de n’être que des guerriers ou des bêtes traquées, est non seulement insensée et admirable, elle est aussi porteuse d’une folie comme on n’ose plus en espérer dans ces régions matraquées par la guerre autant que par la pensée unique : l’espoir en l’homme, en son aptitude à grandir, à se construire, à prendre le risque d’être différent de ce qu’on attend de lui.
    Car ils ne se contentent pas de se faire les gardiens d’un temple de livres pieusement entassés, ils se veulent « passeurs », connecteurs, transmetteurs de savoirs et de compétences qui seront autant de leviers offerts à leurs semblables pour soulever avec obstination la chape de silence et d’hébétude dont, sans relâche, on veut les écraser.
    On les affame, ils se nourrissent de mots, on les assoiffe, ils s’abreuvent de connaissances nouvelles, on organise le blocus de leur ville, ils organisent des conférences, on rompt leurs contacts avec la ville voisine, ils se connectent avec le monde…
    C’est là que la démarche de Delphine Minoui prend toute sa force et mérite d’être saluée à sa juste valeur. Loin de s’accaparer le travail souterrain de ces hommes pour en faire un scoop journalistique, elle a su trouver sa juste place de témoin, de relai, pour devenir « passeur » à son tour, passeur de témoignage, passeur d’images et de visages, passeur d’identités, de lambeaux de vie arrachés à la mort et à l’oubli.
    Grâce aux échanges dont elle rend compte, grâce à ses mots et aux leurs, grâce à sa manière simple, directe, empreinte de respect et d’humanité, elle a fait sortir ces hommes intelligents et courageux du statut impersonnel de « rebelles », voire même d’anonymes « étrangers massacrés dans leur lointain pays en guerre ». Ils ont devenus Omar, Shadi, Abou el-Ezz, Ahmad, ils sont devenus « Les passeurs de livres de Daraya ».

  • Couverture du livre « Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie » de Delphine Minoui aux éditions Seuil

    Damien Riga sur Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie de Delphine Minoui

    J’ai reçu ce livre en cadeau et comme très souvent, j’ai un peu tardé avant de me plonger dedans. Je n’avais jamais lu d’ouvrage de Delphine Minoui qui n’en n’est pourtant pas à son premier livre. Quel plaisir se fut donc de découvrir l’une des plus belles invitations à la lecture qu’il m’ait...
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    J’ai reçu ce livre en cadeau et comme très souvent, j’ai un peu tardé avant de me plonger dedans. Je n’avais jamais lu d’ouvrage de Delphine Minoui qui n’en n’est pourtant pas à son premier livre. Quel plaisir se fut donc de découvrir l’une des plus belles invitations à la lecture qu’il m’ait été donné de lire !

    Sans s’y être rendue (l’auteure n’a pas pu obtenir de visa pour rencontrer les personnages dont elle relate l’histoire), elle parvient dès les premières pages à nous transporter en Syrie, aux côtés d’Ahmad, Omar, Shadi et Ustez qui se trouvent à Daraya, une ville de la banlieue Ouest de Damas. Les quatre opposants au régime de Bachar el-Assad y vivent complètement isolés et coupés du monde depuis plus de quatre ans. La ville, détruite à plus de 90% fin 2016, a subi pendant plus de quatre ans le pilonnage quotidien des forces armées loyalistes. Au travers d’un nombre incalculable de conversations via Skype, Whatspp ou encore les réseaux sociaux, Delphine Minoui, journaliste française est devenue la plume de ces combattants pacifistes.

    Le dénominateur commun de ces quatre protagonistes est qu’ils ont aménagé une bibliothèque clandestine au cœur d’un champ de ruines. Mais que peut-on lire en zone de guerre ? Que peut apporter la lecture quand on s’endort le soir sans savoir si on se réveillera le lendemain matin ? Les premières pages du livre s’avèrent optimistes. On découvre le quotidien, certes difficile des derniers habitants de Daraya, mais on découvre également l’espoir qui habite les quatre personnages. L’espoir, c’est peut-être le seul « reproche » qu’on peut leur faire. Celui d’avoir trop cru aux promesses d’un printemps arabe qui, transposé en Syrie, pays à l’organisation complexe, s’est heurté à des groupes islamistes et à un président que rien ne semble pouvoir arrêter. Ensuite, le récit prend un tournant difficile, les épisodes de bombardements s’intensifient et tout y passe : Napalm, bombes barils… La fin du récit n’est pas une surprise, la ville sera complètement évacuée fin 2016. Ce livre est terriblement touchant.

    On ne peut que saluer le travail de l’auteure qui est parvenue à relater avec un réalisme impressionnant le tragique destin de cette cité syrienne sans pour autant s’être rendue sur place. On peut également très facilement s’imaginer le stress vécu par la plume de cet ouvrage constamment dans l’attente de nouvelles des protagonistes. Un seul message pour les futurs lecteurs de cet ouvrage : faites circuler cette incitation à l’instruction massive au travers des livres !

  • Couverture du livre « Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie » de Delphine Minoui aux éditions Seuil

    Miss Marple sur Les passeurs de livres de Daraya ; une bibliothèque secrète en Syrie de Delphine Minoui

    Tache difficile que celle de faire la critique d'un tel livre !
    Poignant s'il en est, ce récit à la première personne par une journaliste française vivant en Turquie nous enfonce une fois encore dans l'enfer de la Syrie, je dirais une fois de plus.

    Pourtant ce livre est très personnel car,...
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    Tache difficile que celle de faire la critique d'un tel livre !
    Poignant s'il en est, ce récit à la première personne par une journaliste française vivant en Turquie nous enfonce une fois encore dans l'enfer de la Syrie, je dirais une fois de plus.

    Pourtant ce livre est très personnel car, l'auteur ne pouvant agit directement de là où elle se trouve pour aider les assiégés de Daraya, prisonniers de leur ville et des bombes d'Assad cinq années durant va les soutenir via internet et skype ou whatsapp.

    Dès le titre nous entrons directement dans le sujet : comment en temps de guerre, les livres peuvent ils prendre toute leur importance ?

    En fait nous comprenons vite qu'une fois découverte, cette bibliothèque de livres éparpillés dans la ville va permettre momentanément de sortir de l'enfer de la guerre, pour y replonger de force..les bombardements s’enchaînent .

    Les jeunes, peu enclins à lire en temps de paix, trouvent là un moyen de comprendre, d'apprendre ce qui n’était pas à leur portée auparavant. La littérature certes, universelle, européenne, le feel good ou les poèmes de Mahmoud Darwich mais la guerre et les privations sont trop présents pour eux..et pour nous..en fait les livres retrouvent vite leur vraie place..plus loin, ailleurs, et la guerre la sienne, partout !

    Voilà pourquoi, bien que ce livre soit facile à aborder, assez fourni en citations qui nous interpellent sur le moment, l'ensemble est assez décevant.. Peut être en attendais-je trop après le passage à La Grande Librairie.

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