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Le manteau de Greta Garbo

Couverture du livre « Le manteau de Greta Garbo » de Nelly Kaprielian aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

En décembre 2012, la garde-robe de l'icône la plus secrète de l'histoire du cinéma a été exposée durant trois jours, puis vendue aux enchères à Los Angeles. Huit cents pièces. Les vêtements d'une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ? Pourquoi Greta Garbo achetait-elle des... Voir plus

En décembre 2012, la garde-robe de l'icône la plus secrète de l'histoire du cinéma a été exposée durant trois jours, puis vendue aux enchères à Los Angeles. Huit cents pièces. Les vêtements d'une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ? Pourquoi Greta Garbo achetait-elle des centaines de robes alors qu'elle n'en portait aucune, ne se sentant bien que dans des tenues masculines ? S'habille-t-on pour se travestir et se mettre en scène dans un rôle rêvé ? Pour donner une image de soi acceptable ou démentir une place assignée ? Pour séduire ou pour déplaire ? Se fondre dans une société ou s'y opposer ? Quels désirs secrets et enfouis, quelles pulsions obscures et inavouables, fondent-ils notre goût, notre style ?

Et moi-même, pourquoi avais-je acheté, lors de cette vente, le manteau rouge de Greta Garbo, alors qu'il n'était pas mon genre ?

Ce qui devait être un essai s'est peu à peu mué en roman : les vêtements racontent ces fictions que sont nos identités, et donnent à lire les narrations, souvent mystérieuses, que sont nos vies.

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Articles (1)

  • Tendance : Quand les critiques littéraires deviennent romanciers
    Tendance : Quand les critiques littéraires deviennent romanciers

    Ils passent leur temps à distribuer la sentence suprême sur les ouvrages fraîchement sortis de presse. Quasiment un droit de vie ou de mort sur un roman, que les auteurs appréhendent avec une certaine fébrilité pour la plupart. Mais, ironie des rentrées littéraires, les critiques ne manquent pas d’écrire et, chaque année, certains se retrouvent sous le regard, plus ou moins bienveillant, de leurs confrères.

Avis (6)

  • J'ai tout d'abord été perturbé par l'aspect fragmentaire de ce roman et j'ai même eu très envie d'arrêter sa lecture. Puis, pour je ne sais quelle raison, j'ai été happée. En fait, Nelly Kaprièlian assemble à la fois des anecdotes, des réflexions mais également un récit dont elle est le...
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    J'ai tout d'abord été perturbé par l'aspect fragmentaire de ce roman et j'ai même eu très envie d'arrêter sa lecture. Puis, pour je ne sais quelle raison, j'ai été happée. En fait, Nelly Kaprièlian assemble à la fois des anecdotes, des réflexions mais également un récit dont elle est le narrateur. Le point de départ de ce livre est une vente aux enchères des vêtements de Greta Garbo lors de laquelle elle achète l'un des manteaux de la star. A partir de ce fait et de multiples anecdotes, Nelly Karpriélian tisse un passionnant récit autour du rapport du vêtement.

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  • Tout commence ce jour de décembre 2012 : Nelly Kaprièlian assiste à Los Angeles à la vente aux enchères de la garde-robe de Greta Garbo par ses petits-neveux, pour les besoins d'un article et d'un documentaire. «La garde-robe a été pulvérisée, éparpillée aux quatre coins du monde. Nous étions...
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    Tout commence ce jour de décembre 2012 : Nelly Kaprièlian assiste à Los Angeles à la vente aux enchères de la garde-robe de Greta Garbo par ses petits-neveux, pour les besoins d'un article et d'un documentaire. «La garde-robe a été pulvérisée, éparpillée aux quatre coins du monde. Nous étions dix dans la salle, rivalisant avec autant d’ordinateurs connectés au monde entier. Chacun de nous s’en ira avec un fragment du corps de la star qu’il aime, et qu’il s’est enfin approprié par la grâce d’un seul objet, petit fétiche donnant l’illusion de participer au grand tout de sa vie.» Nelly s'en ira avec un manteau rouge, sans doute très peu porté par Garbo, elle qui n'aimait réellement que les teintes sobres et discrètes, beige, gris, taupe, noir, blanc ou bleu marine. L'auteur est d'ailleurs fascinée par la quantité vertigineuse de robes alors même que « Garbo ne se sentait coïncider avec elle-même qu'enveloppée dans une peau masculine : pantalon, pull ou chemise, chaussures plates, trench ». Ce paradoxe déconcerte et interpelle, amenant un questionnement plus vaste sur les rapports qui unissent les êtres aux vêtements qu'ils portent – ou parfois qu'ils achètent seulement, choisissent, accumulent, contemplent sans jamais s'en vêtir…

    Peut-on face à la gigantesque garde-robe d'une star éteinte deviner ce que fut sa vie, peut-on apercevoir quelque chose de son intériorité, deviner son intimité ? Que révèlent d'une personne ses robes, ses manteaux, ses costumes ? Nelly Kaprièlian fait « le pari que la garde-robe d'une femme morte peut raconter sa vie et ses secrets, que chaque vêtement aurait le pouvoir de nous ouvrir une porte sur une facette de sa personnalité ».

    Mais que tentait de (re)trouver Garbo en collectionnant autant de tenues qu'elle ne portait pas ? Était-ce son ancien statut d'actrice avec tous ses changements de costumes et de rôles ? Parcourait-elle les multiples facettes d'une personnalité complexe et paradoxale, tout à la fois « féminine et masculine, [...] décontractée et glamour, taciturne et hilarante, obsédée par la macrobiotique mais fumant deux paquets de cigarettes par jour, sportive mais portée sur l'alcool » ? À moins que Garbo ne se soit constitué une « citadelle de vêtements […] pour adoucir une vie trop brutalement exposée »… Ou qu'en « première femme moderne », bisexuelle assumée, elle n'ait voulu affirmer son affranchissement à l'égard de la gent masculine, de ces hommes surtout qui veulent modeler les femmes selon leurs fantasmes, les dépossédant d'elles-mêmes pour les posséder davantage.

    Et toutes ces personnes venues à la vente aux enchères, que viennent-elles chercher ? Plus profondément encore, que représente l'achat, compulsif ou réfléchi, d'un vêtement – et plus encore le vêtement de quelqu'un d'autre, d'une actrice disparue – ?

    Se mêlent dans ces interrogations une réflexion sur l'identité – le jeu de cache-cache entre son identité réelle et celle dont on rêve – et, pour l'auteure, une réflexion sur son histoire familiale, marquée par le génocide arménien, la fuite en France, l’enfance pauvre en banlieue, l’incertitude du statut de transfuge de classe, le divorce des parents. Dès lors, le vêtement serait une façon de donner corps aux absents, de s'assurer de sa propre existence.

    "Jouir du trouble d'être enfin soi-même, d'avoir réconcilié ses deux parts de soi : son corps réel avec le rêve, son corps trivial avec son image idéalisée."

    Loin d'être linéaire, le récit de Nelly Kaprièlian, tout à la fois très personnel et peuplé de stars, est fait de multiples petites digressions, anecdotes, extraits d'interviews, citations… d'acteurs et actrices, de stylistes, de couturiers, d'écrivains, de chanteurs et chanteuses. C'est parfois passionnant, parfois déroutant, parfois importun avec le désagréable sentiment d'une accumulation d'occurrences relatives à quelques mots-clés.

    Néanmoins, l'aspect "mosaïque" de ce roman est aussi ce qui en fait son style, original, et son intérêt particulier, obligeant le lecteur à parcourir ces chemins de traverse pour interroger son propre rapport au vêtement, à l'apparence et, au-delà à son identité.

    "L'écriture seule, pour décrypter ce rapport au vêtement par lequel tout semblait transiter, s'éclairer, du rapport à l'autre en passant par les classes sociales et l'impossible ascension, les masques et l'identité, le désir d'être une autre […] – l'écriture seule, donc, pouvait tenir lieu de fil d'Ariane dans ce labyrinthe du travestissement qu'était devenue la vie, où la frivolité était bien plus grave qu'on ne le croyait."

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  • Toutes les circonvolutions autour des stars du cinéma, de la littérature ou de la mode s'avèrent pertinentes autant la partie autobiographique m'a semblé un poil plus irritante. Nelly Kaprièlan se décrit sans fioriture mais surtout sans recul. On sent bien qu'elle évolue dans un monde à part,...
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    Toutes les circonvolutions autour des stars du cinéma, de la littérature ou de la mode s'avèrent pertinentes autant la partie autobiographique m'a semblé un poil plus irritante. Nelly Kaprièlan se décrit sans fioriture mais surtout sans recul. On sent bien qu'elle évolue dans un monde à part, artistique et bourré de fric. Ses amants, qu'elle retrouve à Londres ou à New York, dans des chambres d'hôtel de luxe, qui lui font confectionner des tailleurs sur mesure chez d'excellents tailleurs à Savile Row projettent sur elle une image de poupée de luxe un peu déplaisante. Du coup ses considérations autour du vêtements apparaissent un peu comme un sport intellectuel pour personnes favorisées, clivant le propos à l'extrême. C'est un peu la bobo parle aux bobos.
    Alors quand on est un pauvre provincial qui n'a pas la chance de prendre le thé avec Dita Von Teese au bar du Ritz, on grappille un peu de cette prose intelligente, on slalome entre toutes ces interrogations pertinentes et vitales pour ceux qui zonent dans un cercle où l'on croise Brett Easton Ellis ou Sofia Coppola mais l'on reste un peu en retrait.
    Nelly Kaprièlan écrit bien, réfléchit avec grâce, glose avec dextérité autour du vêtement, peau de rechange, miroir déformant ou surinformant de notre personnalité. C'est brillant comme un feu d'artifice éclatant dans tous les sens. J'en ai eu plein les mirettes et le cerveau malgré cette suranbondance désordonnée. J'ai surligné des passages, relu d'autres et je conserverai ce livre car il est bourré de références.

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  • En décembre 2012, la narratrice, l’auteure elle-même bien que le livre soit appelé «roman» (subterfuge paraît-il plus vendable), achète la robe rouge de Greta Garbo. Les cent première pages sont une suite de digressions autour de l’interprète de la Reine Christine ou de Ninotchlka, bien sûr,...
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    En décembre 2012, la narratrice, l’auteure elle-même bien que le livre soit appelé «roman» (subterfuge paraît-il plus vendable), achète la robe rouge de Greta Garbo. Les cent première pages sont une suite de digressions autour de l’interprète de la Reine Christine ou de Ninotchlka, bien sûr, mais aussi d’autres actrices (sans que l’on comprenne bien pourquoi), notamment apparues chez Hitchcock. Nelly Kaprièlian, responsable des pages livres aux Inrockuptibles, se plaît aussi à abondamment parler d’elle, interviewant Machin, croisant Machine au Ritz, rencontrant unetelle chez untel, etc., ce qui n’est pas du plus vif intérêt (on croirait du BHL). A la page 100, dans le magasin Decades sur Melrose à Los Angeles (excusez du peu), elle essaie un trench corolle porté par Dita Von Teese que, finalement, elle n’achète pas.

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    • Michel Paquot le 26/08/2014 à 13h47

      Nelly Kaprièlian aurait mieux fait de s’abstenir de présenter son premier livre comme un roman pour en assumer le caractère autobiographique. D’autant plus que, comme critique livres (aux Inrockuptibles), elle n’ignore pas que tous les éditeurs usent et abusent de ce subterfuge qui, paraît-il, fait vendre (?). Cela aurait-il sauvé son entrée en littérature? Ce n’est pas sûr tant on a du mal à comprendre l’objet de ce bouquin, et donc l’intérêt. Que veut-elle nous dire? Qu’elle aimait Greta Garbo et qu’elle a été désolée de la vente aux enchères de ses vêtements en décembre 2012, au point d’acheter son manteau rouge, «alors qu’il n’était pas [son] genre» tient-elle à préciser (cela ne vous rappelle rien? Mais oui, mais oui, l’auteure est critique littéraire). Les réflexions sur l’actrice d’origine suédoise constituent les morceaux les plus intéressants de récit (les seuls, en fait). Les digressions vers d’autres actrices hollywoodiennes (chez Hitchcock, évidemment), on n’en voit guère l’intérêt. Quant à aux passages où l’auteure parle d’elle sont souvent pénibles par la façon dont elle se met en scène en agrémentant ses souvenirs de détails mondains - elle croise Dita Von Teese «en robe noir Roland Mouret» au Ritz, elle rencontre Ingrid Caven chez Jean-Jacques Schuhl, elle essaie une «second look dress» dans le magasin Decades sur Melrose à Los Angeles, etc.- qui déforce totalement le propos. Un propos qui a son intérêt mais qui aurait mérité d’être abordé avec plus de simplicité et de sobriété. Comment ce livre va-t-il être reçu, quand on connaît la place qu’occupe son auteure dans le paysage médiatico-littéraire parisien, notamment au Masque et la Plume sur France Inter où elle se montre régulièrement impitoyable? Wait and see.

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    J'ai le sentiment de lire un ensemble de documents plus qu'un roman, c'est très fragmentaire et sans réelle narration linéaire, avec des biographies très documentées sur diverses personnes connues, des citations, entrecoupés de beaucoup de questions et des pensées...
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    Rendez-vous de la page 100

    J'ai le sentiment de lire un ensemble de documents plus qu'un roman, c'est très fragmentaire et sans réelle narration linéaire, avec des biographies très documentées sur diverses personnes connues, des citations, entrecoupés de beaucoup de questions et des pensées (souvent existentielles) de la narratrice. Et à la page 100, on parle proportionnellement assez peu de Greta Garbo...

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    Le thème du livre ne devait pas être ma tasse de thé : Greta Garbo dont je ne connaissais que le nom et sa garde-robe riche de huit cent pièces inestimables. Peu au fait du cinéma des années 1920 et 1930 et n'étant pas attirée par la mode en général, le livre...
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    Rendez-vous de la page 100

    Le thème du livre ne devait pas être ma tasse de thé : Greta Garbo dont je ne connaissais que le nom et sa garde-robe riche de huit cent pièces inestimables. Peu au fait du cinéma des années 1920 et 1930 et n'étant pas attirée par la mode en général, le livre semblait me promettre un ennui mortel, surtout étant au prime abord annoncé comme un essai. Finalement, au départ, la surprise est agréable : l'écriture, fluide, offre une réflexion et une histoire qui dépeint, au travers de vêtements, la femme qu'était Greta Garbo et celle qu'est la narratrice. Pourtant, à peine quelques pages plus loin, la lourdeur se fait sentir. Les références sont multiples, le terme essai s'impose dangereusement. Puis cela s'atténue. Puis revient. Espérons que la suite sera différente…

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    • Millie Sydenier le 25/08/2014 à 12h33

      Plus documentaire que livre, plus essai que roman, Le manteau de Greta Garbo survole du début à la fin le mythe Garbo, sa garde-robe unique et fascinante. Résultat : difficile de trouver quelque chose de fascinant dans ce roman. Le livre consiste en une succession de citations, de références parmi lesquelles il est bien souvent difficile de trouver le lien qui les unit. De Greta Garbo, nous en saurons peu, trop peu. De son fameux manteau, presque rien. L'impression de se noyer dans une liste de références persiste tout au long du livre. La lourdeur s'enchaîne à quelques passages d'une agréable fluidité. Les faits sont trop nombreux, trop décousus pour qu'on ne perde pas le fil de… l'histoire ?
      On ne niera pas la solide culture de l'auteure mais était-ce le meilleur moyen de la mettre en valeur ? Au détriment de l'écriture ? Car si le récit entier est un assemblage de textes piochés et recollés, les quelques passages romancés écrit par la main de l'auteure laisse présager une écriture simple, plaisante que, malheureusement, nous ne faisons qu'entrapercevoir ici. Alors doit-on la remercier de ne pas avoir fait une énième biographie ? Difficile à dire puisque ici, les vêtements, les garde-robes, prennent le pas sur celle qui devait être le point central du livre.
      Le livre de Nelly Kaprièlian est un fourre-tout, un kaléidoscope de bribes d'enfance, de morceaux choisis de la vie de l'actrice et d'autres de l'auteure. Si la première partie est volontairement culturelle dans le sens le plus strict du terme puisqu'on y croise les grands noms de la mode, du cinéma et même, un peu, de la littérature, la deuxième partie nous embarque sans transition vers le génocide arménien, traumatisme passé qui toucha de plein fouet la famille de l'auteure. Quelques pages de récit avant de réembarquer dans une déblatération d'anecdotes. L'enchaînement de tous ces courts paragraphes donnent l'impression de lire un carnet de pensées, ces quelques lignes que l'on jette sur une feuille pour ne pas les oublier et qu'on ne prend jamais le temps d'organiser. Mais quel est le fil rouge ? Où se cache le lien qui réunit toutes ces brides dépareillées ?
      Il est dommage de découvrir une auteure qui préfère faire parler les autres, qui ne prend pas sa place d'auteure. Polluée par de trop vastes citations, Nelly Kaprièlian ne parvient pas à nous embarquer dans son univers puisque d'univers, il n'y en a pas.

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