La théologie mystique

Couverture du livre « La théologie mystique » de Jean-Pierre Camus aux éditions Millon
  • Date de parution :
  • Editeur : Millon
  • EAN : 9782841371464
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Lorsqu'il publie à Paris en 1640 sa Théologie Mystique, Jean-Pierré Camus, évêque de Belley, a déjà accompli une oeuvre foisonnante: romans dévots, prédications, homélies, traités de spiritualité.
S'il devait être au XVIIe siècle une figure du baroque, sans doute serait-ce la sienne, par le... Voir plus

Lorsqu'il publie à Paris en 1640 sa Théologie Mystique, Jean-Pierré Camus, évêque de Belley, a déjà accompli une oeuvre foisonnante: romans dévots, prédications, homélies, traités de spiritualité.
S'il devait être au XVIIe siècle une figure du baroque, sans doute serait-ce la sienne, par le métissage de ses écritures, l'inventivité de son style, la mouvante raison de son argument. Dans le paysage que dessinent la mystique de son temps, et les héritages dont elle procède, les concepts d'anéantissement, de pauvreté, de mise à nu de soi-même, définissent les reliefs les plus âpres, les cheminements les moins aisés.
Camus, disciple de François de Sales, y voit des âmes en grand danger d'illusions, et dénonce les pièges qui feraient passer pour divins des épanchements d'amour-propre. Mais si la doctrine des " passivités " des grands mystiques - Ruusbroec, Tauler, Harphius - suscite tant son courroux, c'est de lui sembler faire obstacle au déploiement de la volonté d'amour, qui s'énonce déjà loi d'amour pur. Ainsi tente-t-il de sauvegarder, dans son absolue soumission à l'amour, l'homme comme acteur de sa propre " élection ", qui signe aussi le temps de sa désappropriation.
Pour Camus, il n'est de théologie mystique - pour autant que ces termes ne soient pas inconciliables - que sous condition d'un sujet présent au monde, et maître de sa volonté. Recueillement n'est pas abandon, silence n'est pas sommeil de l'âme, contemplation n'est pas " désoeuvrement " d'un esprit sans ombre. En chacun des " discours " qui composent cet ouvrage, Camus écrit un plaidoyer pour une assomption de la banalité de l'homme, sa transfiguration.
Dans la quotidienneté du réel, la surprise d'un surréel qui prend l'homme en son anonymat, et le porte à son nom. Au verso de toute créance et croyance, l'expérience spirituelle pourrait bien s'accomplir comme poétique des simples vertus.
D. Vidal

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