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La fièvre

Couverture du livre « La fièvre » de Sebastien Spitzer aux éditions Albin Michel
Résumé:

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d'un mal fulgurant, un homme s'écroule et meurt. Il est la première victime d'une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.

Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l'homme qui vient de mourir... Voir plus

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d'un mal fulgurant, un homme s'écroule et meurt. Il est la première victime d'une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.

Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l'homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d'homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c'est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.

Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.

Dans ce roman inspiré d'une histoire vraie, Sébastien Spitzer, prix Stanislas pour Ces rêves qu'on piétine, sonde l'âme humaine aux prises avec des circonstances extraordinaires. Par delà le bien et le mal, il interroge les fondements de la morale et du racisme, dévoilant de surprenants héros autant que d'insoupçonnables lâches.

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Avis (14)

  • Un écrivain que je suis et que j'ai découvert grâce à 68premiéresfois et à la lecture de ce troisième roman, je n'ai pas été déçue.
    Publié, à propos, ce livre, "la fièvre" est un écho saisissant face à notre pandémie actuelle et à ce que nous vivons actuellement.
    L'auteur l'a préparé et écrit...
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    Un écrivain que je suis et que j'ai découvert grâce à 68premiéresfois et à la lecture de ce troisième roman, je n'ai pas été déçue.
    Publié, à propos, ce livre, "la fièvre" est un écho saisissant face à notre pandémie actuelle et à ce que nous vivons actuellement.
    L'auteur l'a préparé et écrit avant l'arrivée de ce satané virus sur notre planète. Son texte est très romanesque, bien qu'il parte de faits réels (découvert grâce à une chanson d'Elvis Presley, natif de Memphis). Il nous raconte l'arrivée de la fièvre jaune à Memphis en 1878, à travers l'itinéraire de plusieurs personnages.
    Memphis en 1878, quelques années après la guerre de Sécession (1861-1865), une ville qui se reconstruit, se structure et qui vit encore avec le souvenir douloureux du passé. L'esclavage a été aboli, le nord et le Sud s'est unifié. Les noirs affranchis essaient de se trouver une place dans la société, les blancs ont l'impression d'avoir perdu leur suprématie et c'est le début du mouvement terrible du KKK.
    Plusieurs personnages jalonnent ce texte.
    Il y a Keathing, rédacteur en chef du journal de la Vile, très proche du KKK et qui haï le nouveau maire, qui vient du Nord (!!).
    Emmy, une jeune métisse de 13 ans, qui vit avec sa mère qui est toujours servante d'une riche famille blanche qui vit dans la belle maison au bout de l'allée et qui attend le retour de son père blanc, Billy, un petit escroc, qui a dû fuir la ville mais qui a promis de revenir. Il va rentrer mais être l'une des premières victimes de cette épidémie.
    Il y a Anne Cook, la tenancière du bordel de la ville, qui connaît bien les hommes et leurs qualités et défauts, qui va transformer son bordel en hôpital.
    T Brown, ancien esclave et devenu barbier. Il va reprendre son uniforme de la guerre et devenir le chef de la milice lors de l'épidémie et va protéger la ville des émeutes..
    Il y a aussi deux médecins, un apprenti du journal, une prostituée qui est restée, les bonnes soeurs qui s'occupent de l'orphelinat.
    La fièvre va arriver en ville, et l'épidémie va se propager : que faire, fuir, fermer la ville, décréter ce que l'on appelle des gestes barrières (un incessant son de cloche du fossoyeur rythme les journées).
    Mais chaque personnage va affronter ce fléau à sa manière, le journaliste va se transformer face à la maladie, à l'amour, la tenancière va transformer son bordel en hôpital...
    Un sacré roman, qui se lit d'une traite et qui foisonne de personnages (touchants, agaçants, polyvalents) et des scènes qui restent en mémoire (cette fuite vers la gare pour quitter la ville, ce face à face entre habitants de la ville et ses émeutiers qui se sont réfugiés dans la forêt, ce son de cloche du fossoyeur..).
    Malgré ce sujet terrible, un plaisir de lecture et un sacré écho avec ce que nous vivons actuellement.

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  • En 1878, dans un Sud américain qui n’a pas encore digéré la victoire des Yankees et l’abolition de l’esclavage, plusieurs cas de fièvre jaune sont confirmés à Memphis. Prise de panique, la population tente massivement de fuir, prenant littéralement d’assaut le dernier train en partance. Les...
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    En 1878, dans un Sud américain qui n’a pas encore digéré la victoire des Yankees et l’abolition de l’esclavage, plusieurs cas de fièvre jaune sont confirmés à Memphis. Prise de panique, la population tente massivement de fuir, prenant littéralement d’assaut le dernier train en partance. Les habitants restés dans la ville désertée, désormais coupée du monde et livrée à la violence et au pillage, tâchent, avec les moyens du bord, de faire face à l’hécatombe. Tandis qu’une milice composée d’hommes noirs prend la défense des lieux, et que la maquerelle Annie Cook transforme sa maison close en hôpital, l’ardent suprémaciste blanc Keathing, patron du journal local, est amené à réviser ses convictions racistes et moralistes.

    Ecrit par coïncidence juste avant la pandémie du Coronavirus qui lui donne une résonance toute particulière, ce roman s’inspire des épidémies de fièvre jaune qui, par trois fois, ont frappé la ville de Memphis dans les années 1870, alors qu’on ignorait la responsabilité du moustique dans la propagation de cette maladie mortelle. Rythmé par des phrases courtes et crépitantes, le récit est haletant. Il entraîne sans répit le lecteur dans l’impitoyable succession d'évènements à laquelle doivent faire face les personnages.

    Pour ces derniers, cette terrible crise devient l’occasion de profondes transformations, Blancs et Noirs se retrouvant pour une fois à égalité face à l’adversité. Soudain, la valeur d’hommes noirs s’affiche en pleine lumière au travers de leur courage et de leur détermination, tout comme la vaillance et les qualités humaines de femmes dites de mauvaise vie – ces autres esclaves, cette fois du commerce des corps -, quand quantité de gens bien pensants, à commencer par la rigide mère supérieure du couvent de la ville, s’illustrent par leur lâche irresponsabilité.

    Preuve que, souvent, seules les crises savent enfanter le changement, cette histoire qui renverse les rôles établis est une jolie démonstration de l’inanité des préjugés et de la gravité des intolérances, souvent cachées derrière des principes de morale autorisant la bonne conscience. Coup de coeur.

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  • Une histoire vraie qui nous plonge dans les Etats-Unis, post-guerre de Sécession, en 1878 à Memphis sur fond d'esclavage et de Ku Klux Klan. La grande histoire c'est celle d'une épidémie de fièvre jaune qui s'abat sur la ville provoquant la mort de plus de 5000 personnes. La petite histoire...
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    Une histoire vraie qui nous plonge dans les Etats-Unis, post-guerre de Sécession, en 1878 à Memphis sur fond d'esclavage et de Ku Klux Klan. La grande histoire c'est celle d'une épidémie de fièvre jaune qui s'abat sur la ville provoquant la mort de plus de 5000 personnes. La petite histoire c'est celle de trois personnages confrontés à la tragédie en cours et à l'envie de survivre face à l'épidémie et aux pillages.
    Sébastien Spitzer parvient à parfaitement nous plonger dans cette ambiance de panique généralisée à travers les premiers cas mortels et les réflexes humains : fuite, peur, volonté de survivre, perte de son côté humain, solidarité.

    On s'attache également aux trois personnages : Anne Cook, la tenancière d'un bordel, Keathing, le responsable du journal local et Emmy, la petite fille qui attend inlassablement le retour de son père.
    La plume de l'auteur est fluide proposant des chapitres assez courts, allant d'un personnage à un autre.

    J'ai également beaucoup aimé les explications médicales en fin de livre qui nous rappelle que cette histoire a réellement existé et qui nous montre que les épidémies sont souvent dévastatrices.
    Une lecture à découvrir !

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  • J'ai découvert Sébastien Spitzer avec son premier roman "Ces rêves qu'on piétine" sur la glaçante Magda Goebbels; ce fut un vrai coup de coeur que je n'ai pas oublié; c'est donc sans hésitation que j'ai continué avec "Le coeur battant du monde" sur la face cachée de Karl Marx et la révolution...
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    J'ai découvert Sébastien Spitzer avec son premier roman "Ces rêves qu'on piétine" sur la glaçante Magda Goebbels; ce fut un vrai coup de coeur que je n'ai pas oublié; c'est donc sans hésitation que j'ai continué avec "Le coeur battant du monde" sur la face cachée de Karl Marx et la révolution industrielle et aujourd'hui avec "La fièvre".
    Cette fois, nous sommes à Memphis, dans le sud des Etats-Unis, en juillet 1878, une dizaine d'années après la fin de la Guerre de Sécession mais les esprits sont loin d'être apaisés. le racisme est profondément ancré, attisé par le Ku Klux Klan qui lynche, viole, tue en toute impunité. Les Noirs subissent une violence physique et sociales extrêmes sur fond d'exploitation du coton, qui fait la richesse de la ville.
    Et soudainement, la fièvre jaune apparaît et se répand rapidement, tuant ceux qui en sont atteints car on ne sait pas d'où elle vient et encore moins la traiter. C'est alors la panique, un sauve-qui-peut généralisé. Nous suivons trois personnages qui n'auraient jamais dû se rencontrer, que tout oppose et dont les destins vont s'entremêler : Anna Cook, tenancière du bordel de la ville, femme puissante et indépendante, Keathing, le directeur raciste du Memphis Daily, le journal local et Emmy, jeune métisse de 13 ans qui vit seule avec sa mère noire aveugle et qui attend le retour de son père blanc.
    Sébastien Spitzer décrit très bien ce qu'une grave crise peut révéler de chacun en pire ou en meilleur, comment la peur peut déshumaniser. Son écriture est palpitante, vivante, fiévreuse; on se croirait dans cette ville surchauffée, au milieu de ces gens paniqués.
    Ce que j'aime chez cet auteur c'est qu'il réussit brillamment à insérer du romanesque dans une page d'Histoire très bien documentée, chaque fois complètement différente de la précédente, sans que celle-ci n'en devienne lourdement didactique. Je passe à la fois un très beau moment de lecture tout en apprenant agréablement.

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  • À l'origine de ce troisième roman, La fièvre, il y a eut le fou rire d’Elvis Presley lors d'un concert en août 1969. Désireux de savoir pourquoi le King a éclaté de rire sur scène et ne pouvant se dépêtre de son habit de journaliste, Sébastien Spitzer a effectué des recherches. En lisant une...
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    À l'origine de ce troisième roman, La fièvre, il y a eut le fou rire d’Elvis Presley lors d'un concert en août 1969. Désireux de savoir pourquoi le King a éclaté de rire sur scène et ne pouvant se dépêtre de son habit de journaliste, Sébastien Spitzer a effectué des recherches. En lisant une biographie qui était consacrée au chanteur, il a découvert que Memphis avait été touchée par une épidémie qui a tué plus de cinq mille de ses habitants et complètement ruiné son économie. Une recherche en amenant une autre, l'auteur a voulu savoir précisément ce qu'il s'était passé l’été 1878. La fièvre a balayé le King.

    La fièvre nous transporte quelques années après la fin de la Guerre de Sécession et l'abolition de l'esclavage, à Memphis. La fièvre jaune y décima en quelques jours une grande partie de la ville. Cette épidémie va pousser les memphisiens à révéler leur véritable nature. D'aucuns vont l'affronter avec courage et rester pour aider les malades, d'autres vont s'empresser de fuir et se comporter en parfait égoïste. Les plus valeureux ne seront pas forcément ceux que l'on croit. Une petite métisse épileptique désespérément à la recherche de son père, le directeur du journal local, le Memphis Daily, raciste notoire et membre du Ku Klux Klan et la tenancière du bordel de la ville vont se battre pour sauver ce qui pourra encore l'être. Ensemble, ils transformeront ce lieu de débauche en hôpital de fortune. Ailleurs un ancien esclave qui était rejeté de tous, va organiser la défense et le sauvetage de Memphis.

    Si l'épidémie est le fait générateur du troisième roman de Sébastien Spitzer, l'auteur s'attache davantage à mettre en avant le comportement des Hommes face à cet évènement dramatique. Le courage des uns contrebalance la lâcheté des autres. La fièvre est un roman admirablement documenté, la plume de Sébastien Spitzer et son talent de conteur nous transportent d'une crise sanitaire à une autre ce, pour notre plus grand plaisir.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2020/12/mon-avis-sur-la-fievre-de-sebastien.html

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  • L’histoire se déroule en 1878 dans la ville de Memphis. Une fièvre fulgurante et mortelle, sorte de Covid 19 de l’époque, frappe les habitants, qu’ils soient noirs ou blancs. C’est une réalité historique : en 1878, la fièvre jaune a décimé plus du tiers de Memphis.
    L’esclavage a été abrogé...
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    L’histoire se déroule en 1878 dans la ville de Memphis. Une fièvre fulgurante et mortelle, sorte de Covid 19 de l’époque, frappe les habitants, qu’ils soient noirs ou blancs. C’est une réalité historique : en 1878, la fièvre jaune a décimé plus du tiers de Memphis.
    L’esclavage a été abrogé mais la ségrégation raciale fait rage dans cette ville sudiste.
    Cette épidémie va exacerber les tensions entre les habitants et révéler leur noirceur ou, au contraire, leur grandeur d’âme

    Le premier à succomber à cette fièvre est le père d’Emmy, ce père qu’elle attend depuis des années et qu’elle ne reverra pas. Emmy a treize ans, elle est métisse et sa mère, aveugle et noire, travaille pour une riche famille.
    Keathing, proche du Ku Klux Klan et directeur du journal de la ville, reste à son poste, tout comme Anne Cook qu’on surnomme Poppy, et qui est à la tête de la maison close la plus réputée de la ville.
    Sous la plume alerte de l’auteur, on voit se tisser les destinées de ces personnages si disparates au gré d’une épidémie qui bouleverse les codes. La maison close deviendra un hôpital grâce au dévouement de Poppy, et Emmy y trouvera refuge. L’auteur ne nous épargne rien, il sonde la noirceur des âmes au plus profond mais sait faire jaillir la grâce de l’abnégation au milieu du chaos.

    Ce roman est passionnant, haletant et bien documenté. La mentalité de l’époque est bien rendue et les personnages ont une réelle consistance.
    Histoire parfaitement maîtrisée dans un contexte historique passionnant, le tout servi par un style puissant et fluide, et vous comprendrez que j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman

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  • 3ème livre de Sébastien Spitzer, « La fièvre » est le 1er que je lis de lui. Belle couverture et titre attirant.
    En résonance avec l’actualité que nous traversons, l’histoire est basée sur un fait authentique qui a eu lieu en 1878.
    Dans le sud de l’Amérique où la ségrégation est encore de...
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    3ème livre de Sébastien Spitzer, « La fièvre » est le 1er que je lis de lui. Belle couverture et titre attirant.
    En résonance avec l’actualité que nous traversons, l’histoire est basée sur un fait authentique qui a eu lieu en 1878.
    Dans le sud de l’Amérique où la ségrégation est encore de mise, à Memphis précisément, la fièvre jaune va décimer une grande partie de la ville en quelques semaines. La ville va se vider et les pillards vont arriver.
    Face au drame, des personnages aux extrêmes de la société vont se révéler.
    Il y a d’abord cette héroïne, Anne Cook, tenancière du bordel de la ville qui va montrer sa force et son courage et transformer son établissement en hôpital.
    Puis Keathing, le patron du journal local a les idées bien arrêtées sur les relations blancs/noirs (il est d’ailleurs membre du Ku Klux Klan) dont la vision du monde va se fissurer.
    Et enfin, T. Brown un ancien esclave qui va monter une milice pour protéger la ville du pillage.
    Au cœur du roman, ces trois-là vont se « sacrifier », tout donner pour tacher de s’en sortir.
    J'ai passé un bon moment en leur compagnie, à suivre leur évolution face à l'épidémie. Le texte est captivant, bien équilibré, bien écris. Plaisir assuré.

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  • Même dans les familles les plus aimantes et les mieux intentionnées, il est parfois difficile de trouver sa place au cœur de certaines fratries. C’est un peu l’impression que j’ai eue en découvrant, dans la décidément très riche Rentrée Albin Michel, « La fièvre », dernier roman de Sébastien...
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    Même dans les familles les plus aimantes et les mieux intentionnées, il est parfois difficile de trouver sa place au cœur de certaines fratries. C’est un peu l’impression que j’ai eue en découvrant, dans la décidément très riche Rentrée Albin Michel, « La fièvre », dernier roman de Sébastien Spitzer, dont la visibilité a été littéralement soufflée par les Buveurs de vents de Franck Bouysse, cadet bien implanté, et chahutée par Les évasions particulières de Véronique Olmi, brillante petite dernière, tandis qu’Amélie Nothomb suit son train de sénateur d’aînée indépendante. C’est injuste et fort dommage pour ce roman qui, s’il n’a pas l’éclat juvénile et inoubliable de « Ces rêves qu’on piétine », a le mérite de m’avoir réconciliée avec son auteur grâce à de jolies qualités que je ne retrouvais pas dans le précédent.
    D’une plume fluide, altière, enthousiaste et colorée, Sébastien Spitzer nous entraîne à Memphis, ville du Sud à peine remise de la guerre de Sécession et de la victoire du Nord. Il nous en dépeint les habitants, ségrégationnistes par habitude, méfiants par réflexe, cruels par atavisme. Ici, on ne mélange ni les torchons et les serviettes, ni les blancs et les noirs, ni les gens respectables et ceux qui le sont moins. Mais l’épidémie qui s’abat sur cette grande ville en quête de prospérité va mettre à mal l’ordre établi et décimer sans distinction toutes les strates de la population, balayant à l’aveugle rêves, ambitions, mensonges et vérités, croyances et certitudes, sous la vague brûlante d’une fièvre avide de dévorer ses proies. Et comme on s’est attaché à leurs pas et à leur quête, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’Emmy, la jeune métisse qui guette son père, Anne Cook, la flamboyante patronne du lupanar local, Keathing, le rédacteur en chef du journal local et T.Brown, le géant chef des miliciens, en réchappent pour mieux rebâtir leur vie et leur ville.
    Que les suspicieux se rassurent, si les auteurs sont parfois visionnaires et semblent flairer dans l’air du temps les ambiances à venir, s’il est question d’épidémie, de contagion galopante et de fuite devant l’ennemi invisible mettant la moitié d’un continent à genoux, si les échos de notre actualité semblent résonner entre des lignes écrites en amont de notre propre histoire, le dépaysement est bien là et l’intérêt de mollit pas.
    J’ai retrouvé dans « La fièvre » le brillant et foisonnant raconteur d’histoire qui avait su me passionner pour le récit à la fois intime et historique dont il s’est fait l’étendard, et c’est avec bonheur et impatience que j’en ai regagné l’univers à chacun de mes retours entre ses pages. Alors, thank you, Mister Spitzer, for give me fever !

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