Sebastien Spitzer

Sebastien Spitzer

Sébastien Spitzer. Après l’IEP, il a effectué son service militaire au SGDN (Renseignement militaire) au sein du pôle Affaires internationales et stratégiques (Soudan, Afghanistan). Il est journaliste et a travaillé pour Jeune Afrique, CAPA TV, Marianne, Arabies….

Sébastien Spitzer est le lauréa...

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Sébastien Spitzer. Après l’IEP, il a effectué son service militaire au SGDN (Renseignement militaire) au sein du pôle Affaires internationales et stratégiques (Soudan, Afghanistan). Il est journaliste et a travaillé pour Jeune Afrique, CAPA TV, Marianne, Arabies….

Sébastien Spitzer est le lauréat du Prix Stanislas 2017 pour "Ces rêves qu'on piétine" son premier roman paru aux éditions de l'observatoire.

Crédit photo : Thibault Puyfontaine

Articles (3)

Avis (51)

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    Couverture du livre « Le coeur battant du monde » de Sebastien Spitzer aux éditions Albin Michel

    Nicole Grundlinger sur Le coeur battant du monde de Sebastien Spitzer

    Décidément, Sébastien Spitzer semble fasciné par les relations filiales compliquées. Son premier roman, Ces rêves qu'on piétine mettait en lumière la terrifiante situation de Magda Goebbels, épouse d'un haut responsable nazi et fille honteuse de Richard Friedländer, juif, qu'elle refusera de...
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    Décidément, Sébastien Spitzer semble fasciné par les relations filiales compliquées. Son premier roman, Ces rêves qu'on piétine mettait en lumière la terrifiante situation de Magda Goebbels, épouse d'un haut responsable nazi et fille honteuse de Richard Friedländer, juif, qu'elle refusera de sauver du destin promis par le régime qu'elle soutient. Cette fois, le ressort sur lequel s'appuie l'auteur est également un fait réel : Karl Marx, réfugié à Londres dans les années 1860 a eu un fils bâtard, écarté secrètement à la naissance. Secret très bien gardé, comme l'explique la postface, notamment par l'Union soviétique très désireuse de préserver l'image de son grand homme. Matière idéale pour le romancier qui s'en empare ici avec un plaisir perceptible au fil des pages. Car le sujet ne suffit pas à faire un bon roman. Il faut du souffle, l'envie de tisser des histoires, de l'amour pour ses personnages, de l'empathie aussi. C'est ce que l'on trouve dès les premières lignes qui vous emportent immédiatement. C'est parti pour une immersion haletante, pleine de fureur et de tendresse !

    Il y a d'abord ce Londres de 1860, capitale de l'Empire le plus puissant du monde où se côtoient la réussite et la misère la plus totale, à l'image du pays tout entier. La révolution industrielle bat son plein, les règles du capitalisme amplifient les inégalités. Les irlandais fuient la famine et luttent contre le joug anglais. Charlotte fait partie de ceux-là. Elle débarque à Londres sans un sou, enceinte et la tête rasée après avoir vendu ses cheveux, son dernier bien. Un formidable concours de circonstances va la mettre sur la route d'un médecin plutôt arrangeant qui jouera un rôle primordial dans ce qui conduira à l'adoption du petit Freddy, issu des amours adultères de Marx. Carambolage de destins, non sans une bonne dose d'ironie. Le personnage de Marx que nous présente l'auteur n'a pas grand-chose pour plaire. Incapable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il dépend entièrement de sa femme et d'Engels. Hautain, imbu de lui-même, il vit surtout en contradiction totale avec les idéaux qu'il prêche et pour lesquels il est pour l'heure condamné à l'exil et à la clandestinité. Bientôt, la crise économique couve dans le pays, l'industrie textile souffre de la pénurie de coton liée à la guerre de Sécession aux Etats-Unis, les esprits et les corps s'échauffent...

    Voilà pour le contexte. A partir de là, Sébastien Spitzer compose un formidable roman, totalement addictif, qui nous plonge avec une étonnante facilité dans cette Angleterre victorienne à l'atmosphère palpable que ne renierait pas une Anne Perry. Le souffle romanesque transcende la trame historique, attache le lecteur à chaque personnage, à commencer par la courageuse Charlotte, sans oublier tous les seconds rôles qui contribuent aux couleurs de la fresque. J'ai une tendresse particulière pour les deux femmes qui partagent la maison d'Engels, mais... je n'en dis pas plus. Par contre, ce dont il faut parler, c'est la force, la colère qui couve entre les lignes face au système, à la dictature de l'argent qui écrase et tue les plus faibles. Chaque plongée dans l'Histoire est toujours utile pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons ; le rôle de l'Angleterre à l'époque était considérable et cela m'a toujours fascinée. J'aime lire les romanciers britanniques, du 19ème siècle et les plus contemporains et j'avoue que je suis assez bluffée par l'exercice de Sébastien. J'ai lu à quelques jours d'intervalle son roman et celui de Jonathan Coe, Le cœur de l'Angleterre (amusant ces deux cœurs, non ?) et j'ai trouvé captivantes et troublantes ces immersions anglaises qui se font écho à bien des égards à 150 ans de distance.

    En refermant ce roman, je me suis dit que Sébastien Spitzer avait réussi le même exploit que Pierre Lemaître avec Au revoir là-haut : une fresque foisonnante, aussi instructive que divertissante, qu'il serait fort réducteur de classer dans les romans historiques tant son propos est intemporel. Je ne peux que lui souhaiter le même destin...

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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    Couverture du livre « Le coeur battant du monde » de Sebastien Spitzer aux éditions Albin Michel

    La Bibliothèque de Juju sur Le coeur battant du monde de Sebastien Spitzer

    La couverture et cet enfant.

    Il y a quelque chose qui m'appelle. Tout de suite.

    J'ai débuté ce livre et ne l'ai jamais lâché jusqu'à la dernière page.

    Nous sommes à Londres dans les années 1860. Nous partons à la rencontre de personnages hautement romanesques, à la Dickens, et tellement...
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    La couverture et cet enfant.

    Il y a quelque chose qui m'appelle. Tout de suite.

    J'ai débuté ce livre et ne l'ai jamais lâché jusqu'à la dernière page.

    Nous sommes à Londres dans les années 1860. Nous partons à la rencontre de personnages hautement romanesques, à la Dickens, et tellement attachants qu'on ne peut se résoudre à les quitter. Si certain des héros de ce livre sont purement fictifs, d'autres ont réellement existé.

    A travers le destin du fils caché d'un certain Karl Marx, nous rencontrerons Charlotte, cette mère de substitution qui m'a ému tout au long du livre, un personnage de femme forte et fragile à la fois. Une héroïne. Une vraie. A elle-seule, elle justifie la découverte de l'ouvrage.

    Ce livre se lit d'une belle traite. Un souffle romanesque comme je les aime emporte en permanence le lecteur vers le chapitre suivant, vers la suite d'une belle épopée.

    Un roman sur la différence, sur des personnages pas si manichéens qu'on pourrait le croire au premier abord. Un roman qui nous plonge tête la première dans une époque, où les avancées techniques se font au détriment de ces hommes et de ces femmes qui se tuent littéralement à la tâche.

    Sébastien Spitzer est un conteur moderne. Humaniste et passionnant. Je suis complètement sous le charme. Il nous offre un roman palpitant et tellement passionnant que vous ne le lâcherez pas. Entre vérités historiques et rebondissements romanesques, le plaisir est là à chaque instant.

    Un livre qui se lit comme on palpite. Un coeur battant. Ce coeur qui bat à la lecture de cette histoire passionnante. de ce monde qui se bat là dans les poitrines de ceux qui veulent changer les choses, de ceux qui se résignent. de ceux qui se débattent de toutes leurs forces.

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    Couverture du livre « Le coeur battant du monde » de Sebastien Spitzer aux éditions Albin Michel

    Gerry sur Le coeur battant du monde de Sebastien Spitzer

    Voici un ouvrage qui se lit bien, avec une histoire intéressante, avec une réalité sociale de l'époque bien décrite.
    On a envie d'en savoir plus sur le devenir des personnages principaux ... bien qu'il s'agisse encore d'un roman avec, pour certains, des personnes ayant réellement existé.

    Voici un ouvrage qui se lit bien, avec une histoire intéressante, avec une réalité sociale de l'époque bien décrite.
    On a envie d'en savoir plus sur le devenir des personnages principaux ... bien qu'il s'agisse encore d'un roman avec, pour certains, des personnes ayant réellement existé.

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    Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

    Magali Bertrand sur Ces rêves qu'on piétine de Sebastien Spitzer

    Choisir d’évoquer un personnage historique n’est jamais anodin. Choisir un personnage tel que Magda Goebels l’est probablement moins encore : on ne s’attelle pas sans danger à cette période de l’Histoire, surtout dans ce camp-là, dans ce cercle-là.
    Sébastien Spitzer, pour son premier roman,...
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    Choisir d’évoquer un personnage historique n’est jamais anodin. Choisir un personnage tel que Magda Goebels l’est probablement moins encore : on ne s’attelle pas sans danger à cette période de l’Histoire, surtout dans ce camp-là, dans ce cercle-là.
    Sébastien Spitzer, pour son premier roman, prend ce risque insensé, le risque de l’humain frotté sans ménagement au mythe, à l’horreur ultime, à la réalité telle qu’on croit la connaître, telle qu’on la suppose, telle qu’on la devine. C’est osé, c’est gonflé, c’est casse-gueule…et c’est magnifique !
    On piétine ces rêves au pas cadencé d’une longue marche qui semble avancer sur deux colonnes, l’une dans la douleur retrouvée de la fuite d’Egypte, l’autre au pas de l’oie. Leur point commun, leur improbable point de jonction, c’est cette femme, Magda, dont le destin fut lui-même traversé de deux lignes antagonistes, reniement aveugle et fidélité obstinée, jusqu’à l’infaisable, jusqu’à l’indicible.
    Les mots, pourtant, ont toute leur place et toute leur force dans ce roman, cette « chaîne de mots » qui remonte ligne à ligne, pas à pas, mot à mot, mort à mort du ventre de l’enfer aux ruines de la folie, ces mots repoussés en même temps qu’une filiation reniée, ces mots étouffés pour ne pas faire de bruit et exister à peine dans un monde inhospitalier.
    Pour mieux leur donner corps et poids, Sébastien Spitzer bouscule la syntaxe, laboure les champs linguistiques et en exhume des formes oubliées ou inventées, tord la langue pour la faire sienne…parfois dans la douleur. C’est probablement ce qui a créé ce léger malaise en moi et empêché le coup de cœur pour ce roman pourtant dévoré. Le travail évident, tangible, intéressant au reste, mais peut-être encore trop visible qui pèse sur la lecture et se glisse imperceptiblement entre l’émotion et le lecteur. Néanmoins, je n’ai aucune crainte : quand un premier roman atteint ce degré d’exigence, nul doute que les suivants tendent à l’excellence…

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