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La fièvre

Couverture du livre « La fièvre » de Sebastien Spitzer aux éditions Albin Michel
Résumé:

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d'un mal fulgurant, un homme s'écroule et meurt. Il est la première victime d'une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.

Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l'homme qui vient de mourir... Voir plus

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d'un mal fulgurant, un homme s'écroule et meurt. Il est la première victime d'une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.

Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l'homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d'homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c'est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.

Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.

Dans ce roman inspiré d'une histoire vraie, Sébastien Spitzer, prix Stanislas pour Ces rêves qu'on piétine, sonde l'âme humaine aux prises avec des circonstances extraordinaires. Par delà le bien et le mal, il interroge les fondements de la morale et du racisme, dévoilant de surprenants héros autant que d'insoupçonnables lâches.

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Avis (16)

  • 3ème livre de Sébastien Spitzer, « La fièvre » est le 1er que je lis de lui. Belle couverture et titre attirant.
    En résonance avec l’actualité que nous traversons, l’histoire est basée sur un fait authentique qui a eu lieu en 1878.
    Dans le sud de l’Amérique où la ségrégation est encore de...
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    3ème livre de Sébastien Spitzer, « La fièvre » est le 1er que je lis de lui. Belle couverture et titre attirant.
    En résonance avec l’actualité que nous traversons, l’histoire est basée sur un fait authentique qui a eu lieu en 1878.
    Dans le sud de l’Amérique où la ségrégation est encore de mise, à Memphis précisément, la fièvre jaune va décimer une grande partie de la ville en quelques semaines. La ville va se vider et les pillards vont arriver.
    Face au drame, des personnages aux extrêmes de la société vont se révéler.
    Il y a d’abord cette héroïne, Anne Cook, tenancière du bordel de la ville qui va montrer sa force et son courage et transformer son établissement en hôpital.
    Puis Keathing, le patron du journal local a les idées bien arrêtées sur les relations blancs/noirs (il est d’ailleurs membre du Ku Klux Klan) dont la vision du monde va se fissurer.
    Et enfin, T. Brown un ancien esclave qui va monter une milice pour protéger la ville du pillage.
    Au cœur du roman, ces trois-là vont se « sacrifier », tout donner pour tacher de s’en sortir.
    J'ai passé un bon moment en leur compagnie, à suivre leur évolution face à l'épidémie. Le texte est captivant, bien équilibré, bien écris. Plaisir assuré.

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  • Même dans les familles les plus aimantes et les mieux intentionnées, il est parfois difficile de trouver sa place au cœur de certaines fratries. C’est un peu l’impression que j’ai eue en découvrant, dans la décidément très riche Rentrée Albin Michel, « La fièvre », dernier roman de Sébastien...
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    Même dans les familles les plus aimantes et les mieux intentionnées, il est parfois difficile de trouver sa place au cœur de certaines fratries. C’est un peu l’impression que j’ai eue en découvrant, dans la décidément très riche Rentrée Albin Michel, « La fièvre », dernier roman de Sébastien Spitzer, dont la visibilité a été littéralement soufflée par les Buveurs de vents de Franck Bouysse, cadet bien implanté, et chahutée par Les évasions particulières de Véronique Olmi, brillante petite dernière, tandis qu’Amélie Nothomb suit son train de sénateur d’aînée indépendante. C’est injuste et fort dommage pour ce roman qui, s’il n’a pas l’éclat juvénile et inoubliable de « Ces rêves qu’on piétine », a le mérite de m’avoir réconciliée avec son auteur grâce à de jolies qualités que je ne retrouvais pas dans le précédent.
    D’une plume fluide, altière, enthousiaste et colorée, Sébastien Spitzer nous entraîne à Memphis, ville du Sud à peine remise de la guerre de Sécession et de la victoire du Nord. Il nous en dépeint les habitants, ségrégationnistes par habitude, méfiants par réflexe, cruels par atavisme. Ici, on ne mélange ni les torchons et les serviettes, ni les blancs et les noirs, ni les gens respectables et ceux qui le sont moins. Mais l’épidémie qui s’abat sur cette grande ville en quête de prospérité va mettre à mal l’ordre établi et décimer sans distinction toutes les strates de la population, balayant à l’aveugle rêves, ambitions, mensonges et vérités, croyances et certitudes, sous la vague brûlante d’une fièvre avide de dévorer ses proies. Et comme on s’est attaché à leurs pas et à leur quête, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’Emmy, la jeune métisse qui guette son père, Anne Cook, la flamboyante patronne du lupanar local, Keathing, le rédacteur en chef du journal local et T.Brown, le géant chef des miliciens, en réchappent pour mieux rebâtir leur vie et leur ville.
    Que les suspicieux se rassurent, si les auteurs sont parfois visionnaires et semblent flairer dans l’air du temps les ambiances à venir, s’il est question d’épidémie, de contagion galopante et de fuite devant l’ennemi invisible mettant la moitié d’un continent à genoux, si les échos de notre actualité semblent résonner entre des lignes écrites en amont de notre propre histoire, le dépaysement est bien là et l’intérêt de mollit pas.
    J’ai retrouvé dans « La fièvre » le brillant et foisonnant raconteur d’histoire qui avait su me passionner pour le récit à la fois intime et historique dont il s’est fait l’étendard, et c’est avec bonheur et impatience que j’en ai regagné l’univers à chacun de mes retours entre ses pages. Alors, thank you, Mister Spitzer, for give me fever !

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  • Sébastien Spitzer raconte l'épidémie qui a frappé le Sud des États-Unis en 1878. Le parallèle avec la pandémie de 2020 est saisissant et prouve une fois de plus la capacité des romanciers à saisir l’air du temps.

    Si Sébastien Spitzer n'aime rien tant que varier les plaisirs et les époques, il...
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    Sébastien Spitzer raconte l'épidémie qui a frappé le Sud des États-Unis en 1878. Le parallèle avec la pandémie de 2020 est saisissant et prouve une fois de plus la capacité des romanciers à saisir l’air du temps.

    Si Sébastien Spitzer n'aime rien tant que varier les plaisirs et les époques, il sait aussi plonger dans l'Histoire pour se rapprocher des thématiques très actuelles. «Ces rêves qu’on piétine», son premier roman couronné de plusieurs prix, dressait un portrait saisissant de Magda Goebbels et posait tout à la fois la question du mal, de la maternité et du devoir de mémoire. «Le cœur battant du monde», en retraçant la rencontre entre Karl Marx et Friedrich Engels dans un Londres qui s'industrialisait à grande vitesse, était aussi une réflexion sur l'éthique et le capitalisme. Avec ce troisième roman, il nous entraine aux États-Unis au sortir de la Guerre de Sécession. Les chapitres initiaux vont nous présenter un esclave affranchi rattrapé par des membres du Ku-Klux-Klan et pendu en raison de sa couleur de peau, Emmy une jeune fille qui fête ses treize un jour de fête nationale et qui espère le plus beau des cadeaux, que son père qui vient de sortir de prison regagne le domicile familial. Mais à bord du Natchez qui vient d'accoster au ponton, elle ne peut l’apercevoir. Enfin, l'auteur nous invite à Mansion House, l'un des bordels les mieux soignés de Memphis où les douze pensionnaires jouissent d'un peu de liberté mais restent sous la surveillance attentive d'Anne Scott, la tenancière française de cette maison des bords du Mississipi. Ce matin, au réveil, alors qu'elle entend fêter le 4 juillet par un bal costumé, ses plans sont contrariés par la découverte d'un client mal en point. Et les premiers soins qu’elle prodigue ne semblent guère le soulager.
    Puis nous faisons la connaissance de Keathing, le patron du Memphis Daily, qui entend profiter de la fête nationale pour imprimer son plus gros tirage. Il espère que dans l'attente du feu d'artifice on passera le temps à lire son édition du 4 juillet 1878.
    C'est alors que deux drames se produisent quasi simultanément. Emmy constate une agitation inhabituelle autour du Natchez censé transporter son père. Les passagers sont sommés de regagner le navire tandis qu'un homme est évacué sur une civière. C’est alors que le malade de Mansion House est pris de folie. Il se précipite tout nu vers la rivière avant de s'écrouler en pleine rue. Deux cadavres et un même diagnostic: la fièvre.
    Pour les autorités, la nouvelle ne pouvait tomber à pire moment, car la récolte de coton s'annonce exceptionnelle. Et alors que l'on tergiverse, des nouvelles alarmantes de la Nouvelle Orléans font état d'une épidémie et de morts par dizaines. Keathing ne peut plus reculer la parution de son article. Il doit informer la population. En fait, il va provoquer un vaste mouvement de panique aux conséquences économiques et humaines aussi imprévisibles que terribles.
    Si le parallèle avec la pandémie qui a frappé le monde en 2020 est facile à faire, c’est bien davantage la manière de réagir face à ce drame qui est au cœur du roman. Qui va rester en ville et qui va fuir? Qui des sœurs dans leur couvent ou des prostituées dans leur bordel vont se montrer les plus courageuses et les plus solidaires? Comment va réagir le sympathisant du Ku Klux Klan face à la détresse de la communauté noire, plus durement frappée par ce mal insidieux? Qui va se dresser face aux pillards qui entendent profiter du chaos? Les situations de crise ont le pouvoir de révéler certaines personnes, de faire basculer leur destin. C’est ce que montre avec force la plume inspirée de Sébastien Spitzer.
    https://urlz.fr/eb2V

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  • En 1878 à Memphis, dans le sud des États-Unis. Emmy Evans vit avec sa mère, ancienne esclave qui travaille pour une riche famille de la ville. Emmy est une jeune métisse en quête d’identité dans cette Amérique d’après la guerre de sécession. Aujourd’hui, son père va arriver à bord du Natchez, le...
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    En 1878 à Memphis, dans le sud des États-Unis. Emmy Evans vit avec sa mère, ancienne esclave qui travaille pour une riche famille de la ville. Emmy est une jeune métisse en quête d’identité dans cette Amérique d’après la guerre de sécession. Aujourd’hui, son père va arriver à bord du Natchez, le bateau qui doit faire escale à Memphis.
    Anne Cook et une belle femme sûre d’elle. Elle dirige de main de maitre les filles de Mansion House, son lupanar qui fait le bonheur des notables de la ville. Mais le jour où Billy Evans meurt dans les bras d’une de ses filles, son monde de certitudes et de confort feutré s’effondre.
    Keating est le sémillant directeur du Memphis Daily. La fin de la guerre a bouleversé l’équilibre du Sud, depuis, il soutient discrètement les actions de ses amis du Ku Klux Klan
    Billy Evans n’est pas le seul décès à déplorer. Rapidement les corps s’amoncellent partout dans la ville et tous ceux qui le peuvent ont déjà fui la ville.
    La fièvre, ce mal venu dont ne sait où, frappe l’ensemble de la population, et se propage à une telle vitesse que rapidement les morts se comptent par dizaines, centaines, milliers. Anne Cook transforme alors sa maison de passe en hôpital et se sacrifie pour tous ces malades. Cette femme indépendante, belle et solitaire devient la plus active des infirmières, utilisant tous ses revenus pour assister et soigner.
    Pendant que la ville se vide, les pillards s’installent, c’est bien connu, le malheur des uns... Seul Raphael T Brown, ancien esclave et vétéran, va prendre les armes et se battre sans relâche pour sauver la ville des pillards.
    Sébastien Spitzer a choisi de nous parler d’hommes et de femmes ordinaires, égoïstes et fiers, indifférents au malheur des autres. Anne Cook et Keating sont à la fois fascinants et inspirants, extrêmes dans leur comportement face à l’adversité, comme étonnés eux-mêmes de leurs réactions mais terriblement sincères et justes.
    L’écriture est comme toujours incisive, intense, faite de phrases courtes qui évoluent au rythme de cette fièvre qui transforme les personnages, démontrant s’il était besoin soit leur capacité à réagir, soit leur lâcheté face au drame.
    Lire ma chronique complète sur le blog #DomiCLire https://domiclire.wordpress.com/2020/09/18/la-fievre-sebastien-spitzer/

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  • Dans son nouveau roman, Sébastien Spitzer narre aux lecteurs l'arrivée de l'épidémie de fièvre jaune qui va dévaster la ville de Memphis dans les années 1870. L'auteur s'intéresse à plusieurs personnages qui vont tous vivre leur lot de péripéties. On retrouve ainsi une tenancière d'un bordel de...
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    Dans son nouveau roman, Sébastien Spitzer narre aux lecteurs l'arrivée de l'épidémie de fièvre jaune qui va dévaster la ville de Memphis dans les années 1870. L'auteur s'intéresse à plusieurs personnages qui vont tous vivre leur lot de péripéties. On retrouve ainsi une tenancière d'un bordel de luxe, une petite fille ou encore le patron du journal local, proche du Ku Klux Klan.

    Chose difficilement prévisible au moment de la rédaction, il se trouve que ce roman choral entre très fortement en résonance avec la crise actuelle provoquée par l'épidémie de coronavirus. Cela donne une nouvelle dimension à cette lecture. Toutefois, et malgré son titre très évocateur, ce roman ne se limite pas à un récit sur l'épidémie. Le sujet du racisme est également évoqué dès le début du récit et restera bien présent tout le long de l'histoire. Ce sujte rentre bien évidemment aussi en résonance avec l'actualité. C'est donc un roman aux multiples facettes qui nous est proposé par l'auteur et on peut dire qu'il est bien ancré dans notre actualité bien que l'action se déroule dans les années 1870.

    Pour ma part, j'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman. Plusieurs raisons à cela que j'ai déjà plus ou moins évoquées ci-dessus, comme par exemple la diversité des personnages et donc la multiplicité des points de vue. cette diversité permet de rythmer le récit, d'ailleurs il faut bien noter qu'il y a peu (voir pas) de longueurs dans ce roman. Un autre exemple, le style d'écriture soigné et très fluide, la construction classique mais efficace et puis bien sur les thèmes abordés qui sont évidemment au cœur de l'actualité.

    Un bon roman donc mais il m'a manqué un peu de profondeur dans certains personnages, certaines situations, le contexte historique... Il y avait pourtant matière à creuser certains points mais j'ai eu l'impression qu'on restait en surface. Du coup, la lecture est facile et fluide mais peut-être un peu trop. Attention tout de même, facile ne veut pas dire joyeuse, certains passages sont quand même bien sombres (ce qui peut paraître logique compte-tenu des deux thèmes centraux que sont l'épidémie et le racisme). La fin du récit fait un peu "happy end" et on voit des comportements évoluer un peu trop facilement je trouve. L'ensemble reste du coup assez lisse à mon sens, c'est un peu dommage.

    Ne vous arrêtez cependant pas complètement sur ces quelques points un peu plus négatifs car ils n'effacent pas les qualités de ce roman. Ce livre reste une lecture intéressante de cette rentrée littéraire 2020, sans oublier ce côté inspiré d'un fait réel et ce lien avec notre actualité qui rajoute un petit quelque chose, une dimension supplémentaire à cette lecture.

    Ma note 3,5/5

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  • Le thème n’est pas nouveau, même si les événements récents lui ont conféré une actualité brulante!

    Brûlante comme cette fièvre qui fait des ravages à Memphis, à la fin du dix-neuvième siècle : l’épidémie tue, et elle provoque dans son sillage les comportements de survie qui se font fi de...
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    Le thème n’est pas nouveau, même si les événements récents lui ont conféré une actualité brulante!

    Brûlante comme cette fièvre qui fait des ravages à Memphis, à la fin du dix-neuvième siècle : l’épidémie tue, et elle provoque dans son sillage les comportements de survie qui se font fi de toute considération empathique ou, au contraire inspirent des vocations de dévouement risqué. La maladie révèle le meilleur comme le pire.

    C’est une petite fille qui se démarque au coeur de ce récit. Emmy, onze ans, métisse, épileptique, à la recherche du père qu’elle idéalise à l’aune du portrait flatteur que sa mère en fait. Cette quête va être profondément détournée au fil des événements, et Emmy se retrouvera avec Keathing, le blanc du Sud dans toute sa spendeur, et Anna Cook, patronne du bordel local, réaffecté au gré des besoins, au coeur de la tourmente pour tenter de sauver quelques victimes atteintes par le fléau.

    C’est une superbe évocation, racontée de façon très vivante, à un rythme soutenu, qui n’est pas sans rappeler le style de Ces rêves qu’on piétine. Impossible de s’ennuyer une seconde en suivant le périple désespéré d’Emmy.
    C’est aussi un document qui retrace la vie dans le Sud des EtatsUnis alors que le KKK sévit pour appliquer ses propres règles pour un simulacre de justice. Ce sont des épisodes qui font mal, et c’est d’ailleurs par une scène atroce que débute le roman. Cependant si le racisme est abordé constamment dans ces pages, il n’est est pas le thème principal. C’est plutôt une sociologie des moments de crise, et si ces comportements n’ont pas disparu avec le temps, on constate malgré tout les progrès des instances qui nous gouvernent pour limiter les dégâts.

    L’auteur fait la preuve avec ce troisième roman, de ses talents de conteur qui sait traduire en un roman séduisant la somme de ses recherches bibliographiques.

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  • La Fièvre est un roman brûlant. Un roman qui exerce sur le lecteur une emprise à la fois crue et délicate, comme le style de l’auteur.

    Sébastien Spitzer raconte ici la ville de Memphis, au moment le plus chaud de l’été 1878, alors qu’une terrible et mystérieuse fièvre s’abat sur la...
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    La Fièvre est un roman brûlant. Un roman qui exerce sur le lecteur une emprise à la fois crue et délicate, comme le style de l’auteur.

    Sébastien Spitzer raconte ici la ville de Memphis, au moment le plus chaud de l’été 1878, alors qu’une terrible et mystérieuse fièvre s’abat sur la ville.

    Les personnages sont dessinés au scalpel, et les dialogues sont tranchants comme des poignards.

    Emmy, l’adolescente métisse, à la recherche de son père qu’elle idolâtre sans connaître.
    Anne, la maîtresse-femme au passé trouble, mère maquerelle du plus beau bordel de la ville.
    Keating, le raciste, aigri et proche du KKK, qui tente d’oublier dans son travail tout ce qui manque à sa vie.
    Et Brown, l’ancien esclave, fort et fier, aussi farouche défenseur de sa ville que de sa liberté si difficilement acquise.

    Quatre personnages aussi différents, rien, absolument rien ne devrait pouvoir rassembler.
    Pourtant une chose va y parvenir : la Fièvre.
    Car elle entraîne de nombreux décès, qui eux-mêmes entraînent l’émergence de pillards qui ne reculent devant aucune exactions envers les survivants...

    Alors survivre, et, plus encore, sauver leur ville devient leur but commun.
    Et pour ça, eux non plus ne reculeront devant rien.

    Sébastien Spitzer fait renaître sous nos yeux, et avec un talent fou, une ville et un dix-neuvième siècle ou la mort, le racisme et la violence règnent en maîtres.

    Chaque page transpire des nombreux vices qui peuplent les rues de Memphis.
    Chaque dialogue sue de la haine et des blessures, physiques et psychologiques, de ses habitants.
    Chaque chapitre suinte de toutes ces colères qui ne demandent qu’à s’exprimer.

    C’est la rencontre de l’innocence et du vice, de la bonté et du racisme, des bonheurs simples et des malheurs compliqués.

    C’est un rendez-vous, entre un auteur, un livre entêtant, et des lecteurs ébahis.
    Quatre personnages qui nous marquent et nous manquent, nous révulsent et nous enchantent.

    Un roman de la rentrée littéraire à découvrir parce qu’il nous fait saisir toutes les nuances d’un monde qui n’existe plus.

    Un roman qui nous contamine dès les premières lignes, pour notre plus grand bonheur.
    Merci Monsieur Spitzer !

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  • Memphis le 4 juillet 1878, Emmy va avoir 13 ans. Elle est particulièrement impatiente car son père doit venir la voir aujourd'hui, il a écrit c'est la première fois qu'il serait là près d'elle. Emmy vit avec sa mère dans "une cabane d'esclave". Pourtant ils sont libres aujourd'hui mais nous...
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    Memphis le 4 juillet 1878, Emmy va avoir 13 ans. Elle est particulièrement impatiente car son père doit venir la voir aujourd'hui, il a écrit c'est la première fois qu'il serait là près d'elle. Emmy vit avec sa mère dans "une cabane d'esclave". Pourtant ils sont libres aujourd'hui mais nous sommes dans le Sud et le Ku Klux Klan est toujours bien présent et actif.

    Un homme Billy Evans s'effondre et meurt dans la rue, il a la langue noire, c'est le premier mort, il venait de New Orleans, est arrivé hier brûlant. Il a passé la nuit chez Anne Cook, et venait voir sa fille...

    Anne Cook, c'est la femme la plus riche de la ville, surnommée "Poppy", elle occupe la maison la plus luxueuse de la ville avec ses douze filles. Elle dirige un lupanar. Une sacrée nana.

    Keathing dirige le journal de la ville, son journal c'st sa vie. Il est profondément raciste et n'a jamais supporté la victoire des Yankees et l'affranchissement des noirs, il est proche du Ku Klux Klan.

    Raphaël T Brown est un ancien esclave qui se bat pour qu'enfin lui soit reconnu le statut d'homme libre.

    Cette étrange maladie va les réunir, en révélant leur véritable nature humaine, leur générosité, leur abandon de soi en se consacrant corps et âme pour vaincre ce mal, protéger la ville des pillards, sauver un maximum de gens quelle que soit la couleur de peau.

    Sébastien Spitzer nous propose ici une réalité historique, car en 1878, un tiers de la ville fut emporté par la fièvre jaune.

    Keathing prendra ses responsabilités en informant la population dans son journal, semant l'exode, un vent de panique.

    Anne Cook va tout faire pour soigner un maximum de monde et surtout essayer de retrouver la fille de celui par qui tout a commencé.

    Raphaël T Brown sera le premier à prendre les armes pour défendre la ville contre les pillards, cette même ville qui ne voulait pas de lui.

    Des destins hors du commun, c'est passionnant. Cela se lit très vite car la plume de Sébastien Spitzer est très réaliste, puissante et nous capte dès les premières lignes. Il interroge l'âme humaine, les sentiments humains dans cette très belle fresque historique.

    Ce qui est perturbant c'est que ce roman ait été écrit bien avant l'apparition de la Covid.

    Un livre à lire en écoutant "Fever" chanté par Elvis pour s'imprégner de Memphis plus longtemps.

    Un très beau roman que je vous conseille vivement.

    Ma note : 9/10


    Les jolies phrases

    C'est la nature de l'homme de cracher son poison comme l'enfant chasse sa peur.

    À celui qui a, on donnera encore, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a.

    La peur se nourrit de l'ignorance. Chacun se figure le pire. La vague de rumeurs brise toutes les résistances. Même celle de la raison.

    Neuf morts, c'est quoi ? Le maire avait raison. On n'allait tout de même pas affoler toute une ville pour une poignée de victimes ! La dernière épidémie de fièvre jaune n'avait tué que les faibles, les chétifs et les vieux. Pourquoi semer la panique ? Les sœurs de Saint-Mary étaient prêtes. Avec des dizaines de lits disponibles. Memphis était paré. La ville avait survécu au choléra, puis à la peste. Keathing n'aurait pas dû publier cet article. La peur s'attrape plus vite que la vérole.

    Et depuis qu'il vit seul, il s'abstient, comme ces curés qui pensent que pour aimer il ne faut pas aimer. Comme si ce verbe splendide conjugué au pluriel se fanait en essaimant.

    Anne s'agenouille, les mains sur la fillette, avec l'envie de bastonner cette mère affreuse, cette sœur supérieure avec sa robe de serge, son voile et ses rangées de boutons de bois sur lesquels sont gravés un crâne et une paire d'os en croix. Comment peut-on porter la mort sur soi, autour du cou, en bandoulière ou en boutons? La terre aspire déjà bien assez de morts comme ça. Anne ne comprend pas ces femmes qui s'appellent sœurs entre elles et qui se vouent tout entières à l'amour de Dieu le Père pendant que les autres crèvent. Elle préfère ses filles qui se louent de la tête aux pieds à l'amour sans amour, pour tenter de vivre un peu.

    Elle sait que les faux espoirs sont pires que les mensonges. Ils minent tout. Le vrai, qui se charge de faux. Le faux, teinté de vrai. Les nuances, les demi-teintes ne sont que des débuts de mensonge, des moitiés d'illusion.


    https://nathavh49.blogspot.com/2020/08/la-fievre-sebastien-spitzer.html

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