État de nature

Couverture du livre « État de nature » de Jean-Baptiste De Froment aux éditions Aux Forges De Vulcain
Résumé:

Qui n'a jamais rêvé d'être reconnu à sa juste valeur ? Claude est un homme qui a longtemps été discret. Il fait bien son travail, mais manque d'éclat. Quand la retraite de sa supérieure approche. Il se décide à briguer son poste. Mais une jeune femme dont la valeur est plus grande que le nombre... Voir plus

Qui n'a jamais rêvé d'être reconnu à sa juste valeur ? Claude est un homme qui a longtemps été discret. Il fait bien son travail, mais manque d'éclat. Quand la retraite de sa supérieure approche. Il se décide à briguer son poste. Mais une jeune femme dont la valeur est plus grande que le nombre de ses années, va se placer sur son chemin. C'est une histoire mille fois entendue : l'ambition contrariée.
Sauf que Claude n'est pas n'importe qui. C'est un des plus hauts personnages de l'Etat. Sa supérieure, c'est la présidente de la République. Et son ennemie, c'est une jeune préfète, séduisante et charismatique - son contraire en tous points. Commence alors un duel politique et médiatique pour le contrôle d'un pays, d'un peuple, d'un Etat.

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Avis (7)

  • La couverture est sublime et la lecture en est pétillante .(rappelons que le coq est le seul animal capable de fanfaronner les pattes dans la boue)
    On assiste à une description des rouages politiques des plus délicieux . On rit mais parfois on grince des dents également .
    Quand la "Vieille"...
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    La couverture est sublime et la lecture en est pétillante .(rappelons que le coq est le seul animal capable de fanfaronner les pattes dans la boue)
    On assiste à une description des rouages politiques des plus délicieux . On rit mais parfois on grince des dents également .
    Quand la "Vieille" termine son 3eme septennat il est presque impératif de la pousser vers la sortie .(voir même dans l'escalier ..) Claude ,un des prétendants au poste se voit favori dans cette course au pouvoir mais l'ombre d'une autre candidate risque d'entacher son "exposition aux lumières" de la renommée . Barbara Vauvert dérange par son zèle et l'attachement sincère qu'elle éprouve pour les habitants de sa circonscription dit "du centre mou" (franchement !! Quelle drôle d'idée vraiment ) . A croire que ce zèle est une maladie honteuse ? (et le centre mou une maladie vénérienne)
    Qu'à cela ne tienne,Barbara se verra virée sans préavis.
    Claude partira de ce fait à la conquête du territoire sûr de son bon droit et prêt à reprendre le flambeau ,flambeau (et non pas flamby) qui mettra malheureusement le feu aux poudres . Les "bouseux " ne veulent pas d'un autre député et la révolte gronde dans la contrée jusque là tranquille . Les "bouseux "ne se laissent pas faire et l'Etat de nature devient un Etat sœur (qui ...bat la campagne et pas le beurre ) où les règles ne sont plus respectées ,où la révolte se précise ,où le centre devient le nombril d'une amorce de coup d'Etat puisqu'au milieu de tout ça un protagoniste ,Arthur Cann,égraine le concept d'un espace agricole unique qui pourrait devenir autosuffisant . Les alliances se soudent et deviennent caustiques quand la Vieille meurt d'une "Chlamydiose" (heu....c'est moi ou on est dans l'ironie pure ? ) et nomme dans son testament politique Barbara comme seule possible héritière de son poste .
    On passe alors de Platon (l'homme est un animal politique ) à Epicure (de rappel ) "L'homme n'est PAS un animal politique ....et le destin se fige dans l'immuabilité tragique des affres de la jalousie d'une Mélusine (mise en faillite ) désabusée.
    Avec ce premier roman J.B de Froment s'amuse de cet univers qu'il connait bien et qu'il maîtrise avec une belle plume trempée dans le vitriol mais pas dans l'encre qui fait tache . Et si la plume devient parfois flèche, c'est pour atteindre sa cible sans détour en nous honorant d'un verbe franc et léger malgré le sujet abordé .
    Un premier roman qui a le goût d'un "pourvu qu'il récidive" !

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  • La Vieille achève son troisième septennat. Tout le monde la croit immortelle depuis le temps.
    Mais pour certain « le changement, c’est maintenant » et la course à la prise de pouvoir est lancée, discrètement, dans les coulisses afin de s’assurer les résultats bien avant le jour de...
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    La Vieille achève son troisième septennat. Tout le monde la croit immortelle depuis le temps.
    Mais pour certain « le changement, c’est maintenant » et la course à la prise de pouvoir est lancée, discrètement, dans les coulisses afin de s’assurer les résultats bien avant le jour de l’élection.
    Mais le casting va être un peu perturbé par les « bouseux » de « La Douvre », ce département dont tout le monde se fout, dont la population compte pour rien.
    Le casting justement est travaillé en orfèvre, ces animaux politiques qui vont s’affronter, on y découvre en filigrane des visages connus sans pour autant tomber dans la caricature, La passionaria, le philosophe-écolo, l’énarque.
    Pour son premier roman Jean-Baptiste de Froment parle de ce qu’il connaît, la politique. Mais il prend un recul qui fait oublier ses convictions personnelles et permet de se plonger sans états d’âme dans une fable socio-politique absolument réjouissante et savoureuse.
    J’aurais aimé lui demander quand a t il mis un point final à son récit car il est très proche des évènements récents.
    Et bravo aux équipes Aux Forges de Vulcain pour cette magnifique couverture comme toujours.

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  • Subtil, relevé, « Etat de Nature » est un feu d’artifice. Colorée, vive, la première de couverture est explicite. On reconnaît la pavlovienne touche d’Elena Vieillard pour le plus grand plaisir. « Etat de Nature » est avant tout un roman particulier. Toutes les facettes littéraires se trouvent...
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    Subtil, relevé, « Etat de Nature » est un feu d’artifice. Colorée, vive, la première de couverture est explicite. On reconnaît la pavlovienne touche d’Elena Vieillard pour le plus grand plaisir. « Etat de Nature » est avant tout un roman particulier. Toutes les facettes littéraires se trouvent dans cet antre de clairvoyance. Il est à l’instar d’un sablier qui n’emprunte rien au temps mais à la délicate connaissance de chaque mot en devenir. D’un thème majeur, philosophique par Aristote « L’homme est un animal politique » on glisse vers Epicure « L’homme n’est pas un animal naturellement politique. » Le sablier se renverse vers l’incipit «Claude aimait se réveiller » Un grand moment de lecture réjouissante arrive dès la première majuscule. Ce roman est stable, mûr, pertinent. On sent les délices d’un parfait connaisseur des arcades politiciennes. Jean-Baptiste de Froment regarde par-dessus les épaules. Il est en capacité d’écrire son ressenti socio-politique sans dévoiler ses propres aspirations. Ce qui renforce ce roman magnifique, d’une justesse travaillée avec finesse. On pressent un auteur pragmatique, posé, rigoureux. Plus que son parcours personnel, c’est son empreinte digitale qui en filigrane renforce ce roman en sincérité. Il y a du « Baron noir » dans ces lignes, du Bourdieu, du Rousseau, un « Etat de Nature » est passe de se construire en visionnaire échappée. Je ne ferai pas l’amalgame avec l’évènementiel français couleur jaune. Même si. Ces évènements sont survenus après le point final du roman. Donc, laissons- lui cette gloire parfaite d’une anticipation de renom. Un roman réfléchi, élaboré avec cette maturité précise d’un auteur qui sait de quoi il parle. On aime les protagonistes qui en degrés divers rappellent au lecteur certains politiciens connus. Ce n’est pas une parodie, mais une fable déployée avec des outils d’aujourd’hui. On aime les combats. Claude et sa furieuse envie d’anéantir « la Vieille » Barbara et ses engagements. Arthur Cann et ses rêves écolos. « Etat de Nature » est avant tout l’idiosyncrasie d’un monde qui semble le nôtre. Dans une forme caricaturale, néanmoins édifiante de réalisme. Jean Baptiste de Froment est un grand auteur. Il n’écrit pas l’émotion mais la vérité. Il est en recul dans toutes les scènes de son roman et quelle prouesse !! Il démontre, prouve. Sa capacité est telle que c’est son intelligence, sa culture, ses expériences qui font une trame neuve, érudite dont on parlera longtemps encore. « Mais ce grand homme en devenir, il ne fallait pas le laisser seul. Le vrai génie est ignorant de lui-même… »Lorsque Mélusine et Arthur surgissent le pictural ancestral et emblématique est à son paroxysme. On est serré dans les lignes, on sourit, on est à l’aise. De plusieurs degrés de lecture, la matrice est la Douvre intérieure, l’emblème de la France des oubliés. Et là attention ! Barbara Vauvert rentre en scène. Le lecteur aime ce personnage attentionné, malin et altruiste. Ce roman est à l’instar d’un bambou. Il a fallu des racines douées, habiles et persévérantes avant l’échappée vers le ciel. Ici, c’est la même symbolique. Ce roman a du caractère, de la force. Il n’est pas né d’hier. Le lecteur suit la voie de cet auteur au beau devenir. Un premier roman né depuis des millénaires !! On sent la patte d’un auteur qui n’a pas dit son dernier mot, et c’est tant mieux ! Je suis sûre que « Etat de Nature » sera étudié par les étudiants un jour certain. Visionnaire et attentif à l’autre, ce roman est aussi consolant car il sait. Publié par Les Editions Aux forges de Vulcain qui « Espèrent plaire et instruire. Elles souhaitent changer la figure du monde ». Voilà c’est fait pari réussi !!.

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  • Connaissez-vous la Douvre intérieure ? N'êtes-vous pas passé, cet été, en rentrant de vacances, par cette région « faite de hameaux », « le centre mou de la France » dont Chantaume est la capitale ? Non, ça ne vous dit rien ? Et pourtant, quelle belle région : du vert, du vert à perte de vue,...
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    Connaissez-vous la Douvre intérieure ? N'êtes-vous pas passé, cet été, en rentrant de vacances, par cette région « faite de hameaux », « le centre mou de la France » dont Chantaume est la capitale ? Non, ça ne vous dit rien ? Et pourtant, quelle belle région : du vert, du vert à perte de vue, des vallons, quelques maisons ici et là… Ah, on respire là-bas, loin de Paris !
    Bon, c'est vrai, il ne s'y passe pas grand-chose, comme si l'Histoire avait oublié cet espace et ces gens qui vivent hors du temps… C'est une certaine Barbara Vauvert qui a hérité, on ne sait comment, du titre de préfète de la Douvre : au lieu de s'en plaindre, elle a pris son ouvrage à coeur. Très vite, elle s'est mêlée au peuple, est allée parler aux habitants de ces terres du bout du monde pour tenter de connaître leurs besoins, leurs craintes pour l'avenir, leur façon de voir les choses. Elle a compris qui ils étaient, a voulu connaître leur nom, l'a fait et à merveille. Elle a su se faire aimer et elle a des projets pour eux.
    Elle n'est pas la seule : un certain Arthur Cann, une espèce de philosophe écolo, veut se servir de ce territoire pour mettre en œuvre une entreprise qui lui tient à coeur : il s'agit de créer un « vaste incubateur à ciel ouvert, un lieu d'expérimentation grandeur nature du monde à venir, à la fois numérique et écologique, enraciné et connecté », un espace « agricole numérique autosuffisant. »
    Imaginez : « une mutualisation des biens et des services », chaque ferme produisant sa ressource d'énergie. Bon, pour cela, il faut une connexion ultra-haut débit, des panneaux solaires, des éoliennes… Pourquoi ce territoire ? Eh bien parce que selon Arthur, « le système n'a pas de prise sur ces gens de la Douvre, il glisse miraculeusement comme sur les plumes d'un oiseau. Ils ont beau vivre avec leur temps, la vérité est qu'ils n'ont jamais donné leur consentement à ce que les autres ont fait du monde. À leur manière invisible et taiseuse, ils n'ont cessé de résister. »
    Donc, la Douvre est « comme l'Arche de Noé de notre temps, celle qui a survécu au déluge intellectuel et moral qui a dévasté le reste du pays. » Un espace protégé, pur d'une certaine façon. Un lieu à l'état de nature qui ne serait pas dépravé par la société ou la politique. D'ailleurs, selon Arthur Cann, dans cet espace autogéré, les hommes politiques n'ont plus de place. Il faut donc se débarrasser de ces gens-là. CQFD
    Barbara et Arthur vont-ils s'entendre ? Là est la question !
    Mais, là-haut, à Paris, cette préfète adulée par le peuple inquiète un peu les technocrates bien assis sur leur pouvoir… Alors qu'elle est plébiscitée par les habitants de la Douvre et accomplit un travail admirable, elle apprend par un simple coup de fil du ministre qu'elle est VIRÉE. Ciao bella, à une autre fois !
    Eh oui, les gens brillants gênent aux entournures dans les hautes sphères…
    Pas de souci, répond-elle, très pro. Mais décidée à ne pas se laisser faire.
    À Paris, une momie surnommée La Vieille tient lieu de présidente et termine tranquillou son troisième septennat et un certain Claude, gouverneur ou commandeur, appartenant aux hautes sphères politiques, souhaite la renverser au plus vite pour profiter d'un fauteuil bien au chaud.
    En attendant, il tente de faire peur aux grands bourgeois parisiens en leur expliquant « qu'il n'y a de pouvoir que s'il y a des gens pour obéir... Retirez cette obéissance, cette soumission, et tout s'écroule comme un château de cartes. L'organisation du pays peut être aussi sophistiquée et complexe que l'on puisse imaginer, cela ne change rien : si, à un moment donné, ceux qui le font fonctionner ne le veulent plus, c'est fini. Game over, hé, hé. »
    « À tout moment, les gouvernés peuvent retirer leur consentement. Mes chers amis, n'est-ce pas effrayant de penser que l'ordre social - notre propre tranquillité - est ainsi suspendu au bon vouloir, au caprice de tous ces individus dispersés et qui n'ont pas, pour la plupart, tout leur bon sens ? » Claude évoque donc des « défections spontanées. » « Ce sont des gens sans histoire, des gens normaux, des gens qui, croyez-le bien, ne brillent pas par leur originalité… tout d'un coup… qui partent en vrille. Du jour au lendemain, ils cessent d'obtempérer. Ils refusent obstinément de se plier à la moindre consigne, de quelque autorité qu'elle vienne. « Vous me ferez cette note pour demain » - c'est non. « Chéri, tu veux bien tondre la pelouse ? - c'est encore non. « Seriez-vous assez aimable pour me rendre la monnaie ? » - c'est toujours non... Il n'y a pas de conjuration, en aucun cas ils ne se sont passé le mot. Et pourtant, aux quatre coins du pays, ils se comportent exactement de la même manière. C'est tout à fait étonnant. » Les bourgeois s'affolent. Et Claude espère bien un jour ou l'autre récupérer leurs voix… En attendant, on lui a demandé de débarrasser la Douvre intérieure de la jolie préfète charismatique : naïf, il n'imagine même pas les conséquences de son coup de balai… Car les Douvriens, s'ils se sont tus pendant des siècles, pourraient bien soudain avoir leur mot à dire.
    Donc, d'un côté, le dangereux binôme Cann/Vauvert (et derrière la charismatique Vauvert, le peuple, ne l'oublions pas!), et de l'autre la clique magouilles-politiciennes-à-gogo des hauts fonctionnaires véreux qui jouent les uns avec les autres, se manipulant constamment à tel point qu'on ne sait même plus qui est la marionnette de l'autre !
    Je n'avais lu que quelques pages de ce roman pour le moins prémonitoire et fort documenté sur les rouages de l'État que je m'interrogeais déjà sur l'auteur de cette fable corrosive à la Voltaire : « d'où » écrivait-il , cet auteur qui semblait si bien renseigné sur les méandres du pouvoir, les coups bas, les ruses politiciennes et tout le tralala, jusqu'à quasiment se faire prophète puisqu'il ne vous aura pas échappé que certains termes rappellent les révoltes actuelles des gilets jaunes ?
    J'étais bluffée !
    Le livre est sorti en janvier, les premières manifs datent du 17 nov… Mais QUAND a-t-il été écrit, ce texte ??? Même si la situation n'est évidemment pas la même, certains mots de ce livre sont tellement en phase avec l'actualité, tellement prémonitoires, que c'en est sidérant ! Moi je crois que ce gars-là a de véritables talents de prophète et à mon avis, il ne faut pas le lâcher, il peut servir !
    Au fait, sachez quand même que Jean-Baptiste de Froment est normalien, agrégé de philo, camarade d'hypokhâgne et de khâgne d'Emmanuel Macron, qu'il était conseiller à l'Élysée sous Nicolas Sarkozy et qu'il est maintenant élu au Conseil de Paris. Bref, il a vécu tout ça de l'intérieur, connaît très bien la machine politique. N'empêche, prendre la liberté d'écrire un texte aussi corrosif sur la sphère politique : BRAVO !
    Cette satire distille vraiment un humour décapant ! Assurément, il faut « en être » pour percevoir de manière aussi aiguë tous les travers des hommes politiques, leurs basses manœuvres machiavéliques, leurs hypocrisies de courtisans, leur ego surdimensionné. Très loin d'eux un éventuel dévouement pour la nation, en tout cas…
    Un livre désopilant (certains passages sont de VRAIES scènes d'anthologie !) et en même temps bien sombre sur un monde politique très éloigné (physiquement et intellectuellement) des préoccupations profondes du peuple. Bien sûr, on est dans la caricature, l'outrance, bien sûr, bien sûr... mais l'on sent qu'au fond (et c'est ça qui est terrible!), on n'est peut-être pas si éloigné que ça du réel…
    Courage fuyons !

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  • « De toutes les provinces dont la réunion forme le royaume de France, celles qui composent le département de la Douvre intérieure sont peut-être les seules dont il n’y ait point d’histoire particulière. Quelques personnes, un peu trop prévenues contre leur pays, d’autres pour lesquelles il n’y a...
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    « De toutes les provinces dont la réunion forme le royaume de France, celles qui composent le département de la Douvre intérieure sont peut-être les seules dont il n’y ait point d’histoire particulière. Quelques personnes, un peu trop prévenues contre leur pays, d’autres pour lesquelles il n’y a de digne d’attention que ce qui est loin d’elles, cherchent à justifier cet oubli, en prétendant que la Douvre n’a été le théâtre d’aucun événement digne de mémoire, n’a produit aucun personnage marquant et ne montre aucun lien auquel s’attachent des souvenirs historiques.» Ne cherchez pas ce territoire sur la carte, il est le fruit de l'imagination de Jean-Baptiste de Froment qui y situe la plus grande partie de son premier roman.
    Un livre qui tombe à pic, au moment où la France est secouée par l’une de ces convulsions qui vient périodiquement prouver que le corps social est malade. Qu’entre les élites pensantes et le bas-peuple le fossé s’est élargi à un point tel qu’il devient même difficile d’établir un dialogue.
    L’uchronie, c’est-à-dire la «réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé», imaginée par Jean-Baptiste de Froment met en scène un pays arc-bouté sur son conservatisme. Il est dirigé par Simone Radjovic, une Présidente de la République française qui entame son troisième septennat. Une longévité qui s’explique par une volonté farouche de ne surtout rien faire, car elle a vite compris que les réformes étaient d’abord un facteur de déstabilisation.
    Aussi pratique-t-elle avec un art consommé la tactique des petites touches cosmétiques ainsi que des arrangements tactiques dans de son appareil administratif.
    C’est ainsi qu’elle accède à la demande du «gouverneur» Claude, de muter Barbara Vauvert, préfète de la Douvre intérieure, parce qu’elle avait trop bien réussi dans sa mission de redynamiser une région oubliée de la République. D’une part parce qu’elle fait de l’ombre au Président Farejeaux, le baron local et d’autre part parce que ce succès pourrait lui donner des idées, d’autant qu’elle a réussi à prendre langue avec le groupe des opposants le plus virulent. Mené par Arthur Cann, un philosophe-agronome, il entend jeter les bases d’une société nouvelle, œuvrer pour «la réconciliation de la Pensée et de la Terre». Ensemble, ils lancent le projet Gaïapolis, la première cité agricole numérique parfaitement autosuffisante. Sébastien, son remplaçant, aura la charge d’enterrer le projet et de faire miroiter aux administrés tous les avantages d’une fusion de deux départements avec la création de la «Richardouvre».
    Bien entendu, les choses ne se passent pas aussi bien que prévu. Claude sent que son heure est venue, Barbara ronge son frein, Arthur s’imagine mener la fronde contre la technocratie surpuissante, soutenue par Mélusine, la «moins raisonnable de toutes ses étudiantes» qui s’est installée chez lui dans l’attente du grand soir.
    Sans oublier les Douvriens qui se sentent floués. Bref, il y a dans ce cocktail d’ambitions, d’aspirations, de rivalités, tous les ingrédients d’une tragi-comédie aussi féroce que divertissante.
    Il faut dire que l’auteur connaît parfaitement le sujet. Jean-Baptiste de Froment est conseiller d’État, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Elysée et conseiller LR de Paris. On notera aussi dans son CV une agrégation de philosophie, et un certain Emmanuel Macron parmi ses anciens camarades de khâgne. Sa plume, d’un classicisme teinté d’ironie vient au service d’une intrigue habilement construite et qu’il faut lire non comme un roman à clé – à l’image de «Première dame» de Caroline Lunoir – mais comme l’analyse lucide et un peu angoissante du poids de l’administration et des technocrates sur les politiques qui auraient des velléités de changement.
    https://urlz.fr/8EF1

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  • Je tiens à remercier les éditions Aux forges de vulcain pour l’envoi de ce roman. Un roman ? Que dis-je ? C’est bien plus que cela ! S’entremêlent ainsi fiction et réalité, dans ce premier roman visionnaire bien prometteur de Jean-Baptiste de Froment. » État de nature « est paru en cette...
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    Je tiens à remercier les éditions Aux forges de vulcain pour l’envoi de ce roman. Un roman ? Que dis-je ? C’est bien plus que cela ! S’entremêlent ainsi fiction et réalité, dans ce premier roman visionnaire bien prometteur de Jean-Baptiste de Froment. » État de nature « est paru en cette rentrée littéraire 2019, une lecture déstabilisante et satirique, comme je les aime ! De quoi pousser tout un chacun à la réflexion, croyez-moi !
    Claude, la soixantaine, personnage antipathique ô combien, est le bras droit d’une Présidente de la République, aveugle, solitaire et inefficace. Mais Claude a des envies de grandeur, et aspire secrètement à prendre la tête de la France, qui, soit dit en passant, n’est pas vraiment la France.
    p. 10 : » Le sommet est très proche, nuança-t-il. Mais pour être parfaitement exact, il n’est pas encore atteint. Il y a encore, tout là-haut, cette vieille femme qui m’emmerde… »
    En effet, un département fait parler de lui. La Douvre. Composé essentiellement de hameaux dispersés, il représente la France profonde. Barbara, jeune femme candidement intelligente, en est la préfète déchue. Une conspiration des plus hauts dignitaires de l’Etat s’est liguée contre elle. Trop proche du peuple, elle faisait craindre un soulèvement populaire.
    p. 119 : » Comment te dire les choses ? Elle te parle et tu te sens… compris. Je vais te faire rire : on me dit qu’elle aime les gens. Ce n’est pas tout à fait rien, cela, d’aimer les gens. «
    Mais cette insurrection va être alimentée par un personnage qui semble secondaire à première vue, mais qui va avoir un rôle déterminant. C’est ainsi qu’Arthur Cann, un jeune philosophe-agronome et geek-altermondialiste, a de grands projets pour développer La Douvre. Il souhaite que ce département devienne le lieu d’expérimentation grandeur nature du monde à venir, à la fois numérique et écologique, enraciné et connecté.
    p. 86 : » Ce qu’Arthur voyait venir, c’était une nature nouvelle, réconciliée avec elle-même, et dotée, pour ainsi dire, de tout le confort moderne. Une nature, développait-il , que la technique vendrait non plus contredire comme autrefois, mais compléter, parfaire : en substituant à la discorde originelle la communication de toutes choses entre elles, hommes et bêtes, arbres et plantes, lacs et forêts, interconnectées au sein du grand Réseau du monde. «
    Le lecteur découvre ainsi pléthore de personnages, tous plus égocentriques les uns que les autres, dont les objectifs personnels sont leur unique aspiration. Sur fond constant de secrets, de trahisons et de suspicions, chacun fomente à qui mieux mieux, quitte à devenir burlesque.
    p. 38 : » Lors de ces réunions, il n’était jamais question que d’une chose : de Claude lui-même. Des voies et des moyens de le faire prospérer. De prévenir les coups qui lui seraient portés. De riposter à ceux qui lui avaient été donnés. «
    D’une écriture soutenue, l’ensemble est admirablement construit puisque l’intrigue s’accélère dans les dernières pages, révélant un final haletant, aux nombreux et impétueux rebondissements, laissant le lecteur pantois. Fable satirique, Jean-Baptiste de Froment nous fait vivre une expérience inédite. Haut-fonctionnaire de l’Etat, l’auteur s’est incontestablement inspiré de la vie politique française, pour notre plus grand bonheur. Bâtit sur une uchronie, il ébranle totalement son lecteur en alternant faits réels et fictifs. Une caricature de l’état politique de la France actuelle. Entre sourires et questionnements, ce roman est férocement drôle !

    p. 112 : » Il n’y a de pouvoir que s’il y a des gens pour obéir. «

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  • C’est encore une sacré découverte que nous propose les éditions Aux Forges de Vulcain. Une fois de plus difficilement classable, car bien que ce livre soit de la science-fiction, on pourrait tout à fait le trouver en littérature blanche, si le libraire ne prête pas suffisamment attention à la...
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    C’est encore une sacré découverte que nous propose les éditions Aux Forges de Vulcain. Une fois de plus difficilement classable, car bien que ce livre soit de la science-fiction, on pourrait tout à fait le trouver en littérature blanche, si le libraire ne prête pas suffisamment attention à la quatrième de couverture… Comme le dit David Meulemans, éditeur de l’objet, dans une interview au site Elbakin : « Les forges sont une maison qui tentent de rétablir les droits de l’imaginaire au sein de la littérature générale – dans l’espoir de sauver la littérature générale de l’ennui le plus complet. » Je ne peux qu’approuver !

    L’auteur, qui signe ici un premier roman très prometteur, est un habitué de la politique et des méandres du pouvoir, lui même haut-fonctionnaire et élu de la république. Si on ajoute que ses racines sont dans la Creuse, on a les bases de son roman, très ancré dans le réel, très réaliste même, bien que la magnifique région que semble être la Douvre n’existe (hélas ?) pas, bien que le bras droit du président ne soit pas un Commandeur, bien que le président ne soit pas une présidente… Mais son roman se fait l’écho de la colère actuelle des oubliés de la tête de l’Etat, des « décideurs », l’écho de la « France Périphérique » qui ne supporte plus la condescendance de la capitale. Jean-Baptiste de froment nous prouve sa connaissance à la fois du fonctionnement des institutions, mais aussi des préoccupation des français, en rédigeant son livre quelques temps avant la crise de désamour actuelle entre l’Etat et les français.

    Deux personnages principaux dans ce roman, les deux côtés de la France : Claude, le Commandeur, bras droit dans l’ombre de la présidente de la république, et Barbara, jeune préfète déchue de la Douvre, département oublié de la République, aimée des habitants de ce coin de France, et qui le leur rend bien. D’un côté le pouvoir, et la certitude de son immuabilité, de l’autre le lien social et les espoirs déçus, qui donnent au peuple la force de mener une révolte. Toute ressemblance avec des événements récents serait-elle due au hasard ???

    Le narrateur omniscient nous entraîne au fil des chapitres de personnage en personnage, nous faisant habilement voyager de Paris à la Douvre, en passant par les sombres coulisses dans lesquelles se font et défont les carrières… Car au-delà des pérégrinations de Claude et Barbara, c’est dans l’envers du décor que nous emmène l’auteur. Il nous montre comment les uns et les autres intriguent pour progresser, sans faire grand cas des potentielles victimes collatérales.

    Claude est l’archétype du conn… que l’on aime détester, Iznogoud de la République, quand Barbara est l’élue du cœur et du peuple. L’une des preuves de l’impuissance de Claude, et de nombreux autres, face à Barbara est la misogynie ambiante. On ne peut pas être une belle jeune femme et avoir un cerveau, ni être capable d’assumer quelque pouvoir que ce soit, à l’exception de celui fourni par ses charmes. J’aurais aimé en avoir un démenti plus éclatant encore…

    Outre une galerie de personnages dont beaucoup sont assez détestables de cynisme, on trouve un élément essentiel du livre, la Douvre. Le département est un personnage à part entière, berceau de la révolte, mais aussi du renouveau grâce aux parisiens qui y viennent trouver le calme tout en restant connecté. Si ça n’avait pas été un département imaginaire, je suis persuadée que l’office de tourisme de la Douvre se serait retrouvé prit d’assaut, tant l’auteur nous la présente avec tendresse et sait nous donner envie de la découvrir.

    J’ai eu quelques craintes avant de commencer ce livre, ayant lu la biographie de son auteur. Un agrégé de philosophie, haut-fonctionnaire de surcroît, j’ai eu peur d’être perdue dans un langage trop élaboré, une réflexion trop complexe pour mon cerveau, or si on va loin dans la réflexion, c’est toujours de manière abordable, et Jean-Baptiste de Froment sait nous emmener dans son univers et nous le rendre compréhensible. Aucun mal de tête, mais une lecture drôle et instructive, qui amène à une réflexion passionnante sur notre société.

    Etat de nature est un roman qui se lit d’une traite, tant on a envie d’en découvrir la conclusion. La révolte douvrienne ira-t-elle jusqu’au bout ? Le peuple renversera-t-il le pouvoir en place ? Pour une fois, une révolution populaire sera-t-elle couronnée de succès ?

    https://leslecturesdesophieblog.wordpress.com/2019/01/03/etat-de-nature-jean-baptiste-de-froment/

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