Ça raconte Sarah

Couverture du livre « Ça raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707344755
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment... Voir plus

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

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  • Je suis très partagée par ce premier roman de Pauline Delabroy-Allard.
    J'ai aimé cette histoire de passion foudroyante et destructrice entre deux femmes que tout sépare : l'une, la narratrice est mère célibataire et professeur; elle mène une vie bien rangée jusqu'à sa rencontre avec Sarah....
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    Je suis très partagée par ce premier roman de Pauline Delabroy-Allard.
    J'ai aimé cette histoire de passion foudroyante et destructrice entre deux femmes que tout sépare : l'une, la narratrice est mère célibataire et professeur; elle mène une vie bien rangée jusqu'à sa rencontre avec Sarah. Cette dernière est musicienne, toujours en déplacement avec son quatuor, fantasque, se moquant des conventions, dévorant la vie à pleine dents comme elle dévore les abricots et les cerises.
    Le feu de la passion (Sarah avaoue son amour à la narratice alors qu'elle craque une allumette, tout un symbole) va les emporter puis les détruire. Sarah sera détruite dans son corps avec un cancer et la narratrice devra s'éloigner seule pour se retrouver et se reconstruire.
    L'histoire est belle, exacerbée, à fleur de peau. Plus rien ne compte pour la narratrice, ni son travail, ni sa fille (qu'elle appelle d'ailleurs l'enfant comme si c'était une étrangère tellement l'aliénation est forte), ni son travail, ni son entourage. Sarah efface tout. La narratrice s'efface elle-même, se dissout, se perd dans cette passion incandescente qui la dévore et la laisse exsangue, épuisée physiquement et moralement.
    Néanmoins, les définitions de certains mots (latence, passion...), les données techniques sur les oeuvres de musique détruisent le plaisir de la lecture et cassent l'émotion sans parler des répétitions nombreuses (repas au restaurant japonais et la caipirinha, les expressions "ça raconte, une enfant...") qui lassent vite même si l'auteur a peut-être voulu utiliser un procédé stylistique qui puisse rappeler les mouvements de musique.
    Ce roman a reçu le prix des Lecteurs de Nancy-Le Point et le prix du Roman des étudiants pour France-Culture-Télérama.

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  • Pauline Delabroy-Allard, pour son premier roman, a choisi d’écrire sur un amour fou, vraiment fou, entre deux femmes qui se découvrent et s’aiment mais, dès les premières lignes, l’érotisme qui s’en dégage est tempéré par les mots maladie, profil de morte…

    Ça raconte Sarah, formule du titre...
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    Pauline Delabroy-Allard, pour son premier roman, a choisi d’écrire sur un amour fou, vraiment fou, entre deux femmes qui se découvrent et s’aiment mais, dès les premières lignes, l’érotisme qui s’en dégage est tempéré par les mots maladie, profil de morte…

    Ça raconte Sarah, formule du titre répétée souvent, jalonne un récit étonnant, déroutant, émouvant mais aussi dérangeant dans sa seconde partie lorsque l’idylle se transforme en cauchemar.

    La narratrice est au premier plan de ce roman dans lequel débarque Sarah : « C’est une tornade inattendue… Elle est vivante. » En plus de quelques formules qui se répètent, l’auteure nous gratifie de définitions, d’explications pour latence, soufre et souffre, la commune des Lilas, la musique classique, la bora qui souffle sur Trieste, un quatuor en ré mineur…
    Tout cela forme un ensemble étonnant qui a valu au livre de figurer sur une liste pour le Prix Goncourt. L’auteure fait preuve d’une imagination fertile mais pour sortir de cet amour fou elle fait voyager un peu partout, commençant par Paris où l’essentiel de l’action se passe.
    Celle qui raconte est prof mais je n’ai pas vu mention de ce qu’elle enseigne. Elle est mère d’une fille « la fille », a un compagnon alors que le père n’est plus là mais c’est la tornade Sarah qui prend toute la place : « Elle parle en agitant les bras. Elle est elle-même le feu, le tournoiement de l’âme. Elle a l’apparence d’un démon. Elle est belle à tomber par terre, détestable à en crever. Elle boit beaucoup. Elle fume clope sur clope… »
    Cette Sarah impressionne, prend toute la place: « Elle m’étreint, elle aspire mon souffle court entre ses lèvres. Elle règne sur Chambord, elle domine mon cœur, elle gouverne ma vie. C’est une reine. »
    Pourtant, elle m’effraie de plus en plus car déjà les premières notes négatives se font jour : « L’intensité entre nous est trop forte, des orages éclatent, elle devient mauvaise, elle crie à en faire trembler les murs, elle tombe à genoux pleine de sanglot déchirants. »
    Tout cela raconte Sarah, violoniste virtuose membre d’un quatuor qui se produit parfois loin de France : « Ça raconte Sarah, ça raconte Sarah l’inconnue, Sarah l’honnête fille, Sarah la dame prudente, Sarah la femme fantasque, Sarah la femme bizarre, Sarah la femme seule. »
    Elle est pourtant aimée si intensément !

    Pauline Delabroy-Allard a réussi une grosse performance littéraire avec beaucoup de vocabulaire, des mots, des phrases qui reviennent comme des mantras mais c’est cet amour fou qui m’a marqué, ce bonheur intense et ces joies extraordinaires. Mais que de douleurs, de souffrances ensuite pour une déchéance finale incompréhensible !

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  • Fragments d’un discours amoureux

    Le premier roman de Pauline Delabroy-Allard un goût d’absolu. Couronné par le Prix du style 2018, il retrace l’histoire d’un amour passionnel entre deux femmes. Une histoire d’amour dont on sait qu’elle termine mal, en général.

    Pauline Delabroy-Allard nous...
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    Fragments d’un discours amoureux

    Le premier roman de Pauline Delabroy-Allard un goût d’absolu. Couronné par le Prix du style 2018, il retrace l’histoire d’un amour passionnel entre deux femmes. Une histoire d’amour dont on sait qu’elle termine mal, en général.

    Pauline Delabroy-Allard nous offre une sorte de bréviaire de la passion. Son roman serait déjà formidable s’il se limitait à nous raconter une histoire d’amour-passion entre la narratrice et Sarah. Mais la seconde partie du roman nous offre d’explorer le revers de la médaille et les émotions qui vont étreindre ce couple après leur séparation, jouant par la même occasion sur tout le clavier des sentiments. Des sentiments forts, très forts, transcrits avec une plume «habitée».
    La chose commence de façon banale, lors d’une soirée de réveillon à laquelle la narratrice est invitée. Elle a la trentaine, a mis fin à sa relation avec un homme et vit désormais seule avec sa fille. On imagine qu’elle n’a guère envie de trouver un nouveau partenaire. Mais elle va tomber sous le charme d’une femme fantasque qu’elle nous décrit ainsi: «Elle est violoniste. Elle fume des cigarettes. Elle est trop maquillée, c’est encore pire quand on la regarde de près. Elle parle fort, rit beaucoup, est drôle à sa façon. Elle emploie des mots que je ne connais pas. Elle a un argot personnel. Elle s’amuse avec la langue, elle invente des expressions, elle fait des rimes pour le plaisir. Elle raconte des choses amusantes, des histoires pleines de rebondissements. Elle se plie de bonne grâce à mes demandes de précisions. Elle est vivante.»
    Les deux femmes décident de se revoir et très vite l’amitié cède la place à l’amour. Une histoire d’amour qui va vitre prendre toute la place dans la vie de la narratrice. Jusqu’à l’obsession. Jusqu’à ces moments où on ressent un immense vide quand l’aimée n’est pas là. Jusqu’à ce qu’aucune seconde de son emploi du temps ne doive être consacrée qu’à autre chose qu’à cette femme merveilleuse. Sarah, tout Sarah, rien que Sarah. Tout au long du roman, comme une antienne, résonne alors ces fragments du discours amoureux: «Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »
    Les pages emplies de passion, de fièvre, d’absolu sont magnifiques. Elles rendent bien compte de la folie, de l’exacerbation qui brûle le corps et le cœur. Jusqu’à l’explosion. Car Sarah est comme le soufre, «de symbole S».
    Viennent alors de pages tout aussi belles sur le manque, la douleur, le vide. Pour prendre ses distances avec Sarah, la narratrice fuit. Elle va s’installer à Trieste pour essayer de panser ses plaies, pour tenter de comprendre comment elle peut apprécier le doux soleil de l’Italie alors qu’elle est anéantie. Il y a du Duras et du Barthes dans ce roman qui marque au fer rouge.
    https://urlz.fr/8mQo

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  • un livre decevant en ce qui me concerne. ce roman aurait pu être une belle histoire d'amour mais celle-ci est gachée par l'écriture brutale, crue de l'auteure.
    Pourquoi une femme, maman d'une fillette, qui tombe amoureuse d'une autre femme ne prononce jamais le prénom de son enfant mais la...
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    un livre decevant en ce qui me concerne. ce roman aurait pu être une belle histoire d'amour mais celle-ci est gachée par l'écriture brutale, crue de l'auteure.
    Pourquoi une femme, maman d'une fillette, qui tombe amoureuse d'une autre femme ne prononce jamais le prénom de son enfant mais la nomme toujours par " l'enfant " alors qu'elle n'arrête pas de répéter le prénom de son amante " Sarah " à presque toutes les lignes de sont texte.
    un déroulé un peu brouillon et une fin ......... dont je n'ai pas bien compris le sens.

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  • Ça raconte Sarah est le premier roman de Pauline Delabroy-Allard.

    Un roman étonnant et réussi.

    C'est l'histoire d'un amour incroyablement fort entre deux femmes qui ne s'y attendaient pas.
    Comme une tornade, cette passion va tout ravager sur leur passage.
    Elle sera belle, fiévreuse...
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    Ça raconte Sarah est le premier roman de Pauline Delabroy-Allard.

    Un roman étonnant et réussi.

    C'est l'histoire d'un amour incroyablement fort entre deux femmes qui ne s'y attendaient pas.
    Comme une tornade, cette passion va tout ravager sur leur passage.
    Elle sera belle, fiévreuse et violente !

    Le lecteur va suivre cet amour dévorant en deux parties.

    Une première partie où l'on suit leur rencontre et leur relation presque en apnée, et ce, dû à des chapitres courts, rythmés et parfois très intenses.
    Ils sont ponctués de quelques scènes d'amour qui a mon goût manquent de délicatesse. Cela dit, leur folie m'interpelle et je suis avidement leur passion amoureuse.

    Elles s'aiment éperdument jusqu'au jour, où rien ne va plus...

    Et c'est à ce moment là, que l'on rentre dans la seconde partie du roman que je préfère à la première.
    Cette fois-ci, le lecteur va suivre les répercussions de cet amour,
    si puissant,
    si fou,
    si destructeur.

    Quant à la chute, bien sûr, je vous laisse la découvrir !

    Pour ma part,

    C'est une fin qui m'a beaucoup émue,

    Une fin que je ne m'attendais pas,

    Une fin à la hauteur de ce beau roman.

    A découvrir et une auteure à suivre...
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/11/arcadie-ca-raconte-sarah.html

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  • " Ça raconte Sarah " est le récit d'un embrasement amoureux, d'une passion... "une tempête" ! Pour son premier roman, Pauline Delabroy-Allard rentre par la grande porte de la littérature française, aux éditions de Minuit en cette année 2018 !

    Elle est professeure dans un lycée et maman d'une...
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    " Ça raconte Sarah " est le récit d'un embrasement amoureux, d'une passion... "une tempête" ! Pour son premier roman, Pauline Delabroy-Allard rentre par la grande porte de la littérature française, aux éditions de Minuit en cette année 2018 !

    Elle est professeure dans un lycée et maman d'une petite fille qu'elle élève seule depuis que le père est parti. Elle a bien un nouveau compagnon, Bulgare, épisodique. Elle se sent dans un état de latence.
    p. 17 : " En attendant, tous les jours se ressemblent un peu, entre mes obligations de jeune mère, mes obligations de jeune professeure, mes obligations de fille, d'amie, d'amoureuse du garçon bulgare. "
    Elle fait la rencontre de Sarah lors d'une soirée de Nouvel An chez des amis communs. Violoniste, Sarah parle beaucoup et vite, se maquille trop, est dans l'excès sans cesse, et l'exubérance. Elle est "vivante".
    La latence : « c'est le temps qu'il y a entre deux grands moments importants ».
    Très rapidement les deux femmes passent de plus en plus de temps ensemble, et enchaînent les sorties. Elles n'étaient ni l'une ni l'autre attirées par les femmes.
    p. 35 : " L'amour avec une femme : une tempête. Dans cette tempête, elle est capitaine de navire. Je deviens femme de marin. "
    Mais chacune devient rapidement et intensément indispensable à l'autre. Arrive le moment où Sarah surprend la narratrice par une simple phrase.
    p. 30 : " Elle dit je crois que je suis amoureuse de toi. "
    Ce sont alors deux corps qui fusionnent, qui se surprennent, qui s'aiment et se désir. Subjuguée par Sarah, la narratrice lui voue fascination et dévotion. Le rythme de l'écriture s'accentue au même rythme que la passion amoureuse s'intensifie, comme un cœur dont les battements s'accélèrent.
    Sarah méprise les usages, se fout de tout, réagit comme une enfant, capricieuse et impatiente.
    p. 53 : " Elle n'a rien à foutre des convenances, de la bienséance. Elle est vivante. "
    Elles vivent littéralement dans une véritable osmose, comme si le monde tournait autour d'elles, ou plutôt comme si elles tournaient autour du monde. Elles vivent cet amour comme une véritable course contre le temps.
    p. 90 : " Elle dit nous avons les cœurs qui battent à la même cadence, elle dit c'est fou cet unisson, c'est fou cette communion. Elle dit personne ne peut comprendre ça, personne. "
    Avec son quatuor, Sarah voyage beaucoup, par obligation professionnelle. Mais ses absences sont des tortures pour les deux femmes. La narratrice enchaîne régulièrement les kilomètres, ne serait-ce que pour la rejoindre quelques heures, entre deux concerts. Le rythme devient insoutenable, irrespirable, fou, intense. Alors elle se met en arrêt maladie parfois. Mais c'est addictif et obsessionnel. Elles font l'amour, sans cesse. Sarah est insatiable.
    La douleur se transforme en colère. La passion devient incandescence. Sarah devient tour à tour attentionnée et injuste, fragile et cruelle.
    p. 84 : " Elle dit que je suis la femme de sa vie, son seul et unique amour, elle dit qu'elle ne sait pas ce qu'elle doit faire, continuer cette vie rocambolesque ou bien tout oublier, elle dit que notre amour est la chose la plus merveilleuse et la plus terrible qui lui soit arrivée. "
    Aussi puissante qu'à été la rencontre et la fusion, aussi puissante sera la deuxième partie de ce roman, dans la dépossession, la déprise et la chute. Tel un miroir inversé. Morbide. D'un seul coup, l'absence de l'être aimé devient douleur.
    p. 132 : " Vous ne savez pas. A quel point la douleur dure. "
    Mourir d'amour. Dans le même rythme soutenu et  cadencé, la narratrice doit se déposséder de Sarah, de son corps, de sa présence, de son tout.
    p. 152 : " Je ne sais pas comment te trahir, mon amour. Je ne pourrais pas aimer à nouveau, le sais-tu ? Je voudrais me souvenir toujours de cette seconde juste avant que je sache que tu existes. Je voudrais me souvenir toujours de ces moments  juste avant que je comprenne que tu existes, et ce qui allait nous arriver. Je suis veuve. Sans toi. "

    Avec quelle habilité Pauline Delabroy-Allard défie les pièges de l'histoire d'amour classique en littérature! Jamais elle ne tombe dans le vulgaire, malgré la description des scènes d'amour. C'est ô combien charnel et  passionnel ! La féminité des corps et leur sensualité n'a rien d'un manifeste lesbien, mais bien au contraire de la pureté et de la beauté d'un amour dont beaucoup ne connaîtront jamais l'intensité !
    Construit en deux parties, le texte se joue des oppositions : la  fusion amoureuse et la rupture, la vie et la mort, la douceur et la douleur, la jouissance et le déchirement, l'insouciance et la maladie. Fortement influencée par le style d'Annie Ernaux, l'auteure maîtrise la narration et fait perdre pied autant au lecteur qu'à ses personnages, prisonniers du rythme effréné ! En reposant ce livre, j'ai la sensation d'une déflagration, d'un blast. Un roman de l'extrême qui s'affranchit des conventions, au profit de la plus belle des histoires d'amour, celle qui fait perdre la raison.

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  • Ce livre-là est à lire d'une seule traite, d'un seul souffle, d'une seule respiration que l'on retiendrait, par peur de tourner la page. Et si tout finissait mal ? Et si elles ne parvenaient pas à garder la tête hors de l'eau ? Et si elles perdaient pied soudain et coulaient, submergées par...
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    Ce livre-là est à lire d'une seule traite, d'un seul souffle, d'une seule respiration que l'on retiendrait, par peur de tourner la page. Et si tout finissait mal ? Et si elles ne parvenaient pas à garder la tête hors de l'eau ? Et si elles perdaient pied soudain et coulaient, submergées par cette passion qui les brûle, les dévore et les tuera peut-être ?
    Derrière ce « elles », il n'y a qu'un nom : Sarah. L'autre est un « je ». On ne saura jamais comment elle s'appelle, son compagnon et son enfant resteront aussi anonymes… Sarah efface tout, occulte tout. Elle prend la place, celle des autres d'abord et d'une certaine façon, tel un vampire, elle aspire aussi la vie de la narratrice.
    Cela s'appelle une passion amoureuse. On le sait, c'est dévastateur.
    Lire les premières lignes de ce roman revient à se jeter dans une espèce de tourbillon, à être pris dans une tourmente dont il est impossible de s'extraire.
    La narratrice raconte, en oubliant presque de reprendre son souffle, dans un « je » et un présent qui deviennent vite les nôtres, sa rencontre avec Sarah, ce soir de réveillon, chez des gens guindés, ennuyeux et morts.
    Tout à coup, elle est entrée. La folie Sarah a surgi, entraînant dans son sillage, la lumière, l'éclat, la vie.
    La narratrice répète inlassablement ce nom qui s'infiltre doucement en nous. « Sarah », cette femme-enfant musicienne qui finit par nous séduire, par nous tirer par la manche et nous entraîner dans son mouvement. Elle nous manquera, à nous aussi, dans la deuxième partie du livre. Vous en ferez l'étrange expérience...
    Sarah est vivante et déborde de partout : elle parle fort et mal, fume trop, boit trop. Elle pleure et rit beaucoup. Rien n'est mesuré, compté, calculé.
    « Elle est vivante » aime répéter cette narratrice affolée par ces excès, cette démesure, une narratrice un peu perdue, bousculée et projetée, presque malgré elle, en dehors de sa vie, de son train-train, par l'ouragan Sarah.
    Dans ce monde un peu tiédasse, un peu terne, ce monde qui ne vaut pas vraiment le coup d'être vécu, Sarah est celle qui met de la couleur, du mouvement, du bruit. Elle bouscule les codes, fait tomber les barrières, franchit les limites. Et vous aspire dans son sillage.
    « Elle est vivante. »
    Et la narratrice se rend compte qu'elle préfère être avec elle, l'amie, plutôt qu'avec lui, le compagnon. Elle aime Sarah. Mais ce n'est pas facile de mettre les mots sur ce qui vous arrive, de s'avouer la chose, de supporter le raz de marée qui s'empare de toute votre personne et assiège tout votre être.
    Elle se donnera. À corps perdu.
    C'est l'amour fou, l'émerveillement au quotidien, l'enchantement. Une espèce de communion, un truc qu'on ne peut même pas nommer. Et que tout le monde ne vivra pas. Un amour qui remet tout en cause : le travail, les amis, l'enfant, le conjoint, la famille.
    Tout.
    Sarah remplace tout, fait le vide peu à peu. La narratrice est prise dans le tourbillon Sarah, la tornade Sarah. L'obsession pour cette « drôle de fille » se transforme très vite en « une révélation, une lumière, une épiphanie. » Elle est une déesse, elle est sacrée : « Elle serait la femme idéale, la femme ténébreuse et splendide, une icône.»
    « Après la première nuit, être loin d'elle devient une aberration. »
    « Elle me respire, elle m'aspire, ça raconte ça : le souffle, le soufre, la tempête. »
    Et cette écriture, presque incantatoire, m'a bouleversée. De cette histoire d'amour, j'ai goûté chaque page comme on lit un poème, parce que chaque page est un poème. J'ai eu peur d'avancer, de connaître la fin. On le sait, l'intensité, la puissance va finir par craquer, par exploser. Ça ne peut que mal tourner, ce genre d'histoire. Et pourtant cette fin, on la connaît dès le début. Mais on l'oublie, on revit la rencontre et cette scène sublime efface tout. Nous sommes emportés par les mots, le rythme des phrases, le souffle de vie dont chaque syllabe et chaque silence semblent emplis.
    Je suis sortie de cette lecture, vidée, fourbue, effarée.
    Avec l'envie de reprendre tout depuis le début, de me relancer dans le tourbillon comme on veut faire un second tour de manège et que la tête nous tourne déjà un peu.
    Ce dont je ne me suis pas privée.
    Si Sarah est vivante, ce livre l'est bien autant qu'elle.
    Son coeur pulse à chaque page.
    Et c'est sublime.

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  • Je ne connaissais pas du tout le thème de ce roman avant de l'ouvrir et les cinquante premières pages m'ont remuée. Elles sont fortes, écrites sur un rythme haletant et saccadé, comme les débuts d'une passion. J'ai reposé le roman à contre-cœur. Peut-être n'aurais-je pas dû le poser car la magie...
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    Je ne connaissais pas du tout le thème de ce roman avant de l'ouvrir et les cinquante premières pages m'ont remuée. Elles sont fortes, écrites sur un rythme haletant et saccadé, comme les débuts d'une passion. J'ai reposé le roman à contre-cœur. Peut-être n'aurais-je pas dû le poser car la magie n'a plus opéré quand je l'ai ouvert à nouveau. J'ai trouvé que ça tournait en rond, comme une passion me direz-vous, qu'on ne cessait d'aller dans les hauteurs pour mieux retomber au plus bas et que finalement, vu de l'extérieur, c'était pathétique, une passion. J'ai malgré tout aimé les leitmotivs, cette répétition de "Ça raconte Sarah" et les différentes définitions du mot latence. Mais je n'ai plus du tout adhéré dans la partie italienne, que j'ai trouvée floue, folle.

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  • Ca raconte Sarah.

    Ça raconte une histoire d'amour. Que l'on vit. Que l'on pleure. Que l'on prend en pleine gueule.

    Jamais écriture ne t'avais trituré à l'intérieur de cette façon. Ça virevolte, ça farandole, ça t'écrabouille le coeur et ça te laisse pantelant. Émerveillé. Bluffé.

    Ça...
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    Ca raconte Sarah.

    Ça raconte une histoire d'amour. Que l'on vit. Que l'on pleure. Que l'on prend en pleine gueule.

    Jamais écriture ne t'avais trituré à l'intérieur de cette façon. Ça virevolte, ça farandole, ça t'écrabouille le coeur et ça te laisse pantelant. Émerveillé. Bluffé.

    Ça prête à rire, peut être à souffrir mais ça va à toute allure et ça t'ébranle à l'intérieur. Ça parle d'amour fort, d'amour vrai. Ça fait parfois si mal, ça t'essouffle un peu, beaucoup, passionnément, à la folie et ça t'envole haut, très haut. Ça fait de la musique, du rock' n' roll, une symphonie, ça fait valser les mots. Ça va vite, très vite, trop vite.

    Ça te prend là comme ça, ça t'arrache à l'instant présent et ça te bouscule dans tous les sens. C'est fou, simple et terrible. C'est de l'amour. C'est de la vie. C'est de la folie.

    Ça raconte ce qu'on ne sait pas dire. Ça te ramasse en mille morceaux. Ça t'envoie valser dans le décor. Sans crier gare et sans préavis. Ça t'empêche de t'endormir et ça t'insomnise.

    Ça ne te laisse pas le choix. Ça te donne envie de ne jamais refermer le livre. Ça raconte de belles choses. Ça te fait battre le coeur de plus en plus vite.
    Plume virtuose qui t'embarque à sa suite sans te laisser le choix.

    Et puis.

    Peut-être, un peu.

    Ça raconte Sarah.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/ca-raconte-sarah-de-pauline-delabroy.html

    La narratrice, jeune professeure, nous raconte Sarah, une jeune femme avec qui elle a vécu une passion dévorante et destructrice. Dès les premières pages du récit, la maladie de Sarah est annoncée, sa fin...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/09/ca-raconte-sarah-de-pauline-delabroy.html

    La narratrice, jeune professeure, nous raconte Sarah, une jeune femme avec qui elle a vécu une passion dévorante et destructrice. Dès les premières pages du récit, la maladie de Sarah est annoncée, sa fin semble inéluctable...

    La narratrice, dont le nom ne sera jamais donné, rencontre Sarah un soir de réveillon chez des amis, à un moment de sa vie où elle a l'impression de vivre un moment de latence, seule avec sa fille depuis le départ de son mari. Les deux jeunes femmes se revoient rapidement et tombent amoureuses, c'est la première fois pour l'une comme pour l'autre qu'elles s'engagent dans une relation homosexuelle.

    Sarah est une violoniste concertiste fantasque, exaltée, une femme qui s'est jetée à corps perdu dans cette passion comme elle se jette dans la musique avec la même démesure. La narratrice est emportée dans un tourbillon de folie auprès d'une Sarah instable, inconstante qui accumule caprices sur caprices. S'ensuit pour la narratrice une relation de dépendance envers Sarah, une relation ponctuée par les départs et les retours de la violoniste au gré de ses concerts en tournée avec son quatuor. "Ça raconte Sarah, imprévisible, ondoyante, déroutante, versatile, terrifiante comme un papillon de nuit.", "Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S."

    Puis c'est la rupture brutale provoquée par Sarah "Elle m’épuisait mais je crève sans elle", jusqu'au jour où la violoniste lui apprend qu'elle est très gravement malade... La deuxième partie du roman prend alors une autre dimension dramatique.

    "Ça raconte Sarah, sa beauté inconnue, cruelle, son nez austère d'oiseau de proie, ses yeux comme des silex, ses yeux meurtriers, assassins, ses yeux de serpent aux paupières tombantes"

    Avec des phrases courtes, des chapitres courts, l'auteure maintient tout au long de son roman un rythme haletant à l'image de la passion qui dévore les deux femmes, donnant au lecteur une impression d'urgence, l’entraînant dans un véritable tourbillon. L'écriture est tout simplement incroyable et c'est un premier roman ! La première partie est époustouflante, heureusement le rythme d'écriture se calme un peu dans la deuxième partie permettant au lecteur de souffler un peu. Le récit tourne uniquement autour de la relation entre les deux femmes, la petite fille de la narratrice est juste nommée "l'enfant", l'ex-mari, les parents et les amis sont juste évoqués. Une relation exclusive, un amour fou qui mène à la folie, une passion amoureuse qui fait basculer...
    Une lecture sous tension, oppressante parfois, voire lancinante, un roman lu en apnée qui bouscule et qui trotte dans la tête après l'avoir refermé. Une très belle performance de cette jeune auteure qui a parfaitement su restituer l'intensité dramatique et dévastatrice de cette histoire.

    Ce roman est finaliste du prix du roman Fnac, a été sélectionné pour deux prix concernant les premiers romans : le Prix Stanislas du premier roman et pour le Prix envoyé par la poste et a reçu le prix des libraires de Nancy.

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