Pauline Delabroy-Allard

Pauline Delabroy-Allard

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Avis (10)

  • Couverture du livre « Ça raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard aux éditions Minuit

    Calimero29 sur Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard

    Je suis très partagée par ce premier roman de Pauline Delabroy-Allard.
    J'ai aimé cette histoire de passion foudroyante et destructrice entre deux femmes que tout sépare : l'une, la narratrice est mère célibataire et professeur; elle mène une vie bien rangée jusqu'à sa rencontre avec Sarah....
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    Je suis très partagée par ce premier roman de Pauline Delabroy-Allard.
    J'ai aimé cette histoire de passion foudroyante et destructrice entre deux femmes que tout sépare : l'une, la narratrice est mère célibataire et professeur; elle mène une vie bien rangée jusqu'à sa rencontre avec Sarah. Cette dernière est musicienne, toujours en déplacement avec son quatuor, fantasque, se moquant des conventions, dévorant la vie à pleine dents comme elle dévore les abricots et les cerises.
    Le feu de la passion (Sarah avaoue son amour à la narratice alors qu'elle craque une allumette, tout un symbole) va les emporter puis les détruire. Sarah sera détruite dans son corps avec un cancer et la narratrice devra s'éloigner seule pour se retrouver et se reconstruire.
    L'histoire est belle, exacerbée, à fleur de peau. Plus rien ne compte pour la narratrice, ni son travail, ni sa fille (qu'elle appelle d'ailleurs l'enfant comme si c'était une étrangère tellement l'aliénation est forte), ni son travail, ni son entourage. Sarah efface tout. La narratrice s'efface elle-même, se dissout, se perd dans cette passion incandescente qui la dévore et la laisse exsangue, épuisée physiquement et moralement.
    Néanmoins, les définitions de certains mots (latence, passion...), les données techniques sur les oeuvres de musique détruisent le plaisir de la lecture et cassent l'émotion sans parler des répétitions nombreuses (repas au restaurant japonais et la caipirinha, les expressions "ça raconte, une enfant...") qui lassent vite même si l'auteur a peut-être voulu utiliser un procédé stylistique qui puisse rappeler les mouvements de musique.
    Ce roman a reçu le prix des Lecteurs de Nancy-Le Point et le prix du Roman des étudiants pour France-Culture-Télérama.

  • Couverture du livre « Ça raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard aux éditions Minuit

    Jean-Paul Degache sur Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard

    Pauline Delabroy-Allard, pour son premier roman, a choisi d’écrire sur un amour fou, vraiment fou, entre deux femmes qui se découvrent et s’aiment mais, dès les premières lignes, l’érotisme qui s’en dégage est tempéré par les mots maladie, profil de morte…

    Ça raconte Sarah, formule du titre...
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    Pauline Delabroy-Allard, pour son premier roman, a choisi d’écrire sur un amour fou, vraiment fou, entre deux femmes qui se découvrent et s’aiment mais, dès les premières lignes, l’érotisme qui s’en dégage est tempéré par les mots maladie, profil de morte…

    Ça raconte Sarah, formule du titre répétée souvent, jalonne un récit étonnant, déroutant, émouvant mais aussi dérangeant dans sa seconde partie lorsque l’idylle se transforme en cauchemar.

    La narratrice est au premier plan de ce roman dans lequel débarque Sarah : « C’est une tornade inattendue… Elle est vivante. » En plus de quelques formules qui se répètent, l’auteure nous gratifie de définitions, d’explications pour latence, soufre et souffre, la commune des Lilas, la musique classique, la bora qui souffle sur Trieste, un quatuor en ré mineur…
    Tout cela forme un ensemble étonnant qui a valu au livre de figurer sur une liste pour le Prix Goncourt. L’auteure fait preuve d’une imagination fertile mais pour sortir de cet amour fou elle fait voyager un peu partout, commençant par Paris où l’essentiel de l’action se passe.
    Celle qui raconte est prof mais je n’ai pas vu mention de ce qu’elle enseigne. Elle est mère d’une fille « la fille », a un compagnon alors que le père n’est plus là mais c’est la tornade Sarah qui prend toute la place : « Elle parle en agitant les bras. Elle est elle-même le feu, le tournoiement de l’âme. Elle a l’apparence d’un démon. Elle est belle à tomber par terre, détestable à en crever. Elle boit beaucoup. Elle fume clope sur clope… »
    Cette Sarah impressionne, prend toute la place: « Elle m’étreint, elle aspire mon souffle court entre ses lèvres. Elle règne sur Chambord, elle domine mon cœur, elle gouverne ma vie. C’est une reine. »
    Pourtant, elle m’effraie de plus en plus car déjà les premières notes négatives se font jour : « L’intensité entre nous est trop forte, des orages éclatent, elle devient mauvaise, elle crie à en faire trembler les murs, elle tombe à genoux pleine de sanglot déchirants. »
    Tout cela raconte Sarah, violoniste virtuose membre d’un quatuor qui se produit parfois loin de France : « Ça raconte Sarah, ça raconte Sarah l’inconnue, Sarah l’honnête fille, Sarah la dame prudente, Sarah la femme fantasque, Sarah la femme bizarre, Sarah la femme seule. »
    Elle est pourtant aimée si intensément !

    Pauline Delabroy-Allard a réussi une grosse performance littéraire avec beaucoup de vocabulaire, des mots, des phrases qui reviennent comme des mantras mais c’est cet amour fou qui m’a marqué, ce bonheur intense et ces joies extraordinaires. Mais que de douleurs, de souffrances ensuite pour une déchéance finale incompréhensible !

  • Couverture du livre « Ça raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard aux éditions Minuit

    Henri-Charles Dahlem sur Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard

    Fragments d’un discours amoureux

    Le premier roman de Pauline Delabroy-Allard un goût d’absolu. Couronné par le Prix du style 2018, il retrace l’histoire d’un amour passionnel entre deux femmes. Une histoire d’amour dont on sait qu’elle termine mal, en général.

    Pauline Delabroy-Allard nous...
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    Fragments d’un discours amoureux

    Le premier roman de Pauline Delabroy-Allard un goût d’absolu. Couronné par le Prix du style 2018, il retrace l’histoire d’un amour passionnel entre deux femmes. Une histoire d’amour dont on sait qu’elle termine mal, en général.

    Pauline Delabroy-Allard nous offre une sorte de bréviaire de la passion. Son roman serait déjà formidable s’il se limitait à nous raconter une histoire d’amour-passion entre la narratrice et Sarah. Mais la seconde partie du roman nous offre d’explorer le revers de la médaille et les émotions qui vont étreindre ce couple après leur séparation, jouant par la même occasion sur tout le clavier des sentiments. Des sentiments forts, très forts, transcrits avec une plume «habitée».
    La chose commence de façon banale, lors d’une soirée de réveillon à laquelle la narratrice est invitée. Elle a la trentaine, a mis fin à sa relation avec un homme et vit désormais seule avec sa fille. On imagine qu’elle n’a guère envie de trouver un nouveau partenaire. Mais elle va tomber sous le charme d’une femme fantasque qu’elle nous décrit ainsi: «Elle est violoniste. Elle fume des cigarettes. Elle est trop maquillée, c’est encore pire quand on la regarde de près. Elle parle fort, rit beaucoup, est drôle à sa façon. Elle emploie des mots que je ne connais pas. Elle a un argot personnel. Elle s’amuse avec la langue, elle invente des expressions, elle fait des rimes pour le plaisir. Elle raconte des choses amusantes, des histoires pleines de rebondissements. Elle se plie de bonne grâce à mes demandes de précisions. Elle est vivante.»
    Les deux femmes décident de se revoir et très vite l’amitié cède la place à l’amour. Une histoire d’amour qui va vitre prendre toute la place dans la vie de la narratrice. Jusqu’à l’obsession. Jusqu’à ces moments où on ressent un immense vide quand l’aimée n’est pas là. Jusqu’à ce qu’aucune seconde de son emploi du temps ne doive être consacrée qu’à autre chose qu’à cette femme merveilleuse. Sarah, tout Sarah, rien que Sarah. Tout au long du roman, comme une antienne, résonne alors ces fragments du discours amoureux: «Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »
    Les pages emplies de passion, de fièvre, d’absolu sont magnifiques. Elles rendent bien compte de la folie, de l’exacerbation qui brûle le corps et le cœur. Jusqu’à l’explosion. Car Sarah est comme le soufre, «de symbole S».
    Viennent alors de pages tout aussi belles sur le manque, la douleur, le vide. Pour prendre ses distances avec Sarah, la narratrice fuit. Elle va s’installer à Trieste pour essayer de panser ses plaies, pour tenter de comprendre comment elle peut apprécier le doux soleil de l’Italie alors qu’elle est anéantie. Il y a du Duras et du Barthes dans ce roman qui marque au fer rouge.
    https://urlz.fr/8mQo

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