2084 ; la fin du monde

Couverture du livre « 2084 ; la fin du monde » de Boualem Sansal aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072713989
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants.... Voir plus

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion...
Boualem Sansal s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d'un récit débridé, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquiétantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

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Articles (2)

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  • "2084, la Fin du monde" de Boualem Sansal (Gallimard)
    #Chronique : "2084", Big Brother au nom d’Yölah

    Avec « 2084 », sous-titré malicieusement « La Fin du monde » Boualem Sansal, l’auteur algérien, va encore plus loin en se glissant dans la peau de George Orwell, dans un roman où le totalitarisme islamiste a remplacé les dystopies staliniennes…

Avis (29)

  • Mis en quarantaine pour cause de tuberculose, Ati survit dans le terrifiant sanatorium du Sîn dans les confins lointains de l'Abistan, territoire où règne sans partage une religion unique où les croyants répètent en permanence : « Il n’y a de dieu que Yölah et Abi est son délégué. » Tout juste...
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    Mis en quarantaine pour cause de tuberculose, Ati survit dans le terrifiant sanatorium du Sîn dans les confins lointains de l'Abistan, territoire où règne sans partage une religion unique où les croyants répètent en permanence : « Il n’y a de dieu que Yölah et Abi est son délégué. » Tout juste guéri, Ati, libéré, parcourt le pays et gagne la capitale, l’incomparable cité de Dieu, siège du pouvoir théocratique avec la Kiiba, la Grande Mockba et l'Abigouv, le tout-puissant gouvernement des croyants sur terre. Avec son nouvel ami Koa, ils explorent les bas-fonds, sont en butte aux terribles milices de la foi qui corrigent ou tuent déviants et autres mécréants et s’aperçoivent qu’en dépit des apparences lisses et unanimistes, certaines choses ne « collent pas ».
    « 2084, la fin du monde » se veut un ouvrage de science-fiction, de pure imagination. Il est bien évident que ce n’est qu’un moyen détourné, une sorte de pamphlet pour décrire l’horreur d’un système totalitaire basé sur une religion unique régnant sans partage. Sansal a voulu imiter Orwell et faire avec l’islamisme, ce que son devancier fit avec le communisme. Même si le résultat n'est qu'un pâle reflet de celui du britannique, la ressemblance entre les deux dictatures est frappante. Mêmes méthodes de répression, de conditionnement des esprits, de gouvernement par la peur, de diffusion d’un obscurantisme assumé. Même pensée unique et même langage codé avec ses inversions de valeurs (« La guerre c’est la paix », « La liberté » c’est l'esclavage », « L’ignorance c’est la force » et quelques autres du même charmant tonneau). Bien que récompensé par un Grand prix du roman de l’Académie française, cet ouvrage ne semble pas mériter autant d’honneurs. L’intrigue est inexistante, sans grande consistance, les personnages manquent d’épaisseur et la narration a un côté caricatural assez agaçant ne serait-ce que par les noms qui ne diffèrent que d’une lettre ou d’une syllabe des originaux. Dans cette fable ou dans ce conte, l’auteur a surtout voulu exposer ses idées philosophiques, condamner sans appel toute forme de théocratie, malheureusement sans jamais délivrer le moindre message d’espoir. Dommage que tout cela soit insuffisant pour prétendre au chef-d’œuvre.

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  • On se perd un peu dans la narration comme si on essayait également de retrouver notre libre arbitre, notre liberté.
    Intéressant mais pas envoutant

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  • Pas facile à lire, on comprend pas toujours tout, mais de très bons moments

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  • Écriture magnifique un auteur a connaitre et a lire très beau recit

    Écriture magnifique un auteur a connaitre et a lire très beau recit

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  • L'Abistan recouvre désormais le monde, la Juste Fraternité tient le pouvoir d'une main de fer, les Honorables gouvernent le petit peuple en l'assoiffant de mythes et d'obligations religieuses. Quel bel avenir nous décrit Boualem Sansal dans ce récit d'aventures, dont le style n'est pas sans...
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    L'Abistan recouvre désormais le monde, la Juste Fraternité tient le pouvoir d'une main de fer, les Honorables gouvernent le petit peuple en l'assoiffant de mythes et d'obligations religieuses. Quel bel avenir nous décrit Boualem Sansal dans ce récit d'aventures, dont le style n'est pas sans rappeler un certain Candide de Voltaire... Après Candide l'optimiste, ici nous suivons Ati, l'homme qui se voulait libre sans parvenir tout à fait à se défaire de ses chaînes de croyant. Son périple commence au sanatorium de Sîn où le passage incessant des pèlerins et les étranges rumeurs sur la frontière proche l'emmènent à remettre en question tout ce qui lui a été inculqué pendant l'enfance. A peine revenu dans sa ville d'origine, Qodsabad, grande capitale aux multiples quartiers, il s'acoquine avec Koa, rejeton d'une famille illustre ayant pris le parti de la rébellion. Et les voilà partis tous les deux sur les routes, à visiter les ghettos, à s'introduire dans le coeur du gouvernement, et autres péripéties fantasques dans ce monde étrangement plausible.

    S'inscrivant clairement dans la lignée d'Orwell - et en citant même Big Brother et 1984 -, Boualem Sansal nous propose ici une nouvelle version du totalitarisme, un totalitarisme religieux extrémiste où la foi des croyants est entretenue à coups de purée hallucinogène, de massacres collectifs, et de pèlerinages organisés vers des lieux à l'histoire inventée. Une machine bien huilée somme toute, à laquelle les croyants n'ont aucun moyen possible d'échapper. Tout semble merveilleusement bien penser pour empêcher toute révolte, tout questionnement de l'âme, toute envie de liberté. Sauf que derrière les apparences de ce pouvoir religieux, les guerres de clans persistent, les Honorables s'affrontent, se jouant de petits pions comme Ati sur le grand échiquier du pouvoir. On ne peut pas lire ce livre sans avoir une pensée pour Daech, dont la montée en puissance commence à se faire sentir au moment de la publication de ce récit.

    Boualem Sansal n'a rien laissé au hasard dans son monde hypothétique, tout est expliqué, décortiqué, analysé. Fonctionnement de la société, tenue nationale, langue nationale, symboles du pouvoir, historique apocalyptique: tout y est, on s'y croirait presque. A ceci près que le style littéraire lui, ne laisse aucun doute sur le côté hypothétique de l'histoire. A peine romancé, ce conte trimballe le personnage principal d'un bout à l'autre de l'Abistan, du bas vers le haut de la pyramide des classes, d'un discours philosophique à l'autre - tous les prétextes sont bons pour donner plus d'explications sur le régime totalitaire sorti de l'imagination de l'auteur.

    Un livre qui fait réfléchir donc, à défaut de permettre de s'évader tout à fait - dans tous les cas, je ne suis pas sûre qu'il y a un seul lecteur qui aurait envie de s'évader vers ce monde là.

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  • Fonctionnaire tuberculeux, Ati a vaincu le mal dans un sanatorium perdu dans la montagne. Après un an de voyage, il rentre chez lui à Qodsabad, capitale de l'Abistan. Reçu en héros pour avoir bénéficié du soutien de Yôlah, le dieu unique, et d'Abi, son délégué sur terre, l'employé de mairie...
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    Fonctionnaire tuberculeux, Ati a vaincu le mal dans un sanatorium perdu dans la montagne. Après un an de voyage, il rentre chez lui à Qodsabad, capitale de l'Abistan. Reçu en héros pour avoir bénéficié du soutien de Yôlah, le dieu unique, et d'Abi, son délégué sur terre, l'employé de mairie aurait pu vivre heureux dans la béatitude de la croyance inconditionnelle si son séjour dans les montagnes n'avait pas écorné sa foi. Alors que, comme tout le peuple d'Abistan, il était jusque là soumis au système de pensée imposé par Abi, la Juste Fraternité et l'Appareil, Ati vit désormais avec le doute et la peur d'être découvert. Car en Abistan, rien ne peut être caché bien longtemps. Mécroire est puni de mort et les V sont capables de lire les pensées les plus intimes. Mais plus rien ne peut arrêter Ati, surtout quand il découvre en Koa, un compagnon qui partage sa quête de la vérité. Hors les murs de Qodsabad, des gens vivent sans le soutien de la religion. S'ils existent, il y a peut-être un autre monde, au-delà des frontières de l'Abistan...un monde libre !

    Attention ''chef-d'oeuvre'' ! ''Récit plein d'inventions cocasses'' ! ''Fable puissante à l'humour ravageur'' !
    Peut-être mais ce n'est pas visible au premier coup d'oeil. 2084 qui se veut un hommage au 1984 d'Orwell n'en a malheureusement pas la puissance. Il s'agit ici d'un récit long, répétitif et ennuyeux qui manque de moelle. Son Ati, sans substance, sans génie, promène ses questionnements dans un monde désincarné lui aussi. On découvre, l'oeil morne, cet Abistan sensé nous effrayer. Pas très surprenant ce monde où la religion domine tout. L'Islam n'est pas nommé mais c'est bien lui et ses dérives radicales qui sont décrits. Les femmes corsetées voilées, cachées, la vie des hommes dictée par des préceptes rigides, la surveillance constante, les interdits omniprésents, les dénonciations, les exécutions publiques, etc. Où sont la création, l'inventivité, l'imagination ? Les talibans ont obligé afghans et pakistanais à vivre ainsi, ce n'est pas de la fiction ! La dictature, religieuse ou autre, se construit toujours sur les mêmes bases : réinvention du passé, culte rendu à une personne ou à un dieu, règles strictes, contrôles à chaque instant, maintien des populations dans la peur. En cela, ce livre n'apporte rien de plus. Et, si l'écriture est belle, toutes ces phrases mises bout à bout finissent par lasser au-delà du supportable. Boualem Sansal a écrit avec sa tête et non avec ses tripes et c'est là que le bât blesse...

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  • Beaucoup de lecteurs ont déjà abondamment commenté ce roman qui était sur ma PAL depuis un certain temps, je serai donc brève.
    L’écriture révèle une grande acuité et une analyse précise de la mise en place d’un régime autoritaire, basé sur l’asservissement où « l’ignorance c’est la force », où...
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    Beaucoup de lecteurs ont déjà abondamment commenté ce roman qui était sur ma PAL depuis un certain temps, je serai donc brève.
    L’écriture révèle une grande acuité et une analyse précise de la mise en place d’un régime autoritaire, basé sur l’asservissement où « l’ignorance c’est la force », où la peur est omniprésente et surtout le mode d’emploi pour maintenir un régime violent qui ne recule devant aucun mensonge, aucune manipulation, aucun crime.
    En l’occurrence il s’agit d’un monde désormais dominé par le fondamentalisme religieux, thème cher à l’auteur et malheureusement d’actualité, l’histoire d’une mystification d’état.
    Le personnage principal, Ati, joue le rôle du candide car il s’interroge, ce qui est interdit même en pensée, il va mener l’enquête et ses déambulations vont le conduire aux pires découvertes et mensonges. Pourtant, j’avoue m’être un peu égarée dans son cheminement et être restée à distance de ce personnage trop naïf.
    En résumé, une dénonciation trop démonstrative au détriment du scénario et du roman. A méditer cependant.

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  • 2084, la date n’est pas choisie au hasard car c’est une référence au fameux "1984" de George Orwell. Ici, nous sommes en Abistan, en principe en 2084 mais le temps n’évolue plus sous la surveillance de Yölah, un Dieu impitoyable, et d’Abi, son prophète que personne n’a jamais vu mais qui...
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    2084, la date n’est pas choisie au hasard car c’est une référence au fameux "1984" de George Orwell. Ici, nous sommes en Abistan, en principe en 2084 mais le temps n’évolue plus sous la surveillance de Yölah, un Dieu impitoyable, et d’Abi, son prophète que personne n’a jamais vu mais qui terrorise une population tentant de survivre tout en étant complice du pouvoir en poussant au paroxysme dénonciations, guerres interminables, bannissements et exécutions. Tout ce qui doit guider la vie des gens est consigné dans le livre sacré, le Gkabul.

    L’histoire débute dans la montagne de l’Ouâ, lugubre et oppressante où passent les pèlerins traversant la région du Sîn : « Quel meilleur moyen que l’espoir et le merveilleux pour enchaîner les peuples à leurs croyances, car qui croit a peur et qui a peur croit aveuglément. »
    Dans ce sanatorium construit en 1984, Ati tente de soigner ses poumons mais les conditions de vie sont déplorables sauf l’endoctrinement religieux avec neuf prières quotidiennes psalmodiées chaque jour. Les caravanes de ravitaillement n’arrivent pas toujours. Certaines disparaissent et l’on retrouve parfois des soldats mutilés et ceux qui survivent aux attaques d’ennemis très mystérieux, sont exécutés à leur retour.
    Ati, âgé de 32 ou 35 ans – il ne se souvient plus - est déjà un vieil homme. Il était bien physiquement mais c’est considéré comme une tare. Il se souvient des femmes derrière leurs voiles épais, leur burquinab et ces bandages comprimant leurs formes. Le mot mécréant le terrorise : « Dans son infinie connaissance de l’artifice, le Système a tôt compris que c’était l’hypocrisie qui faisait le parfait croyant, pas la foi qui par sa nature oppressante traîne le doute dans son sillage, voire la révolte et la folie. Il a aussi compris que la vraie religion ne peut rien être d’autre que la bigoterie bien réglée, érigée en monopole et maintenue par la terreur omniprésente. »
    Enfin, Ati revient dans l’immense capitale, Qodsabad, qui englobe la cité interdite gardée par les Fous d’Abi dont on a enlevé le cerveau à la naissance. Au cours de son retour qui a duré un an, il a vu beaucoup de choses qui ne cessent de le hanter.
    Sa vie à Qodsabad permet de découvrir l’ensemble de mesures destinées à museler complètement la population. Ati sympathise avec Koa qui va l’accompagner et tenter de découvrir les mystères de l’Abilang, la langue simpliste imposée à tous : « Elle ne parlait pas à l’esprit, elle le désintégrait et de ce qu’il restait (un précipité visqueux), elle faisait de bons croyants amorphes ou d’absurdes homoncules. »
    L’histoire se poursuit avec les investigations menées par Ati et Koa et permet de découvrir comment les gens vivent ou tentent de survivre dans des conditions déplorables. « Le grand malheur de l’Abistan était le Gkabul : il offrait à l’humanité la soumission à l’ignorance sanctifiée comme réponse à la violence intrinsèque du vide ,et , poussant la servitude jusqu’à la négation de soi, l’autodestruction pure et simple… La religion, c’est vraiment le remède qui tue. »

    "2084" est un livre emballant et décevant à la fois. D’abord emporté par la vision d’un avenir dont certaines réalités sont déjà bien visibles, j’ai été déçu ensuite par les détours que prend l’histoire, les complications alambiquées et l’embrouillamini dans lequel Boualem Sansal nous perd mais c’est sûrement volontaire car l’impression de malaise profond s’amplifie et le but recherché est atteint.

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