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Pierre Bottero

Pierre Bottero
L'auteur est né dans les Alpes en 1964. Il a vécu en Provence, dans un petit village, où il a longtemps exercé la profession d'instituteur. Passionné par son métier, mais aussi par les livres, il a commencé à écrire pour la jeunesse en 2001. Chez Flammarion Jeunesse, il est l'auteur de Amies à... Voir plus
L'auteur est né dans les Alpes en 1964. Il a vécu en Provence, dans un petit village, où il a longtemps exercé la profession d'instituteur. Passionné par son métier, mais aussi par les livres, il a commencé à écrire pour la jeunesse en 2001. Chez Flammarion Jeunesse, il est l'auteur de Amies à vie, Mon cheval, mon destin et Un cheval en Irlande. Il a écrit Zouck et Tour B2 mon amour dans la collection « Tribal ». Il a également publié de nombreux récits fantastiques aux éditions Rageot. Il est décédé en novembre 2009.

Avis sur cet auteur (146)

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    Couverture du livre « Les mondes d'Ewilan T.2 ; l'oeil d'Otolep » de Pierre Bottero aux éditions Rageot

    Marie Kacher sur Les mondes d'Ewilan T.2 ; l'oeil d'Otolep de Pierre Bottero

    S’il y a bien une chose que je trouve incroyable, prodigieux, époustouflant, dans les romans de Pierre Bottero, c’est qu’aucune relecture ne ressemble à la précédente ou à la suivante. Tantôt je vais être émue par tel aspect du récit, tantôt je serai ébahie par une autre facette de l’histoire,...
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    S’il y a bien une chose que je trouve incroyable, prodigieux, époustouflant, dans les romans de Pierre Bottero, c’est qu’aucune relecture ne ressemble à la précédente ou à la suivante. Tantôt je vais être émue par tel aspect du récit, tantôt je serai ébahie par une autre facette de l’histoire, tantôt je vais pleurer toutes les larmes de mon cœur, tantôt je vais juste être émerveillée par l’épopée relatée … C’est une éternelle redécouverte, car l’histoire me touche différemment à chaque fois que je la relis ! Aussi, j’ai beau connaitre par cœur certains passages, j’ai beau savoir d’avance tout ce qui va arriver, je savoure chaque lecture de la saga comme si c’était la toute première fois que je m’y plongeais … Si je ne devais conserver qu’une petite dizaine de livres à emmener sur une île déserte, je pense que mes trois intégrales des trilogies de Pierre Bottero feront partie du voyage (comment ça c’est de la triche de choisir des intégrales ?) : ce sont clairement des livres que je relirais bien volontiers en boucle sans jamais me lasser, tant ils me ravissent à chaque fois !

    De retour en Gwendalavir après la traumatisante épreuve de l’Institution, Ewilan a repris avec plus de fougue que jamais ses études à l’Académie des Dessinateurs, affinant toujours plus son Don déjà puissant. Tandis que les examens de fin d’année approchent pour les étudiants de dernière année, voici qu’une monstrueuse créature envahit l’Imagination … et semble bien décidée à briser la frontière entre les dimensions pour se matérialiser dans la réalité. Pressentant au plus profond d’elle-même que les réponses à toutes ses questions se trouvent de l’autre côté de la Mer des Brumes, la jeune fille remue ciel et terre pour intégrer l’expédition chargée de raccompagner le jeune Illian chez lui et de rejoindre les parents et le frère d’Ewilan … Pendant ce temps, Salim poursuit son apprentissage marchombre auprès d’Ellana, plus exigeante que jamais. Mais les vieux désaccords entre la jeune femme et les responsables de la guilde refont surface, et la marchombre et son apprenti doivent quitter la capitale pour avoir la vie sauve … C’est ainsi que la compagnie se retrouve à nouveau réunie sur les routes, prêts à affronter ensemble tous les dangers qui se dresseront devant eux … et ils seront nombreux.

    Si je devais résumer ce tome en un seul mot, ce serait assurément le terme « palpitant ». En effet, l’action qui faisait quelque peu défaut au premier tome selon certains lecteurs semble s’être condensée dans cet opus : du début à la fin, le lecteur est tenu en haleine. Entre les démêlés d’Ellana et Salim avec le conseil de la guilde marchombre, le mystère qui entoure toujours l’enlèvement d’Ewilan dans le tome précédent, celui que représente le surprenant pouvoir d’Illian ainsi que ses origines, et la nouvelle menace que fait planer la méduse au cœur même de l’Imagination, croyez-moi, on ne s’ennuie pas une seule seconde ! On sent confusément que tout est intrinsèquement lié, qu’il ne s’agit finalement que de différentes facettes d’une même machination bien plus grande et terrifiante … Et la tension enfle donc progressivement au fil des chapitres, à chaque nouveau rebondissement, à chaque nouvelle révélation ou découverte. Il y a ce sentiment d’urgence qui se fait toujours plus présent, qui s’agrippe au lecteur pour ne plus jamais le lâcher : j’étais si captivée par ce récit, si entrainée par ce besoin irrésistible de connaitre la suite, que j’ai lu ce tome en une journée à peine ! Un opus incroyablement haletant, donc …

    Mais incroyablement poignant également. Car Pierre Bottero ne sombre jamais dans l’action démesurée à outrance, il la contrebalance toujours par quelque chose de plus profond, de moins spectaculaire. Notre jeune Ewilan a le sentiment de perdre pied, de ne plus avoir la moindre prise sur sa vie, comme si elle était poussée par une force qui la dépasse vers un destin qui l’écrase. Elle a l’impression de suivre une route qu’un autre a tracée pour elle mais qu’elle n’a pas choisi d’emprunter. Incapable de résister à cette force implacable, la jeune fille qui a toujours été maitresse de son existence n’a d’autre choix que d’aller de l’avant. Toujours plus. Alors même qu’un mal se développe silencieusement dans tout son être … Tous ces questionnements sur la destinée, sur le sens de la vie et le poids des responsabilités m’ont énormément plu. De la même manière, j’ai beaucoup aimé le fait qu’Ewilan commence à s’interroger sur les motivations d’Eléa. Car comme le dit le petit Illian avec ses mots d’enfants, « la sorcière n’a pas toujours été méchante ; elle a dû avoir des amis, rire avec eux, se trouver un amoureux ; elle a beau être très méchante, elle reste une personne ». Jusqu’à présent, on avait en effet le sentiment que la Sentinelle félonne était l’incarnation du mal, et on commence à entrevoir son humanité désormais envahie par la haine et l’ambition … Très intéressant, donc.

    Et comme toujours, enfin, Pierre Bottero explore et approfondie les liens qui unissent entre eux les personnages. Il y a ce lien qui s’est créé entre le petit Illian et sa « sauveuse » Ewilan, un lien aussi évident que surprenant : la jeune fille elle-même ne comprend pas comment elle a pu s’attacher si vite à ce petit garçon, tantôt si innocent et gentil, et tantôt si implacable et insensible … Elle se sent responsable de lui, comme une sœur, une mère, alors même qu’on les a séparé dès leur retour en Gwendalavir. Il y a, bien évidemment, l’amour qui unie Ewilan et Salim. Un amour qui, pour la première fois, ne semble plus aussi pur, aussi simple : ils s’aiment, cela ne fait aucun doute, mais c’est comme si le monde extérieur était parvenu à se glisser entre eux. Au début, je dois avouer que cela m’a quelque peu brisé le cœur de voir Ewilan se rapprocher de Liven, de voir Salim sous le charme d’une autre … Et puis, après un passage atrocement déchirant, voilà que l’harmonie entre nos deux amoureux est revenue, plus forte que jamais. Qu’est-ce qu’ils sont beaux, ces deux-là, quand même ! J’aimerai pouvoir en dire autant d’Edwin et Ellana, mais à mon plus grand désespoir, notre brave Général est bien trop occupé par son statut de grand chef de l’expédition pour prendre le temps de penser à lui … et à elle. Je croise les doigts pour la suite !

    En bref, vous l’aurez bien compris, je pourrais continuer très longtemps à vous parler de ce tome qui est, tout simplement, excellent ! L’intrigue progresse dans une direction que j’apprécie énormément, les choses se mettent progressivement en place pour nous offrir un troisième et dernier opus qui promet d’être exceptionnellement saisissant, excitant et passionnant ! Je ne me lasserai jamais de cheminer aux côtés de nos compagnons, de les accompagner dans leurs épopées … J’aime trembler, rire et pleurer avec et pour eux, j’aime ce sentiment d’avoir basculé corps et âme au cœur de l’histoire, de la vivre pleinement et non pas seulement par procuration. Ewilan et ses compagnons ne sont plus de simples personnages dont on lit les aventures, mais de véritables amis que l’on aime retrouver dans nos rêves, que l’on suit avec un plaisir immense. Et surtout, une fois encore, j’aime la plume de Pierre Bottero. Cette plume qui rend chaque passage, même le plus « banal », incroyablement puissant, cette plume qui rend chaque chapitre, même le plus « simple », inoubliable. J’aime cet humour qu’il distille savamment dans ses ouvrages, et j’aime plus que tout cette poésie qui se retrouve dans chacune de ses phrases. J’aime ces livres, beaucoup, passionnément, à la folie, voilà tout !

    http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/11/les-mondes-dewilan-tome-2-loeil-dotolep.html

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    Couverture du livre « Les mondes d'Ewilan T.1 ; la forêt des captifs » de Pierre Bottero aux éditions Rageot

    Marie Kacher sur Les mondes d'Ewilan T.1 ; la forêt des captifs de Pierre Bottero

    Le plus terrible dans les crises de migraine qui me clouent régulièrement au lit dans la plus complète des obscurités, c’est assurément le fait de ne même pas avoir la possibilité de lire pour faire passer le temps : en général, que je suis malade, je m’occupe en dévorant roman sur roman, mais...
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    Le plus terrible dans les crises de migraine qui me clouent régulièrement au lit dans la plus complète des obscurités, c’est assurément le fait de ne même pas avoir la possibilité de lire pour faire passer le temps : en général, que je suis malade, je m’occupe en dévorant roman sur roman, mais lorsque le seul fait de garder les yeux ouverts devient une épreuve, vous vous doutez bien que je ne peux même pas m’évader par la lecture … Et je me retrouve donc condamnée à comater sans même réussir à dormir, jusqu’à ce que l’ennui devienne aussi difficile à supporter que les maux de crâne et autres désagréments de migraineux. C’est donc toujours un énorme soulagement quand la douleur décroit enfin et que je peux me permettre de faire autre chose que de rester étendue dans mon lit : l’attente de la fin de crise devient tout de suite beaucoup plus supportable quand on a de quoi s’occuper l’esprit ! Et clairement, en guise de compagnon de convalescence, la littérature jeunesse est pleinement indiquée … et encore plus les sagas-doudous !

    Cela fait plusieurs mois maintenant qu’Ewilan et ses compagnons ont retrouvés et libérés les parents de la jeune fille, qui goute enfin aux joies d’une vie de famille qui lui a si longtemps été arrachée tout en s’épanouissant plus que jamais dans son nouveau monde … Tandis que ses parents et son frère s’embarquent pour une expédition au-delà de la Mer des Brumes, Ewilan et Salim s’apprêtent à passer deux semaines de vacances dans l’autre monde. Mais à peine sont-ils arrivés que l’adolescente est enlevée par des hommes en noir et conduite dans la non moins sombre Institution, tombée sous la coupe de la félonne Eléa, qui compte bien utiliser la technologie terrienne pour assouvir sa soif de vengeance et de domination … Réduite à l’état de cobaye, droguée et incapable de se servir de son Don pour s’échapper ou pour contacter Salim, la jeune fille ne peut compter que sur l’aide de son ami, qui ne reculera devant rien pour libérer celle qu’il aime tant …

    Je me souviens encore de la surprise qui fut la mienne la première fois que j’ai débuté cette seconde trilogie, et que j’ai compris qu’Ewilan et Salim étaient de retour sur notre bonne vieille Terre, alors que tout laissait à penser qu’ils allaient rester pour de bon en Gwendalavir ! Et cela d’autant plus que l’auteur nous plonge directement au cœur de l’action, aux côtés d’un Salim en pleine mission sauvetage, sans nous expliquer comment on en est arrivé là … Et tandis que des dizaines de questions encore sans réponses assaillent notre esprit, notre petit cœur est malmené un peu plus à chaque chapitre, s’affolant tantôt d’inquiétude, tantôt de peine. Car si la première trilogie restait finalement assez légère, tout dans l’émerveillement de la découverte d’un nouveau monde et dans l’excitation de la quête et de l’aventure, le premier tome de cette deuxième saga est autrement plus sombre … L’auteur n’a rien épargné à ses personnages, et par ricochet à ses lecteurs : il ne fait absolument aucun doute que ceux qui trouvaient la première trilogie trop « gentillette », trop « enfantine », changeront d’avis avec ce tome …

    Qu’est-ce que j’ai pleuré tout au long de cet opus ! Tantôt parce que c’était un déchirement terrible que de voir notre petite Ewilan dans cet état, totalement brisée par la soif de pouvoir et de vengeance d’une femme prête à tout pour assouvir ses sombres desseins, tantôt parce que c’était si beau de voire notre brave Salim prendre soin d’elle avec toute l’affection et le dévouement d’un ami, d’un frère, d’un amour … Toute cette première partie, centrée sur la guérison et la renaissance d’Ewilan, sous le regard attentif du jeune Salim et celui attendri du vieux Maximilien, m’a vraiment beaucoup émue … On le sent, cette douloureuse expérience va changer à jamais Ewilan et Salim, brulant les dernières bribes d’enfance et d’insouciance qui se terraient encore en eux, mais de ces cendres vont naitre les racines d’un amour encore plus fort, inébranlable. Et si cette épreuve va mettre en évidence la fragilité d’Ewilan, elle va également dévoiler la force de Salim, toujours aussi fidèle et aussi dévoué, à la fois si maladroit et si délicat dans sa façon d’exprimer tout l’amour qui brule en lui … Un tome vraiment poignant, bouleversant, émouvant à souhait, bien plus profond et puissant que les précédents !

    Mais comme toujours, Pierre Bottero a su ménager l’équilibre de son récit, et après tout cet interlude où Ewilan se reconstruit doucement dans les douces montagnes du Massif Central, entourée des brebis du vieux Maximilien, il est grand temps pour nos deux jeunes héros de retrouver leurs compagnons de toujours et d’affronter la malveillante Eléa ! Car Ewilan le sent, elle ne sera tout à fait guérie qu’une fois qu’elle sera retourné à l’Institution pour sauver les autres enfants détenus par ces scientifiques sans scrupules … Cette seconde partie est fichtrement haletante, on a le cœur qui s’emballe, le souffle qui se coupe, la gorge qui se noue : on est tellement pris par l’histoire qu’on en oublie parfois que ce n’est qu’une fiction, et on tremble vraiment pour nos héros ! Résultat : on dévore chaque chapitre comme si notre vie en dépendait, totalement happé par cette histoire incroyablement palpitante. Et une fois la dernière page tournée, l’envie de se ruer sur la suite sans plus attendre nous prend. Et cela d’autant plus que la rencontre avec le petit et mystérieux Illian nous promet de grandes aventures à venir !

    En bref, vous l’aurez bien compris, je me suis tout simplement régalée avec ce tome ! Je me souviens que plus jeune, il m’ennuyait quelque peu, justement parce qu’il ne se passe « pas grand-chose » pendant une bonne partie du roman … alors que c’est justement la partie que j’ai préférée en le relisant à l’âge adulte ! Petit moment de grâce où la beauté de la plume rejoint celle du cadre idyllique et du lien magnifique qui unit nos deux jeunes héros. Certains passages sont d’une puissance à couper le souffle, j’en ai eu les larmes aux yeux tant chaque phrase était chargée d’émotion. Mais je n’oublie pas la partie plus « trépidante » du récit : j’ai beaucoup aimé la rencontre entre les deux mondes, entre le politicien de l’ombre et les guerriers qui foncent dans le tas. On retrouve avec joie l’humour d’Ellana, le calme d’Edwin, la fougue de Siam et l’impatience de Maitre Duom … Ils forment une joyeuse équipée qui me donne toujours le sourire, même dans les moments les plus difficiles. C’est un tel plaisir que de les retrouver pour cette nouvelle trilogie, qui promet d’être bien plus sombre mais clairement palpitante !

    http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/11/les-mondes-dewilan-tome-1-la-foret-des.html

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    Couverture du livre « La quête d'Ewilan T.3 ; l'île du destin » de Pierre Bottero aux éditions Rageot

    Marie Kacher sur La quête d'Ewilan T.3 ; l'île du destin de Pierre Bottero

    Dans ma bibliothèque, il y a quelques livres que je chéris un peu plus que les autres. Soit parce qu’ils ont une histoire particulière (un cadeau d’un ami cher, un livre trouvé par hasard après des mois de recherche …), soit parce qu’ils sont dédicacés (et donc vecteurs du souvenir de la...
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    Dans ma bibliothèque, il y a quelques livres que je chéris un peu plus que les autres. Soit parce qu’ils ont une histoire particulière (un cadeau d’un ami cher, un livre trouvé par hasard après des mois de recherche …), soit parce qu’ils sont dédicacés (et donc vecteurs du souvenir de la rencontre avec l’auteur), soit parce qu’ils sont particulièrement beaux. C’est le cas de mes trois intégrales des trilogies de Bottero : je les aime énormément, parce qu’elles sont tout simplement magnifiques. Couverture en dur, vraie reliure, petit marque-page ruban … De vrais petits grimoires qui attirent irrésistiblement mon regard à chaque fois que je parcours mes étagères à la recherche de ma prochaine lecture ! Alors il faut bien admettre que ce n’est clairement pas le format le plus pratique à transporter : trois livres en un, ça donne quelque chose de plutôt volumineux ! Mais je ne les échangerai contre rien au monde, elles sont juste tellement superbes … Je pense d’ailleurs leur offrir une place de choix dans ma future bibliothèque !

    Aidée de ses compagnons, Camille a réussi à retrouver et libérer les Sentinelles, qui se sont empressées de faire sauter le verrou qui pesait sur l’Imagination et empêchait les Dessinateurs de lutter efficacement contre les assauts des Raïs : Gwendalavir est sauvé ! Mais la jeune fille est loin de partager l’allégresse populaire : elle n’a désormais plus qu’une seule idée en tête, faire avouer à la félonne Eléa où se trouvent ses parents et aller les chercher … Mais la traitresse quitte la Citadelle des Frontaliers après avoir tenté de la faire assassiner par un de ses hommes de main. Heureusement, Camille reçoit l’aide inespérée et inattendue du légendaire Merwyn, qui lui apprend également où sont emprisonnés ses parents et lui conseille d’aller chercher son frère Matthieu avant de se lancer dans cette longue et dangereuse expédition. Car pour retrouver Elicia et Altan, la Compagnie va devoir traverser le Grand océan du Sud où rôdent les terribles pirates Alines, et s’aventurer dans des Terres inconnues dont nul Alavarien n’est jamais revenu … Mais Camille ne reculera devant rien pour retrouver ses parents.

    Contrairement à ce qu’on pouvait penser à la fin du tome précédent avec la libération des Sentinelles, la Quête d’Ewilan est bien loin d’être terminée : il lui reste encore à retrouver ses parents, que la traitresse Eléa a emprisonnés pour avoir le champ libre. L’enjeu est bien différent de celui qui animait les tomes précédents, puisqu’il ne s’agit plus de sauver le monde, mais il est autrement plus essentiel pour notre jeune héroïne : retrouver ses parents, c’est retrouver son passé, et donc son identité. Pour elle qui n’a jamais connu que l’indifférence, voire même le mépris, de ses parents adoptifs sur Terre, retrouver ses parents biologiques, c’est aussi assouvir sa soif de tendresse et d’amour qui lui ont tant fait défaut jusqu’à présent. Car Camille a beau être très intelligente, elle a beau être très mature et très indépendante, elle n’en reste pas moins une adolescente qui a besoin d’affection, d’attention. Qui a besoin de redevenir une enfant comme les autres, avec des parents pour veiller sur elle, pour la guider dans la vie. Tout ceci rend cette nouvelle quête autrement plus poignante que la précédente : on s’est tellement attaché à la mistinguette qu’on a véritablement envie de la voir gouter au bonheur qui lui a si longuement été arraché …

    Car contrairement à beaucoup de lecteurs visiblement, j’apprécie Camille. Elle n’est pas mon personnage préféré de la saga, loin de là (Ellana a déjà pris la place), mais je me suis tout de même attaché à elle. Là où certains blogueurs déclarent vouloir lui mettre des claques dès qu’elle ouvre la bouche, là où d’autres la trouvent hautaine et insupportable, je ne vois qu’une jeune fille trop intelligente pour son propre bien : comme beaucoup d’enfants surdoués, Camille peine à trouver son équilibre, et j’ai surtout eu de la peine pour elle. Car on lui en demande beaucoup, pour une adolescente de quatorze ans : dès le début, tous les « adultes » de l’expédition ne cessent de s’appuyer sur elle, ne cessent de placer tous leurs espoirs en elle. Et Camille a supporté cette pression sans jamais se plaindre, sans jamais se dérober … Retrouver ses parents, c’est donc retrouver son « statut » d’enfant dont elle a été privée depuis qu’elle a posé le pied dans ce monde. De la même manière, pas une seule fois je n’ai été agacée par le comportement de Salim, bien au contraire, ses blagues et sa malice sont à mes yeux une véritable bouffée d’air frais ! J’aime sa loyauté sans faille, son dévouement sans limite … et bien sûr son amour sans tâche. Ils sont si beaux, tous les deux !

    On s’en doute, cette quête sera toute aussi difficile que la précédente, si ce n’est plus. Car Eléa, en bonne traitresse qui se respecte, est prête à tout pour empêcher Camille de retrouver et libérer ses parents, et donc par la même occasion dévoiler au grand jour sa propre félonie … Heureusement que Camille est bien entourée pour faire face à tous les obstacles que la Sentinelle parjure dresse sur leur route ! C’est ce que j’aime tant dans cette saga : chaque personnage y a son moment de gloire, et surtout, chacun à un rôle essentiel à y jouer. Camille est certes l’héroïne, mais sans ses compagnons, elle ne serait et ferait rien, et elle le sait parfaitement. Ce tome, c’est celui qui entérine profondément tous ces liens d’amitié et d’affection qui sont nés au cours de la trilogie : il y a quelques mois encore, ils n’étaient que de parfaits inconnus les uns pour les autres, et ils sont maintenant intimement soudés. Prêts à faire face à toutes les épreuves. Et si certains regrettent qu’ils s’en sortent « trop facilement », je préfère y voir, justement, la preuve qu’ils forment un groupe indestructible : l’union fait la force, là où Eléa est totalement seule avec sa rancœur et son ambition. C’est à mes yeux un livre qui loue la force de l’amour et de l’amitié, et j’aime beaucoup ce message.

    En bref, vous l’aurez bien compris, c’est un final en apothéose que nous offre l’auteur avec ce troisième opus de la première trilogie ! Quel régal que de suivre cette joyeuse compagnie pour cette nouvelle aventure, toute aussi captivante mais indiscutablement plus poignante ! Et que de rebondissements : j’ai beau connaitre l’histoire désormais, je me laisse toujours surprendre par certains passages, tant ils sont bien amenés, bien menés, bien racontés ! C’est vraiment un récit qui vous happe du début à la fin, un récit qui vous fait vivre les aventures avec les personnages au lieu de simplement vous les relater. Alors on tremble, on rit, on pleure, on rêve avec eux, comme si on y était. Et peut-être qu’on y est, d’une certaine façon : avec Bottero, on a vraiment ce sentiment qu’en ouvrant le livre, on se retrouve transporter ailleurs. Du grand génie, je ne le redirais jamais assez ! Et cela d’autant plus qu’avec ce tome, il réussit l’incroyable pari de boucler une histoire tout en en ouvrant une nouvelle : car on le sent bien, les aventures de Camille et ses amis sont loin d’être terminées ! Elles ne font, peut-être, que commencer … Ma conclusion est donc simple et sans détour : il faut lire et faire lire la Quête d’Ewilan, c’est un vrai petit bijou pour les jeunes lecteurs comme pour ceux qui souhaitent retrouver cette âme d’enfant qui se cache au fond de chacun de nous !

    http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/10/la-quete-dewilan-tome-3-lile-du-destin.html

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    Couverture du livre « La quête d'Ewilan T.2 ; les frontières de glace » de Pierre Bottero aux éditions Rageot

    Marie Kacher sur La quête d'Ewilan T.2 ; les frontières de glace de Pierre Bottero

    Comme certains le savent déjà, ma famille et moi avons déménagé au cours de l’été : si c’est un changement que nous attendions depuis de très nombreuses années, ça n’en restait pas moins un gros bouleversement qui a eu tendance à m’angoisser et à me peiner quelque peu. Ce n’est pas si facile de...
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    Comme certains le savent déjà, ma famille et moi avons déménagé au cours de l’été : si c’est un changement que nous attendions depuis de très nombreuses années, ça n’en restait pas moins un gros bouleversement qui a eu tendance à m’angoisser et à me peiner quelque peu. Ce n’est pas si facile de quitter une maison dans laquelle on a passé presque quinze ans … Histoire de me changer les idées et me redonner un peu de baume au cœur, je me suis dit que le moment était alors idéal pour se replonger dans les trilogies de Gwendalavir : ce sont des livres qui, systématiquement, à chaque fois que je les relis, me remonte le moral. J’avoue que j’ai tout de même longuement hésité à glisser neuf tomes dans mon planning de lecture (et donc dans le planning de publication du blog : il a fallu réfléchir intensément pour étaler suffisamment les chroniques pour ne pas trop vous lasser), mais l’appel du cœur a heureusement été bien plus fort que cette petite voix inquiète de la raison, et j’ai donc fait de juillet mon « mois Bottero » …

    Camille et Salim sont de retour en Gwendalavir, sans être parvenu à convaincre Akiro, le frère de la jeune fille, de les accompagner … C’est donc à l’adolescente que revient la lourde tâche de réveiller les Sentinelles, figées par les terribles Ts’lichs depuis des années. Pour cela, la compagnie au grand complet va devoir traverser tout le continent pour rejoindre la Cité désertée d’Al-Poll dans laquelle sont emprisonnés les puissants Dessinateurs. Le chemin est loin d’être de tout repos : entre les hordes de Raïs et les Marcheurs que les Ts’lichs leur envoient régulièrement afin de les éliminer avant qu’ils ne parviennent à destination, et les nombreuses bêtes et créatures sauvages et féroces qui hantent le territoire, Camille et ses compagnons vont devoir redoubler de prudence, de courage et de talent pour se sortir d’affaire et rester en vie … Mais le plus difficile reste surement à venir : nul ne sait réellement quel est ce mystérieux Gardien qui est censé surveiller le sommeil des Figés.

    Si le premier tome nous invitait à découvrir avec émerveillement ce nouveau monde dans lequel Camille et Salim sont tombés, nous offrant un récit somme tout assez joyeux et léger, il en est tout autrement de ce deuxième opus. Tous les membres de la compagnie le sentent au plus profond d’eux-mêmes : l’aventure n’a plus la même saveur maintenant que l’avenir de leur monde repose sur leurs seules épaules. Le voyage se transforme en quête. Et l’histoire se fait subtilement mais indéniablement plus profonde. Tandis que la compagnie traverse maintes épreuves, franchissent maintes obstacles, affrontes maintes embuches, pour atteindre leur destination finale où se jouera le sort de tout un monde, nous voyons avec plaisir, mais toutefois un peu de tristesse également, notre chère Camille grandir, murir. Jusqu’alors encore une petite fille, insouciante et innocente malgré son intelligence, Camille devient une jeune femme consciente des responsabilités qui sont désormais les siennes … C’est pour elle l’occasion de s’affirmer. Jusqu'à présent, elle suivait gentiment le mouvement en laissant les autres décider pour elle. Désormais, elle fait comprendre à tous ceux qui entendent dicter sa conduite qu’elle est la seule et unique maitresse de son existence. Envers et contre tout et tous s’il le faut ….

    Mais cette profondeur se retrouve également, si ce n’est surtout, dans les relations entre les différents personnages. Je dois vous avouer que certains passages m’ont tiré les larmes aux yeux tant ils sont puissants. J’ai particulièrement apprécié le moment où Camille apprend à quel point Edwin (et dans une moindre mesure l’Empereur) était proche de ses parents … A partir de ce moment-là, Edwin n’est plus ce maitre d’armes si sévère et pragmatique qui ne fait que son devoir en aidant cette jeune Dessinatrice à sauver leur monde. Il a une toute autre raison, bien plus personnelle, de veiller sur cette jeune fille, qui aurait pu être la sienne si les choses avaient été quelque peu différentes. C’est vraiment très émouvant. De même, j’ai beaucoup aimé les différentes « rencontres » entre Camille et la Dame : je ne vous en dis pas plus pour ne rien gâcher au plaisir de ceux qui n’ont toujours pas découvert cette formidable saga, mais ces passages sont d’une poésie incroyable. A la fois si doux et si forts … J’ai également été très émue par tous ces petits moments où Ellana s’affirme comme grande sœur de cœur de Camille. Mais rien n’égalera jamais la déclaration de Salim à Camille. C’est juste magnifique, il n’y a pas d’autres mots : il y a entre ces deux-là un lien si fort, si pur, si simple mais si complexe à la fois.

    Un récit bien plus profond et émouvant, donc … Mais n’ayez crainte, comme dans toute bonne quête de fantasy qui se respecte, ce deuxième tome nous offre également des moments de pure action. Des instants de grande tension. Plus d’une fois, mon cœur s’est emballé, mon souffle s’est coupé, tandis que je craignais pour la vie de nos compagnons : on a ce sentiment atroce que tous ne n’en sortiront pas indemnes … ou ne s’en sortiront pas tout court. Sans s’en rendre vraiment compte, on s’est attaché à cette étrange équipée, et c’est un crève-cœur de se dire que, peut-être, certains vont nous quitter. A chaque nouvel obstacle, à chaque nouvelle embûche, à chaque nouveau combat, on est tiraillé entre l’envie de lire toujours plus vite pour savoir comment tout ceci va se terminer, et la crainte de ce qui nous attend et qui nous contraint donc à ralentir de peur de ce qu’on pourrait trouver en tournant la page … Que de rebondissements : on n’a jamais le temps de s’ennuyer ! Page après page, on sent que le grand basculement se rapproche, inexorablement : nos héros se rapprochent du terme de leur voyage, mais pas de leur mission. Tandis que l’échéance se précise, la tension enfle progressivement, jusqu’à devenir insoutenable au moment où Camille se retrouve seule face à son destin …

    En bref, vous l’aurez bien compris, si le premier tome était déjà exceptionnellement captivant, celui-ci est tout simplement extraordinairement haletant. L’histoire a beau être bien moins légère que dans le premier opus, il y a toujours cette fraicheur qui nous fait redécouvrir la fantasy avec ce regard d’enfant : on se laisse totalement transporter par cette quête riche en rebondissements, qui nous fait passer par toutes les émotions possibles et inimaginables. Nous ne sommes pas de simples spectateurs, mais nous avons vraiment le sentiment de vivre cette aventure avec les personnages, et ceux-ci deviennent rapidement de bons amis que l’on retrouve avec une joie intense à chaque fois qu’on rouvre le livre. Et que dire de la plume de notre regretté Bottero, cette plume à la fois si simple et si belle, si douce et si intense ? Je suis toujours bluffée par ce style, et je dois souvent lutter contre l’envie irrésistible de lire à voix haute, tant cette histoire se prête au partage au coin du feu … Clairement, si vous avez cette chance de pouvoir encore découvrir cette histoire (car même si je la redécouvre à chaque fois que je la relis, rien n’égale jamais la force de la toute première fois), je ne peux que vous inviter grandement à le faire !

    http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/10/la-quete-dewilan-tome-2-les-frontieres.html