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Laurent Malot

Laurent Malot

Laurent Malot est auteur compositeur et interprète. Il écrit des pièce pour la radio et le théâtre. Il public son premier roman, De la part d’Hannah en 2014.

Avis sur cet auteur (30)

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    Couverture du livre « De la part d'Hannah » de Laurent Malot aux éditions Robert Laffont

    Géraldine C sur De la part d'Hannah de Laurent Malot

    Laurent Malot nous a concocté un certes court mais efficace roman. À la première personne du singulier. L'auteur a eu l'habileté de choisir de se placer sous le point de vue d'une enfant de dix ans, vive et intelligente, une tête brûlée, à la langue bien pendue, et curieuse de tout. Alors,...
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    Laurent Malot nous a concocté un certes court mais efficace roman. À la première personne du singulier. L'auteur a eu l'habileté de choisir de se placer sous le point de vue d'une enfant de dix ans, vive et intelligente, une tête brûlée, à la langue bien pendue, et curieuse de tout. Alors, évidemment, c'est le point de vue d'une fille espiègle qui nous sert de repère, empreint d'une certaine forme de naïveté encore enfantine, et une bonne dose d'aplomb, duquel naissent parfois des images, simples certes, mais savoureuses et facétieuses. Rien n'est jamais vraiment sérieux avec Hannah, qui a la force de pouvoir tout tourner en dérision, volontairement ou non, même les événements les plus graves. Curieux personnage, néanmoins très attachant, puisque elle apparaît quelquefois étonnement caustique, ce qui permet de délester de sa gravité le fond de son propos et donne une certaine sensation de légèreté au roman. Ce qui évite au récit d'être noyé dans le pathos et de devenir trop larmoyant. Même si la tragédie est bien là, ancrée dans la mémoire du village et de ses citoyens.
    1961, c'était une drôle d'époque. Seize ans après la victoire des Alliés, les souvenirs de la guerre restent bien vivaces, les malades ou "tubards" qui ont été infectés par la tuberculose pendant ces années-là hantent encore les couloirs du sanatorium. Tandis que l'ombre d'une autre guerre lointaine, de l'autre côté de la mer méditerranée, pèse dangereusement sur les hommes en âge et en capacité de repartir livrer bataille, encore une fois, comme si les hommes étaient voués à mener une guerre sans fin. On ressent cette envie, ce besoin impérieux de profiter de la vie loin de tout ce qui peut rappeler la guerre. Dévoiler le texte masqué Chacun des personnages secondaires essaie de tourner le dos à l'horreur et de profiter, chacun, à leur façon, quelquefois maladroitement, certains de façon non conventionnelle, de cet espace de renouveau, légèreté qui leur est offert. Encore loin de se comprendre les uns les autres, cette envie est pourtant la même.

    La langue de Laurent Malot est une langue vive, dynamique à l'image de la petite personne qui les prononce et c'est ce qui rend ce texte sémillant. Cependant, au fur et mesure de ma lecture, j'ai senti un décalage entre la qualité du langage, souvent très argotique, parfois grossier, mais simultanément un peu trop soigné, trop travaillé, pour correspondre à celui d'une jeune fille âgée d'à peine dix ans. Et c'est dommage parce que cela porte préjudice à la cohérence du texte, qui peut paraître un peu trop artificiel.
    Si le récit est rendu très vivant grâce à, conjointement, la langue et au ton employé, c'est en grande partie grâce à cela que j'ai pris plaisir à suivre le destin de cette impétueuse jeune fille aux allures de garçon manqué. L'histoire, quoique bien ficelée et efficace, qui s'appuie sur les mystères entourant Hanna et sa famille, reste un peu trop en surface, d'après moi.

    Dévoiler le texte masqué Et naturellement, on se prend d'affection pour Hannah, jeune fille orpheline de mère. Attachante parce qu'elle n'est pas la jeune fille lisse et discrète que son père voudrait qu'elle soit car au fond elle ressent le fait d'être peu considérée au sein de cette famille éclatée. Victime malgré elle de bons ou mauvais choix personnels faits par ces adultes, victime d'une guerre qui a forcément transformé les gens, les a rendu parfois meilleurs, mais a parfois fait ressortir le pire d'eux-mêmes. Victime de choix malheureux, de secrets qui ne dépendent qu'à refaire surface, d'une famille, dépassée par ce temps d'après-guerre trouble et nébuleux, d'une situation qui la dépasse forcément mais qu'elle accepte avec force et dignité, puisqu'elle se refuse à endosser ce rôle de victime, d'orpheline. Voilà ce qui fait la force de son roman.

    L'histoire et la langue ne sont donc pas désagréables, loin de là, Hannah est une jeune française, comme il devait en exister tant d'autres, d'un couple mal assorti, sans doute, laminé par un conflit insurmontable. Hannah représente cette génération qui va devoir reconstruire sur les ruines de ses parents et grand-parents et porte cet espoir général mais aussi personnel, de ne plus être cette fille transparente aux yeux des siens. Cependant, à mes yeux, je trouve que l'histoire, la sienne, reste un peu trop rapidement survolée et qu'elle aurait méritée d'être un plus longuement développée. Il n'en reste pas moins qu'il reste un joli premier roman. Qui a su trouver son lectorat puisque c'est ce titre-là qui a remporté le plus grand nombre de votes pour le mois de janvier. Peut-être saura-t-il vous séduire, vous aussi.

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    Couverture du livre « Lucky losers » de Laurent Malot aux éditions Albin Michel Jeunesse

    Manika sur Lucky losers de Laurent Malot

    Pour la petite histoire mon fils 10 ans a emprunté ce livre à la bibliothèque, la 4ème de couverture m'a interpellée pensant qu'il était peut être un peu jeune pour ce genre de roman.

    C'est donc l'histoire de Sean, franco-anglais, qui revient en France à 17 ans avec sa mère et sa c-soeur,...
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    Pour la petite histoire mon fils 10 ans a emprunté ce livre à la bibliothèque, la 4ème de couverture m'a interpellée pensant qu'il était peut être un peu jeune pour ce genre de roman.

    C'est donc l'histoire de Sean, franco-anglais, qui revient en France à 17 ans avec sa mère et sa c-soeur, après avoir découvert que son père avait une relation homosexuel. Alors qu'il essaie difficilement de faire son trou dans cette petite ville de Bretagne, il se trouve confronté à des "fils à papa", qui viennent d'intégrer son lycée suite à l'incendie du leur, qui estiment qu'il n'est pas digne de la fille d'un grand patron. Il décide de les défier sur leur propre terrain sportif : la natation, l'aviron, l'équitation. Sur fond de crise sociale, ce challenge va prendre une ampleur que Sean n'aurait pas imaginé.

    Aidé de ses amis et soutenu par toute la ville (ou presque) Sean va se battre jusqu'au bout. C'est un chouette roman drôle et vivant, où l'amitié, la solidarité, la persévérance sont mis en avant, un roman qui a fait rire mon fils (et m'a fait sourire moi)

    Divertissant mais pas seulement.

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    Couverture du livre « De la part d'Hannah » de Laurent Malot aux éditions Robert Laffont

    laurence bandelier sur De la part d'Hannah de Laurent Malot

    Quel personnage attachant que cette petite Hannah !
    En lui donnant le rôle de narrateur, l’auteur colore son récit de la gouaille des « minots » des années 60. On retrouve les bêtises, les bagarres mais aussi les amitiés et la complicité qui ont fait le succès de la « Guerre des boutons...
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    Quel personnage attachant que cette petite Hannah !
    En lui donnant le rôle de narrateur, l’auteur colore son récit de la gouaille des « minots » des années 60. On retrouve les bêtises, les bagarres mais aussi les amitiés et la complicité qui ont fait le succès de la « Guerre des boutons ».
    Mais sous cette routine campagnarde, c’est toute la méchanceté, l’intolérance des esprits étriqués qui sont ici dépeintes. Au début des années 60, en Dordogne, les mentalités sont encore imprégnées de l’amertume de la Seconde Guerre Mondiale. Les allemands, les étrangers en général, sont haïs, tout comme ce qui n’est pas « politiquement correct ». L’ouverture d’une maison close va ainsi apporter une animation insoupçonnée dans ce petit village.
    Hannah y apparaît comme une petite fille très forte, très intelligente et très drôle. Durant ces quelques semaines, elle va apprendre le poids des non-dits, l’aigreur de la nature humaine mais aussi l’amour et l’amitié, quel que soit le schéma familial auquel on appartient.
    On côtoie aussi le premier homme dans l’espace, la Guerre d’Algérie et l’antisémitisme. Ce roman est ainsi un condensé de grande et de petites histoires dont la leçon à retenir est malgré tout le pouvoir de la gentillesse et de la bienveillance, d’où qu’elles viennent.
    A peine le livre terminé, Hannah nous manque déjà !

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    Couverture du livre « Tous pour elle » de Laurent Malot aux éditions French Pulp

    Meuhriel sur Tous pour elle de Laurent Malot

    Une histoire et un protagoniste attachants

    Tous pour elle, c'est l'histoire de Clémence, presque 30 ans, qui subit un désert affectif depuis l'âge de ses 20 ans, au moment de l'abandon par son père. Dès le début du récit, notre héroïne clame avec humour et dérision ce qui s'avère être en...
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    Une histoire et un protagoniste attachants

    Tous pour elle, c'est l'histoire de Clémence, presque 30 ans, qui subit un désert affectif depuis l'âge de ses 20 ans, au moment de l'abandon par son père. Dès le début du récit, notre héroïne clame avec humour et dérision ce qui s'avère être en réalité un poids : son célibat. Tout s'enchaîne rapidement et aisément : ses rendez-vous chez le psy, ses soirées alcoolisées qui se finissent plutôt mal, déprimantes, et surtout sa rencontre avec « Morgane », une vieille femme étrange qui donnerait un immense pouvoir à Clémence : celui de séduire absolument tous les hommes,... mais jusqu'à ses 30 ans révolus, sans quoi elle finira seule toute sa vie : et la sentence sera irrévocable.

    Autant dire que je n'ai eu aucune difficulté à m'attacher au personnage de Clémence. Sa dérision, ses déboires et ses montagnes russes émotionnelles m'ont beaucoup touché. Je me suis même imaginée lire le livre qui pourrait résoudre tout problème de célibat, c'est dire ! Les personnages qui entourent Clémence sont aussi attachants, chacun à leur manière.

    Une part de l'histoire un peu fantastique

    Arrive le moment où le sortilège de Morgane prend vie, et où tout bascule pour notre protagoniste. Difficile de m'identifier alors étant donné que ça relève davantage du conte de fées que de la réalité... Mais j'y crois à la morale de l'histoire et au dénouement à venir ! Je suis optimiste pour la fin et me délecte des situations que traverse Clémence.

    Une fin un peu trop bâclée

    Le message sur la confiance en soi passe bien. Ce pouvoir attractif pourrait ne pas être dû à de la magie, mais tout simplement à de l'assurance de la part de Clémence ? Pas de réelle réponse à cette question qui reste ouverte, jusqu'au bout. Malgré tout l'attachement que j'ai eu pour Clémence et toute l'intrigue qu'il m'a été donné sur l'identité du potentiel « homme de sa vie », j'ai été particulièrement déçue par la finalité de l'histoire. J'aime les happy end, et je n'en attendais pas moins. Mais la fin m'a semblé bâclée, trop simple, trop conte de fées, trop gentille et mignonne. C'est dommage. L'histoire avait un fort potentiel, la fin aurait pu être faite de 1000 façons bien plus élaborées, bien moins « par dessus la jambe ». Je ne comprends pas le retour subite d'un personnage, retour aussi peu justifié que cela, le pardon tout aussi éclaire de Clémence ; l'union de deux autres personnages, inutile et idyllique seulement à mon sens. La fin aurait mérité un plus grand développement ainsi qu'un plus grand réalisme dans son dénouement.

    Une bonne lecture, agréable tout de même, mais dommage pour la fin !