Karine Tuil

Karine Tuil

Karine Tuil est l’auteur de neuf romans parmi lesquels "Interdit", "La domination", "Six mois, six jours" et "L’invention de nos vies" publiés aux Editions Grasset. Elle a également écrit pour le théâtre et le cinéma.

 

Crédit photo : JF. Paga

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Karine Tuil est l’auteur de neuf romans parmi lesquels "Interdit", "La domination", "Six mois, six jours" et "L’invention de nos vies" publiés aux Editions Grasset. Elle a également écrit pour le théâtre et le cinéma.

 

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    Couverture du livre « Les choses humaines » de Karine Tuil aux éditions Gallimard

    Michèle FINANCE sur Les choses humaines de Karine Tuil

    150 pages qui décrivent les personnalités et les parcours des principaux acteurs de ce texte travaillé, puissant, sincère. 150 pages qui préparent le sujet du roman : le viol et la manière dont il est vécu par chacun. C'est prenant et l'on suit sans hésiter les personnages qui gravitent autour...
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    150 pages qui décrivent les personnalités et les parcours des principaux acteurs de ce texte travaillé, puissant, sincère. 150 pages qui préparent le sujet du roman : le viol et la manière dont il est vécu par chacun. C'est prenant et l'on suit sans hésiter les personnages qui gravitent autour du violeur présumé et de la victime, dans cette tranche de vie violente qui fait resurgir les passés, les regrets, les manquements. Karine Tuil n'a jamais été aussi précise et pertinente dans sa description des sentiments, cernant une à une chaque lâcheté, mettant le doigt sur le manque d'amour qui fait tache d'huile et ouvre la porte aux événements les plus tragiques. Un roman qui s'inscrit dans l'actualité mais sait également trouver sa place dans une réflexion plus authentique sur le sens de la vie.

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    Couverture du livre « Les choses humaines » de Karine Tuil aux éditions Gallimard

    Littéraflure sur Les choses humaines de Karine Tuil

    Si le Goncourt est la chambre d'échos des vibrations qui secouent notre société, alors oui, le livre de Karine Tuil a toutes les chances de remporter la précieuse récompense. « Les choses humaines », tout en insinuant que rien ne change ici-bas, montre les effets pervers des règles qui régissent...
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    Si le Goncourt est la chambre d'échos des vibrations qui secouent notre société, alors oui, le livre de Karine Tuil a toutes les chances de remporter la précieuse récompense. « Les choses humaines », tout en insinuant que rien ne change ici-bas, montre les effets pervers des règles qui régissent désormais les rapports hommes-femmes. Karine Tuil est habile. La narration d'un procès, et ses différentes plaidoiries, lui permet de ne pas tomber dans le piège des avis binaires, des discussions dignes du Café du commerce. Il y a deux parties distinctes dans ce livre. Il y a un avant et un après viol de Mila. Avant l'agression de la jeune femme, l'auteure se livre à un portrait sans concession d'un microcosme politico-médiatique incapable de se renouveler. Elle prend une posture omnisciente, dresse l'inventaire d'un ancien monde en perdition et nous invite, nous les lecteurs, à le regarder brûler, tel un Néron désabusé. Karine Tuil répertorie les maux, solde les illusions, stigmatise les peurs dans des passages qui m'ont laissé parfois un goût amer dans la bouche, comme en feuilletant un Paris Match, entre reportages à scandales et publicité pour les produits de luxe. J'ai préféré la deuxième partie, l'enquête, le jugement, les délibérations même si, à travers la descente aux enfers de la famille Farel, on a l'impression de lire du Douglas Kennedy, avec l'apocalypse d'une caste, la chute des privilégiés, l'emballement du destin… Dès que les points de vue de la présumée violée et du présumé violeur s'affrontent (avec leurs clans respectifs), le livre prend sa véritable dimension (et son envol). Karine Tuil réussit la prouesse de disséquer avec objectivité la complexité des rapports de force, de fustiger les zones grises du malentendu, de démontrer sans juger que le mâle a trop longtemps bénéficié d'une certaine impunité, sans jamais tomber dans un féminisme aveugle. Elle rejoint, par sa mesure, Margaret Atwood. Cette dernière admet que les femmes ont trop souffert, mais elles ne sont ni des anges, ni des enfants. Un roman qui remue.
    Bilan :

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    Couverture du livre « Les choses humaines » de Karine Tuil aux éditions Gallimard

    Bill sur Les choses humaines de Karine Tuil

    Après avoir découvert Karine Tuil avec "L'insouciance" en 2016, j'avais enchaîné la lecture de trois autres de ses romans, qui m'avaient tous plu. 

    Marie a gagné 'Les choses humaines' lors d'un concours Instagram lancé par Gallimard à l'occasion de la rentrée littéraire, et j'ai donc pu lire...
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    Après avoir découvert Karine Tuil avec "L'insouciance" en 2016, j'avais enchaîné la lecture de trois autres de ses romans, qui m'avaient tous plu. 

    Marie a gagné 'Les choses humaines' lors d'un concours Instagram lancé par Gallimard à l'occasion de la rentrée littéraire, et j'ai donc pu lire ce roman quelques jours à peine après sa sortie.

    La première partie 'Diffraction' campe les personnages : Jean Farel, LE journaliste politique français, incontournable des médias et du monde politique français depuis 40 ans ; Claire Farel, son épouse, essayiste féministe ; Alexandre, leur fils, polytechnicien qui poursuit des études à Stanford. On devine leurs fêlures, héritées de l'enfance, leur apparence qui cache des secrets intimes. A la fin de cette partie leur monde se lézarde, Claire quitte Jean sur un coup de foudre pour un obscur prof de collège. 

    La déflagration intervient en seconde partie intitulée 'Le territoire de la violence'. Quand un événement impensable se produit, les masques tombent, les opinions se confrontent et se fracassent, et l'ensemble de leur petit monde s'écroule avant une recomposition finale, dans une dernière partie nommée 'Rapports humains'.

    Par ce roman, Karine Tuil aborde les difficultés des couples, entre amour, entente, respect mutuel ; elle entre dans l'actualité avec #Metoo, de l'affaire Lewinsky à cette affaire qui est le coeur de ce roman ; elle décrit également la mécanique et les rouages du système judiciaire français 

    Un roman que j'ai dévoré d'une traite, et qui, j'en suis sûre, restera longtemps avec moi  !

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    Couverture du livre « Les choses humaines » de Karine Tuil aux éditions Gallimard

    Squirelito L'écureuil sur Les choses humaines de Karine Tuil

    Explorateurs Rentrée Littéraire 2019

    Un couple, Claire et Jean Farel. Tous les deux au sommet de leur gloire. Elle, l’essayiste féministe, lui le journaliste vedette d’une grande chaine de télévision. Ensemble ils ont un fils, Alexandre, qui lui aussi est sur le chemin des avenirs les plus...
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    Explorateurs Rentrée Littéraire 2019

    Un couple, Claire et Jean Farel. Tous les deux au sommet de leur gloire. Elle, l’essayiste féministe, lui le journaliste vedette d’une grande chaine de télévision. Ensemble ils ont un fils, Alexandre, qui lui aussi est sur le chemin des avenirs les plus radieux. Une grande différence d’âge sépare le couple, chacun a vécu une vie avant de se rencontrer et Jean collectionne les conquêtes. Un jour Claire décide de quitter le foyer conjugal, lassé d’une union devenue trop terne et rencontre un professeur de son âge en instance de divorce qui a deux filles. Une histoire qui peut sembler classique mais qui est une suite de rebondissements car le destin va basculer du côté de l’enfer à cause de ce qui fait tourner et détourner le monde : le sexe.

    Véritable radioscopie du XXI° siècle, ce roman confirme tout le talent de Karine Tuil, qui sait glisser une fiction et des personnages de roman dans l’actualité de ces dernières décennies en rappelant certains événements qui ont marqué à jamais les citoyens du monde. Je dis du monde car cette histoire est universelle : les attentats, les hommes de pouvoir profitant de jeunes stagiaires, les viols, les mécaniques judiciaires… et le grand tribunal des réseaux dits sociaux. Au milieu, toutes les errances des êtres, tenaillés par les directives d’une société impitoyable, obnubilés par les blessures de l’enfance, partagés entre les sentiments de l’esprit et les pulsions du corps.

    Karine Tuil fait partie des écrivains qui captivent le lecteur aussi bien sur la forme que sur le fond.
    Sur le fond, j’aime cette écriture palpitante qui fait claquer les mots, cette façon d’aligner les paragraphes avec à la fois harmonie et violence et enfin ce phrasé qui est la marque de l’auteure de « L’invention de nos vies ».
    Sur la forme, j’aime cette brillante analyse de toute la complexité humaine. Un exemple : Claire est une militante féministe mais quand elle se retrouve confrontée à un crime, quand ses idéaux vont à l’encontre de ce qui se passe dans sa famille la plus proche, elle se retrouve prise dans un étau avec ses convictions bafouées.

    Le plus prodigieux est peut-être qu’il n’y a aucune leçon de morale, l’auteure suivant le principe « nemo judex in causa sua » ; lors du procès d’assise, car l’histoire ira jusque-là, elle narre les deux plaidoiries, partie civile et défense, sans à aucun moment prendre position. Le tout est bluffant car soi-même on a l’impression d’être assis dans le fauteuil du juge, comme si on écoutait chaque témoignage, comme si on voyait à la fois la victime et l’accusé. Et de là, toute la difficulté d’émettre un verdict, de porter un jugement. Un rythme qui va crescendo à l’image de toute la pression et du trouble qui peuvent envahir les cours de justice.

    Autre tribunal qui, celui-là, n’a pas de lois et qui sévit depuis plus d’une décennie : celui des réseaux dits sociaux. On connait le point de vue de Karine Tuil sur ce sujet et elle en tisse une parfaite toile tout le long de son roman : phénomène arachnéen d’une belle attractivité mais où chacun peut se retrouver dans son propre piège, confronté à la vindicte populaire, en se trouvant chacun légitime pour insulter et imposer sans ménagement son point de vue. Une faute d’orthographe, une faute de frappe, une phrase hors de son contexte reprise en boucle, une affaire qui éclate sans connaître les faits exacts, et c’est un essaim d’internautes qui se jettent sur une proie qui peut se retrouver harcelée et même menacée de mort. Apogée de la violence verbale.

    De la violence verbale à la violence physique, le viol qui est un crime qui ne cesse de se répandre et même utilisé comme arme de guerre. Dans le livre, c’est une scène qui va faire basculer tous les personnages et pas seulement le violeur et sa victime. Un dédale de sentiments adverses, de contradictions, d’incertitudes et de descente aux enfers par des pulsions diaboliques et qui peut remettre en cause toute une vie et toutes les perceptions dont on se fait d’elle.

    Ces choses humaines qui se font et se défont, ces choses humaines dans toute l’ambiguïté des sentiments et des approches, ces choses humaines qui sont la vie.