L'insouciance

Couverture du livre « L'insouciance » de Karine Tuil aux éditions Gallimard

4.388888888

36 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070146192
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

De retour d'Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l'armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu'elle est mariée à... Voir plus

De retour d'Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l'armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu'elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain, fils d'un ancien ministre et résistant juif. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une oeuvre d'art représentant une femme noire. À la veille d'une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami d'enfance de Romain, Osman Diboula, fils d'immigrés ivoiriens devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité politique montante, prend alors publiquement la défense de l'homme d'affaires, entraînant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Romain Roller, soldat français revient d'une mission en Afganistan, il est en plein choc post-traumatique. Il rencontre Marion Decker,écrivain et journaliste, pendant son séjour de décompression. Ils tombent amoureux et essaye de pousuivre leur idylle de retour en France. Mais Marion est mariée à François Vély, un riche entrepreneur franco-américain. Pour une erreur de communication, son entreprise est menacée. Osman Diboula, fils d'immigrés issu du 9-3, est l'étoile montante du gouvernement prend sa défense.
    Les destins de ces personnages sont embriqués les uns dans les autres.

    Ce roman est poignant, puissant, brutal, violent et dur. Mais il est aussi le reflet de notre société, ce qui en fait toute la gravité. La plume juste de l'auteur nous décrit son évolution, le racisme, l'antissémitisme grandissant, le pouvoir, le terrorisme, la guerre. Ce n'est pas un roman politique, mais plutôt sociétal.

    L'écriture est brutale et violente, mais tellement vraie. Elle nous place au milieu des évènements. Les phrases sont courtes et claquantes. Ce qui donne un rythme soutenu au roman.

    Ce roman fait réfléchir sur nos actes, notre comportement. Il remet en question. Même si la lecture n'est pas toujours très agréable au vu de certains sujets qui font mal, qui nous montre avec réalisme ce que nous vivons, c'est écrit avec tellement de justesse et de profondeur, que j'ai passé un bon moment de lecture.

  • 0.2

    Un roman impressionnant : "L'Insouciance", de Karine Tuil, aux éditions Gallimard.

    Le pitch : De retour d'une mission en Afghanistan au cours de laquelle plusieurs de ses hommes sont tombés, le lieutenant Romain Roller est anéanti moralement mais tente de ne rien laisser paraître. En séjour de décompression à Paphos, sur l'île de Chypre, il fait la rencontre de Marion Decker, brillante journaliste avec qui il a une liaison, avant d'apprendre qu'elle est mariée à François Vély, PDG de l'un des plus grands groupes de téléphonie mobile. Ce dernier, dont le père a changé son nom pour masquer ses origines juives, se voit pris dans la tourmente et mis en difficulté dans ses affaires, accusé de racisme pour une photo maladroite dans laquelle il est assis sur une œuvre d'art représentant une femme noire. Osman Diboula, fils d'immigrés et figure montante de la vie politique française, mais peut-être pas pour les bonnes raisons, va alors prendre sa défense face aux médias...

    Reçu à l'occasion d'une opération Masse Critique organisée par Babelio et les éditions Gallimard, que je remercie d'ailleurs pour m'avoir offert cette opportunité, je dois admettre qu'il m'est bien difficile de vous livrer une chronique au sujet de ce roman tant je me sens "petite" face à son contenu...

    Avec un talent incontestable doublé d'une maîtrise spectaculaire, l'auteur nous plonge ici au cœur de... Notre société actuelle.
    Mêlant habilement des thèmes aussi variés que l'amour et la violence, la politique et la guerre, le terrorisme et la communication, l'auteur nous livre là un livre particulièrement dense, sans jamais perdre son lecteur au détour d'un chapitre, ces derniers étant rigoureusement bien construits jusqu'à un dénouement ahurissant.
    Abordant les sujets qui fâchent avec force et précision, ce roman n'épargne rien ni personne, et se révèle si criant de réalisme qu'il en deviendrait presque déprimant si ce n'était pas si bien écrit. Ce roman n'a finalement d'insouciant que le titre, nous dévoilant bien plutôt notre monde dans sa plus réelle noirceur...
    Dépeints avec une rare intensité, les personnages sont particulièrement intéressants et mettent habilement en exergue la délicate question de l'identité, taboue pour la plupart d'entre eux.
    Porté par une plume aussi époustouflante que puissante, soutenu par un style remarquable, ce roman se révèle être aussi saisissant que percutant.

    En bref, un roman magistral.

  • 0.25

    En lisant le résumé, je ne savais pas à quoi m'attendre, n'étant pas férue de romans politiques. Celui-ci s'organise autour de quatre personnages, très différents et pourtant tous liés. Il y a Romain, le chasseur alpin tout juste rentré d'Afghanistan ; François, un grand patron au cœur d'un tourment médiatique ; Marion, une écrivain-journaliste mal engoncée dans son mariage ; et Osman un jeune politicien issu de l'immigration. Romain peine à retrouver sa place dans sa vie après les horreurs vécues en pleine guerre, François peine à réussir une vie de famille toujours concentré sur sa prise de pouvoir, Marion n'a jamais trouvé sa place dans sa vie et dans la vie et Osman occupe les places qu'on lui offre sans voir qu'on profite de lui. Oui, c'est bien un roman sur la place de chacun dans notre société où chacun doit rentrer dans sa case et surtout, oh surtout, y rester sans faire vagues. Sinon le drame est à attendre, et c'est ce que ce roman va nous raconter.
    L'auteur aborde des sujets difficiles tels que le terrorisme, la mixité sociale, le racisme, la conquête du pouvoir avec beaucoup de finesse. Finalement, ce n'est pas réellement un roman politique comme je l'avais cru mais plutôt un roman social ou sociétal qui m'a fascinée. Il y est question de la vie d'aujourd'hui, avec notre actualité sensible, et l'auteur en profite pour réfléchir sur l'Homme. L'homme et ses dérives, l'homme et le pouvoir, l'homme et ses origines, ...
    Je ne connaissais pas Karine Tuil et j'ai trouvé son style à la fois abordable et fluide, et précis dans le choix des mots. Les thèmes portés par ce style donnent un roman juste, profond, qui pose et répond à des questions actuelles. J'ai passé un bon moment, peut-être pas agréable car les sujets font réfléchir sur l'instabilité de notre société. Mais tant mieux, c'est un roman ouvert sur notre monde, sur nous-même, clairvoyant tout en fuyant tout aspect moralisateur.
    Prix Landerneau 2016 :)

    http://bibliza.blogspot.fr/2016/09/linsouciance.html

  • 0.25

    Une grande fresque, passionnante, où les personnages se croisent et se recroisent.

    Je les ai aimés, tous, dans leurs différences, leurs petites lâchetés et leurs conflits.

    Ils ont pourtant des postes clés, mais une inattention va les précipiter dans un avenir incertain.

    Les scènes d’amour sont passionnelles, comme si les seuls points d’encrage des personnages étaient ces moments de corps à corps passionnels.

    Il y est question de la guerre en Irak où personne ne fait confiance à personne ; du racisme anti-noir et anti-juif, ainsi que du cyber-harcèlement ; du retour des ultras religieux.

    Les personnages grandissent dans la douleur : oui, le temps de l’insouciance est fini pour eux.

    L’auteure termine toutefois son roman sur une note optimiste : c’est grâce à la famille que nous pouvons surmonter les épreuves.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du Grand Cercle dans lequel rêve d’entrer Osman.

    Quelques citations :

    « – Les blessures d’humiliation sont les pires, rétorqua son père. Pourtant, on n’en meurt pas. Regarde-moi, je suis toujours là… » (p.218)

    « On voit mieux certains choses avec des yeux qui ont pleuré. » (p.219)

    « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » (p.307)

    « Peut-être qu’il ne faut pas chercher à être heureux mais seulement à rendre la vie supportable. » (p.509)

    http://alexmotamots.fr/?p=2653

  • 0.2

    Un roman puissant, fidèle à ce que j'attendais de Karine Tuil, j'avais déjà été plus que séduite par "L'invention de nos vies" et j'avais hâte de découvrir ce nouveau roman.Encore une fois Karine Tuil est passée à côté d'un grand prix littéraire et c'est bien dommage, son écriture, son imagination, la précision de ses récits en font un auteur incontournable, soucieux du détail et de la narration. "L'insouciance" relate une belle histoire d'amour sur fond de guerre, d'islam, d'antisémitisme, de racisme et de terrorisme, des sujets qui nous ramènent à chaque page au contexte politique actuel. On tremble, on s'indigne, on rêve aussi en essayant de retrouver cette insouciance dont les personnages ont été privés par les événement tragiques qu'ils ont dû subir et affronter. Un roman dont on ne sort pas indemne, très belle écriture et chassé croisé des personnages qui fait qu'on ne voit pas le temps passer malgré les 524 pages de ce récit.

  • 0.15

    Osman a été éducateur dans une cité parisienne avant de gravir les échelons et de se retrouver conseiller à l’Elysée. François est un grand patron, richissime amateur d’art. Romain revient d’Afghanistan où il s’était engagé contre le terrorisme. Marion a vécu une enfance difficile, elle est aujourd’hui journaliste et compagne de François.

    Des destins tout tracés ?

    Au contraire, Romain retrouve à grand peine sa femme Agnès et son fils Tommy qui ne le reconnaît plus après six mois d’absence. Lui souffre d’un stress post-traumatique, et ne rêve que de retrouver Marion, la journaliste qu’il a rencontré quelques jours avant son retour.

    Osman, pour un mouvement d’humeur à l’évocation de ses origines noires, est soudainement exclu du pouvoir. Puis c’est sa compagne Sonia qui le quitte, tandis qu’il s’enfonce dans le ressentiment auprès de vieux amis de la cité.

    François accordé une interview à un magazine. Mais la photo accompagnant le texte, le montrant assis sur une oeuvre d’art (une chaise en forme de femme noire), est interprétée comme un message raciste. Tout s’écroule autour de lui, ses moindres faits, ses moindres mots sont épluchés et expliqués à l’aune des reproches qu’on lui fait. Son ascendance juive lui est bientôt également reprochée, et il est livré à la vindicte populaire… ou politique. Tandis que Marion sa femme s’éloigne de lui…

    Dans une langue précise et agréable, Karine Tuil décortique les failles, les fissures qui mènent de l’insouciance au drame, les descentes aux enfers, les montagnes russes du pouvoir qui fait et défait un homme en un instant.

    Au gré des succès et des échecs des personnages, elle nous interroge sur la responsabilité de chacun dans son destin, sur le sens de la vie et de l’amour dans toute cette frénésie, le tout dans un roman très bien construit, où l’action nous prend souvent par surprise, jusqu’au dénouement, tragique ou rédemptoire.

    J’ai beaucoup aimé l’histoire et l’écriture de ce gros roman qu’il me tardait de finir. J’en garde un goût doux-amer et le sentiment d’un livre réussi et d’un sujet habilement traité.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/01/21/linsouciance-de-karine-tuil/

  • 0.25

    Trois personnages masculins habitent ce roman. Tout d’abord Romain Roller, lieutenant dans l’armée. Il revient d'Afghanistan, là il a perdu des hommes au combat. Puis Osman Diboula. S’il est un fils d'immigré, il a cependant réussi et on le découvre conseiller du président. Ensuite, François Vely, de son vrai nom Levy, est un homme d'affaires très en vue. Enfin, Marion Deker, le lien entre ces trois principaux personnages. Si elle est la femme de Vély, elle devient aussi l’amante de passage de Romain, qu’elle rencontre alors qu’elle réalise un reportage à Chypre.
    Alors nous voilà face à un trio banal ? Non, car de ces situations, Karine Tuil tisse une toile fine et dense qui va dépeindre un monde très actuel, où antisémitisme, conflit social, islamisme et terrorisme, ascension sociale et intégration, riment avec vie, amour perdu, amour retrouvé, et s’insèrent avec justesse dans la vie de chacun. Car quoi que l’on fasse, peut-on échapper à ses origines, peut-on oublier d’où l’on vient, et comment peut-on accepter le monde tel qu’il est aujourd’hui sans comprendre qu’il est également synonyme de la fin d’une époque d’insouciance et de sérénité.

  • 0.2

    Karin Tuil déguise de nombreux faits d’actualité ainsi que des personnes qui ont fait l’actualité et, de façon très efficace, mélange le tout avec beaucoup d’imagination pour créer un roman très prenant qui ne se lâche pas. Grandeurs et décadences, crispations identitaires, difficultés de vivre ensemble, violence de la société contaminant la sphère privée, épreuves, politiques, journalistes, hommes d’affaires, banlieues, Etat, armées, extrémistes, terrorisme, exécutions… J’ai eu l’impression que l’auteure écrivait au rythme quotidien des informations télévisées au point où on a même presque droit au scandale de la sex- tape… L’écriture est énergique. L’humain mis à nu. Pas de temps mort. Courts paragraphes donnant un rythme de lecture rapide.
    « …Je crois qu’il n’y a pas de possibilité d’être heureux après l’épreuve. » Paul Vely se détourna légèrement. « C’est l’obstacle sur lequel tous les êtres humains butent un jour ou l’autre. Peut-être qu’il ne faut pas chercher à être heureux mais seulement à rendre la vie supportable. »

  • 0.25

    De ce livre, on ne ressort pas indemne.
    Tout comme chacun des personnages de Karine Tuil traversent les épreuves de leur vie.
    L'insouciance laisse très peu de place à l'espoir mais permet de nombreuses réflexions sur notre époque d'aujourd'hui : mensonge, trahison, chantage, déception. L'idée que le monde est gouverné par l'argent, le sexe et la manipulation. Les amours se font et se défont, parce que les personnalités évoluent, formatés par l'environnement professionnel, les expériences de la vie, les souffrances que celle-ci nous inflige.
    Chacun tente de devenir quelqu'un, chacun essaie de vivre malgré ses failles, son passé, ses souvenirs ...
    Karine Tuil dresse le portrait de 4 personnages emplis de volonté.
    Mais à notre époque, la volonté ne permet pas tout. Certains sont rattrapés par leur égo, d'autres par leur peurs et d'autres encore, par leur certitudes.
    De L'insouciance il faut surtout retenir que la vie est courte, unique et même si elle nous dicte ses peurs, ses peines et ses doutes, il faut la vivre.
    Ne serait-ce que pour conserver un peu d'espoir ... Que ce monde si sombre ne restera pas tel qu'il est !

  • 0.25

    C’est le premier roman de Karine Tuil et je suis sous le charme. Cette histoire est très forte, tous les personnages ont été étudiés dans le détail : leurs qualités, leurs défauts, leur zones d’ombre, leurs fragilités….Je me suis attachée à chacun d’eux.

    Elle décrit très bien ces soldats qui reviennent de la guerre (quand ils reviennent) avec un syndrome de stress post traumatique, comme Romain, qu’ils ont tendance à ne pas vouloir reconnaître, le déni permettant de rester un soldat qui ne se plaint pas, fait son devoir et refuse toute aide car ce serait de la faiblesse, avec de surcroît, la culpabilité du survivant.

    Marion, la journaliste, qui a suivi ce groupe de soldats, a participé au stage de décompression sur une île grecque, comme si passer de l’horreur des bombes, des attentats-suicide, à une île paradisiaque avec tout le confort pouvait les aider en seulement quelques jours. Pour que l’Etat se donne bonne conscience.

    Karine Tuil raconte aussi comment deux tragédies peuvent s’interpénétrer et donner une attirance violente entre deux êtres que tout oppose mais qui oublient tout dans le sexe, chacun s’étant, à sa façon éloigné, de son époux légitime : comment reprendre la vie quotidienne avec sa femme quand on revient de l’enfer et qu’on se réveille en hurlant parce qu’on a fait un cauchemar en relation avec la guerre. Une reprise du train-train quotidien est-elle possible.

    Il y a plusieurs tragédies dans ce livre, Marion a épousé François Vély, un homme d’affaire en vue, dont l’ex-femme s’est suicidée en apprenant son remariage, dont la vie parfaitement millimétrée dérape lorsqu’il pose assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire, dans une position de soumission, et se fait traiter de raciste sur les réseaux sociaux et se retrouve taxé de Juif alors que son père, déporté, avait fait changer son nom après la guerre. Il a une mère catholique, a été élevé dans la laïcité… suite sur http://eveyeshe.canalblog.com

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