Iain Levison

Iain Levison
Iain Levison, né en Écosse en 1963, arrive aux États-Unis en 1971. À la
fin de son parcours universitaire, il exerce pendant dix ans différents petits boulots, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska. Tous ces jobs inspireront son premier livre, Tribulati... Voir plus
Iain Levison, né en Écosse en 1963, arrive aux États-Unis en 1971. À la
fin de son parcours universitaire, il exerce pendant dix ans différents petits boulots, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska. Tous ces jobs inspireront son premier livre, Tribulations d'un précaire. Le succès arrivera avec
Un petit boulot, devenu livre culte,
et Arrêtez-moi là !, tous deux adaptés au cinéma en 2016.

Articles en lien avec Iain Levison (3)

Avis sur cet auteur (36)

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    Couverture du livre « Un petit boulot » de Iain Levison aux éditions Liana Levi

    LeoLabs sur Un petit boulot de Iain Levison

    Un court roman léger, divertissant, amusant, intelligent et saupoudré de noir. L'excellente satire de cette société capitaliste à la hiérarchie pyramidale dans laquelle nous vivons. J'ai adoré ma lecture et la recommande fortement.

    Un court roman léger, divertissant, amusant, intelligent et saupoudré de noir. L'excellente satire de cette société capitaliste à la hiérarchie pyramidale dans laquelle nous vivons. J'ai adoré ma lecture et la recommande fortement.

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    Couverture du livre « Arrêtez-moi là ! » de Iain Levison aux éditions Liana Levi

    GeorgesSmiley sur Arrêtez-moi là ! de Iain Levison

    « Quel monde merveilleux ce serait si seulement les ignorants étaient un peu moins sûrs d'eux. »
    Iain Levison est excellent écrivain qui a le sens de la formule et qui choisit soigneusement ses sujets (précarité, politicien sans scrupules, affairisme, dictature de l’audimat et ici erreur...
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    « Quel monde merveilleux ce serait si seulement les ignorants étaient un peu moins sûrs d'eux. »
    Iain Levison est excellent écrivain qui a le sens de la formule et qui choisit soigneusement ses sujets (précarité, politicien sans scrupules, affairisme, dictature de l’audimat et ici erreur judiciaire). Il est brillant et toujours percutant avec un style, tout en sobriété, fait d’ironie et de second degré, avec des phrases courtes qui font souvent mouche pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. A partir d’une affaire réelle, il s’attaque ici avec une terrible efficacité et un talent certain au système judiciaire américain. Il est Américain et parle donc de ce qu’il connait. Ce qui m’embête un peu, au gré des commentaires que j’ai pu lire ici et là, c’est que derrière ce portrait au vitriol d‘une justice qui porte un nom dont elle se soucie très peu, l’adjectif américain exonèrerait tous les autres systèmes judiciaires de la planète. Ce n’est pas sérieux car, à bien y réfléchir, des policiers obtus, manichéens et paresseux, des avocats incompétents expédiant en dépit du bon sens les affaires courantes pendant que les plus brillants de la profession ne traitent que les affaires juteuses, des greffiers égarant des pièces capitales, des procureurs négligeant des pièces à conviction parce qu’elles ne vont pas là où il faudrait qu’elles aillent et des juges d’instruction dont le souci premier concerne leur notoriété au rythme de leurs interventions dans les media, mon petit doigt me dit qu’il y en a partout. Sur toute la planète, y compris dans notre pays où les beaux esprits, pensant avoir tout inventé et tout compris, cachent leur médiocrité derrière « le manque de moyens » et une « indépendance » censée protégée le justiciable alors que, dans les faits, elle ne couvre que leurs erreurs, insuffisances ou partialité (souvenons-nous du « mur des cons »).
    « Il m'interrompt d'un geste de la main. "C'est un arrangement incroyable. J'ai beaucoup travaillé pour vous l'obtenir."
    Je l'imagine en train de manger des gâteaux à son bureau quand le téléphone sonne et qu'un procureur dit : "Je propose vingt ans."
    Il enfourne le reste de gâteau, mâche, avale et répond : "Je transmettrai à mon crétin de client. »
    Qui se soucie de justice dans le monde judiciaire?
    C’est, à mon avis, la question essentielle que pose ce roman « coup de poing ». La réponse, j’en ai bien peur emprunte à Conan Doyle : « Alimentaire, mon cher Watson. Alimentaire.* » On ne peut s’empêcher de penser à Tom Wolfe et son Bûcher des Vanités, chef d’œuvre sur le sujet, dans lequel un des protagonistes décrit les accusés conduits chaque jour au tribunal comme de « la bouffe » uniquement destinée à alimenter le système et tous ceux qui en vivent. Reste à écrire (ou à lire, car il existe peut-être) le grand roman dénonçant le sort que réserve l’institution aux victimes ou aux familles de victimes (vous avez dit « mur des cons » ?).
    Quoi qu’il en soit, voici un excellent roman qui donne à réfléchir et qui est vraiment très agréable à lire.
    Pour terminer ce billet d’humeur de belle manière, il nous faudrait un bon vieux débat à la télé avec des « t’es moins et des ex pères » sur le sujet de l’erreur judiciaire. Iain a tout prévu et comme on est à Dallas, ce ne sera pas « C dans l’Air », ni « USA Today ».
    « Cinq…quatre. » Melissa Kerns (la présentatrice) surveille un type derrière une caméra, et elle explose soudain de joie. « Bonjour, je suis Melissa Kerns et voici Texas Today. On dirait que le plaisir absolu de dire ces mots va lui faire mouiller sa culotte…»
    Je ne sais pas résister à l’humour de Iain Levison.
    *Mes excuses aux ayant-droits de Sir Conan Doyle pour ce très mauvais jeu de mots.

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    Couverture du livre « Trois hommes, deux chiens et une langouste » de Iain Levison aux éditions Liana Levi

    Tom Ross sur Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain Levison

    Drôle, mais moins prenant et moins rythmé qu'Un petit boulot et moins bien construit qu'Arrêtez-moi là du même auteur. Le livre tient au comique des trois loosers multipliant les coups foireux façon pieds nickelés américains. Amusant au départ, mais vite répétitif. Le final ressemble par...
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    Drôle, mais moins prenant et moins rythmé qu'Un petit boulot et moins bien construit qu'Arrêtez-moi là du même auteur. Le livre tient au comique des trois loosers multipliant les coups foireux façon pieds nickelés américains. Amusant au départ, mais vite répétitif. Le final ressemble par ailleurs de trop près à un petit boulot...Un peu déçu donc de ce Levison.

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    Couverture du livre « Pour services rendus » de Iain Levison aux éditions Liana Levi

    GeorgesSmiley sur Pour services rendus de Iain Levison

    Voilà un court roman qui réussit à aborder, et de façon très convaincante, la guerre du Vietnam, la politique et ses dérives, le mensonge et la corruption. Les deux personnages principaux se sont connus au Vietnam à la fin des années soixante, l’un a sauvé la vie de l’autre et en le quittant a...
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    Voilà un court roman qui réussit à aborder, et de façon très convaincante, la guerre du Vietnam, la politique et ses dérives, le mensonge et la corruption. Les deux personnages principaux se sont connus au Vietnam à la fin des années soixante, l’un a sauvé la vie de l’autre et en le quittant a dit… "Ce qu'il dit à tous les blessés auxquels il a le temps de parler, ce qu'il dit à tous les gars qui rentrent chez eux.
    "Si jamais vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à me le demander."
    Celui qui parle, c’est le sergent Fremantle, on imagine Clint Eastwood dans le rôle, un sergent compétent, solide, fiable, qui prend soin de ses hommes et assume ses responsabilités. Quarante-sept ans plus tard, il porte toujours l’uniforme puisqu’il dirige la police d’une petite ville de la banlieue de Detroit. Celui qui écoute, c’est « Billy » Drake, devenu sénateur du Nouveau Mexique.
    J’aime raconter des histoires, pas vous ? Des anecdotes qui sortent de l’ordinaire (enfin, j’ai la faiblesse de le croire) que je ressors au fil du temps et des occasions. Elles se veulent surprenantes et amusantes et pour captiver l’auditoire, quelques détails sont ajoutés à chaque nouvelle version, un peu plus nombreux, un peu plus beaux, un peu plus amusants. Je brode, j’enlumine pour que ce moment de mémoire soit encore plus agréable que la fois précédente. C’est ce qui arrive au sénateur Billy Drake qui, devant un public de vétérans, expose sa guerre du Vietnam. Il a une bonne histoire à raconter, ce qui en soi est déjà un exploit dans ce contexte qui ne s’y prêtait guère, mais dans la version originale, l’authentique, il n’avait pas vraiment le beau rôle. Bien sûr, les vétérans auraient bien ri, mais surtout de lui, le bleu imprudent, sauvé in extremis par le sergent Fremantle. Alors, vous savez ce que c’est, il est difficile de résister à une bonne histoire, surtout quand vous avez les auditeurs ad hoc au milieu d’une campagne électorale, fut-ce au prix d’une petite entorse à la vérité. Dans la nouvelle version, Billy devient le sergent Fremantle sauvant un bleu anonyme d’une mort aussi certaine que ridicule. C’est bien mieux et tout aussi drôle, l’histoire a vraiment de la gueule et électoralement parlant, elle devient même très productive. Les vétérans ont apprécié, Billy est ravi, son directeur de campagne aussi.
    Mauvaise idée, parce qu’à l’autre bout du pays, un grain de sable nommé Peterson prétend, après avoir vu la vidéo, qu’il était présent cette nuit-là et que Billy a menti. Alors Billy va demander à son ancien sergent de lui sauver la mise une nouvelle fois.
    Sur fond de cuisine électorale écoeurante de 2016, de mensonges élevés au rang d’un art, de tentations, de corruptions, de manipulations et de mépris de l’électeur, nous retournons également dans les rizières du Vietnam de 1969. En quelques pages remarquables l’auteur nous fait partager la peur, les horreurs ordinaires de la guerre, les atrocités qui arrivent presque par hasard, les planqués, l’odeur de la défaite, les sacrifices consentis ou imposés à ces jeunes hommes si mal accueillis et compris à leur retour au pays et les tourments de ce sous-officier de terrain qui veut préserver la vie de ses hommes. On (re)découvre également le sort peu enviable réservé aux anciens alliés vietnamiens réfugiés aux USA après la chute de Saïgon (je recommande sur ce thème Le Sympathisant de Viet Thanh Nguyen). Ce thème est très subtilement décrit à travers un personnage secondaire mais finalement capital pour expliquer les choix du sergent.
    Quelle dérive pourrait bien conduire un honnête homme méritant la reconnaissance de ses concitoyens « Pour services rendus » à s’avouer que « le seul homme honnête dans tout ce bordel s’excuse d’être honnête » et que ce n’est plus lui ? Aurait-il rendu le service de trop ?
    C’est magistral, bien écrit avec de courts chapitres, des personnages solides qui échappent à tout manichéisme et une histoire puissante qui tient vraiment la route. A lire absolument, c’est passionnant !