Elisa Shua Dusapin

Elisa Shua Dusapin

Née en 1992 d'un père français et d'une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin est diplômée de l'Institut littéraire suisse de Bienne. Hiver à Sokcho est son premier roman.

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Avis (22)

  • Couverture du livre « Hiver à Sokcho » de Elisa Shua Dusapin aux éditions Zoe

    Gael POEZEVARA sur Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin

    Un livre que l'on dévore, sans doute est-il réussi. Un livre que l'on voudrait ne jamais finir est un grand livre. Hiver à Sokcho est de ceux-là. On se confine avec la jeune narratrice dans une chambre aux parois de papier de la pension du vieux Park, à Sokcho. On boit du soju dans la froideur...
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    Un livre que l'on dévore, sans doute est-il réussi. Un livre que l'on voudrait ne jamais finir est un grand livre. Hiver à Sokcho est de ceux-là. On se confine avec la jeune narratrice dans une chambre aux parois de papier de la pension du vieux Park, à Sokcho. On boit du soju dans la froideur hivernale de cette ville portuaire, frontalière de la Corée du Nord. Car Elisa Shua Dusapin sait à merveille installer le lecteur dans une ambiance dont il ignore tout.
    Comme tout ceux qui écrivent dans la brièveté, le style est dense. Poétique. Lapidaire aussi. Elisa vous prend la main avec un mélange de douceur et de fermeté qui vous entraîne dans son univers.
    Son univers est un voyage au cœur de questions essentielles. Le rapport à la langue, la difficulté communiquer, à nommer, à identifier. La narratrice n' a pas de nom, ni de prénom. Comme Perceval au début du roman de Chrétien de Troyes, car ils ne savent pas encore qui ils sont. Dans les deux cas, l'absence d'un père, une relation complexe avec la mère. Dans les deux cas, un événement leur permet de découvrir que leur identité est floue, et que se révèle en eux un fort besoin de savoir, pour exister.
    Pour la jeune femme, narratrice d'Hiver à Sokcho, le déclencheur est l'arrivée d'un dessinateur français, en quête d'inspiration nouvelle. « Il est arrivé perdu dans un manteau de laine. », nous dit l'incipit. Pour le reste, je n'en dirai rien de plus.
    L'écriture d'Elisa possède quelque chose de magnétique et laisse de l'espace à l'imaginaire du lecteur. Elle suscite les émotions, mais surtout, elle les permet.

  • Couverture du livre « Hiver à Sokcho » de Elisa Shua Dusapin aux éditions Gallimard

    Gael POEZEVARA sur Hiver à Sokcho de Elisa Shua Dusapin

    Un livre que l'on dévore, sans doute est-il réussi. Un livre que l'on voudrait ne jamais finir est un grand livre. Hiver à Sokcho est de ceux-là. On se confine avec la jeune narratrice dans une chambre aux parois de papier de la pension du vieux Park, à Sokcho. On boit du soju dans la froideur...
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    Un livre que l'on dévore, sans doute est-il réussi. Un livre que l'on voudrait ne jamais finir est un grand livre. Hiver à Sokcho est de ceux-là. On se confine avec la jeune narratrice dans une chambre aux parois de papier de la pension du vieux Park, à Sokcho. On boit du soju dans la froideur hivernale de cette ville portuaire, frontalière de la Corée du Nord. Car Elisa Shua Dusapin sait à merveille installer le lecteur dans une ambiance dont il ignore tout.
    Comme tout ceux qui écrivent dans la brièveté, le style est dense. Poétique. Lapidaire aussi. Elisa vous prend la main avec un mélange de douceur et de fermeté qui vous entraîne dans son univers.
    Son univers est un voyage au cœur de questions essentielles. Le rapport à la langue, la difficulté communiquer, à nommer, à identifier. La narratrice n' a pas de nom, ni de prénom. Comme Perceval au début du roman de Chrétien de Troyes, car ils ne savent pas encore qui ils sont. Dans les deux cas, l'absence d'un père, une relation complexe avec la mère. Dans les deux cas, un événement leur permet de découvrir que leur identité est floue, et que se révèle en eux un fort besoin de savoir, pour exister.
    Pour la jeune femme, narratrice d'Hiver à Sokcho, le déclencheur est l'arrivée d'un dessinateur français, en quête d'inspiration nouvelle. « Il est arrivé perdu dans un manteau de laine. », nous dit l'incipit. Pour le reste, je n'en dirai rien de plus.
    L'écriture d'Elisa possède quelque chose de magnétique et laisse de l'espace à l'imaginaire du lecteur. Elle suscite les émotions, mais surtout, elle les permet.

  • Couverture du livre « Les billes du Pachinko » de Elisa Shua Dusapin aux éditions Zoe

    Gael POEZEVARA sur Les billes du Pachinko de Elisa Shua Dusapin

    Encore profondément touché par le premier ouvrage d’Élisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho, j'ai commencé Les Billes du Pachinko avec cette fébrilité du lecteur qui craint de ne pouvoir retrouver dès le deuxième ouvrage, la même force d'émotion.
    Elle est là pourtant, aux premiers mots, intacte,...
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    Encore profondément touché par le premier ouvrage d’Élisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho, j'ai commencé Les Billes du Pachinko avec cette fébrilité du lecteur qui craint de ne pouvoir retrouver dès le deuxième ouvrage, la même force d'émotion.
    Elle est là pourtant, aux premiers mots, intacte, préservée, prolongée. L'univers d’Élisa se déploie avec cette même densité d'écriture déjà si reconnaissable et qui par effet de coalescence, devient la densité de notre lecture.
    Comme un passage de témoin, les premières pages du livre nous ramènent à Hiver à Sokcho. Une quête se poursuit. Et c'est tant mieux. Cependant, très vite, Les Billes du Pachinko se démarque, prend son identité propre, comme la deuxième pièce d'un puzzle que l'on croyait identique à sa voisine et qui se révèle subtilement différente et essentielle à l'élaboration d'un tout.
    Ce livre apparaît d'ailleurs comme une mise en abyme d'un jeu de Tétris à trois joueurs. Avec ce deuxième ouvrage, l'auteure construit l'identité de son œuvre, tandis que Claire, la narratrice, tente d'assembler les pièces de la sienne, culturelle, linguistique, générationnelle aussi, elle qui s'apprête à franchir cette autre frontière si particulière de la trentaine. Et de l'autre côté du jeu, nous, lecteurs, invités avec élégance à construire le sens de cette histoire, de ces personnages attachants ou fantomatiques, en retrouvant les réseaux de correspondances, les jeux de miroirs, les tiroirs secrets.
    Car la singularité, la force d'écriture d’Élisa Shua Dusapin est de cacher sous une apparente sobriété, une richesse de sens qu'une lecture littérale ne permet pas d'appréhender. « La simplicité est la sophistication extrême » écrivait Léonard de Vinci. Il faut bosser un peu pour lire ses récits. Les mots, les phrases, les personnages d’Élisa sont des enveloppes qu'il faut prendre la peine d'ouvrir. La quête de soi n'est pas qu'un retour d'exil, un voyage physique dans le temps ou dans l'espace. Elle passe inévitablement par cette langue visuellement dépouillée à laquelle l'auteure redonne en interne une polysémie qui lui est propre.

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