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Les billes du Pachinko

Couverture du livre « Les billes du Pachinko » de Elisa Shua Dusapin aux éditions Zoe
  • Date de parution :
  • Editeur : Zoe
  • EAN : 9782889275793
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Claire, qui vit en Europe, passe l'été à T okyo chez ses grands-parents. L'objectif de plus en plus lointain de ce séjour est d'emmener ces derniers en Corée renouer avec leur pays qu'ils ont fui pendant la guerre civile il y a plus de cinquante ans.
Claire partage son temps entre le quartier... Voir plus

Claire, qui vit en Europe, passe l'été à T okyo chez ses grands-parents. L'objectif de plus en plus lointain de ce séjour est d'emmener ces derniers en Corée renouer avec leur pays qu'ils ont fui pendant la guerre civile il y a plus de cinquante ans.
Claire partage son temps entre le quartier coréen de T okyo, l'appartement des grandsparents et le monde de la petite Mieko, dont elle doit s'occuper pendant les vacances d'été japonaises.
L'écriture précise et dépouillée d'Elisa Dusapin parvient à plonger le lecteur dans une atmosphère intime de douceur et de violence feutrée. Elle excelle à décrire l'ambivalence propre aux relations familiales : les cruels malentendus comme l'amour entre les personnages sont d'une puissante justesse.

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Articles (1)

Avis (8)

  • Claire, la narratrice, vit en Suisse. Elle profite des vacances d’été pour se rendre chez ses grands-parents, installés à Tokyo depuis leur fuite de la Corée en guerre il y a cinquante ans. La jeune femme s’est mise en tête de ramener le vieux couple quelques jours dans sa patrie d’origine. En...
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    Claire, la narratrice, vit en Suisse. Elle profite des vacances d’été pour se rendre chez ses grands-parents, installés à Tokyo depuis leur fuite de la Corée en guerre il y a cinquante ans. La jeune femme s’est mise en tête de ramener le vieux couple quelques jours dans sa patrie d’origine. En attendant de le convaincre, elle donne des cours de français à une petite écolière japonaise, avec laquelle elle entretient bientôt une relation d’affection partagée.

    Elle-même franco-coréenne établie en Suisse, l’auteur nous fait découvrir les Zainichi, ces descendants des Coréens venus s’installer au pays du Soleil-Levant pendant l’occupation japonaise de leur pays, notamment au cours de la seconde guerre mondiale. Déportés en masse au Japon pour compenser la pénurie de main d’oeuvre d’alors, travaillant souvent dans des conditions misérables, ils y ont toujours été l’objet de discriminations racistes héritées du colonialisme japonais.

    De nombreux détails rendent fascinante cette plongée dépaysante au sein de la plus importante communauté d'origine étrangère au Japon, à commencer par la tradition du Pachinko, hybride du flipper et de la machine à sous, à l’origine d’une véritable industrie aux mains des Zainichi. Leurs salles de jeux font fureur au Japon, où les casinos sont interdits. Les billes recrachées par les machines sont convertibles en lots de faible valeur, ensuite monnayables dans des bureaux d’échanges à proximité des salles de Pachinko : un vrai phénomène de société au Japon.

    Avec des chapitres courts et une grande sobriété d’écriture, l’auteur nous entraîne dans un récit rythmé, sous-tendu par le malaise de Claire, écartelée entre Europe, Japon et Corée. Malgré tous ses efforts et ses bonnes intentions, rien ne se passe comme l’imaginait la jeune femme, la barrière des langues, des cultures et des générations, tout comme le poids de l’Histoire, ne cessant de générer malentendus et incompréhensions, interdisant toute vraie communication entre les personnages. Finalement, ligotée dans les non-dits et impuissante face aux souffrances de ses proches, c’est à la recherche de sa propre identité que va se retrouver confrontée Claire.

    La complexité des personnages et de leurs relations fait toute la richesse de cette histoire courte et faussement simple, où chaque détail s’avère hautement signifiant : un peu comme si chaque kokeshi en cachait une autre, à la manière des poupées russes… Coup de coeur.

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  • Premier roman lu pour le prix Horizon qui récompensera un deuxième roman à Marche en Famenne en mai prochain.


    Claire est franco-coréenne, elle a trente ans et vit en Suisse, elle parle français et japonais. Ses grands-parents octogènaires vivent à Tokyo, ce sont des zaïnichis, des déportés...
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    Premier roman lu pour le prix Horizon qui récompensera un deuxième roman à Marche en Famenne en mai prochain.


    Claire est franco-coréenne, elle a trente ans et vit en Suisse, elle parle français et japonais. Ses grands-parents octogènaires vivent à Tokyo, ce sont des zaïnichis, des déportés coréens. Ils ont émigré ici dans les années cinquante lorsque la guerre civile faisait rage. Ils ne veulent pas parler japonais, la grand-mère sort très peu du quartier coréen, le grand-père exploite une salle de Pachinko, ce jeu qui ressemble à un flipper, avec des tas de petites billes, le seul jeu qui n'est pas considéré comme un jeu d'argent.


    Claire est venue pour l'été, elle a répondu à une annonce comme répétitrice de français pour une enfant de dix ans, Mieko Ogawa. Son objectif est d'emmener ses grands-parents dans leur pays natal fin de l'été.


    J'ai apprécié retrouver l'univers du Japon, Tokyo, Miyajima que j'ai eu la chance de visiter. Le style est épuré, il correspond bien à l'univers de ce roman et de la culture asiatique. Le Pachinko n'aura plus de secret pour vous, tout comme le vécu de nombreux zaïnichis dans les années cinquante.


    Ce roman c'est aussi la recherche de ses racines pour Claire, l'histoire d'une belle amitié avec Mieko, l'occasion de s'immerger dans la culture japonaise et dans la démonstration des sentiments. L'auteure d'origine franco-coréenne nous parle de l'exil, de la terre maternelle mais aussi de la filiation à travers quatre personnages féminins.


    Un roman sobre, intimiste qui nous parle de l'exil, des difficultés d'intégration, de communication et des différences culturelles. Il est écrit comme de la littérature japonaise avec poésie, retenue, émotion. De jolis ressentis sur l'amitié, les racines et l'amour. C'est sincère, émouvant.


    Un joli coup de coeur que je vous recommande vivement.

    Les jolies phrases

    J'aime le brouillard. Il empêche de voir loin. Il bouche l'horizon. Il donne l'impression qu'on a le temps, qu'on a le droit de ne rien voir. De ne rien voir venir.


    On devrait mourir comme la mue des animaux. Plus on vieillirait, plus la peau s'éclaircirait. A la fin, on verrait tout à l'intérieur de nous, les veines, les os, les sentiments, tout. En même temps la peau ferait un miroir. Et les gens se refléteraient en nous avant qu'on finisse par devenir complètement transparent. A ce moment-là, on irait chez son enfant lui donner son dernier souffle.
    - Son enfant ?
    - Oui; C'est lui qui vit après.


    Pour les Coréens du Japon, il n'y a jamais eu de Nord ni de Sud. Nous sommes tous des gens de Choson. Des gens d'un pays qui n'existe plus.

    https://nathavh49.blogspot.com/2020/03/les-billes-du-pachinko-elisa-shua.html

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  • Suissesse d'origine coréenne par sa mère, Claire passe ses vacances d'été chez ses grands-parents à Tokyo dans l'optique de les convaincre de l'accompagner en Corée du sud, le pays qu'ils ont quitté au début de la guerre civile. Les choses sont difficiles. Avec le temps, Claire a oublié le...
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    Suissesse d'origine coréenne par sa mère, Claire passe ses vacances d'été chez ses grands-parents à Tokyo dans l'optique de les convaincre de l'accompagner en Corée du sud, le pays qu'ils ont quitté au début de la guerre civile. Les choses sont difficiles. Avec le temps, Claire a oublié le coréen et sa grand-mère refuse de parler japonais. Son grand-père ne quitte guère le Pachinko qu'il dirige encore malgré son âge avancé. Dans la chaleur moite de l'été japonais, Claire essaie de renouer des liens que le temps et la distance ont distendu. En attendant qu'ils se décident, elle donne des cours de français à la petite Mieko, une enfant sérieuse et solitaire à laquelle elle finit par s'attacher.
    Après Un hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin nous emmène en été à Tokyo. On y retrouve sa belle écriture dépouillée, sa même sensibilité toute en pudeur. Derrière ses histoires en apparence banales se cachent une profondeur insoupçonnée où s'épanouissent ses thèmes fétiches : le déracinement, l'exil, la langue, le biculturalisme. Dans Les billes du Pachinko, Claire est tiraillée entre son éducation suisse et ses racines coréennes dont elle a été coupée par l'exil de ses grands-parents vers le Japon, pays d'accueil qui leur a permis de fuir la guerre civile et en même temps pays honni car il a envahi la Corée. Claire navigue entre trois langues, le français qu'elle enseigne à son élève, le japonais qu'elle utilise dans son quotidien et le coréen dont elle tente de retrouver les bribes.
    Derrière les non-dits, on ressent toute la souffrance de ces coréens loin de chez eux, originaires d'un pays qui n'existe plus car désormais divisé. Barrière de la langue, fossé entre les générations et trop longue séparation, Claire a du mal à renouer avec ce couple qui ne dit rien, ni de ses fêlures, ni de son amour.
    Un roman au charme doux-amer, subtil et nostalgique.

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  • Joli petit roman qui explore le thème des origines.

    Joli petit roman qui explore le thème des origines.

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  • Claire, le temps d’un été, se partage entre l’appartement de ses grands-parents, émigrés à Tokyo pendant la guerre de Corée, et le monde de Mieko, petite japonaise dont elle s’occupe. Entre les cultures coréenne, japonaise et européenne, voici l’entrée dans la trentaine d’une femme aux identités...
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    Claire, le temps d’un été, se partage entre l’appartement de ses grands-parents, émigrés à Tokyo pendant la guerre de Corée, et le monde de Mieko, petite japonaise dont elle s’occupe. Entre les cultures coréenne, japonaise et européenne, voici l’entrée dans la trentaine d’une femme aux identités multiples : un roman de la filiation qui dépeint avec art les liens rongés par l’histoire et la naissance d’une affection pour une enfant.

    Ce livre décrit ici d'une belle manière l'ambivalence des relations familales, le dur exil et arrachement à sa culture, les différences de génération..
    L'écriture d'Elisa Dusapin est particulière, dépouillée mais toute en finesse et précision. Elle nous fait rentrer dans les personnages et leurs émotions. Le style asiatique se ressent au travers de ses chapitres courts. Tous les sens sont conviés dans ce 2nd roman qui reste toujours mélancolique et délicat.

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  • Les grands-parents de Claire ne se sont jamais intégrés au Japon. Ils vivent à Tokyo depuis la guerre civile de Corée, mais pourraient tout aussi bien vivre ailleurs. Claire arrivera-t-elle à les emmener revoir la Corée, leur terre natale ? Le voyage est prévu depuis si longtemps... pourquoi...
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    Les grands-parents de Claire ne se sont jamais intégrés au Japon. Ils vivent à Tokyo depuis la guerre civile de Corée, mais pourraient tout aussi bien vivre ailleurs. Claire arrivera-t-elle à les emmener revoir la Corée, leur terre natale ? Le voyage est prévu depuis si longtemps... pourquoi tant d'hésitation à franchir la frontière ?
    Le livre, très simple, dépouillé, aéré, écrit au présent comme souvent les premiers livres, traite de l'exil, de l'identité, du pays fantasmé, des souvenirs, des relations familiales qui oscillent entre amour, empathie et rejet, non-dits, ou gêne. Claire, elle même, est loin de Paris, s'occupe le jour, d'une petite japonaise, seule, et le soir retrouve ses grands-parents, très âgés, fragiles et perdus. Sa mère lui envoie des mails avec photos, et Claire s'aperçoit aussi que ses parents vieillissent. Les photos sont alors presque insupportables, et elle les chasse, les classe très vite. Sentiment universel que le constat insupportable du temps qui passe, dès qu'on prend un peu de recul géographique.
    Double relation triangulaire : les grands-parents et Claire, ensuite, Claire et la petite fille qu'elle garde avec sa mère. Roman de femmes, où les relations sont difficiles entre les générations. Les hommes sont loin, discrets, tendent une main.
    L'exil est présent à chaque page, la difficulté à se construire aussi dans une famille éparpillée et différente. Claire remonte les origines, le passé. Ses grands-parents sont pauvres et déracinés, mais, ses parents ont réussi, leur milieu est très favorisé, et Claire a pu compléter son Master par des études de Japonais à Genève.
    La scène où les grands-parents ont prévu une surprise pour Claire, ont tout organisé dans leur petit appartement de Tokyo, l'attendent dans le noir, est très touchante. Le lecteur ressent à ce moment-là un sentiment de trahison (universel), quand il lit que Claire ne restera pas avec eux, et choisira de se rendre à une invitation à l'extérieur. Combien de fois n'arrivons-nous pas à aimer ceux qui nous aiment, et courons-nous après un miroir aux alouettes ?
    Les grands-parents possèdent une salle de jeu à Tokyo, avec plus de trois cents machines éclairées et bruyantes, alignées les unes à côté des autres, où les gens jouent seuls, se touchant du coude : le Pachinko, sorte de Flipper à la verticale, où tombent et roules de multiples billes qui font gagner des lots (objets à échanger) aux plus chanceux, car les jeux d'argent sont interdits au Japon. Un jeu de hasard, comme le destin, où les billes parcourent un chemin différents à chaque fois, tombent immanquablement dans l'un des trois trous situés au bas du Pachinko, sont éjectées de la machine, pour se retrouver toujours au même endroit... le même point de départ : l'origine du parcours. La grand-mère va amener Claire là où elle le souhaite, pour son bien.

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  • Je lis beaucoup sur le thème de l'exil depuis la création du prix international Des racines et des mots; ce livre entre dans la sélection: Corée, France, Japon...Les grands parents n'ont pas vraiment envie de revoir la Corée dont ils ont fui la guerre civile des années 50; ils vivent au Japon...
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    Je lis beaucoup sur le thème de l'exil depuis la création du prix international Des racines et des mots; ce livre entre dans la sélection: Corée, France, Japon...Les grands parents n'ont pas vraiment envie de revoir la Corée dont ils ont fui la guerre civile des années 50; ils vivent au Japon mais ne s'intègrent pas...ils ne parlent le japonais qu'en cas d'extrême nécessité; leur petite-fille les rejoint pour les vacances et semble ne pas comprendre leurs réticences à retourner aux origines.
    Très sensible au problème de la langue dans les différents récits d'exil, je remarque que l'arrière grand mère s'est coupé la langue quand le coréen a été interdit: un refus énergique et définitif du japonais

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  • Encore profondément touché par le premier ouvrage d’Élisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho, j'ai commencé Les Billes du Pachinko avec cette fébrilité du lecteur qui craint de ne pouvoir retrouver dès le deuxième ouvrage, la même force d'émotion.
    Elle est là pourtant, aux premiers mots, intacte,...
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    Encore profondément touché par le premier ouvrage d’Élisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho, j'ai commencé Les Billes du Pachinko avec cette fébrilité du lecteur qui craint de ne pouvoir retrouver dès le deuxième ouvrage, la même force d'émotion.
    Elle est là pourtant, aux premiers mots, intacte, préservée, prolongée. L'univers d’Élisa se déploie avec cette même densité d'écriture déjà si reconnaissable et qui par effet de coalescence, devient la densité de notre lecture.
    Comme un passage de témoin, les premières pages du livre nous ramènent à Hiver à Sokcho. Une quête se poursuit. Et c'est tant mieux. Cependant, très vite, Les Billes du Pachinko se démarque, prend son identité propre, comme la deuxième pièce d'un puzzle que l'on croyait identique à sa voisine et qui se révèle subtilement différente et essentielle à l'élaboration d'un tout.
    Ce livre apparaît d'ailleurs comme une mise en abyme d'un jeu de Tétris à trois joueurs. Avec ce deuxième ouvrage, l'auteure construit l'identité de son œuvre, tandis que Claire, la narratrice, tente d'assembler les pièces de la sienne, culturelle, linguistique, générationnelle aussi, elle qui s'apprête à franchir cette autre frontière si particulière de la trentaine. Et de l'autre côté du jeu, nous, lecteurs, invités avec élégance à construire le sens de cette histoire, de ces personnages attachants ou fantomatiques, en retrouvant les réseaux de correspondances, les jeux de miroirs, les tiroirs secrets.
    Car la singularité, la force d'écriture d’Élisa Shua Dusapin est de cacher sous une apparente sobriété, une richesse de sens qu'une lecture littérale ne permet pas d'appréhender. « La simplicité est la sophistication extrême » écrivait Léonard de Vinci. Il faut bosser un peu pour lire ses récits. Les mots, les phrases, les personnages d’Élisa sont des enveloppes qu'il faut prendre la peine d'ouvrir. La quête de soi n'est pas qu'un retour d'exil, un voyage physique dans le temps ou dans l'espace. Elle passe inévitablement par cette langue visuellement dépouillée à laquelle l'auteure redonne en interne une polysémie qui lui est propre.

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