Christian Bobin

Christian Bobin
Né en 1951 au Creusot, Christian Bobin, qui a fait des études de philosophie, a toujours souhaité rester silencieux quant à sa « biographie » : « Il n'y a rien à dire de Christian Bobin, sinon qu'il écrit. Parce que c'est inutile – comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. Parce que rien n'es... Voir plus
Né en 1951 au Creusot, Christian Bobin, qui a fait des études de philosophie, a toujours souhaité rester silencieux quant à sa « biographie » : « Il n'y a rien à dire de Christian Bobin, sinon qu'il écrit. Parce que c'est inutile – comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. Parce que rien n'est utile – comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. C'est une histoire qui a commencé en 1951 et qui se terminera on ne sait quand. »

Avis (42)

  • Couverture du livre « L'arrière-pays de Christian Bobin » de Lydie Dattas et Christian Bobin et Dominique Pagnier aux éditions L'iconoclaste

    Nath Bertrand sur L'arrière-pays de Christian Bobin de Lydie Dattas - Christian Bobin - Dominique Pagnier

    Il y a ces auteurs, qui, par la grâce de leurs mots, ont le don de changer une vie. Christian Bobin fait pour moi partie de ceux-ci.

    C’est donc avec une grande émotion que j’ai voyagé dans l’arrière-pays du poète-ermite, grâce au livre que Dominique Pagnier lui a consacré , et qui est paru...
    Voir plus

    Il y a ces auteurs, qui, par la grâce de leurs mots, ont le don de changer une vie. Christian Bobin fait pour moi partie de ceux-ci.

    C’est donc avec une grande émotion que j’ai voyagé dans l’arrière-pays du poète-ermite, grâce au livre que Dominique Pagnier lui a consacré , et qui est paru aux Editions de l’Iconoclaste.

    Tout commence par la magnifique préface de Lydie Dattas, poétesse et compagne de Bobin . C’est d’ailleurs elle qui a conçu l’ouvrage, qui va rejoindre mes précieux livres de chevet.

    « … Le rire atomique de Bobin est sa réponse. Cette bombe adorable projette en explosant des fleurs de feu, et des boulons de soleil… S’il est sans ruses, son entêtement à ne jamais mentir, même pour sauver sa peau, est grandiose. Rien ne le ravit plus que ce mot d’Arvo Pärt : « Même si je perds tout ». Bobin dit « Je suis – j’essaie d’être – un oiseau sans partition ». Génial ? Si ce mot signfie bien « qui a un caractère de fête, gai , abondant », qui plus que lui, mérite cet adjectif ? »

    De l’enfance du poète, à ses carnets inédits, ce livre est émaillé de cailloux blancs, de ceux qui mènent à sa maison, nichée dans une clairière non loin du Creusot.

    Lors d’une rencontre en librairie, l’auteur-enchanteur confiait qu’il avait toujours dans sa poche des carnets sur lesquels il notait ses pensées errantes, ses bribes d’idées, la couleur des roses trémières de la rue d’à-côté, les citations d’auteurs qui lui sont chers. Alors, forcément avoir accès à cette part d’intime, c’est un bonheur absolu !

    Au fil des pages, on découvre le chemin qui a mené l’enfant Christian au poète Bobin. Un chemin fait de mots, de musique, de contemplation, d’amour, de foi, de soleil, d’étoiles. On retrouve bien sûr Ghislaine, la « Plus que vive », « Noireclaire » la « sœur de lait ».

    « « Ma deuxième naissance a commencé en la voyant entrer dans une pièce ». Deuxième naissance. Vita nuova ».

    On retrouve son admiration pour Bach, Django Reinhardt, Glenn Gould , Arvo Pärt, et bien sûr Jean Grosjean, Emily Dickinson, Cioran, Rimbaud, André Dhôtel et bien d’autres.

    On découvre la bibliothèque de l’auteur, sa chambre d’écriture, celle-là-même où naissent les mots qui voyageront jusqu’à nous et nous enchanteront.

    L’arrière-pays de Christian Bobin, c’est un ouvrage qui lui ressemble : tout en simplicité et poésie, partage, musique, et lumière.

    « Je ne crois pas en Dieu messieurs dames. Je crois en ce qui l’annonce. Les courants d’air. Le clignotant jaune du coucou. Le souvenir des morts qui est plus qu’un souvenir, qui est plus qu’un souvenir, qui est un soleil attrapé par un miroir brisé. Et le rire messieurs dames. Le rire, celui du cœur fracturé, une branche de lilas qui sort de la poitrine, l’adieu aux logiques mortifères et aux rois accusateurs. Le rire – Dieu à portée de voix. Simple comme mourir »

    L’ouvrage se clôt sur une chambre, une mansarde, un regard en arrière, et un retour à la patrie qui est la sienne : « sa feuille de papier blanc. Commence alors le livre dont il est enfin l’absent : La Nuit du cœur ».

  • Couverture du livre « L'equilibriste » de Christian Bobin aux éditions Le Temps Qu'il Fait

    Dominique JOUANNE sur L'equilibriste de Christian Bobin

    « La fatigue est venue et avec elle, une minuscule retraite. (…) Au début je lisais. Nuit et jour. Cela m’est passé. Je ne voudrais pas être trop injuste avec les livres. Je leur dois de belles heures. Ils viennent, ne l’oublions pas, des arbres. Parfois ils s’en souviennent : certaines phrases...
    Voir plus

    « La fatigue est venue et avec elle, une minuscule retraite. (…) Au début je lisais. Nuit et jour. Cela m’est passé. Je ne voudrais pas être trop injuste avec les livres. Je leur dois de belles heures. Ils viennent, ne l’oublions pas, des arbres. Parfois ils s’en souviennent : certaines phrases de certains livres bruissent comme les feuilles de l’acacia. Mais j’attends tellement plus (…) j’attends quelque chose de plus grand que ce qui peut s’écrire (…) J’ai trouvé ce que j’attendais —enfin, pas tout à fait, mais j’ai trouvé un mot pour le dire. Vous ne devinerez jamais. J’essayai pourtant : Dieu ? La mort ? L’amour ? Pas du tout répliqua-t-il. Vous cherchez du côté du plus grand. C’est une erreur dans doute inévitable. Moi-même je l’ai commise jusqu’à ce matin. C’est tellement plus simple : j’attends le printemps (…) Cela peut surgir au plus noir de l’année. C’est même une de ses caractéristiques : quelque chose qui peut venir à tout moment pour interrompre, briser —et au bout du compte, délivrer. »

    Courte conversation poétique entre un retraité et un équilibriste à tête de cheval.
    Bien que je ne sois pas friande des livres de Christian Bobin orientés vers la foi chrétienne (j’ai lu Le Très-Bas’— Prix des Deux Magots 1993, Grand prix catholique de littérature 1993— qui ne m’a pas encouragé à lire d’autres livres de cet auteur porté aux nues par les professionnels de l’écriture), ces 20 pages (Editions Le temps qu’il fait - 1998), trouvées par hasard dans une bibliothèque d’hôtel, livre une écriture incontestablement délicieuse comme les pommes sucrées dont raffole l’équilibriste à tête de cheval.

  • Couverture du livre « L'épuisement » de Christian Bobin aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur L'épuisement de Christian Bobin

    J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises de découvrir cet auteur, à La Grande Librairie en autre….. et l’entendre parler, expliquer était un ravissement.

    J’ai donc voulu le découvrir par l’écrit. Une précision s’impose dès maintenant : je suis assez peu sensible à la poésie, en général. J’ai...
    Voir plus

    J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises de découvrir cet auteur, à La Grande Librairie en autre….. et l’entendre parler, expliquer était un ravissement.

    J’ai donc voulu le découvrir par l’écrit. Une précision s’impose dès maintenant : je suis assez peu sensible à la poésie, en général. J’ai du mal à m’y projeter, à m’imprégner, à comprendre sauf à quelques rares exceptions…. Peut-être un côté trop terrien de ma personnalité, pourtant….

    L’effort pour toujours paraître intelligent est un effort stérile et, pour le coup, exemplaire de bêtise. (p61)

    Difficile donc de parler de ce petit recueil de pensées de l’auteur sur sa vie, ses sentiments, sa façon d’être. C’est une déambulation très personnelle mais je m’y suis retrouvée dans son rapport à la solitude, la force qu’elle donne :

    J’ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d’être seuls et demandent au couple, au travail, à l’amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l’amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens là sont infréquentables. Leur incapacité d’être seuls fait d’eux les personnes les plus seules au monde (p26)

    Christian Bobin évoque son travail d’écrivain, la recherche du mot juste quand celui est prêt à sortir de sa plume, à son rythme, sans rien brusquer. Il nous parle d’amour également :

    L’amour c’est quand quelqu’un vous ramène à la maison, quand l’âme revient au corps, épuise par des années d’absence. (p18)

    et partage les moments de sa vie, ses réflexions, son vécu :

    Ce qui fait le désespoir de tant de couples c’est un irrespect de la solitude native de l’autre. (p20)

    Ecrire un billet après les mots de Christian Bobin est difficile : lui fait une analyse profonde de ses sentiments, certains nous parlent car nous les avons ressentis, d’autres sont parfois un peu plus obscures. On suit le cheminement de l’auteur (et cela me passionne) avec l’observation du monde, de la nature qui l’entourent.

    Je lirais à nouveau Christian Bobin : il faut le découvrir par petites touches, je pense, comme une petite madeleine : ouvrir le livre, lire quelques phrases, s’en imprégner, les laisser vous pénétrer et faire le travail sur votre âme… Oh là là ça y est je suis contaminée.

    Juste un dernier petit mot : la photo de couverture est superbe … Elle es d’Edouard Boubat / Rapho (Détail)

Voir tous les avis

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !

Récemment sur lecteurs.com