Chloe Delaume

Chloe Delaume

Chloé Delaume est née à Paris en 1973. Elle a notamment publié Les mouflettes d'Atropos (Farrago, 2000), Le cri du sablier (Farrago/Léo Scheer; Prix Décembre 2001), Corpus Simsi (Léo Scheer, 2003) et Les juins ont tous la même peau (La Chasse au Snark, 2005). Elle a rejoint les éditions Verticale...

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Chloé Delaume est née à Paris en 1973. Elle a notamment publié Les mouflettes d'Atropos (Farrago, 2000), Le cri du sablier (Farrago/Léo Scheer; Prix Décembre 2001), Corpus Simsi (Léo Scheer, 2003) et Les juins ont tous la même peau (La Chasse au Snark, 2005). Elle a rejoint les éditions Verticales en 2004 avec Certainement pas.

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Avis sur cet auteur (16)

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    Couverture du livre « Mes bien chères soeurs » de Chloe Delaume aux éditions Seuil

    nathalie vanhauwaert sur Mes bien chères soeurs de Chloe Delaume

    Le nombre de féminicides ne fait qu'augmenter et on a l'impression que rien ne se passe, que c'est l'inertie dans ce domaine.

    Savez-vous qu'en France une femme sur dix est sujette à des violences conjugales ? Que ce pays détient le record de ventes de make-up, fond de teint et anti-cerne...
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    Le nombre de féminicides ne fait qu'augmenter et on a l'impression que rien ne se passe, que c'est l'inertie dans ce domaine.

    Savez-vous qu'en France une femme sur dix est sujette à des violences conjugales ? Que ce pays détient le record de ventes de make-up, fond de teint et anti-cerne couvrant ? Cela interpelle.

    Choquée que je suis d'apprendre qu'en France, une femme sur dix a été ou sera violée dans sa vie !

    Il est peut-être temps de se bouger et de faire que tout ceci s'arrête, vous ne trouvez pas ? Chloé Delaume elle agit, son livre est un cri à entendre, il faut que cela change.

    Avec la vague "me too" , "balance ton porc" , la parole se libère enfin et la quatrième révolution féministe est en route..

    La parole se libère "enfin" et la peur change de camp" "Le patriarcat panique, il est temps que l'on se réveille que les femmes s'unissent dans la sororité" , mot tombé en désuétude à cause du patriarcat.

    Liberté, égalité, fraternité est la devise de la France, mais où sont les femmes ? Quelle place leur est réservée par notre société ?

    Pourquoi pas "Liberté, égalité, fraternité, sororité" ?; même la langue est sexiste , merci à l'académie française où le patriarcat sévit encore.

    Ce n'est pas un roman, ni un essai , un récit hybride dont la langue claque avec beaucoup d'humour, parfois caustique mais aussi beaucoup de vérités.

    Chloé Delaume dans ce texte féministe nous parle du rôle de la femme dans notre société, victime de sexisme, de l'évolution de sa perception dans la société, de ses droits, n'oublions pas que le droit de vote au féminin n'existe que depuis avril 45 !

    Elle nous parle de l'image de la femme, celle qui s'épanouissait dans sa cuisine avec ses serpillières et ses électro ménager Moulinex ..., de la domination mâle..

    Dans les années 80 l'image de la femme était peu reluisante, n'est-ce pas Monsieur Collaro avec le Collaro Show et sa playmate de la semaine.. , ses Coco Girls.

    Souvenez-vous Samantha Fox, les exhibitionnistes en imper, les frotteurs dans le métro, le harcèlement dans la rue...

    Balance ton porc et ses campagnes libèrent enfin la parole.

    C'est un très beau plaidoyer féministe à lire comme du rap, comme du slam... C'est acide, dérangeant comme il le faut.

    Merci à Mounira du 140 d'avoir attiré mon attention sur cette lecture.

    Si comme moi, vous avez envie d'en savoir plus, d'entendre ce texte lue par son autrice, rendez-vous au 140 à Bruxelles , toutes les infos ci-dessous.

    Pour les autres, si vous n'en avez pas l'occasion, le texte est disponible chez Seuil.

    Ma note : 9/10

    Les jolies phrases

    La parole se libère et la peur change de camp.

    En parler, c'est agir.

    Chaque mot est un pouvoir. Les mots, pas les discours.

    Le langage a toujours été une chasse gardée. Qui possède le langage possédera le pouvoir.


    https://nathavh49.blogspot.com/2019/09/mes-bien-cheres-soeurs-chloe-delaume.html

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    Couverture du livre « Les sorcières de la République » de Chloe Delaume aux éditions Seuil

    Aurélie DesLivresEtMoi7 sur Les sorcières de la République de Chloe Delaume

    Un roman politique délicieusement loufoque : "Les sorcières de la République", de Chloé Delaume, aux éditions du Seuil.

    Le pitch : Alors que la fin du monde, prévue en décembre 2012… N’a pas eu lieu, les déesses grecques ont décidé de quitter le charme cosy de l’Olympe pour s’infiltrer dans...
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    Un roman politique délicieusement loufoque : "Les sorcières de la République", de Chloé Delaume, aux éditions du Seuil.

    Le pitch : Alors que la fin du monde, prévue en décembre 2012… N’a pas eu lieu, les déesses grecques ont décidé de quitter le charme cosy de l’Olympe pour s’infiltrer dans la population française, instaurant ainsi une sorte de matriarcat avec l’élection d’Elisabeth Ambrose, membre du Pari du Cercle, à la Présidence de la République. Mais trois ans plus tard, c’est le drame, et le 21 juin 2020, la France vote oui à 98% sans abstention pour le Grand Blanc, autrement dit l’amnésie générale, l’effacement de trois années apparemment peu glorieuses.
    C’était il y a 42 ans. Mais ce lundi 06 février 2062 annonce la fin de la politique de l’autruche. En effet, sous l’impulsion de l’actuel Président, Barnabé Pouguel-Castelain, s’ouvre au Tribunal du Grand Paris (plus communément appelé « Stade de France ») le grand procès du XXIème siècle en vue de déterrer ces trois années rayées de l’Histoire de France, avec pour seule présente sur le banc des accusés la Sybille, 29213 ans au compteur, dont on a hâte d’apprendre ce qu’il s’est réellement passé…

    Membre du Cercle des Lecteurs du Furet du Nord, c’est dans ce cadre que j’ai eu l’immense privilège de recevoir ce livre. Quatrième de ma sélection, j’apprenais avec horreur et appréhension qu’il s’agissait d’un roman politique… Autant vous dire que c’est sans enthousiasme que je me suis jetée à l’eau… Et grand bien m’en a pris puisque la magie a rapidement opéré, me procurant ainsi un excellent moment de lecture que je vais essayer de partager !

    Au terme d’une performance de haute voltige remarquablement réalisée, l’auteure nous entraîne ici en 2062 dans une République fantaisiste, où les places du fameux procès se sont arrachés à prix d’or, où les scellés sont vendus aux enchères, où la greffière est une égérie de mode, où les concours permettent de gagner des visites chez le dentiste, où les ténors du FN ont été transformés en bichons maltais et Jean-François Coppé en pain au chocolat, où le Président de la République est aimé et adulé… Vous voyez, fantaisiste… Mais aussi un pays qui a dû ouvrir des Centres de réfugiés climatiques et a rétabli le Franc comme monnaie nationale… Fantaisiste, oui mais… « A même la peau, le réel brûle », comme dit si bien l’auteur…
    Sous couvert de fantaisie donc, l’auteure ne manque pourtant pas de livrer une critique parfois acerbe de notre société, bien actuelle cette fois-ci, mettant en exergue les grandes questions politiques, économiques, religieuses et environnementales, qui font tant débat de nos jours et qui pourraient un jour nous conduire au drame si nous ne sommes pas en mesure de les aborder. « Il fallait un pays où la foi fut une blessure, la déception une habitude, la notion d’avenir une boutade. Un pays en attente d’un miracle politique, qui était prêt à croire en la magie du « Dire c’est faire ». (…) Un pays de bonne volonté, mais qui rechigne aux sacrifices et est expert en grommellements. (…) Où l’ascenseur était en panne et les escaliers hors service »…
    Ayant l’art de la formule savoureuse, de la citation délicieuse et autres truculents jeux de mots que l’on rencontre avec plaisir au fil des pages tant la plume est de grande qualité, l’auteure use et abuse d’humour et de folie tout en glissant subtilement quelques notions pourtant fort inquiétantes telles que le « programme participatif obligatoire » ou « l’empowerment ».
    Et plus qu’elle ne tente, l’auteure même ose ! Est-il seulement possible d’envisager un seul instant pouvoir, dans un roman dit politique, glisser une citation de Buffy Summers, célèbre tueuse de vampires qui a bercé toute ma jeunesse, et balancer l’adresse mail de Jésus Christ en personne (d’ailleurs pour les personnes intéressées, c’est jesus-christ.superstar@royaumedescieux.org), Artémis disant de lui « T’es trop puiss comme keum, je suis mdr » ? Impossible, me direz-vous ? Mais impossible n’est pas Chloé !

    En bref, un défi réussi avec brio pour l’auteure de ce roman aussi loufoque que révélateur ! Peuple de France, un conseil : Lis ce livre !

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    Couverture du livre « Les sorcières de la République » de Chloe Delaume aux éditions Seuil

    Christophe ROBERT sur Les sorcières de la République de Chloe Delaume

    Mais dans quel encrier, Chloé Delaume a t'elle trempé sa plume ? Comment a t'elle pu écrire un truc pareil ?
    Ce livre est une énigme, tout y est fou, dingue, délirant et pourtant si percutant, si "juste" .

    Pour faire simple, l'histoire : en 2062 se tient le procès d'une Sibylle qui semble...
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    Mais dans quel encrier, Chloé Delaume a t'elle trempé sa plume ? Comment a t'elle pu écrire un truc pareil ?
    Ce livre est une énigme, tout y est fou, dingue, délirant et pourtant si percutant, si "juste" .

    Pour faire simple, l'histoire : en 2062 se tient le procès d'une Sibylle qui semble être à l'origine (notez le "semble", tout est une question d'apparence), du plus grand bouleversement de tous les temps, dont le point de départ serait l'élection présidentielle de 2017. J'arrête là l'histoire. Sachez juste que ce bouleversement à pour base la "sororité": vous ferez comme moi, go go go google pour comprendre ...

    Bref, ce livre est d'une fulgurante précocité, c'est la pierre angulaire du féminise de demain (ou peut être même d'aujourd'hui), alors, oui, moi lecteur, garçon, et pas particulièrement impliqué au MLF (heuuuu, ha oui, qu'on soit bien d'accord, je parle ici du Mouvement de Libération des Femmes hein ! pas de la Mission Laïque Française), donc, pas particulièrement sensible aux thèses des Chiennes de Gardes (mais qu'a bien pu penser Isabelle Alonso de ce livre ?), donc, pas particulièrement Femen , je n'ai pas brulé mon soutien gorge en 68 (j'étais pas né), donc moi lecteur masculin, j'ai adoré (bon, forcement, y a des trucs que je peux pas comprendre, suis pas une fille).

    C'est brillant, c'est percutant, dérangeant, troublant, irrévérencieux, un poil hérétique (sorcières quand même) et tout y passe : pouvoir, médias, religion, justice, corruption, manipulation, journalistes, écologie, profit etc rien ni personne n'est épargné. Faire "cohabiter" dans la même phrase la déesse Déméter (agriculture, moissons, terre nourricière) et Monsanto m'a juste fait hurler de rire.

    Alors pour une fois qu'un roman nous jette à la tête notre monde et ses horreurs, ne nous privons pas de cette lecture jubilatoire. Par contre ce roman reste déroutant, tant dans la forme que sur le fond, il n'y a là rien de "classique" et cela risque d'en heurter beaucoup, à mon humble avis, ce livre ne s'adresse pas au "grand publique". Evitez de l'offrir à Noël à votre grand-mère sauf si elle était suffragette ou à votre cousine sauf si en mai 68 elle jetait sa culotte au nez des flics.

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    Couverture du livre « Les sorcières de la République » de Chloe Delaume aux éditions Seuil

    TROUVE sur Les sorcières de la République de Chloe Delaume

    Rendez-vous de la page 100 :
    En 2062, la planète Terre a survécu à l’Apocalypse prévue le 21 décembre 2012 et a été sauvée par l’arrivée de déesses déprimées, en France, pour se venger des dieux et des hommes, afin de fonder le Parti du Cercle, émanation d’une secte féministe, qui a œuvré de...
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    Rendez-vous de la page 100 :
    En 2062, la planète Terre a survécu à l’Apocalypse prévue le 21 décembre 2012 et a été sauvée par l’arrivée de déesses déprimées, en France, pour se venger des dieux et des hommes, afin de fonder le Parti du Cercle, émanation d’une secte féministe, qui a œuvré de mai 2017 à juin 2020, pour rendre le monde aux femmes, victimes de plusieurs millénaires de domination masculine. En tout cas, c’est ce qu’explique la fondatrice du Parti, la Sybille, prophétesse de métier, conseillère des déesses de l’Olympe, âgée de 2 913 ans, à son procès au Tribunal du Grand Paris mis en scène comme un véritable show médiatique (avec de nombreuses allusions à l’émission « Au théâtre ce soir ») dont les pièces à conviction sont mises à prix en enchères publiques par Sotheby’s !
    Mais qu’en est-il réellement de ces trois années, effacées de la mémoire collective par un référendum décidant l’amnésie, le Grand Blanc, à 98 % de l’ensemble de la population et qui a provoqué de graves dérèglements psychiques, affectifs et identitaires ? J’attends la suite du roman pour m’en faire une idée plus précise, d’autant que les français vivent sous des dômes protégeant leur vie sociale, économique, écologique contre la sécheresse, la guerre et la misère au dehors…
    Au début du livre, le lecteur a de quoi être dérouté par l’originalité du genre et la plume de Chloé Delaume, vive, crue et tranchante, sans ménagement, mais touchante et maitrisée qui fut, pour moi, une véritable découverte. Avec une dérision et une imagination sans bornes, des monologues bourrés d’humour, de poésie et de musicalité, mêlant fiction et références réelles et médiatiques où les clichés sont tenaces, le roman traite de l’essence même d’un monde qui ne serait institué que par le seul pouvoir des femmes, déités ou femelles et par la sorcellerie.
    Pour ma part, j’ai savouré ces premières pages mêlant les rituels de l’Antiquité au modernisme culturel, économique et politique du 21ème siècle sur fond d’internet et de langage SMS.

    Chronique :
    Laisser le pouvoir et une bonne dose de magie aux femmes et vous verrez ce qu’elles feront du monde, c’est le thème développé par Chloé Delaume dans ce nouvel opus, avec son style indéfinissable, utilisant tous les artifices de la syntaxe française, tantôt lapidaire, tantôt abyssal, et faisant la part belle à l’humour vert et noir et à l’ironie mordante et égratignant au passage quelques clichés politico-économico-socio-culturels de notre époque.
    L’auteur retrace dans ce roman, l’histoire des femmes et les origines de leur spoliation et soumet au verdict de la populace un monde gouverné par Elles. A l’en croire, tous les hommes dieux et/ou humains ne sont que des bons à rien, des violents, commandés par leurs attributs masculins et ne méritent qu’un châtiment divin ou en tout cas féminin par la voie de quelques tours de magie qui renforcent le pouvoir, la confiance et le mérite des femmes.
    Pour contrer l’Apocalypse programmée en décembre 2012, les six déesses, délaissées par leurs hommes et recluses que sont Héra, Hestia, Déméter, Aphrodite, Athéna et Artémis, décident sur les conseils avisés de la treizième Sybille, de redescendre sur Terre pour redorer leur blason, retrouver leur pouvoir d’antan et surtout ouvrir les yeux des terriennes et leur offrir la possibilité de reprendre le monde dominé par les hommes. Au moyen d’un pendule, la Sybille choisit la France comme terre d’accueil et le 17ème étage de la gare Montparnasse comme habitat. Le parti du Cercle est créé et ses statuts déposés en Préfecture début 2014 comme association de loi 1901 dont l’objectif est de « promouvoir, soutenir et transmettre des pratiques et savoirs féministes ancestraux tout en contribuant à la modernisation effective et à la défense de leur patrimoine. » Lieu de parole, ce club culturel féministe engagé s’est organisé en parti politique dont l’avènement au pouvoir date de mai 2017 avec sa présidente Elisabeth Ambrose. Mais comme cela était prévisible, tout a dérapé et a conduit à une amnésie collective, le Grand Blanc, dictée par les atrocités commises pendant les trois années de règne de ce parti.
    En 2062, la Sybille est enfin arrêtée et jugée pour l’ensemble des méfaits commis pendant cette période vieille de quarante-deux ans et qui est absente de toutes les mémoires. Elle est tenue de tout raconter au peuple entier afin qu’ils se remémorent ou connaissent une partie cachée de leur Histoire, c’est le récit d’une réminiscence qui remonte le temps afin de faire voler en éclats un passé oppressant…mais la vie actuelle où les sujets sont soumis aux recommandations obligatoires du Ministère via un média national et où les libertés individuelles sont abolies au profit de l’intérêt collectif est-elle meilleure qu’en 2020 ? Le lecteur peut s’interroger…
    Pour ma part, bien que j’ai trouvé certains passages trop développés (l’échange désopilant entre Artémis et Jésus-Christ, le portrait d’Elisabeth Ambrose, le minitel 3615 sur la vie de sorcière), je me suis littéralement régalée par cette œuvre de fiction-réalité qui brille par son originalité, sa folie, sa musicalité et sa légèreté qui n’est qu’apparente. On ne sait plus si on nage dans l’humour, la parodie ou le véritable fantastique. Mais peu importe le divertissement (car il ne s’agit que de cela en vérité) est de qualité.