Chahdortt Djavann

Chahdortt Djavann

Née en 1967 en Iran, Chahdortt Djavann grandit à Téhéran où elle vit avec sa mère et ses quatre frères et soeurs aînés. Son père, Pacha Khan, est emprisonné par le shah, après la révolution de 1979.

 

Très jeune, c’est l’exil : après être passée par Istanbul, elle atterrit à Paris en 1993. Ne p...

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Née en 1967 en Iran, Chahdortt Djavann grandit à Téhéran où elle vit avec sa mère et ses quatre frères et soeurs aînés. Son père, Pacha Khan, est emprisonné par le shah, après la révolution de 1979.

 

Très jeune, c’est l’exil : après être passée par Istanbul, elle atterrit à Paris en 1993. Ne parlant pas français, elle connait des conditions de vie difficile, enchaînant les jobs précaires, avant de rentrer à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales, où elle étudie l’anthropologie.

 

En 2002, elle publie son premier roman, ‘Je viens d’ailleurs’ et raconte comment elle a gardé la tête haute. Un an plus tard, ‘Bas les voiles !’ pamphlet s’élevant contre le port du voile, ici et ailleurs, lui vaut une notoriété subite.

 

Source : https://djavann.wordpress.com/

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Avis (34)

  • Couverture du livre « Comment peut-on être français ? » de Chahdortt Djavann aux éditions J'ai Lu

    Elizabeth Neef-Pianon sur Comment peut-on être français ? de Chahdortt Djavann

    Comment peut-on être français ?
    Difficile en effet quand on débarque à paris à 25 ans, seule, sans parler la langue.
    D’abord c’est l’éblouissement, arpenter Paris de long en large, s’émerveiller des lieux, de la liberté des gens, de la profusion des marchandises dans les magasins…….
    Puis des...
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    Comment peut-on être français ?
    Difficile en effet quand on débarque à paris à 25 ans, seule, sans parler la langue.
    D’abord c’est l’éblouissement, arpenter Paris de long en large, s’émerveiller des lieux, de la liberté des gens, de la profusion des marchandises dans les magasins…….
    Puis des phases d’abattement devant les difficultés de la langue, devant la galère à trouver un emploi, devant la solitude.
    Mais Roxane est courageuse, volontaire, obstinée.
    Avec acharnement, elle apprivoise la grammaire, se plonge dans les dictionnaires.
    Avec la série des Lagarde et Michard, elle explore la littérature française et découvre entre autre Montesquieu avec qui elle va entretenir une correspondance posthume.
    Ne disait-il pas dans les Lettres persanes : « Comment être persan ? »
    Son héroïne ne se nommait-elle pas Roxane aussi ?
    Elle lui parle de son amour pour la littérature française, de religion, de son enfance, de sa vie en Iran, l’absence totale de liberté, l’attente d’un ailleurs, ce « là-bas » qu’elle imagine depuis l’enfance.
    ‘C’est aussi passionnant quand elle parle de Paris que de l’Iran, que de littérature
    Et son amitié avec Montesquieu au-delà des siècles est tellement évidente.
    Vraiment, j’ai adoré Roxane dans laquelle entre certainement une grande partie de la vie de l’auteur.
    Cette Roxane enthousiaste, persévérante, sensible, lucide, forte mais fragile à la fois.

  • Couverture du livre « Les putes voilées n'iront jamais au paradis ! » de Chahdortt Djavann aux éditions Grasset Et Fasquelle

    fabienne PLACET sur Les putes voilées n'iront jamais au paradis ! de Chahdortt Djavann

    Fiction ou pas fiction, étrange entreprise littéraire.
    Le fait est réel (assassinat en série dans la ville de Mashhad en Iran) mais l'auteur donne la parole à ces prostituées, crûment mais aussi drôlement.
    Au-delà de la dénonciation de la condition de la femme en Iran et de celle des...
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    Fiction ou pas fiction, étrange entreprise littéraire.
    Le fait est réel (assassinat en série dans la ville de Mashhad en Iran) mais l'auteur donne la parole à ces prostituées, crûment mais aussi drôlement.
    Au-delà de la dénonciation de la condition de la femme en Iran et de celle des prostituées (« Un rien fait de vous une pute dans cette contrée. Femme, dès qu'on vous remarque, pour quelque raison que ce soit, vous êtes forcément une pute. Une femme vertueuse est une femme invisible. ») , c'est toute une réflexion sur le sexe, le plaisir, le désir, le rapport au corps dans nos sociétés, même occidentales qui est menée par l'auteur. « Les prudes sont obsédés par cette expression vide de sens : vendre son corps. Comme si le corps d'une femme se réduisait à son sexe. Je ne vends pas plus mon corps qu'un malheureux ouvrier exploité qui se casse le dos avant 50 ans à force de corvées. »
    Ce livre nous donne une autre vision de la prostitution, du sexe, loin de la morale et du jugement. Relation sexuelle et plaisir sexuel tarifés, pourquoi pas, car ils sont essentiels à l'épanouissement physique et psychique aussi… « Ce sont les conditions dans lesquelles ce métier est exercé qui sont très souvent condamnables et non pas la vente du plaisir sexuel en soi. »
    Un livre fort, à ne pas rater.

  • Couverture du livre « Comment peut-on être français ? » de Chahdortt Djavann aux éditions J'ai Lu

    Jean-Paul Degache sur Comment peut-on être français ? de Chahdortt Djavann

    Dix ans avant de publier Les putes voilées n’iront jamais au paradis, Chahdortt Djavann avait déjà confié beaucoup de choses à propos de son pays d’origine. Alors qu’elle utilise beaucoup le registre de l’imaginaire, elle nous plonge plus que jamais dans la dure réalité vécue par elle en posant...
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    Dix ans avant de publier Les putes voilées n’iront jamais au paradis, Chahdortt Djavann avait déjà confié beaucoup de choses à propos de son pays d’origine. Alors qu’elle utilise beaucoup le registre de l’imaginaire, elle nous plonge plus que jamais dans la dure réalité vécue par elle en posant la question : Comment peut-on être français ?

    Bien sûr, elle s’appuie sur son expérience mais n’hésite pas à aller au-delà avec cette Roxane Khân, fille de Pacha Khân, ayant beaucoup de frères et de sœurs. Son père était un féodal, un ingénieur qui bâtissait dans tout le pays jusqu’à ce qu’un grave accident le plonge dans le coma et qu’il fume de l’opium ensuite.
    Roxane est née dans les montagnes d’Azerbaïdjan, naissance prématurée à sept mois. Un siècle après l’assassinat de son grand-père, elle arrive à Paris, « Paris, son fantasme à elle. » Elle connaissait la ville dans les livres mais se retrouve dans une chambre de bonne tentant d’apprendre notre langue.
    Elle explore les rues de la capitale, se rend dans des endroits célèbres comme le café de Flore : « Même dans ses rêves, elle n’avait jamais fait ça : boire un verre de vin rouge à la terrasse d’un café parisien. La réalité dépassait ses rêves. »
    Au supermarché, elle ressent qu’elle vient vraiment d’un autre monde et elle tremble lorsqu’elle attend le renouvellement de sa carte de séjour. La conjugaison de nos verbes est un véritable cauchemar comme le genre des noms, ce sexe des mots, car en persan, l’article n’existe pas.
    Les traumatismes de son enfance refont surface. Elle sympathise avec Kim, son voisin, coréen, fait les frites au McDo, garde Clara, la fille de Julie, journaliste, suit des cours à la Sorbonne et lit attentivement Les lettres persanes de Montesquieu. Elle n’en revient pas de la justesse des propos de l’écrivain, trouve une véritable complicité avec lui et… décide de lui écrire.
    Ce sont alors dix-huit lettres, toutes retournées à l’envoyeur, qui lui permettent de confier ses états d’âme, ses pensées, ses émotions, ses espoirs, sa débauche d’efforts pour apprivoiser le français. Elle décrit aussi l’Iran d’aujourd’hui et insiste : « Pour ma part, je ne me suis jamais sentie à ma place, pas plus en Iran dans ma famille, que dans ma chambre à Paris. »
    Il faut lire ce qu’elle raconte et ne pas l’oublier : « Sous le regard indifférent des gouvernements occidentaux, les autorités oppriment, condamnent, torturent, exécutent en toute impunité. Il n’est pas de l’honneur et de la dignité de l’Occident de s’allier avec des tyrans. Et pourtant il le fait, l’Occident, non seulement avec ceux de l’Iran, mais avec tous les tyrans. »
    Plus loin, elle ajoute : « Que peut attendre ce peuple d’une religion qui l’humilie, le torture et ne lui laisse aucun esprit de vie ? » Elle ne rejette pas la responsabilité des Occidentaux dans la situation iranienne, souligne l’analphabétisme dans les pays musulmans et, suite à une arrestation malheureuse dans Paris et à l’attitude bornée de quelques policiers, revit le cauchemar atroce qui lui a fait fuir son pays.

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