Les putes voilées n'iront jamais au paradis !

Couverture du livre « Les putes voilées n'iront jamais au paradis ! » de Chahdortt Djavann aux éditions Grasset Et Fasquelle

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13 notes

Résumé:

« De longs après midis désoeuvrés ponctués de pistaches sous la voûte d'un bleu brûlant. Des passants aux aguets surveillent jalousement les tchadors noirs qui s'ouvrent furtivement. Indice de Pute. Tchador clignotant !» On apprend, avec étonnement, que l'Iran des mollahs est rempli de... Lire la suite

« De longs après midis désoeuvrés ponctués de pistaches sous la voûte d'un bleu brûlant. Des passants aux aguets surveillent jalousement les tchadors noirs qui s'ouvrent furtivement. Indice de Pute. Tchador clignotant !» On apprend, avec étonnement, que l'Iran des mollahs est rempli de prostituées : sous le voile. Téhéran, Ispaphan. Mashhad, ville religieuse, haut lieu du pèlerinage chiite. Il existe même des putes halal !
Pourtant la charia iranienne condamne prostituées et homosexuels à la peine de mort car leur « sang est sans valeur». Au nom de cette loi islamique, des assassins décident de tuer « des saletés de femmes dépravées qui répandent le Mal », car le gouvernement ne les éradique pas, même s'il en pend nombre d'entre elles.
Tout en suivant le destin de deux amies, séparées dès l'âge de douze ans, nous sommes interpellés par la voix des femmes assassinées. Témoignages d'outre-tombe. « Séduisantes, sensuelles, mutines, courageuses. Foutrement irrespectueuses. Politiquement incorrectes. » Le ton, la parole, le visage de ces femmes les distinguent : elles nous surprennent par leur intelligence, nous bouleversent par leur histoire. Certaines, provocantes, éveillent en nous le désir. D'autres, fantasques, nous défient par leur humour noir. Elles nous dévoilent comment la pudibonderie criminelle de ceux qui inculquent la haine du plaisir, la haine du corps féminin et de la femme qui désire, a fait de tout un pays une prison islamique.
Ce roman documentaire, parfois cru, puissant à couper le souffle, est construit savamment : chaque personnage - homme, femme, mollah, assassin, libertaire, prostituée -, questionne, à son tour, les notions du Bien et du Mal. Le lecteur sera amené à le faire aussi.
Les femmes dans ce roman sont si vivantes qu'on dirait qu'elles sortent du livre pour rester à jamais dans notre mémoire.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Une grosse colère tripale m’est venue à la lecture de ce livre et n’a cessée depuis.
    Une femme est retrouvée morte dans son tchador, c’est automatiquement une pute. Sauf l’ouvrier qui l’a trouvée et se demande s’il doit avertir la police, personne, ni femme, ni homme pour avoir une once d’humanité devant le cadavre de cette femme.
    « Moi, j’ai entendu une fois un gardien dire qu’il faudrait exterminer toutes ces femmes qui répandent le mal et pervertissent les croyants
    Moi, je dis qu’elle méritait ce qui lui est arrivé
    Moi, je dis pas
    Et tu dis quoi ? Il faut les laisser faire, ces putes ?
    Non, il faut les sanctionner fermement
    Rien n’arrête une pute. C’est vrai, on n’en peut plus de ces traînées
    Nos fils sont pervertis
    Et nos maris alors ?
    Une femme qui va avec des hommes inconnus ne mérite pas mieux que ça.
    J’espère que ça va servir de leçon aux autres
    Il faut laisser son corps, comme un chien, pour que les autres traînées la voient.
    C’est vrai quoi ! On n’ose pus marcher Danby la vie à cause de ces traînées…
    Vous dites n’importe quoi. Il ne manquait plus que des assassins dans ce quartier !
    Ce n’est pas un assassinat, c’est du nettoyage.
    Enfin un homme qui a eu le courage de nous débarrasser d’une souillure !
    En tout cas, c’est un croyant courageux. »
    Que voici une bonne mise en appétit !
    Oui, il y a un homme courageux, un bon croyant qui prend la peine de débarrasser l’Iran de ce fléau que sont les putes. Les a t-il exterminées avant ou après usage ??? J’opterais pour le numéro deux. De toute façon, ce n’est pas grave, le sang de ces femmes était sans valeur, des chiennes.

    Zahra et Soudabeh deux amies d’enfance, belles comme le jour, ont, au départ des envies, des espoirs. Las ! Zahra est mariée à douze ans, impubère, à un homme peut-être plus âgé que son propre père, ce qui signifie plus d’école et plus d »avenir.
    « Une fille si belle est un danger permanent, une tentation diabolique même pour ses propres frères ».
    « Son époux avait dépucelé la gamine sans égard ni tendresse. Brutalement. Ce qui l’avait fait jouir puissamment. Préparer sa très jeune épouse avec des caresses et des baiser, l’exciter de sorte que son vagin fût humide et prêt à être pénétré était une vision avilissante et dégradante pour la sexualité virile des hommes de son milieu. On pénètre sa femme avec force, d’un coup, comme on enfonce une porte. Comme on viole. On pénètre sa femme vagin sec et fermé avant qu’elle n’écarte les cuisses comme une pute. »
    Veuve à dix-sept ans, avec deux jeunes enfants, sans avoir connu l’insouciance de l’adolescence, et très naïve, elle sera mise sur le trottoir par un très bon ami de feu son mari. Elle n’est pas belle la vie !!!
    Soudabeh, quant à elle, pour ne pas se trouver mariée à l’adolescence, et tout aussi naïve, à treize ans, fait une figue qui se termine… au bordel
    « En tant que novice, c’est avec talent et obéissance que Soudabeh se soumit à la volonté de Dieu et débuta sa carrière de prostituée. Puisque Dieu en avait décidé ainsi, elle accomplirait de son mieux sa destinée. ».
    Soudabeh devient pute de luxe. Ces macs ne cessent de lui rappeler d’où elle vient.
    « N’oublie jamais dans quel taudis on t’a ramassée, ta chance est inespérée. »
    N’est-il pas !

    Chahdortt Djavann, entre fiction et réalité, vous donnez la parole à ces femmes qui se sont prostituées et qui, toutes, sont mortes parce qu’elles étaient putes. Elles sont cueillies par la misère, pour avoir fait confiance à la mauvaise personne, payer les drogues parentales et ou maritales, vendues, bonnes à tout faire, dans le plein sens de l’expression. Ces fillettes n’ont aucune éducation et lorsqu’à 17 ou 20 ans, elles sont veuves, répudiées, divorcées quel autre destin peuvent-elles avoir. De toute façon, la mort est au bout de leur chemin d’épines. Mouche sur le tas de fumier qui leur sert de vie, la mère, à sa naissance ne la déclare pas et se sert du certificat de naissance de l’aînée morte à quelques trois mois. Dès le début les dés sont pipés, une fille cela ne cause que des ennuis, alors, le plut tôt elle sera mariée, le mieux ce sera.
    Les termes sont crus, durs. Elles parlent de cul, de bite, de branlette, de violence, de sueur, de saleté, de viol, jamais de l’amour, elle ne l’on jamais connu. Ces termes n’évoquent que la violence
    « Une femme de ce pays, même une pute, se déplace sans faire de bruit. A travers le tchador noir, les clients ne voient ni jambes, ni seins, ni peau, ni boucles de cheveux, ni chute de reins… Les hommes visent directement le trou où tremper leur bite, c’est tout. »
    Shahnaz assume son métier, elle aime le sexe, c’est presque l’exception qui confirme la règle, mais sa fin fut commune aux autres femmes.
    « Je préfère la bite et le sperme à l’urine et les excréments, et même parfois, outre le pognon, je prends mon pied avec vos pères, vos frères et vos maris ».
    Elle dit aussi
    « Ce n’est pas pour rien que, dès que les extrémistes islamistes s’emparent du pouvoir, ils s’en prennent tout de suite au plaisir en général et au plaisir sexuel en particulier… Pour eux, la sexualité des femmes est diabolique. Ils ne supportent pas l’idée que leur mère ait écartée les jambes pour les fabriquer. »

    Ces mollahs, ces hommes vertueux, religieux, obéissants…. Sont issus du ventre de leur mère. Est-ce pour cela qu’ils ne veulent pas écouter ni voir le plaisir d’une femme ? parce que la jouissance, possible, de leur génitrice la rabaisserait ? Touche pas à ma mère, mais je viole ta sœur qui est seule dans la rue ou je l’épouse pas encore nubile.
    Epouser une gamine de huit, dix ans, pour moi, c’est de la pédophilie. Tout comme ces contrats de mariage temporaire s’apparentent à du proxénétisme. Une fois le contrat terminé, la jeune femme ne sera plus vierge et, finira au bordel ou dans la rue. Quelle belle morale vous nous donnez-là, messieurs les mollahs !

    Malheureusement, cela ne se passe pas qu’en Iran. La pauvreté engendre cette vie sans espoir, J’ai l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. En France, je ne crois pas que les femmes venues chercher une vie un peu meilleure et qui se retrouvent sur le trottoir sans papiers, sous les ordres d’un mac, d’une mafia, soient plus heureuses. Laissons venir à la tête du pays, des ultras et….

    Que de conneries sont faites et dites au nom de la religion… Toujours au détriment de la femme. C’est à elle de se cacher, de s’enfouir sous un tchador, pas à l’homme de se maîtriser. Je me demande si la religion qui interdit tout n’est pas la raison de cela, le serpent se mord la queue (pardon pour l’image).

    Pour ceux que la longueur de ma chronique rebute, sachez que c’est un livre-document à lire absolument

  • 0.25

    C’est un livre-choc, une plongée dans la vie quotidienne des filles, des femmes, en Iran. Chahdortt Djavann est née dans ce pays, y a grandi et souffert avant d’arriver en France, en 1993, à l’âge de 26 ans. Ce livre est un cri d’alarme et un constat terrifiant.

    Mashhad, la ville aux mille visages, est située au nord-est de l’Iran, non loin de l’Afghanistan. C’est aussi une ville sacrée avec le mausolée de l’imam Reza. C’est là que sont découverts plusieurs cadavres de femmes assassinées… des putes, comme les ragots qui circulent, les qualifient. Le style direct de l’auteure est percutant, précis, sans concession. Les gens admirent l’assassin et rappellent que l’islam dit qu’il faut éliminer les prostituées comme les femmes impures.
    Zahra et Soudabeh sont deux fillettes qui vont à l’école dans cette même ville de Mashhad. La première est voilée dès l’âge de 4 ans, mariée à 12 ans à un homme qui a deux fois et demi son âge. Après sa nuit de noces, elle confie à Soudabeh que « c’était comme enfoncer d’un coup de marteau un clou. Ça fait mal, ça déchire, ça saigne, puis ça pique. » Un peu plus tard, Zahra découvre son corps grâce à un petit miroir cassé. Elle se trouve très belle et se caresse, éprouvant enfin du plaisir… Quant à Soudabeh, elle a fui pour ne pas subir le même sort.
    Chahdortt Djavann ne nous épargne rien et décrit la vie de quelques femmes obligées de se prostituer avec des mots crus. L’auteure s’arrête un moment pour expliquer sa démarche pour décrire ce qui se passe en Iran : « Les femmes sont les biens des hommes, de leur famille et elles restent jusqu’à leur mort sous tutelle masculine. » Elle veut que son livre soit un sanctuaire, un Mausolée pour ces femmes qu’on « réprime, étouffe, pend, lapide, torture, assassine sous le voile. »
    Elle poursuit avec l’histoire parallèle de Zahra et Soudabeh mais aussi avec d’autres cas de femmes contraintes à la prostitution pour survivre simplement ou élever leurs enfants. On les retrouve étranglées avec leur tchador, pendues ou lapidées après un jugement complété par 180 coups de fouet.
    Un commerçant gentil, attentionné pousse Zahra vers le mariage temporaire, le sigheh, « une sorte de CDD sexuel », effectué par un mollah qui n’oublie pas de prendre sa commission et de se servir d’abord. Soudabeh est entraînée dans la prostitution de luxe pour satisfaire les riches Iraniens ou un émir du Golfe ou encore des hommes d’affaires européens.
    Hava possède une maîtrise de philosophie et a même préparé une thèse à Berlin sur l’influence du soufisme persan sur le romantisme allemand. Revenue à Téhéran, elle se prostitue comme sa sœur, divorcée, chez qui elle loge. Elle constate que « l’humiliation féminine est devenue générale et nationale dans notre pays, puisque ce sont les lois elles-mêmes qui écrasent les femmes, leur dérobent les droits les plus élémentaires et les définissent comme des sous-hommes. »

    Ces pages sont un formidable plaidoyer pour le plaisir, pour les femmes, pour l’humanité, tout simplement.

  • 0.2

    Un livre à lire absolument ! Un roman intelligent. Les mots utilisés sont parfaitement choisis, percutant et parfois difficiles à encaisser.

  • 0.2

    http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2017/les-putes-voilees-n-iront-pas-au-paradis.html

  • 0.1

    Récit indigeste, nauséeux et complaisant : les descriptions crues de viols s'enchaînent. A croire que le pays n'est peuplé que de mâles violeurs à l'affut du moindre tchador...
    Pourtant la violence faite aux femmes et la place de la femme libre dans le monde arabe aurait mérité une vraie réflexion tout en nuances. C'est la raison pour laquelle je préfère me référer aux derniers entretiens accordés par Leila SLIMANI dans la presse.

  • 0.25

    Quand la littérature touche notre humanité et nous indigne à ce point : c'est magnifique. Et le livre courageux de Chahdortt Djavann y parvient de belle manière. Nous suivons les destins tragiques de Zahra et de Soudabeh jeunes beautés pré-pubères violées, asservies , condamnées à se vendre dans un pays où c'est un crime puni de mort- par lapidation, par pendaison. Sur la trame d'un fait divers en Iran qui verra 16 prostituées assassinées par un tueur en série protégé par la morale des imams, l'auteure fait parler ces prostituées post-mortem, les fait dénoncer un régime autoritaire, hypocrite et corrompu. Peu nous est épargné et c'est parfois au bord de la sidération que nous parcourons ce pamphlet de 200 pages. A découvrir.

  • 0.25

    Une enfant née fille en Iran n’a-t-elle d’autre avenir que celui de vendre son corps? C’est ce que tend à montrer Chadortt Djavann avec les destins croisés de Zahra et Soudabeh et les témoignages de ces femmes de différents milieux assassinées, lapidées ou pendues pour prostitution.

    « Être une fille dans la pauvreté est une malédiction. Un garçon, même drogué et trafiquant, prend au moins plaisir à vivre certaines choses, par exemple la sexualité. »

    A dix ans, les filles sont vendues en mariage à un homme trois fois plus âgé qu’elles. La seule question est déjà « combien? » pour la dot. » il n’y a qu’un pas entre se prostituer et se marier. »

    Les femmes semblent alors se soumettre à ce qui est leur destin. Lorsqu’elles se retrouvent seules avec des enfants à élever, elles deviennent prostituées ou bonnes « à tout faire et à tout sucer« .

    Le pays est devenu si misérable, » trop de pauvres, trop de miséreux, trop de drogués« , seul dix pour cent de la population détient les richesses.

    Alors, même avec une licence ou une maîtrise, par nécessité, par plaisir, par évidence, par obligation, les femmes se prostituent, deviennent escort-girl pour les plus belles ou contractent des « CDD sexuels », ces sigheh ou mariages temporaires autorisés aux hommes qui ont déjà quatre épouses.

    Chahdortt Djavann ne nous épargne rien avec des scènes particulièrement sordides, un langage cru qui est toutefois nécessaire pour comprendre l’humiliation. Les parcours de Zahra et Soudabeh que nous suivons de l’enfance à l’âge adulte permettent de mesurer l’inévitable destin. L’attachement à ces deux personnages suscite l’émotion. Les témoignages d’autres femmes, prostituées, assassinées, pendues ou lapidées confirment les propos en les généralisant. Certaines, plus instruites, permettent d’avoir un regard plus large sur la société iranienne.

    Je ressors de cette lecture avec un profond dégoût pour cette société où les femmes ne sont » plus que des proies sacrifiées à des maîtres indifférents et salaces, des sadiques que notre humiliation et notre souffrance excitaient« , je peine encore à croire que de telles choses soient possibles.

    Je remercie l’auteur de nous laisser croire que finalement c’est » l’ignorance qui crée l’espérance. »
    Une lecture choc, une écriture courageuse qu’il est difficile de faire partager mais qu’il faut lire absolument.

  • 0.25

    Lien : http://livresselitteraire.blogspot.com/2016/07/les-putes-voilees-chahdortt-djavann.html

    J'ai littéralement été prise aux tripes par ce roman-documentaire, j’en ressors avec le cœur serré tant ce livre est puissant et la réalité tout simplement écœurante.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que l'auteure est une femme engagée et déterminée. Elle se bat pour dénoncer l’intégrisme religieux et l’idéologie islamiste. Et elle nous le prouve avec ce nouvel ouvrage.

    Il est question dans cet essai-roman de mettre en lumière la condition de la femme en Iran, l’absence de libertés et de droits pour la femme dans un pays où l’homme est au pouvoir et où la femme doit juste fermer sa gueule (pardon pour cette vulgarité) et obéir à l’homme tout puissant.

    Chahdortt Djavann nous prévient très rapidement, c’est un roman oui mais les faits sont réels, les meurtres de ces prostituées ont bien eu lieu, l’absence de droits et la folie des mollahs sont aussi présentes qu’elles sont révoltantes.
    Ces hommes croyants, bons musulmans, puissants qui condamnent à mort la prostitution mais assouvissent leurs pulsions et désirs sexuels auprès de ces femmes, et qui sont à la tête de réseaux de prostitution : cette œuvre n’est ni plus ni moins qu’une critique ouverte de l’hypocrisie des hommes et de la religion. C’est la mise en exergue d’une misère humaine, d’une intolérance religieuse et d’une discrimination sexuelle.

    L’auteure fait parler les morts pour faire tomber les barrières et les préjugés sur la prostitution. En parallèle, elle met en scène deux jeunes et magnifiques enfants Zahra et Soudabeh qui vont voir leurs destins basculés du côté obscur, du côté de l’inhumanité.

    L’écriture est crue, violente, sans langue de bois. Âme sensible à la vulgarité s’abstenir car Chahdortt Djavann ne prend pas de gants mais c’est tant mieux, c’est ce qu’il fallait à ce livre pour ajouter de la force au récit. C’est un livre dérangeant mais essentiel pour prendre conscience de ce qui se passe au XXIe siècle dans notre monde, au nom d’une religion, au nom d’une dignité bafouée car être pute c’est n’avoir aucune dignité parait-il … Accrochez-vous car Chahdortt Djavann bouscule tout ça !

  • 0.15

    https://lorenaisreadingabook.wordpress.com/

    Livre percutant, qui secoue, alerte, remue et nous fait prendre conscience de l’horreur vécue par de nombreuses femmes iraniennes. L’auteure, Chahdorrt Djavann, est romancière et essayiste (12 ouvrages à son actif), née en 1967 en Iran, elle vit à Paris depuis 1993 où elle a réalisé des études d’anthropologie. Suite à la Révolution islamisque iranienne (1979), elle est voilée de force et doit arrêter de lire de grands auteurs pour ne se consacrer qu’au Coran. Après avoir manifesté contre le régime en 1980 (elle a alors 13 ans), elle est incarcérée pendant trois semaines et tabassée (elle aura plusieurs côtes cassées). Au travers de ses articles et de ses livres, elle milite contre l’islam radical et déclare que la critique des religions est « non négociable ». Dans « Les putes voilées n’iront jamais au paradis », C. Djavann retrace le destin de deux amies d’enfance, de leur mariage forcé à 12 ans, à la difficile vie d’épouses et mères et très rapidement de veuves (à dix-sept ans). A bout de ressources financières, la prostitution sera leur seul moyen de survie. Cet axe principal du livre est régulièrement entrecoupé de portraits de prostituées iraniennes, qui ont toutes étés assassinées. C. Djavann révèle dans ce livre l’immense hypocrisie d’un régime étouffé par ses propres contradictions et dramatiquement prude. La femme est fautive d’être née, elle n’a aucune indépendance et passe de la responsabilité du père à celle du mari. Son corps n’est pas le sien, mais appartient aux hommes de sa famille. Dans un pays à la pudibonderie terriblement excessive, la prostitution est omniprésente, tout comme la drogue. Un tchador qui s’entrouvre est un signal envoyé à un client. Le livre débute par la découverte d’un corps de femme étranglée dans une rue, on assiste au dialogue des badauds qui déduisent qu’il s’agit d’une prostituée (c’est une femme seule dans la rue, ce qui est louche), et plusieurs se félicitent que quelqu’un est eût le courage d’éliminer ce fléau et beaucoup voudraient saluer eux-mêmes le valeureux assassin pour avoir tuer la femme impure et pécheresse. Ouverture fracassante, qui donne le ton du livre. Le langage est cru, les scènes explicites et le sexe est évoqué sans détour. Cela renforce l’impact du récit, lui apporte le souffle nécessaire et appuie l’horreur et le désarroi traversés par les protagonistes. Habitée par une rage certaine, l’écriture n’est pas forcément belle, mais je dirai que dans ce livre le fond l’emporte sur la forme. A lire, car le combat de Chahdorrt Djavann est le combat de tous.

  • 0.2

    Je connais déjà bien l'auteur dont j'ai lu tout les livres tant je trouve son style et les sujets qu'elle aborde très pertinents et toujours intéressants. Passé la surprise du titre volontairement choc, c'est un livre courageux , nécessaire que nous livre l'auteur sur un pays qu'elle connait bien puisqu'il s'agit de l'Iran, son pays d'origine. Elle nous dresse un état des lieux de la place de la femme dans ce pays où beaucoup d'hypocrisie subsiste que ce soit autour de la prostitution, du mariage, de la religion, de la famille. C'est un livre coup de poing qui ne peut que vous toucher d'une façon où d'une autre.

    On suit le destin de deux jeunes filles d'à peine douze ans et quelques témoignages sorties d'outre-tombe de femmes prostituées (car oui la prostitution existe au pays du voile intégral) ou non car le lecteur se rend vite compte qu'il est très facile d'être taxée de prostituée par ces hommes que le corps des femmes obsèdent. J'ai eu envie de crier, je me suis révoltée, j'ai pleuré, j'ai vomi , j'ai été désespérée pour ces femmes qui n'ont commis que le crime d'être femmes. Il y a des pays où il vaut mieux être hommes car être femme est dangereux. Quand est-ce que ces hommes comprendront qu'il a fallu une femme pour qu'ils soient là et que ces femmes sont leurs égales.

    Passé la stupéfaction des diverses histoires que l'on pourrait croire d'un autre temps, j'ai été surprise par le ton qui est très cru , il est certain que je ne le laisserai pas entre de jeunes mains. Mais, plus je lisais et plus je trouvais qu'il était légitime car il va avec les situations décrites. Un roman qui vous prends aux tripes et qui ne laissera personne indifférent. Les iraniennes ont encore beaucoup de chemin avant d'être libres et il y a encore tant de combats à mener. J'espère simplement que Chahdortt Djavann n'aura aucun problème avec ce livre.

    VERDICT

    Un livre qui ne plaira pas aux pudibonds et autres empêcheurs de tourner en rond.

    https://revezlivres.wordpress.com/2016/05/18/les-putes-voilees-niront-jamais-au-paradis-chahdortt-djavann/

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