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Traverser la nuit

Couverture du livre « Traverser la nuit » de Herve Le Corre aux éditions Rivages
  • Date de parution :
  • Editeur : Rivages
  • EAN : 9782743651732
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Louise a une trentaine d'années. Après la mort accidentelle de ses parents, elle a dérivé dans la drogue et l'alcool. Aujourd'hui elle vit seule avec son fils Sam, âgé de 8 ans, sa seule lumière. Elle est harcelée par son ancien compagnon qui, un jour, la brutalise au point de la laisser pour... Voir plus

Louise a une trentaine d'années. Après la mort accidentelle de ses parents, elle a dérivé dans la drogue et l'alcool. Aujourd'hui elle vit seule avec son fils Sam, âgé de 8 ans, sa seule lumière. Elle est harcelée par son ancien compagnon qui, un jour, la brutalise au point de la laisser pour morte. L'enquête est confiée au groupe dirigé par le commandant Jourdan, qui ne reste pas insensible à Louise. Parallèlement un tueur de femmes sévit, pulsionnel et imprévisible, profondément perturbé. Au coeur de ces ténèbres et de ces deux histoires, Jourdan, un flic, un homme triste et taiseux, qui tente de retrouver goût à la vie...

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Avis (6)

  • Je découvre Hervé le Corre avec ce roman et je suis un peu sonnée.
    C'est un polar noir, bien noir, glauque et paradoxalement il s'en dégage une sorte de poésie macabre due à la très belle plume de l'auteur.
    Le roman tourne autour de trois personnages principaux dont les destins vont être liés...
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    Je découvre Hervé le Corre avec ce roman et je suis un peu sonnée.
    C'est un polar noir, bien noir, glauque et paradoxalement il s'en dégage une sorte de poésie macabre due à la très belle plume de l'auteur.
    Le roman tourne autour de trois personnages principaux dont les destins vont être liés :
    * le commandant Jourdan qui bascule du côté sombre, au bord de l'écoeurement et du dégoût à chaque nouveau cadavre, à la limite de devenir ce qu'il combat, de faire justice lui-même; sa vie personnelle est un fiasco, il n'y a plus de communication avec sa femme et sa fille, phagocyté qu'il est par ce métier destructeur qui le mine et le détruit à petit feu.
    * Louse, la trentaine, ancienne junkie qui a plongé après la mort de ses parents, aide à domicile, élève seule son fils de 8 ans, terrorisée par son ex qui la menace et la tabasse encore; son quotidien, ce sont des vieux acariâtres, malades, rongés par la solitude.
    * Christian, ancien militaire, tueur de femmes, lié à sa mère par une relation incestueuse à laquelle il ne peut ou ne veut échapper.
    Le suspense, l'enquête ne semblent clairement pas être l'objectif premier de l'auteur car on sait assez vite qui est le tueur en série. L'important, ce sont les personnages, tous cabossés, tous entraînés vers le fond marécageux de leur vie sans qu'il puissent remonter vers la lumière; les portraits sont fouillés psychologiquement. Ils évoluent dans Bordeaux que l'auteur décrit comme crépusculaire, dans le brouillard, la nuit, sous la pluie; le décor est au diapason du roman et renforce la noirceur du récit.
    Ce roman prend aux tripes, donne envie de vomir parfois et alors qu'on se raccroche à une lumière qui semble vaciller timidement à la fin du roman, l'horreur l'engloutit et nous laisse vidés, abattus, assommés.
    La magnifique plume d'Hervé le Corre donne de la puissance, de la force et parfois de la poésie au glauque, à l'innommable; elle nous saisit, nous emporte sans nous laisser de répit, sans avoir le temps de prendre une goulée d'air pour échapper quelques minutes à la noirceur du récit.
    Sonnée mais j'en redemande.

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  • Une écriture serrée, pointilliste ,métaphorique qui vous emmène dans le monde de la nuit;et porte les personnages fêlés ou cabossés à l'excès par la vie:NOIRE d'encre cette nuit!
    Une lecture émouvante ,prenante:du très bon Hervé Le Corre§

    Une écriture serrée, pointilliste ,métaphorique qui vous emmène dans le monde de la nuit;et porte les personnages fêlés ou cabossés à l'excès par la vie:NOIRE d'encre cette nuit!
    Une lecture émouvante ,prenante:du très bon Hervé Le Corre§

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  • Un roman à trois voix, une jeune femme paumée, un tueur en série, un policier désabusé.

    Louise essaye d'échapper aux coups de pied et au martèlement des poings de Lucas, son ex-compagnon, son fils Sam est enfermé dans sa chambre terrorisé. Une jeunesse saccagée par des années de dérives,...
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    Un roman à trois voix, une jeune femme paumée, un tueur en série, un policier désabusé.

    Louise essaye d'échapper aux coups de pied et au martèlement des poings de Lucas, son ex-compagnon, son fils Sam est enfermé dans sa chambre terrorisé. Une jeunesse saccagée par des années de dérives, après la mort de ses parents. L'alcool et la drogue l'avaient jetée dans un enfer d'absolue solitude, aujourd'hui elle fait des ménages chez des vieux, des personnes acariâtres ou qui ont perdu la tête. Partir d'ici, refaire sa vie ailleurs, reprendre ses études, devenir institutrice. Elle a honte, pas d'avoir été cognée, mais d'avoir supporté ça, d'avoir laissé faire ça trop longtemps sans réagir.

    Christian, l'armée l'a arraché à ses frères d'armes et l'a renvoyé dans le bourbier de la vie civile sous un prétexte abusif alors il tourne dans le quartier à la recherche d'une femme, il a envie de ça, d'en attraper une, il ne sait pas trop ce qu'il en fera, mais il en a besoin. Il n'a jamais pu dominer cette pulsion. La femme est à demi nue allongée contre le mur, sa bouche entrouverte, effondrée dans son sang noir.

    Jourdan est commandant de police, il n'éprouve depuis des mois qu'une colère triste, une rage qu'il ne sait pas dire, il est fatigué, il ne se sent plus chez lui, mais comme un arbre arraché, emporté par un fleuve nonchalant. Il se tourne et retourne dans la nuit qui n'en finit pas. Avec Marlène, sa femme, il y a trop de silence, comme s'ils vivaient dans un monde parallèle.

    Un récit sordide, sombre, plus que noir, réaliste, cru, des situations et des descriptions à la limite de l'écoeurement, comme une envie de vomir. Violences conjugales, crimes qui sont une véritable boucherie, inceste, rien ne sera épargné au lecteur. Une qualité d'écriture rare qui sait parfaitement rendre l'atmosphère pesante et toxique.

    Comme toujours Hervé le Corre met en scène des personnages singuliers, dans un milieu glauque où les instincts sont primaires, dont il trace le portrait d'une justesse absolue. Des phrases, courtes et percutantes qui donnent un rythme au récit, trois vies secouées comme des bateaux dans une tempête et qui vont bientôt s'écraser sur les rochers. Un roman pessimiste au possible, mais d'une puissance littéraire rare.

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  • Un polar noir et sombre, où l’on avance lentement, sans surenchère avec le commandant Jourdan qui n’a plus vraiment la tête à ce qu’il fait, vraiment le cœur n’y est plus. Le tueur en série qui écume Bordeaux et sa région, fait à nouveau parler de lui lorsque l’on retrouve le corps sans vie...
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    Un polar noir et sombre, où l’on avance lentement, sans surenchère avec le commandant Jourdan qui n’a plus vraiment la tête à ce qu’il fait, vraiment le cœur n’y est plus. Le tueur en série qui écume Bordeaux et sa région, fait à nouveau parler de lui lorsque l’on retrouve le corps sans vie d’une jeune femme. Jourdan est désabusé, il a perdu la niaque et ne croit plus en rien. Après l’alcool, la drogue, Louise est juste dans la survie avec un petit boulot d’aide à domicile épuisant qui lui permet à peine de se maintenir la tête hors de l’eau et de s’occuper du soleil de sa vie, son petit garçon Sam. Mais c’est sans compter sur son ex, qui continue à les terroriser et à la battre. Toute l’intrigue va se jouer autour de ces trois personnages et l’auteur les met en scène tel un joueur d’échec, en plaçant ses sujets jusqu’à l’ultime tragédie. On ne peut nier une plume quasi poétique alors que l’histoire qu’il a choisi de nous raconter pourrait être tirée de l’actualité, la violence des hommes envers les femmes. Pourtant dans cette traversée de la nuit, il nous semble apercevoir comme le bout du tunnel. Un polar qui nous place face à la noirceur des hommes, de la vie, lorsque les choses ont « mal tournées », certains partent à la dérive et font des ravages sur leur passage. Le destin n’épargnera personne, l’auteur y veille et souffle sur les braises de la tragédie à venir. A la lecture de la vie de Louise, avec tous les détails réalistes j’ai souvent eu une boule de tristesse dans le cœur, il y a de l’émotion, du courage et de la désespérance. L’auteur sait appuyer là où cela nous fera mal avec une précision et une justesse qui ne laisseront personne indifférent. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2021/02/10/38785846.html

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  • Traverser la nuit
    03 février 2021
    Traverser la nuit de Hervé Le Corre
    Hervé le Corre ne choisit pas la facilité en faisant reposer son dernier roman sur un trio ultra stéréotypé qu'on a l'impression d'avoir moultes fois rencontré dans les polars ou romans noirs. Louise, la mère de famille...
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    Traverser la nuit
    03 février 2021
    Traverser la nuit de Hervé Le Corre
    Hervé le Corre ne choisit pas la facilité en faisant reposer son dernier roman sur un trio ultra stéréotypé qu'on a l'impression d'avoir moultes fois rencontré dans les polars ou romans noirs. Louise, la mère de famille en détresse, harcelée et violentée par son ex, se trainant dans un présent encombré des relents d'un passé douloureux. Jourdan, le flic fracassé par les crimes et à la misère qui l'entourent, vacillant entre tristesse et rage. Christian, le tueur en série féminicide sous emprise d'une mère toxique.

    Tous sont à la dérive, tous cueillis à un moment de leur vie où tout peut basculer, où tout va basculer. Les personnages circulent dans un Bordeaux hivernal crépusculaire, noyé sous la pluie, le brouillard ou le vent dans une ambiance météorologique à la Seven. Oui, c'est du déjà vu et lu. Mais cette sensation se dissipe très vite car Hervé le Corre a un regard fort et l'oriente très loin d'une énième enquête policière. S'il épouse les lignes de faille et de fuite de ses trois personnages, c'est au profit d'une réflexion profonde, à l'acuité dérangeante, sur les origines du mal et du crime, le tout placé dans un contexte social et politique pleinement assumé.

    Comment rester droit face à la noirceur du monde ? Hervé le Corre y répond avec beaucoup d'humanité pour ceux qui vivent en marge, broyés par une vie qui se déroule sans qu'ils puissent l'orienter en leur faveur. C'est terriblement sombre, pessimiste même. L'auteur sait dire les cris étouffés, les douleurs enfouis, les rêves avortés, le suintement de la peur, le glissement vers la colère sourde, la souffrance des faibles. Toujours avec pudeur et dignité, sans la moindre once de complaisance.

    Cette nuit permanente est parfois éclairée de quelques rais, notamment avec le beau personnage de Louise, mais ces brasillement sont fugaces. le dénouement est terrible, il m'a transpercée de toutes parts, me laissant groggy et bouleversée. Peut-être qu'en fait la lumière vient de la maitrise magistrale de l'auteur à naviguer dans le genre roman noir. La construction d'abord, remarquable d'intelligence dans la montée en tension narrative, par la croisée des trajectoires jusqu'à ces cinquante dernières pages époustouflantes d'intensité.

    Et puis, il y a cette écriture ciselée, à la musicalité flirtant avec la poésie. Des mots qui chaloupent et construisent leur propre histoire lorsqu'ils s'agencent dans de longues phrases évocatrices, avant de s'accélérer dans un rythme syncopé. Sauvages et crues, justes toujours.

    " Il écoute au plus loin qu'il peut l'écoulement épais et croit pouvoir suivre sa chute jusqu'à l'égout. Il imagine à cet instant toutes ces saletés qui sortent des corps, retenues pendant la nuit, et il sait bien que les humains se défont de leur fange, se purgent de ce qu'ils ont accumulé des heures durant, résultat de toutes leurs activités de la journée, puisque c'est à ça qu'ils se résument, de molles machines à fabriquer de la merde, il sait bien, lui, que tout le jour ils vaqueront sous leur masque avenant, drapés, enrobés dans leurs habits, déguisés en êtres civilisés, travestis pour le grand carnaval sordide, grands singes savants, guenons rusées, tâchant de dominer leur état de rut permanent, leur violence, leurs rêves de puissance, leurs envies de meurtre, ces pulsions d'animaux qu'ils nomment amour, désir, ambition, ces mots qu'ils utilisent comme du papier hygiénique pour torcher leurs turpitudes."

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  • Hervé Le Corre s’intéresse à trois personnages au destins sinistres. Pour différentes raisons, ils ont un quotidien qu’ils ne supportent plus. Leur avenir s’assombrit de jour en jour sans espoir à l’horizon. Ils errent dans leur vie comme des fantômes.

    De chapitre en chapitre, on les suit...
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    Hervé Le Corre s’intéresse à trois personnages au destins sinistres. Pour différentes raisons, ils ont un quotidien qu’ils ne supportent plus. Leur avenir s’assombrit de jour en jour sans espoir à l’horizon. Ils errent dans leur vie comme des fantômes.

    De chapitre en chapitre, on les suit alternativement. Il y a le commandant Jourdan, un flic désabusé. Il supporte de moins en moins les crimes dont il est témoin. Un métier trop prenant lui a détérioré sa vie privée. On rencontre aussi Louise qui doit élever seule son fils, en étant harcelée physiquement par un ex instable et violent. Et enfin, on assiste aux turpitudes de Christian, un tueur sanguinaire, dont la relation à sa mère est plutôt déstabilisante.

    Alors oui, il y a des enquêtes policières avec des coupables à attraper mais l’essentiel n’est pas là. La plume de l’auteur entre dans le quotidien des protagonistes en décrivant avec précision tous leurs faits et gestes. Il nous introduit dans leur psychisme pour que l’on éprouve avec eux toute leur détresse et leur douleur.

    Cette histoire n’est pas à lire en dilettante. Il faut être concentré, bien au calme, afin d’apprécier au mieux l’atmosphère. La plume de l’auteur est exigeante et ne laisse la place à aucune distraction. Ainsi, vous serez bien imprégnés de l’ambiance du livre et vous laisserez embarquer dans ces vies à la dérive.

    Vous avez compris que vous n’allez pas beaucoup rire pendant la lecture de « Traverser la nuit ». Laissant de côté les bons sentiments, le texte préfère s’attacher à la dure réalité. Hervé Le Corre est un styliste du genre. Il installe ses protagonistes sur la brèche, à la limite de la rupture et entraîne le lecteur dans les méandres de l’esprit humain, au plus près des drames. C’est âpre, sans concession… un grand moment de noir !

    http://leslivresdek79.com/2021/02/01/622-herve-le-corre-traverser-la-nuit/

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