Trancher

Couverture du livre « Trancher » de Amelie Cordonnier aux éditions Flammarion
  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081439535
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Des pages et des pages de notes. Tu as noirci des centaines de lignes de ses mots à lui. Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu'ils aillent s'incruster ailleurs qu'en toi ».
Cela faisait des années qu'elle croyait Aurélien guéri de sa violence, des... Voir plus

« Des pages et des pages de notes. Tu as noirci des centaines de lignes de ses mots à lui. Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu'ils aillent s'incruster ailleurs qu'en toi ».
Cela faisait des années qu'elle croyait Aurélien guéri de sa violence, des années que ses paroles lancées comme des couteaux n'avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté : il l'a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il. Pourra-t-elle encore supporter tout ça ? Elle va avoir quarante ans le 3 janvier. Elle se promet d'avoir décidé pour son anniversaire.
D'une plume alerte et imagée, Amélie Cordonnier met en scène une femme dans la tourmente et nous livre le roman d'un amour ravagé par les mots.

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  • Encore un roman sur la violence faite aux femmes : un sujet très présent lors de la rentrée littéraire 2018 avec "Le malheur du bas", "La vraie vie", "ça raconte Sarah" même si là la violence est infligée par une femme.
    Ici, il ne s'agit pas de violence physique mais de celle des mots.
    La...
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    Encore un roman sur la violence faite aux femmes : un sujet très présent lors de la rentrée littéraire 2018 avec "Le malheur du bas", "La vraie vie", "ça raconte Sarah" même si là la violence est infligée par une femme.
    Ici, il ne s'agit pas de violence physique mais de celle des mots.
    La narratrice est mariée à Aurélien, qu'elle a épousé par amour et a deux enfants. Aurélien l'agonit d'insultes, l'humilie, la met plus bas que terre, souvent en présence des enfants et sans qu'elle puisse identifier un déclencheur.
    Cela avait commencé sept ans auparavant, la narratrice était partie une première fois avec son fils; il a promis de se faire soigner et il l'a fait. Mais sept ans et une enfant plus tard, tout recommence brutalement.
    La narratrice se parle à elle-même à la deuxième personne du singulier comme dans une forme de distanciation avec l'insupportable; elle décide d'établir la liste des insultes comme elle fait ses listes de courses, de ses lectures, des films qu'elle a vus : coucher sur le papier l'indicible, c'est se libérer l'esprit, vider l'ordinateur de sa tête pour le régénérer tout en n'oubliant pas.
    Cette fois, elle sait qu'elle va devoir trancher : partir ou rester. On suit ses hésitations, tiraillée entre son amour encore présent pour Aurélien qui en-dehors de ses crises est un homme et un père aimant et attentionné et son refus de sombrer.
    Elle décide de trancher le jour de son anniversaire comme un symbole de renaissance.
    La violence verbale, même si elle ne laisse pas de traces visibles, est terriblement insidieuse. Les victimes perdent leur joie de vivre, leur confiance en elles et sombrent dans la dépression.
    Tout sonne juste dans ce roman où les enfants sont aussi des victimes collatérales de cette violence. L'écriture reflète la tension que connaît la narratrice : elle est nerveuse, tendue mais aussi douce et apaisée quand elle parle de ses enfants.
    Un beau roman sur un sujet qui ne l'est pas. Et malgré tout,une histoire d'amour.

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  • Cela faisait des années qu’elle croyait Aurélien guéri de sa violence,des années que ses paroles lancées comme des couteaux n’avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté : il l’a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il....
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    Cela faisait des années qu’elle croyait Aurélien guéri de sa violence,des années que ses paroles lancées comme des couteaux n’avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté : il l’a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il. Pourra-t-elle encore supporter tout ça ? Elle va avoir quarante ans le 3 janvier. Elle se promet d’avoir décidé pour son anniversaire.
    L'auteur relate l'histoire de la vie de cette femme, prise dans une tourmente amoureuse malsaine où l'amour est ravagé par les mots qui font mal.
    La violence ici n'est pas physique mais verbale et donc plus insidieuse mais peut être aussi plus douloureuse, difficile à oublier (surtout quand on note toutes les injures) . L'héroïne vit dans l'effroi , la peur que cela se transmette à ses enfants
    Ce roman est un uppercut littéraire.
    Il est différent car écrit à la 2è personne du singulier, comme si c'était la petite voix de l'héroïne (dont le prénom est tu) qui s'exprimait afin de la faire réaliser ou de la persuader de changer de vie.
    L"écriture est puissante, radicale, poignante, précise et fait montre d'une grande acuité psychologique.
    Ce phénomène de violences conjugales m'est très familier, étant juriste spécialisée notamment dans ce domaine. J'ai reçu, conseillé beaucoup de victimes dans cette situation et je peux dire qu'Amélie Cordonnier reflète ici une véracité poignante, réelle et percutante mais subie par tant de victimes...
    Un 1er roman fort, saisissant , infernal et impitoyable.

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  • Quand les mots deviennent des maux.
    Comment Trancher, c’est-à-dire choisir de rester ou de partir face à un mari, Aurélien, si parfait en apparence mais qui inflige une violence conjugale, non pas physique mais verbale à sa femme?
    Jusqu’où et comment subir une telle humiliation au point d’être...
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    Quand les mots deviennent des maux.
    Comment Trancher, c’est-à-dire choisir de rester ou de partir face à un mari, Aurélien, si parfait en apparence mais qui inflige une violence conjugale, non pas physique mais verbale à sa femme?
    Jusqu’où et comment subir une telle humiliation au point d’être déshumanisée et de mourir à petit feu?
    Jusqu’où et comment résister par amour, par espoir, pour éviter de remettre en question un équilibre familial auquel elle s’accroche (pourtant et malgré tout…), un mari encore aimé (qui semblait s’être sorti d’une première crise de violence il y a sept ans) et deux enfants innocents (mais qui deviennent de plus en plus spectateurs conscients de cette violence verbale)?
    En écrivant à la deuxième personne du singulier et en ne prénommant pas son personnage principal, Amélie Cordonnier prend de la distance pour mieux dire la réalité, et nous interroger : qu’aurions-nous fait?
    Un livre poignant, qui parle de l’intime mais ne juge pas tant il est difficile de Trancher en pareilles circonstances. Il est question de honte, d’effroi des mots prononcés, d’espoir que la violence va, une nouvelle fois, disparaître, et d’amour.
    Ce n’est pas un roman féministe mais davantage une dénonciation d’un fait de société souvent passé sous silence tant il ne laisse pas de trace physique et a lieu en huit clos.
    Malgré ses excuses répétées et probablement sincères, je n’ai pas eu vraiment d’empathie pour Aurélien. En revanche, les personnages des enfants sont très touchants par leurs regards, leurs silences et leurs questions.
    La construction est très aboutie, en particulier le compte à rebours. L’écriture est nerveuse, coupée au couteau, parfois mécanique (trahissant la formation/déformation professionnelle journalistique d’Amélie Cordonnier) mais qui sonne très juste. L’auteur parvient même à introduire des notes d’humour dans cette atmosphère si lourde : vous ne regarderez plus les petits pois de la même façon !
    Un premier romain très réussi et une auteur à suivre !
    https://accrochelivres.wordpress.com/2018/12/30/trancher-amelie-cordonnier/

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  • Tous les fumeurs vous le diront : le plus difficile n’est pas d’arrêter.
    Non, le plus dur, ce qui coûte vraiment, ce qui nécessite une volonté sans faille, une lutte acharnée contre soi-même, des ruses de sioux pour contourner ses propres pièges, ses petits arrangements avec sa conscience, sa...
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    Tous les fumeurs vous le diront : le plus difficile n’est pas d’arrêter.
    Non, le plus dur, ce qui coûte vraiment, ce qui nécessite une volonté sans faille, une lutte acharnée contre soi-même, des ruses de sioux pour contourner ses propres pièges, ses petits arrangements avec sa conscience, sa faiblesse en un mot (car il faut bien un mot…), le plus dur, c’est de ne pas y retourner, de ne pas replonger, de ne pas se laisser happer pour « rien qu’une », « juste ce soir », juste parce qu’on en a très envie et que l’on se rappelle combien c’était bon. Le plus dur, c’est de trancher. D’arrêter pour de bon cette si mauvaise habitude qui nous fait tant de bien, ce plaisir qui nous détruit, ce geste anodin et élégant en surface qui de manière sournoise et souterraine prépare notre mort et finira par nous exploser au visage dans toute la laideur soudain révélée d’un cancer quelconque.
    Quelle justesse dans les mots d’Amélie Cordonnier, quelle précision dans son analyse, quelle rigueur dans le tempo de cette tentative désespérée de désintoxication à l’amour de son héroïne.
    On la suit pas à pas dans cette relation addictive parce que si belle, parce que si grande, parce que si réussie et enviable à bien des égards. Avec elle, on prend de plein fouet la violence des paroles assénées comme autant de coups, par surprise et à un rythme variable. A ses côtés, on guette chaque enjambée gagnée sur la pente glissante qui la mènera vers le haut, vers son évasion définitive et on souffre avec elle de chaque nouvelle chute qui l’obligera à reprendre sa douloureuse progression depuis le début.
    On sent, on sait pourtant, comme ses enfants, comme sa sœur, comme sa meilleure amie, que c’est un chemin qu’elle ne pourra faire que seule et que rien ni personne, pas même elle, ne pourra l’empêcher de faire demi-tour si le désir en est trop impérieux. Et on sait qu’alors, comme la vaillante petite chèvre de Monsieur Seguin qui aura combattu toute la nuit, au matin, le loup la mangera.

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  • Un uppercut !

    « Alors ça sort, sans prévenir. Personne ne s’y attend. Ni toi, ni les enfants, qui se figent instantanément. « Je suis chez moi, quand même, alors ferme ta gueule une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes » Uppercut. Souffle coupé. Tu...
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    Un uppercut !

    « Alors ça sort, sans prévenir. Personne ne s’y attend. Ni toi, ni les enfants, qui se figent instantanément. « Je suis chez moi, quand même, alors ferme ta gueule une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes » Uppercut. Souffle coupé. Tu baisses la tête sous l’effet du coup. Quand tu la relèves, tu vois, sur la table, les miettes du petit déjeuner que tu n’as pas encore débarrassé. »

    Alors qu’ils sont en week-end à Cabourg, dans la petite maison héritée de Josette, la grand mère d’Aurélien, cela revient sans prévenir. Aurélien l’insulte devant les enfants tétanisés. Il est 10h du matin mais pour elle la journée est finie. Elle repense à ce qui s’est passé il y a sept ans. Elle n’est pas sortie indemne de sa dépression. A l’époque ils avaient trouvé une solution, Aurélien s’était apaisé, avait arrêté de lui hurler des insanités. Mais là, est-ce qu’ils ne sont pas arrivés au bout de leur histoire ? Même s’il agit involontairement, est-ce qu’elle accepter ses insultes ? Comment faire pour préserver les enfants dont le comportement change et l’inquiète ? Rester encore une fois ou partir définitivement ? La question à laquelle elle doit trancher à la veille de ses quarante ans.

    « Trancher » est un roman d’une incroyable force, qui raconte sans pudeur la violence dans le couple. Pas celle passagère ou physique, mais celle insidieuse, psychique, qui détruit de l’intérieur. Il décrit également, avec beaucoup de réalisme, l’ambiguïté des sentiments. Lorsqu’elle a rencontré Aurélien, c’était un vrai prince charmant, aujourd’hui il s’est transformé en crapaud : un homme irrespectueux, colérique, injurieux qui ne connaît plus de limites. Est-ce qu’elle peut continuer à l’aimer malgré tout ?
    SUITE SUR MON BLOG http://www.lamadeleinedelivres.com/index.php/2018/11/01/trancher-amelie-cordonnier/

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  • C'est vrai, pourquoi tu restes ?
    Dès le bandeau c'est la grande question.

    Alors Amélie Cordonnier nous propose une version originale pour en découdre avec ce drame qui semble d'actualité mais qui en fait n'est surement pas nouveau, je parle bien sur des violences conjugales.

    L'originalité...
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    C'est vrai, pourquoi tu restes ?
    Dès le bandeau c'est la grande question.

    Alors Amélie Cordonnier nous propose une version originale pour en découdre avec ce drame qui semble d'actualité mais qui en fait n'est surement pas nouveau, je parle bien sur des violences conjugales.

    L'originalité tient au fait que la narratrice utilise le "tu", elle se parle à elle-même au travers d'un récit, de notes qu'elle a depuis longtemps sur son mari.

    Il faut dire qu'il cumule, entre violences verbales involontaires et autres tentatives de rapprochement, il est un beau spécimen de la bipolarité.

    Mais "elle", c'est plutôt quelqu'un de doux, de tranquille, de gentil. Alors doit-elle accepter tout ça sans rien dire ?

    En lisant le récit, on imagine que ça peut sembler facile de claquer la porte et partir. Mais ce qui l'est moins c'est de laisser sa conscience dans le foyer familial. Car c'est de ça dont il s'agit : la famille. On en fait quoi ? On l'éclate pour des mots prononcés pour lesquels des excuses arrivent peu de temps après ?

    Tout tient dans ce constat !

    Finalement ce sont les limites de chacun qui sont mises en avant dans cet ouvrage. Qui aurait supporté ce qui est dit ? Jusqu'à quand accepte t'on les excuses ?

    Et puis ensuite viennent les questions plus sournoises : comment va t'on justifier son départ quand il n'y a pas de preuves matérielles ? que va t'on dire à ses enfants ? les gens ouvriront ils les yeux un jour sur la vraie nature de l'Autre ?

    C'est un récit qui dérange forcément. Il me fait le même effet qu'un autre livre de la rentrée littéraire dans lequel j'ai eu envie de dire tout au long de ma lecture : bouge-toi, n'attend pas que ça change puisque ce n'est pas le cas, vas-y barre toi !

    Mais la complexité de chaque situation que l'on peut vivre m'amène aussi à penser qu'on ne peut pas juger. Il faudrait pouvoir être une petite souris pour se faire une opinion plus claire. Alors avec les deux versions on peut aider, ça c'est une certitude et on peut aussi conseiller et avant tout on se doit d'être capable d'entendre pour être présent.

    J'ai trouvé le récit clair et explicite mais j'ai aussi ressenti comme une retenue. Comme si derrière les mots écrits il y avait encore bien plus à dire et que l'auteure n'avait pas voulu en rajouter.

    J'ai aussi ressenti la rapidité du propos, il se lit très vite ce livre comme s'il fallait cet exutoire mais qu'ensuite il fallait aussi avancer et faire de cette mauvaise expérience une leçon de vie pour ne pas reproduire ce schéma dangereux qu'est la perversion / la manipulation.

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  • Une jeune femme qui vacille sous les insultes meurtrières de son mari que, peut-être, elle aime encore ; les promesses jamais tenues ; les mots qui entament et désagrègent peu à peu ; l'engrenage pervers du pardon et d'une illusoire transformation. Rester ou partir ?
    Je n'ai pas retenu...
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    Une jeune femme qui vacille sous les insultes meurtrières de son mari que, peut-être, elle aime encore ; les promesses jamais tenues ; les mots qui entament et désagrègent peu à peu ; l'engrenage pervers du pardon et d'une illusoire transformation. Rester ou partir ?
    Je n'ai pas retenu grand-chose de ce roman et n'en ai pas beaucoup à dire. Une impression de déjà-lu, peut-être ? Le procédé de la narration à la seconde personne, s'il montre bien la dichotomie du personnage, m'a paru lassant et, pour tout dire, assez éculé dans ce contexte. Sur le même thème, "Cette nuit-là" d'Isabelle Minière possède une force, un impact, tellement plus terribles que, forcément, cet autre roman m'a paru plutôt fade.

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  • Premier roman d'Amélie Cordonnier avec "Trancher". L'auteure se glisse dans la peau d'une femme maltraitée par son mari.

    Une femme, un mari, Aurélien, deux enfants : le couple parfait a première vue. Pourtant, cette femme a déjà affrontée quelques années auparavant la première vague de...
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    Premier roman d'Amélie Cordonnier avec "Trancher". L'auteure se glisse dans la peau d'une femme maltraitée par son mari.

    Une femme, un mari, Aurélien, deux enfants : le couple parfait a première vue. Pourtant, cette femme a déjà affrontée quelques années auparavant la première vague de violence verbale de son mari. Après quelques années de bonheur, le passé refait surface un beau jour..

    "Trancher" est un premier roman qui vous prend aux tripes car aussi violent que réaliste. Les mots d'Amélie Cordonnier sont puissants, marquants, violents, ce qui donnent une grandeur a ce roman. Dès les premières lignes on se retrouve impliquée dans cette histoire grâce à l'utilisation du "tu" et de cette femme qui se parle elle-même, cette femme qui n'a pas de prénom.

    Amélie Cordonnier nous permet de mieux comprendre ce que l'on croit déjà connaitre. Un roman incroyable qui m'a permis de comprendre la détresse de femme qui sont soumises aux violences verbales.

    L'auteure ne juge pas mais cherche a comprendre ce lien entre cette femme qui aime son mari, qui veut croire a la bonne volonté de celui-ci. Un roman écrit avec sincérité, émotion, réalisme et percutant qui ne peut que toucher son lecteur.

    "Trancher", c'est faire un choix, prendre une décision, qui peut paraître une futilité vu de l'extérieur mais qui ne l'est pas pour celui ou celle qui encaisse cette violence verbale.

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  • «La femme parfaite est une connasse»

    Le premier roman d’Amélie Cordonnier va sonder la psychologie d’une femme qui subit jour après jour les agressions verbales de son mari. Après un premier répit, il reprend ses insultes. Faut-il dès lors Trancher?

    « Alors ça sort, sans prévenir. Personne...
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    «La femme parfaite est une connasse»

    Le premier roman d’Amélie Cordonnier va sonder la psychologie d’une femme qui subit jour après jour les agressions verbales de son mari. Après un premier répit, il reprend ses insultes. Faut-il dès lors Trancher?

    « Alors ça sort, sans prévenir. Personne ne s’y attend. Ni toi ni les enfants qui se figent instantanément. Je suis chez moi, quand même, alors ferme ta gueule, une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes. Uppercut. Souffle coupé. Tu baisses la tête sous l’effet du coup. Quand tu la relèves, tu vois, sur la table, les miettes du petit déjeuner que tu n’as pas encore débarrassé. La porte claque aussi fort que sa menace. La honte cuit tes joues. Tu ne sais que dire, alors tu te tais. C’est un silence atterré qui vous accable tout à coup. Dans les yeux horrifiés de Romane, la surprise le dispute à l’effroi. Vadim ronge ses ongles, son frein aussi, tu le vois bien. » Un épisode parmi d’autres. Des dérapages qui s’accumulent. Mais pourquoi Aurélien se laisse-t-il aller? N’avait-il pas demandé pardon, ne s’était-il pas promis d’arrêter? Et pourquoi les vieux démons se réveillent-ils? Après le choc, la sidération vient la phase de honte, de culpabilisation. Qu’a-t-elle à se reprocher? Parce qu’après tout cela ne vient pas forcément de lui. Lui qui suivait des séances chez le psy…
    Amélie Cordonnier déroule avec habileté le fil des sentiments et des émotions. Quand l’épouse comprend dans le regard de ses enfants combien elle est victime, quand elle doit faire bonne figure lors des repas de famille, mais surtout comment le poison s’installe insidieusement, transformant le quotidien en un enfer. La peur d’un nouveau dérapage s’ancrant littéralement dans les tripes. Au propre autant qu’au figuré. Un épisode, lors d’un déplacement en voiture, viendra du reste illustrer de manière spectaculaire ce mal insidieux.
    Pour s’en sortir, elle va employer plusieurs stratégies. Par exemple minimiser «Allez, c’est bon, maintenant. Arrête de pleurnicher comme ça, ton père n’est pas mort au Bataclan !». Ou alors essayer l’évitement, la fuite. Ou encore essayer de le confronter au drame qu’elle et ses enfants affrontent en lui montrant des films plus ou moins explicites pour le faire réagir comme Une séparation, Le Client d’Asghar Farhadi, L’économie du couple de Joachim Lafosse ou encore Nahid d’Ida Panahandeh. Et, en désespoir de cause, utiliser la méthode Coué «à cause de Proust et de son fichu Temps retrouvé».
    Mais les «tirades incendiaires d’Aurélien» reprennent vite le pas sur les promesses de rédemption, sur les jours de rémission, sur les tentatives – maladroites il est vrai – de regagner les faveurs d’une épouse de plus en plus malheureuse.
    Et qui réussit à se persuader qu’elle n’est pas «la gourde, la bonne à rien, la fille incapable et médiocre qu’il décrit.»
    Vient alors le temps de l’action. De prendre l’air, de se confier à son amie Marie, voire même de s’offrir une séance de sexe à l’impromptu.
    Je ne dirai pas une ligne de l’épilogue de ce livre, sinon qu’il vous réserve encore une belle salve d’émotions. Refermant ce roman choc, je me dis que nous serons nombreux à nous précipiter sur son prochain opus.
    https://urlz.fr/8kgy

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  • Avez-vous déjà fait des listes ? Oui me direz-vous. Des listes de courses, de fournitures, de tâches, d’invités… Elle, elle fait des listes d’insultes. Des pages et des pages de mots à lui, son mari. « Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu’ils aillent...
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    Avez-vous déjà fait des listes ? Oui me direz-vous. Des listes de courses, de fournitures, de tâches, d’invités… Elle, elle fait des listes d’insultes. Des pages et des pages de mots à lui, son mari. « Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu’ils aillent s’incruster ailleurs qu’en toi. » Durant sept ans elle y a cru, à cet espoir de couple sans faux plis mais la violence verbale revient au naturel pourrissant jusqu’à la moelle sa victime. Les mots frappent aussi fort qu’une gifle en plein visage. Ils humilient, ridiculisent, enfoncent et font sombrer.

    Amélie Cordonnier dissèque ce couple aux allures de conte de fée et qui, en grattant, n’est finalement que noirceur et malveillance. L’histoire douloureuse de cette femme, ces mots, ce mal-être prend aux tripes. Tu es brisée, détruite à jamais, sans espoir, sans envie mais devant tes enfants tu restes humble. Tu forces le respect. Tu, tel est le ton donné par Amélie Cordonnier, rarement accrocheur me concernant, mais dans ce texte je me suis imprégnée de ce vécu et laissée porter. Simplement, parce que cette femme pourrait être moi, toi, elle … et qu’un choix s’impose à elle, rester ou partir ? « La voilà, la solution : faire de ton anniversaire une date d’expiration, de péremption même, à laquelle ta vie d’avant aura dépassé la limite de consommation. À laquelle tu devras décider. Voilà c’est acté. » À aucun moment je n’ai porté de jugement sur cette situation, comme on dit, l’amour rend aveugle mais est-on encore capable de « Trancher » lorsque l’on subit de telles choses.
    Amélie Cordonnier a souligné dans la Grande Librairie ce mercredi 14 novembre 2018 que ce premier roman n’était pas autobiographique. Alors je me demande où elle va chercher tout ça. Les éléments paraissent conformes à une vérité, écrits avec une sincérité bouleversante. Un grand respect pour ce premier roman qui frappe fort et dénonce le quotidien de bien des femmes.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/11/17/36870639.html

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