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Pour que chantent les montagnes

Couverture du livre « Pour que chantent les montagnes » de Nguyen Phan Que Mai aux éditions Charleston
  • Date de parution :
  • Editeur : Charleston
  • EAN : 9782368128503
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Viêt Nam, 1972. Depuis leur refuge dans les montagnes, la petite Huong et sa grand-mère Di?u Lan regardent Hà Noi brûler sous le feu des bombardiers américains. Une semaine plus tard, Huong découvre les décombres qui ont remplacé sa maison : la guerre, l'ombre qui a emmené ses parents et ses... Voir plus

Viêt Nam, 1972. Depuis leur refuge dans les montagnes, la petite Huong et sa grand-mère Di?u Lan regardent Hà Noi brûler sous le feu des bombardiers américains. Une semaine plus tard, Huong découvre les décombres qui ont remplacé sa maison : la guerre, l'ombre qui a emmené ses parents et ses oncles dans les forêts du sud, vient de faire une entrée brutale dans sa vie. Pourtant, malgré la destruction, le quotidien reprend son cours dans la capitale. Des colonnes de fumée s'élèvent tous les soirs des abris de fortune, les éclats de rire des enfants résonnent et peu à peu les vétérans reviennent du front. Mais Huong comprend vite que les sombres souvenirs qu'ils ramènent avec eux risquent de déchirer safamille comme les souffrances déchirent sa patrie depuis des décennies...

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Avis (12)

  • Bonjour à tous,

    J'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce à notre site Lecteurs.com que je remercie tout particulièrement. En effet, c'est un moment vraiment fort agréable de lecture qui m'a été offert.

    J'étais déjà plus ou moins conquise d'avance puisque j'apprécie tout...
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    Bonjour à tous,

    J'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce à notre site Lecteurs.com que je remercie tout particulièrement. En effet, c'est un moment vraiment fort agréable de lecture qui m'a été offert.

    J'étais déjà plus ou moins conquise d'avance puisque j'apprécie tout particulièrement les fictions historiques. Par ailleurs, j'ai la chance d'avoir pu visiter le Vietnam, donc le "décor" de ce roman me parle. Je vous en dis un peu plus.

    Le 20e siècle fut assez tragique pour le peuple vietnamien, les conflits avec le Japon, la France, les Etats-Unis, les guerres idéologiques fratricides, ont marqué tout un pays.

    Ce sont ces souffrances que raconte Nguyen Phan Que Mai dans cette très belle fresque familiale au titre pourtant si poétique : Pour que chantent les montagnes.

    Dans les pas d’une famille sur trois générations, c’est l’Histoire du Vietnam qui nous est révélée. Avec la jeune Huong en fil rouge, on découvre le destin de sa grand-mère Dieu Lan et de ses enfants tour à tour emportés dans les tourments de la guerre. Dieu Lan la forte, la courageuse, le pilier de sa famille, celle qui se relève à chaque fois pour ses enfants puis pour sa petite-fille. Celle qui sait faire des choix douloureux, celle qui sait oublier son orgueil et sa fierté pour survivre. Celle qui ne renonce jamais.

    Certes la guerre contre les Américains fut terrible et beaucoup en garderont les stigmates dans leur corps, mais la réforme agraire ordonnée par le Viet Minh en 1954 nous semble une période de l’horreur, des horreurs perpétrées sur les Vietnamiens par les Vietnamiens.

    Avec beaucoup de finesse, Phan que Mai Nguyen évoque ces différentes périodes du 20e siècle, sans faire de jugement. Elle raconte le quotidien, elle raconte la souffrance des femmes, des hommes, des enfants dans la guerre quelle qu’elle soit. C’est un témoignage poignant du martyr des populations emportées dans des combats qui les dépassent. Pas de descriptions des horreurs de la guerre, les faits sont évoqués, mais il est clair que c’est à l’intime de ses personnages que veut s’attacher l’auteure. C’est leur courage, leur résilience, leur amour qu’elle souhaite mettre en lumière.


    Le roman alterne les périodes, les débuts du communisme dans les années 30 et la guerre avec les Etats-Unis dans les années 1970 pour se terminer à l’époque contemporaine. Ce n'est pas un roman historique en tant que tel. Pas vraiment d'analyse du contexte politique pour les amateurs de romans très documentés historiquement.


    L’ensemble nous est conté avec une plume délicate et subtile, terriblement évocatrice de la culture du Vietnam. Un roman émouvant que j'ai beaucoup apprécié.

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  • J’ai reçu ce titre dans le cadre de la Rentrée Littéraire organisée par Lecteurs.com, je remercie donc leur équipe ainsi que les éditions Charleston pour cet envoi. L’Histoire n’a jamais été mon point fort, je me rattrape donc en lisant régulièrement des romans historiques. Celui-ci me faisait...
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    J’ai reçu ce titre dans le cadre de la Rentrée Littéraire organisée par Lecteurs.com, je remercie donc leur équipe ainsi que les éditions Charleston pour cet envoi. L’Histoire n’a jamais été mon point fort, je me rattrape donc en lisant régulièrement des romans historiques. Celui-ci me faisait de l’oeil depuis sa sortie, je n’avais encore jamais lu de roman sur le Vietnam. Nous faisons la rencontre de Huong, douze ans dans les années 1970 et de sa grand-mère, Diêu-Lan. Celles-ci tentent de survivre aux bombardements et espèrent le retour de leur famille (dont les parents de Huong), partie combattre sur le front. Nous suivons les deux personnages féminins dans les années 1970 mais ces chapitres sont entrecoupés par des passages sur la jeunesse de Diêu-Lan, racontés à sa petite-fille. Ces périodes concernent les années 1930 à 1950 en particulier. Ces retours dans le passé permettent de mieux comprendre l’Histoire du Vietnam. Nguyễn Phan Quế Mai nous expose les conflits, la famine, la réforme agraire et la guerre du Vietnam. Je ne vous le cache pas, ce récit, bien que fictif, repose sur des faits historiques et il s’agit donc d’un texte difficile et parfois éprouvant. Le peuple vietnamien a vécu une succession d’atrocités dont j’ignorais la plupart. Huong et sa grand-mère sont des personnages très attachants et pleins de bonté et de sagesse. Même quand advint le pire, elles sont capables de faire preuve de pardon et de reconnaissance. Nguyễn Phan Quế Mai est une écrivaine talentueuse, une véritable conteuse d’histoire. Je recommande ce roman qui ne vous laissera pas indemne.

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  • Si vous avez lu et aimé Terre des oublis de Duong Thu Huong, que vous aimez le Vietnam, sa culture, sa nature, son peuple, vous allez adorer Pour que chantent les montagnes. Nguyễn Phan Quế Mai nous offre un voyage poignant à travers un siècle d’histoire vietnamienne, de l’occupation française à...
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    Si vous avez lu et aimé Terre des oublis de Duong Thu Huong, que vous aimez le Vietnam, sa culture, sa nature, son peuple, vous allez adorer Pour que chantent les montagnes. Nguyễn Phan Quế Mai nous offre un voyage poignant à travers un siècle d’histoire vietnamienne, de l’occupation française à la chute de Sài Gòn. Pour que chantent les montagnes mêle l'histoire du Việt Nam à celle d'une famille déchirée à l'instar des souffrances qui déchirent leur patrie depuis des décennies...
    C'est donc à travers le récit de trois générations de femmes d'une même lignée de paysans, qui à force de labeur est devenue une famille de passeurs de valeurs et de culture, que Nguyễn Phan Quế Mai nous transporte en Asie.

    La famille Trần a été percutée de plein fouet par la réforme agraire des années 50, puis vingt ans plus tard par la guerre du Việt Nam. Elle a connu les exils, le déchirement des séparations, la peur, la faim, la violence. Délaissées par leurs maris partis au combat, ce sont les femmes de cette lignée qui ont affronté seules avec courage et dignité ces épreuves. Elles ont tout mis en œuvre pour organiser la survie des leurs, allant jusqu'à prendre des décisions déchirantes. Grâce à leur éducation, leurs valeurs, leur philosophie, elles ont traversé aussi dignement que possible ces périodes douloureuses sans cesser de croire à des lendemains meilleurs. Ce récit à deux voix, celle de la petite-fille et de la grand-mère, est un magnifique témoignage de ténacité, de pugnacité et d'espoir. Pour que chantent les montagnes est un hymne intime à la résilience des peuples ravagés par la guerre et la mort. Non seulement il véhicule des belles valeurs humanistes, mais de surcroît, il vous apprendra énormément sur tout ce que les Vietnamiens ont enduré. Pour parvenir à cette justesse historique, Nguyễn Phan Quế Mai s'est documenté durant sept années avant d'écrire ce roman. Elle s'est appuyée sur les témoignages des membres de sa famille, mais également sur tous ceux des rescapés qu'elle a pu rencontrer ainsi que sur tous les écrits qu'elle a pu trouver. Le tout est remarquable, poignant.

    Pour que chantent les montagnes est une véritable déclaration d'amour au Việt Nam, à ses terres, ses coutumes, mais surtout à un peuple qui a tant souffert mais qui a toujours résisté. Un conseil, écoutez le chant des montagnes. Dépaysement garanti et belle leçon de vie et de courage à la clé !

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2022/08/mon-avis-sur-pour-que-chantent-les.html

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  • L'épopée tragique d'une famille vietnamienne de 1930 à 1980 où quatre générations subirent successivement la colonisation française, l'invasion japonaise, la guerre d'indépendance entraînant la partition du pays, et pour finir le conflit fratricide du Nord communiste contre le Sud soutenu...
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    L'épopée tragique d'une famille vietnamienne de 1930 à 1980 où quatre générations subirent successivement la colonisation française, l'invasion japonaise, la guerre d'indépendance entraînant la partition du pays, et pour finir le conflit fratricide du Nord communiste contre le Sud soutenu massivement par les Américains. L'auteure, poétesse reconnue dans son cher Vietnam natal, puisant son inspiration dans sa propre famille et dans les témoignages d'amis, raconte en anglais (deuxième langue apprise au lycée) avec beaucoup de réalisme l'histoire complexe et tumultueuse des Trân, propriétaires terriens aisés, cultivateurs et éleveurs au centre du pays. Leur fille Dieu Lan et leur arrière-petite-fille Huong, proches comme le sont une mère et une fille en relation fusionnelle, sont les personnages principaux de ce roman. Elles vont en narrer alternativement les différents épisodes au cours d'une quinzaine de chapitres en revenant souvent dans le passé lointain.

    Au fil des pages, j'ai mieux compris les liens entre les différents protagonistes, même si l'auteure, en conteuse avisée, laisse planer plusieurs mystères qui ne se dénoueront qu'à la fin. Ce roman m'a secoué de bout en bout. Pour un Français, comme pour un Américain, l'histoire de l'Indochine ne saurait être indifférente. Le point de vue d'une Vietnamienne éclaire d'un jour nouveau les responsabilités de notre pays dans l'injustice de la colonisation dont nos gouvernements n'ont pas su trouver "une sortie honorable" comme l'explique Eric Vuillard dans son dernier récit. Mais l'auteure ne sombre jamais dans le manichéisme. Elle donne différents points de vue coexistant au sein même de la famille Trân. Elle dénonce les envahisseurs français, japonais ou américains, mais condamne aussi la propagande communiste, l'endoctrinement du parti et les délations souhaitées, la réforme agraire calamiteuse, voire les camps de rééducation. Le style peut paraître simple, presque naïf à l'image des Haïkus japonais, mais capte à merveille la poésie de l'instant : sons, odeurs, saveurs, paysages. Les dialogues respirent l'authenticité et sont pleins de fraîcheur et de drôlerie, émaillés de proverbes vietnamiens en V.O dans le texte, mais fort heureusement traduits en français. Dans la galerie de personnages de ce roman fleuve, le plus attachant selon moi, est Dieu Lan grand-mère courage de Huong. Elle force l'admiration par sa ténacité, son agilité, sa minutie, sa générosité et sa résilience. C'est une héroïne du quotidien, une survivante des guerres et de leurs cortèges de blessures, de famines et de règlements de comptes. Elle reste le pilier inébranlable de sa famille. Convertie au Bouddhisme, elle parvient même à pardonner à ses ennemis et ainsi à faciliter la réconciliation interne nécessaire au Vietnam réunifié.

    L'auteure n'a pas seulement écrit un roman d'aventure passionnant avec pour toile de fond les guerres du Vietnam. Elle a voulu donner la parole aux populations civiles, aux femmes et aux enfants particulièrement. Son texte est aussi un plaidoyer pacifiste pour la rencontre des cultures à travers la littérature qui permettraient aux peuples de mieux se comprendre et ainsi d'éviter les conflits armés.
    Merci à lecteurs.com de m'avoir envoyé ce roman
    Ph.D.

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  • Merci à Lecteurs.com et aux Editions Charleston pour cette belle découverte.

    Très attirée par l'Asie, ses cultures et ses littératures, j'ai tenté ma chance sans hésiter. J'avais en mémoire notamment le roman de Guillaume Sire "Avant la longue flamme rouge" qui se déroule au Cambodge et qui...
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    Merci à Lecteurs.com et aux Editions Charleston pour cette belle découverte.

    Très attirée par l'Asie, ses cultures et ses littératures, j'ai tenté ma chance sans hésiter. J'avais en mémoire notamment le roman de Guillaume Sire "Avant la longue flamme rouge" qui se déroule au Cambodge et qui m'avait bouleversé. Le sujet est le même ici mais la façon de le traiter est bien différente. Et je n'ai pas été déçue.

    Merci pour cette belle découverte mais également un grand merci pour ce magnifique objet livre. J'adore le dessin et les couleurs. Un bel objet à prêter et à conserver.

    Je me suis laissée embarquée facilement par cette histoire à deux voix et je l'ai lu tout doucement pour la déguster comme un bonbon ou une pâtisserie. Quel plaisir de retrouver Huong et sa grand-mère chaque soir après une journée bien remplie. C'était comme rentrer dans une bulle. M'échapper, partir vers le Vietnam et cette famille, leur histoire inspirée de celle de l'auteure et de son vécu. Même si au début les aller retour entre deux époques au gré des chapitres m'ont un peu déstabilisée, je m'y suis vite habituée. Comme un puzzle qui petit à petit se constitue sous les yeux, ici c'était une histoire qui peu à peu prenait forme dans ma tête.

    Au travers de cette fiction, l'auteure décrit avec justesse la guerre qui a frappé le Vietnam durant plus de deux générations et tout ce qu'elle a pu entrainer en douleurs, violences, destructions, terreur, drames, morts, horreurs, sauvageries, famines, déchirures et traumatismes... Mais malgré cette noirceur très présente, grâce à la plume de l'autrice, il se dégage une certaine lumière et luminosité. L'écriture est pleine de poésie et de douceur et l'on ressent paix et bienveillance.
    Ces deux femmes sont fortes et leur lien est touchant.
    Malgré toutes ces horreurs, elles trouvent la force de repartir. La vie reprend. Les proches rentrent. Et l'amour est là également.

    Une lecture agréable et enrichissante. Une vraie déclaration d'amour à un pays, à une culture.

    Je ne peux m'empêcher de rapprocher cette lecture de ce qui se passe actuellement sur notre continent en Ukraine. Comment l'Homme peut-il oublier les leçons de l'Histoire et reproduire une nouvelle fois ces horreurs?

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  • Deux narratrices pour deux périodes, des années 1930 à 1970, Dieu Lan la grand-mère et Hong sa petite-fille. La vie de ces deux femmes que tant d’années séparent comporte une triste similitude due à l’histoire de leur pays. Colonisations et guerres successives, régimes autoritaires n’ont cessé...
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    Deux narratrices pour deux périodes, des années 1930 à 1970, Dieu Lan la grand-mère et Hong sa petite-fille. La vie de ces deux femmes que tant d’années séparent comporte une triste similitude due à l’histoire de leur pays. Colonisations et guerres successives, régimes autoritaires n’ont cessé de maintenir le peuple dans l’effroi, la faim, la peur, la misère, laissant place aux croyances et autres fantômes permettant aux grandes familles décimées de trouver un réconfort ou seulement, d’espérer.

    A la lecture, j’avais l’impression de découvrir une version presque différente de l’Histoire du Vietnam, plus précise et surtout plus tragique que celle que j’avais acquise. Avec beaucoup d’intérêt, j’ai appris, et cela m’a donné envie de mieux connaître le passé du peuple Viet avant son indépendance, ce que je ferai à l’aide de documents historiques. Outre ce volet, le roman nous conduit dans l’intimité des familles, avec leurs membres disséminés mais également déchirés par l’embrigadement idéologique. Les personnages, notamment aïeule et petite-fille, sont attachants.

    En revanche, je me suis heurtée à la lecture de cette fiction portée par une narration proche du conte, ayant certaines difficultés à parler de tragédies avec beauté et poésie. Je reconnais toutefois le talent de Nguyen Phan Que Me et sa capacité à prendre le recul nécessaire ainsi que de celui de Sarah Tardy traductrice ;elles contribuent ainsi à se souvenir que « les guerres ont le pouvoir de transformer en monstres des peuples élégants et cultivés.
    Merci à Lecteurs.com et aux éditions Leduc/Charleston.

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  • Nguyễn Phan Quế Mai, avec Pour que chantent les montagnes (Charleston, éditions Leduc), m’a entraîné dans une terrible histoire familiale. Sur les pas de Hương et de sa grand-mère Diệu Lan, j’ai vécu au cœur de l’histoire de ce Việt Nam déchiré par la colonisation puis par les guerres entre pays...
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    Nguyễn Phan Quế Mai, avec Pour que chantent les montagnes (Charleston, éditions Leduc), m’a entraîné dans une terrible histoire familiale. Sur les pas de Hương et de sa grand-mère Diệu Lan, j’ai vécu au cœur de l’histoire de ce Việt Nam déchiré par la colonisation puis par les guerres entre pays occidentaux et ceux se réclamant d’un communisme pur et dur tournant vite à la dictature.
    Dès le début, je suis plongé dans la terreur apportée par les bombardiers américains sur Hà Nội. Les sirènes, les bombes, une petite-fille et sa grand-mère tentent d’échapper à la mort, à l’horreur.
    Cette grand-mère a 52 ans et c’est d’abord Hương (12 ans) qui raconte les abris avec de l’eau jusqu’à la ceinture, les destructions, les cadavres. Une seule solution : fuir Hà Nội. Débute alors un échange entre la petite-fille et sa grand-mère. L’une raconte ce qu’elle vit alors que l’autre rappelle le passé, ce pays occupé par les Français et les Chinois. Commence alors la guérilla contre ces occupants avec le Việt Minh.
    Chaque chapitre comporte un titre et des dates pour bien situer la période où nous nous trouvons. Ainsi, j’oscille entre les années 1930 et les années 1970, pour finir en 2017.
    C’est une plongée au cœur de la vie des Vietnamiens en suivant les malheurs d’une famille déchirée par tant d’événements qui la dépassent. Il faut préciser que Diệu Lan, la grand-mère, a six enfants qui seront éparpillés au cours d’une fuite pleine de suspense, de douleurs et, quand même, de quelques moments de bonheur.
    À Hà Nội, entre 1973 et 1975, il faut se relever pour retomber et surtout trouver à manger. Grâce au récit de celle que sa grand-mère surnomme affectueusement Goyave, j’apprends que cette grand-mère laisse tomber son métier d’enseignante pour le trafic, ce qui apporte une habitation correcte mais aussi nourriture, vêtements et livres. Cela provoque aussitôt la jalousie et la haine des voisins. Si les Américains se sont retirés, c’est maintenant la guerre entre Vietnamiens.
    Diệu Lan, la grand-mère, prend alors le relais pour raconter ce que je ressens comme le plus terrible, le plus bouleversant : la course effrénée d’une mère et de ses enfants fuyant l’horreur absolue. C’est cette fameuse réforme agraire qui plonge le pays dans un abîme incroyable. Sous prétexte de partager les richesses, idée honorable en soi, les propriétaires terriens sont pourchassés, torturés, exécutés, les bons comme les mauvais. Nous sommes en 1954, juste après la victoire du Việt Minh sur les Français, à Diện Biên Phủ.
    Au passage, je note la volonté de l’autrice, née en 1973 dans un petit village du nord Việt Nam, de transcrire fidèlement les noms avec l’écriture locale – coup de chapeau, au passage à la traductrice, Sarah Tardy. De même, Nguyên Phan Quê Mai note ainsi certaines phrases ou proverbes et cela ne gêne en rien ma lecture. Il serait très intéressant d’entendre ces mots ou ces phrases prononcées dans la langue du pays.
    Puisque j’en suis aux remarques, j’apprécie le tableau généalogique inséré en début d’ouvrage. Je m’y suis référé souvent. J’ajoute que la référence à la religion, le bouddhisme, est un peu lassant mais je reconnais que c’est, principalement, pour honorer les ancêtres…
    Surtout, il faut décrypter ce titre : Pour que chantent les montagnes. Quand l’oncle Đat remet à Hương cet oiseau sculpté par son père pendant les combats, j’apprends que cet oiseau s’appelle son ca, ce qui signifie « Les montagnes qui chantent », comme le révèle la grand-mère de Hương et donc mère de Hoàng qui ne donne plus signe de vie et que « Goyave » cherche inlassablement.
    Tous ces détails du quotidien vécus par les Vietnamiens sont révélateurs des malheurs, des déchirures, des drames subis par un peuple victime d’un bain de sang qui a duré vingt ans. Plus de trois millions de personnes ont été tuées. Ce drame que je me souviens avoir suivi de loin, avec le déroulé de l’actualité et dans ce qu’on voulait bien nous en dire, a fait des millions d’infirmes, de traumatisés, d’exilés. Enfin, s’ajoute une terrible statistique cause de tous ces malheurs : sept millions de tonnes de bombes se sont abattues, durant ces années de guerre, sur le Việt Nam.
    La lecture de Pour que chantent les montagnes a été, pour moi, un rappel, une mise au point, une extraordinaire plongée dans la vie quotidienne, au Việt Nam, grâce au talent d’écrivaine de Nguyên Phan Quê Mai. Comme je l’ai constaté souvent, une fiction basée sur la réalité permet le plus souvent d’apprendre, mieux que dans d’austères livres d’Histoire.
    Vraiment, je recommande la lecture de Pour que chantent les montagnes et je remercie beaucoup Lecteurs.com et les éditions Leduc / Charleston pour m’avoir permis la découverte d’un livre déjà traduit dans quinze langues différentes.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Bonjour à tous,
    J'ai été ravie de recevoir ce roman le 3 octobre 2022 qui m'a captivée et apporté un regard nouveau sur le Vitenâm... Je viens juste de le terminer à mon plus grand regret.... Je trouve la plume de https://www.babelio.com/auteur/Phan-Que-Mai-Nguyen/612397 émouvante, passant de...
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    Bonjour à tous,
    J'ai été ravie de recevoir ce roman le 3 octobre 2022 qui m'a captivée et apporté un regard nouveau sur le Vitenâm... Je viens juste de le terminer à mon plus grand regret.... Je trouve la plume de https://www.babelio.com/auteur/Phan-Que-Mai-Nguyen/612397 émouvante, passant de l'horreur de la guerre à la poésie, le destin à la fois tragique et mouvementé de la famille vietnamienne Trần Trde, raconté par la petite fille Hương. Nous traversons l'histoire en compagnie de celle-ci et sa grandmère Diệu L'an de 1930 à 2017, c'est un vibrant hommage, tellement méconnu de nous, occidentaux. J'ai bien aimé les subtils passages qui passent de l'horreur, cauchemar absolu à l'amour, la paix, le pardon et le respect de ses aïeux quoiqu'ils aient fait....Selon moi, l'ultime phrase de cet ouvrage est porteuse d'un message sublinimal d'amour, d'éternité et de paix... Je vous le conseille... Il me tarde de découvrir d'autres romans et aventures littéraires qui sont instructives sur le comportement et la psychologie humaine... "Le Ciel à des yeux pour voir. On récolte ce qu'on a semé" est une citation à méditer...

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