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Okuribi

Couverture du livre « Okuribi » de Hiroki Takahashi aux éditions Belfond
  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714486455
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Au début, Akira a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D'autant que, pour lui, l'étranger venu de la grande ville, c'était un bon moyen de s'intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.
Et puis Akira a... Voir plus

Au début, Akira a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D'autant que, pour lui, l'étranger venu de la grande ville, c'était un bon moyen de s'intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.
Et puis Akira a commencé à remarquer. Les humiliations, les punitions, les coups, tous dirigés vers le doux Minoru.
Alors Akira s'est interrogé : que faire ? Intervenir ? Fermer les yeux ? Risquer de se mettre les autres à dos ? Ne rien faire ?
Et l'Okuribi est arrivé, la fête des Morts. Et tout a basculé...

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Articles (1)

Avis (9)

  • Okuribi est le premier roman de Hiroki Takahashi à être publié en français. Il a été traduit par Miyako Slocombe. Ce court roman a obtenu le prix le plus prestigieux au Japon, le prix Akutagawa.

    Ayumu est adolescent en troisième année au collège. Venant de Tokyo, il est habitué aux...
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    Okuribi est le premier roman de Hiroki Takahashi à être publié en français. Il a été traduit par Miyako Slocombe. Ce court roman a obtenu le prix le plus prestigieux au Japon, le prix Akutagawa.

    Ayumu est adolescent en troisième année au collège. Venant de Tokyo, il est habitué aux changements, sa famille suivant les mutations professionnelles de son père. Ils arrivent dans le Nord, dans le petit village rural de Hirakama comprenant une station service et un bain public. Le changement est énorme pour Ayumu. Ils sont dans une région agricole entourée de rizières, de la rivière et des montagnes.

    Au lycée, ils sont au nombre de douze en troisième, six filles et six garçons. De ce fait Ayumu ne peut ignorer ses camarades de classe dont Akira, le meneur de la bande qui n'a pas bonne réputation depuis l'incident de l'an dernier.

    Ayumu vient d'être élu délégué de classe, il va s'intégrer dans le groupe mais un malaise s'installe par rapport à Akira, celui-ci ira croissant lorsqu'il se rendra compte que Minoru est souvent victime de leurs jeux. Hasard, coïncidences ou jeux pipés ?

    En effet la question se pose car pour toutes leurs activités, ce sont les cartes et le jeu de Hanafuda qui déterminent qui subira l'épreuve. Les jeux sont de plus en plus cruels passant du vol d'un couteau à l'étalage, à des expériences de plus en plus violentes.

    Face à cette violence on retrouve beaucoup de poésie dans la description de la nature et des traditions ancestrales. L'action se passe en partie pendant les "Matsuris" de l'Obon, la fête des morts qui préconise le retour sur les terres ancestrales, c'est la période du 15 août où l'on suspend et allume des lanternes vers les sanctuaires pour permettre aux esprits de retrouver leurs proches.

    Ce récit à la plume épurée, sobre, au ton sec mais également poétique nous montre à merveille la dichotomie du japonais entre traditions et introspection. Ayumu voit la violence déployée par Akira contre Minoru mais ne parvient pas à réagir, il reste en retrait comme l'enseigne sa culture.

    L'écriture est douce même lorsqu'elle évoque la violence et l'on sent la tension monter de chapitre en chapitre et l'atmosphère pesante qui s'installe.

    Un roman qui nous parle du harcèlement scolaire, de la violence mais aussi de la culture et de la beauté du Japon.

    Ma note : 9.5/10

    Les jolies phrases

    Il leva les yeux : la neige venait des montagnes au nord-ouest, au-delà de la rivière, et semblait descendre en s'écoulant sur le hameau. Des enfants de l'école primaire levaient les yeux au ciel epuis le bord de la route et s'écriaient, excités : Le vent a fleuri ! Le vent a fleuri !Tout en les regardant du coin de l'oeil, Ayumu fut touché par la pauvreté de leur vocabulaire. Mais alors qu'il s'apprêtait à monter la côte qui menait à sa maison, les flocons de neige blancs dans le ciel bleu devinrent aussi gros que des pétales. Ce n'était pas forcément une erreur que de dire "Le vent a fleuri".

    Il se remémora les mots "jeunes pousses pleines de rêves" qu'il avait entendus lors de la cérémonie de fin de trimestre. Les jeunes pousses pleines de rêves avaient grandi et, à présent bien touffues, elles portaient les fruits trop mûrs de leur violence.

    Y a des mots qui errent près de temps en temps par ici, alors fais gaffe. Comme Ayumu restait muet, il ajouta :
    - Les mots qui errent près des monticules, des carrefours et des ponts, faut pas y tendre l'oreille. Parce que les mots, ils influencent les hommes.

    https://nathavh49.blogspot.com/2021/01/okuribi-renvoyer-les-morts-hiroki.html

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  • “Okuribi Renvoyer les morts” deuxième roman de l’auteur Hiroki Takahashi est le premier à être traduit en français (par Miyako Slocombe). Il a obtenu le prix Akutagawa qui récompense des nouvelles ou des romans courts d’auteurs débutants. Et c’est bien entre le roman et la nouvelle qu’il se...
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    “Okuribi Renvoyer les morts” deuxième roman de l’auteur Hiroki Takahashi est le premier à être traduit en français (par Miyako Slocombe). Il a obtenu le prix Akutagawa qui récompense des nouvelles ou des romans courts d’auteurs débutants. Et c’est bien entre le roman et la nouvelle qu’il se situe, les anglosaxons le qualifieraient même de novella…

    Ayumu, quinze ans, doit régulièrement déménager au gré des mutations de son père. A chaque fois, il doit s’adapter à un nouveau logement, à une nouvelle école et s’y faire des amis. Pour sa dernière année de collège, sa famille quitte Tokyo et s’installe à Hiragawa une région rurale beaucoup plus au Nord. C’est une tradition dans l’entreprise ou officie le père : avant d’obtenir une belle affectation on doit passer par quelques années de purgatoire. L’enfant citadin découvre alors la campagne, des coutumes et des croyances ancestrales inconnues et globalement inquiétantes ainsi que le collège d’une toute petite ville de province et les façons rustiques de ses nouveaux condisciples. Le lecteur avec lui puisque tout le roman est en focalisation interne. L’adolescent qui n’a jamais eu de mal à s’intégrer dans de nouveaux groupes se retrouve dans une classe de douze élèves seulement d’un établissement qui fermera l’année suivante faute d’effectifs suffisants. Et si dans les grandes cités scolaires tokyoïtes, il est facile d’éviter les fauteurs de trouble c’est bien plus délicat quand la classe ne compte que cinq autres garçons ! Dès lors Ayumu ne peut que sympathiser avec la bande des collégiens de 3eme année menée par Akira qui a déjà été sanctionné l’année précédente pour ses accès de violence. Ceux-ci passent le plus clair de leur temps après les cours à se livrer à des jeux bizarres et cruels et Akira, qui se sert d’un paquet de cartes hanafuda pour choisir celui qui devra relever le défi, se débrouille toujours pour que le timide Minoru soit désigné par le sort … Ayumu a déjà été confronté à la violence spontanée et fugitive dans les établissements qu’il a fréquentés auparavant mais n’a jamais assisté à des brimades systématiques et organisées. Devant ce harcèlement, va -t-il persister à vouloir s’intégrer ou bien s’indignera-t-il ?

    Le « Ijime » ou « intimidation » est devenu un sujet privilégié de la littérature japonaise. On pensera ainsi à « Heaven » de Mieko Kawakami (paru chez Actes sud en 2016) mais, contrairement à ce dernier roman où le narrateur, nouvel élève au strabisme marqué, se fait harceler par sa classe toute entière, « Okuribi » va à rebours des scénarios classiques. Ici Ayumu, le nouveau dans la région, celui-ci qu’un ancien élève du collège surnomme « le relégué » dans l’incipit, ne sera pas la victime docile que l’on attend. C’est un observateur un peu philosophe qui par ses questionnements va forcer le lecteur à s’interroger sur l'existence du bien, du mal, sur le rapport des forts contre les faibles, la banalité et le non-sens du mal et de la violence, les victimes et les bourreaux, etc…

    Takahashi montre que le manichéisme n’a pas lieu d’être : Akira est à la fois bourreau et victime, Minoru semble atteint d’un certain syndrome de Stockholm puisqu’il accepte toutes les brimades avec un demi-sourire et prend parti in fine pour son bourreau tandis qu’Ayumu observe, mais désireux de s’intégrer, n’agit pas. Il y a une sorte de fascination des uns pour les autres, un peu d’homo-érotisme aussi (certaines pages aux bains publics semblent sorties d’une œuvre de Mishima). Moins qu’un roman d’éducation, c’est un roman d’initiation. Les adultes sont étonnamment absents comme s’ils évoluaient dans un monde parallèle. Les professeurs ne s’immiscent pas. Le narrateur quitte la candeur de l’enfance et atteint l’adolescence. Cette mue difficile est symbolisée par celle de l’insecte qui meurt avant même d’avoir réussi à s’extirper de son cocon et qui fascine les garçons.

    Cette transformation a lieu entre le mois d’avril (rentrée au japon) et le 15 août, le jour d’ « Obon », la fête des morts. Elle est donc accompagnée de celle de la nature. D’ailleurs, les superbes descriptions des cerisiers en fleur, des rizières verdoyantes et des paysages montagneux vus par les yeux du narrateur permettent une respiration au milieu de la tension croissante des jeux dangereux des collégiens tout en faisant ressortir encore plus brutalement cette violence adolescente et peut-être même la violence institutionnalisée de la société japonaise toute entière. Les brimades juvéniles éclairent en effet d’un jour nouveau la mutation forcée du père (on doit aussi « en baver » pour grandir au sein de l’entreprise) ou le silence des professeurs … Finalement Takahashi, qui ne tombe jamais dans le pathos, dénonce la responsabilité de chacun et pointe du doigt le poids des traditions : l’acmé de la violence se produisant un jour de festival. Il montre également ce que découvre Ayumu c’est la complexité de l’homme et du monde, le côté doux-amer des choses, la beauté et la cruauté de la vie.

    C’est un petit roman en pagination mais il est bien plus grand dans tous les échos qu’il provoque ; dans un style simple et dépouillé il donne à voir la beauté de la Nature et les abysses de la psyché humaine. Je remercie l’auteur, les éditions Belfond et Babelio de m’avoir permis de faire cette belle découverte.

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  • Roman très court mais intense. Bien que déroutée par la fin, je ne suis pas prête de l’oublier!
    Tout commence à l’arrivée d’Ayumu, jeune collégien dans un village assez isolé du nord du Japon. La vie y est calme, on y vit au rythme des saisons dans de paisibles paysages poétiquement décrits....
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    Roman très court mais intense. Bien que déroutée par la fin, je ne suis pas prête de l’oublier!
    Tout commence à l’arrivée d’Ayumu, jeune collégien dans un village assez isolé du nord du Japon. La vie y est calme, on y vit au rythme des saisons dans de paisibles paysages poétiquement décrits. Enfant unique, la vie d’Ayumu est assez tristounette, il n’y a pas beaucoup d’échanges entre lui et ses parents. Il lui faut s’intégrer dans le petit groupe de garçons de son âge, même s’il se rend compte assez vite que certaines de leurs attitudes sont étranges.
    Les descriptions du quotidien à la campagne m’ont beaucoup intéressée. En compagnie du timide Ayumu j’ai eu la sensation de m’immerger dans la culture japonaise, toute en non-dits et retenue avec ses coutumes si différentes des nôtres. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman tout en pressentant que quelque chose de terrible allait arriver. L’auteur fait lentement monter la pression jusqu’au basculement final d’une grande violence.
    C’est un roman sur la perte de l’innocence. Ayumu est un collégien qui se cherche. Dans sa classe il ressent un malaise grandissant quand il réalise qu’un de ses camarades subit d’insidieux actes de malveillance de la part des autres. Des jeux cruels perpétuent une tradition de violence chez les jeunes japonais en particulier à l’occasion de la fête des morts. L’Okuribi est une cérémonie qui clôture les rites de cette fête.
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2020/11/15/okuribi-renvoyer-les-morts-de-hiroki-takahashi/

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  • Ayumu est un jeune adolescent de 14 ans. Habitué à changer d’école au gré des affectations de son père, l’intégration dans un nouvel environnement ne lui pose pas de soucis et il est plutôt bon élève, apprécié de ses professeurs comme de ses camarades. Après quelques temps passés à Tokyo, le...
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    Ayumu est un jeune adolescent de 14 ans. Habitué à changer d’école au gré des affectations de son père, l’intégration dans un nouvel environnement ne lui pose pas de soucis et il est plutôt bon élève, apprécié de ses professeurs comme de ses camarades. Après quelques temps passés à Tokyo, le voici une nouvelle fois dans une école qu’il ne connaît pas, dans un lycée de province. Il est aussitôt accepté au sein d’un groupe de garçons qui semble déjà avoir une certaine hiérarchie, le jeune Akira étant apparemment le meneur. Comme tous les adolescents, ils sont en quête de nouvelles expériences et la relation entre les membres du groupe sont régis par des rapports de force et un certain déséquilibre entre les capacités des uns et des autres. Très vite Ayumu se rend compte par exemple que Minoru a endossé le rôle de souffre-douleur. Mais si certaines actions sont plutôt des taquineries, Ayumu s’aperçoit que progressivement elles gagnent de plus en plus violence, jusqu’au basculement final le jour de la fête des Morts.

    Ce roman m’a intéressée sur deux aspects. D’une part sur ce que cela raconte sur la culture japonaise et notamment sur les adolescents japonais. D’autre part sur la thématique plus universelle de la violence et de la maltraitance au sein d’un groupe. A travers le regard d’Ayumu, de ses questionnements, de son incapacité à s’opposer à la violence latente, Hiroki Takahash interroge sur les notions de courage, de domination, sur la complexité des relations dans un groupe défini.

    En contrepoint, l’auteur nous raconte une nature qui se moque des atermoiements des humains et qui poursuit inlassablement la succession des saisons, apportant une sorte d’apaisement entre deux scène de confrontation. 

    C’est un roman court et dense qui met magistralement en valeur le malaise qu’on peut ressentir face à une situation qui nous échappe ou même la honte qu’on peut éprouver à ne pas réussir à agir alors même qu’on sait qu’il faudrait le faire. C’est d’autant plus frappant qu’il s’agit ici d’adolescents, qui n’ont pas encore toutes les clés même s’ils sentent confusément que la situation n’est pas conforme à ce qu’elle devrait être.

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  • Ayumu quitte Tokyo avec ses parents et intègre un petit lycée de province dans la ville où son père a été muté.

    Il intègre vite le groupe de six garçons de sa classe et devient l’ami d’Akira, le meneur. Malgré tout, il ne peut ignorer qu’Akira a un comportement étrange et violent à l’encontre...
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    Ayumu quitte Tokyo avec ses parents et intègre un petit lycée de province dans la ville où son père a été muté.

    Il intègre vite le groupe de six garçons de sa classe et devient l’ami d’Akira, le meneur. Malgré tout, il ne peut ignorer qu’Akira a un comportement étrange et violent à l’encontre de Minoru.

    Mais il est difficile de se ranger du coté des plus faibles et de prendre le risque d’être exclu du groupe quand on n’a que quinze ans.

    Un très beau roman qui traite un sujet délicat avec une retenue et une poésie qui décuplent la force du propos.

    A lire aux bains publics.

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  • Hirakawa, Japon. Ayumu et ses parents ont dû déménager dans cette région en raison d’une mutation laborale de son père. D’emblée, le jeune adolescent réussit à s’intégrer dans sa classe, devenant ami avec un groupe de garçons. Parmi eux se trouvent Akira et Minoru. Tout le monde semble bien...
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    Hirakawa, Japon. Ayumu et ses parents ont dû déménager dans cette région en raison d’une mutation laborale de son père. D’emblée, le jeune adolescent réussit à s’intégrer dans sa classe, devenant ami avec un groupe de garçons. Parmi eux se trouvent Akira et Minoru. Tout le monde semble bien s’entendre, pourtant Ayumu ne va pas tarder à apercevoir des comportements qui tendent au harcèlement scolaire envers Minoru.

    C’est une très bonne lecture que j’ai découverte ici. En pleine plongée dans le Japon, l’auteur a su aborder des sujets forts. Il est incroyable de voir comment certains auteurs réussissent en si peu de pages à créer une atmostphere pesante et forte. Ici, Hiroki a totalement tenu son pari et j’ai quitté ce roman avec une énorme sensation de mal-être, tant il est immersif.

    Ce roman, c’est avant tout une invitation au voyage dans le Japon le plus traditionnel mais aussi le plus moderne. De traditions en coutumes, je me suis sentie totalement prise entre les filets de ce récit. J’ai découvert énormément de choses, et c’est sans aucun doute une lecture différente.

    Quant à l’intrigue, elle montera en puissance au fil des pages, et peu à peu, un sentiment de mal-être m’a envahie, jusqu’au final qui m’a totalement secouée. L’auteur a su mettre en exergue des thématiques très dures, telles que le harcèlement scolaire. Tout au fil des pages, un sentiment dérangeant m’a accompagnée mais je ne me doutais pas que ce dénouement viendrait me bouleverser autant.

    Les personnages sont très bien dépeints. Sous une aura de mystère qui les nimbe, ils n’en restent pas moins attachants en ce qui concerne certains d’entre eux. Bien évidement, ma préférence va à Ayumu, que j’ai trouvé d’une grande sensibilité et surtout, il fait montre de beaucoup d’empathie.

    La plume de l’auteur est sobre. Sans user de phrases à rallonge, il fait preuve d’un certain lyrisme. C’est un style très agréable. Ce court roman est divisé en plusieurs chapitres de taille moyenne et qui gagnent en intensité peu à peu.

    Un roman dépaysant, fort et abordant une thématique très difficile. Je ressors bouleversée par l’intensité et l’ambiance pesante que l’auteur a su instaurer dans ce court récit. À découvrir.

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  • Ah l'enfance, l'innocence... Ah, le Japon, pays du Solei-levant, pays des cerisiers en fleurs, pays d'une certaine forme de raffinement que nous autres, Occidentaux, envions si souvent. Oui mais ! Oui mais derrière certaines images d'Epinal, au-delà de certains clichés, ni l'enfance, ni la...
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    Ah l'enfance, l'innocence... Ah, le Japon, pays du Solei-levant, pays des cerisiers en fleurs, pays d'une certaine forme de raffinement que nous autres, Occidentaux, envions si souvent. Oui mais ! Oui mais derrière certaines images d'Epinal, au-delà de certains clichés, ni l'enfance, ni la douceur du Soleil-levant, ne peuvent cacher certaines images, certaines séquences plus troubles, sinon plus sombres. Voire même totalement noires ! Car le Japon est aussi empreint de violence, d'obligations et de codes à respecter sous peine de devoir côtoyer le pire, l'horreur, parce que enfance peut être aussi synonyme de violence, sous couvert d'innocence sinon d'une certaine d'insouciance, en réalité une réelle toxicité.
    C'est ce que défend avec un certain brio l'auteur Hiroki Takahashi dans ce roman, Okuribi. Tout semble au mieux dans le meilleur des mondes quand le jeune Ayumu débarque dans son nouveau collège (qui fermera ses portes en fin d'année scolaire) et rencontre ses nouveaux camarades. Tout semble au mieux et pourtant, dès le début du roman, on devine que le pire se cache derrière tous les visages, tous les échanges, tous les lieux, tous les jeux. Parce que la cruauté n'a pas réellement de visage, parce que la cruauté peut se dissimuler derrière toutes le formes de douceur. Une sorte de conte philosophique qui explique la barbarie gratuite sous couvert de douceur, de candeur !
    Un coup de poing littéraire assez subtil !
    CM

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  • J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique Babelio, que je remercie vivement pour cette lecture. C’est un roman très court mais que l’on ne peut oublier : il m’a bercée de poésie, de lyrisme de façon très agréable, envoûtante, avant de me transpercer par sa violence, sa brutalité. Ce...
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    J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique Babelio, que je remercie vivement pour cette lecture. C’est un roman très court mais que l’on ne peut oublier : il m’a bercée de poésie, de lyrisme de façon très agréable, envoûtante, avant de me transpercer par sa violence, sa brutalité. Ce récit tout en contraste est, à mon goût, une parfaite réussite.

    Ayumu vient de quitter Tokyo pour emménager à Hirakawa, une petite ville de province où son père a été muté. L’adolescent a l’habitude des déménagements, il change fréquemment de collège, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Celui qui vivait dans la mégalopode intrigue ses nouveaux camarades, mais grâce à sa perspicacité et à son intelligence relationnelle, Ayumu s’intègre très rapidement à un petit groupe mené par Akira, un garçon à la personnalité agressive. Celui-ci l’initie à des « jeux », qui parfois s’apparentent à des faits de délinquance, dont Ayumu se rend complice malgré lui. Impuissant, il observe le sadisme d’Akira envers un garçon timoré, Minoru, qui est le souffre-douleur de la bande.

    Nous suivons donc le point de vue d’Ayumu, un garçon sensible, un brin philosophe, qui observe pacifiquement tout ce qui l’entoure, à commencer par la nature. Celle-ci, dans ces terres reculées du Japon est omniprésente: la végétation y est luxuriante et auprès des rivières, lacs, et rizières, se cache l’âme d’un peuple dont il apprend à connaître les coutumes et traditions. Puis la tension monte au fur et à mesure des rencontres entre les jeunes, de leurs « jeux » sournois, de leurs rapports de force, et l’on avance progressivement vers un dénouement que l’on devine cruel et implacable… La poésie opère, je m’y suis laissée prendre, et me suis retrouvée plongée comme dans du coton, avec douceur, délicatesse, dans les pages de ce roman… C’est là que le piège se referme, car la violence, lorsqu’elle survient, est inéluctable et projette le lecteur dans un abysse de cruauté.

    La qualité de ce roman réside dans ce contraste entre douceur et violence et j’ai l’impression, sans m’y connaître réellement, que ce paradoxe définit très bien la culture japonaise. C’est une bien sombre expérience que nous propose l’auteur : comme si nous entrions avec beaucoup de douceur dans un monde où la violence gratuite atteint son paroxysme ! Un roman choc!
    Retrouvez mes chroniques sur https://loeilnoir.wordpress.com/

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