Marx et la poupée

Couverture du livre « Marx et la poupée » de Maryam Madjidi aux éditions Le Nouvel Attila

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33 notes

Résumé:

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte... Voir plus

Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants pauvres de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan sans cesse en opposition avec le français, qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, comme rempart, comme moyen de socialisation, et même comme arme de séduction massive. 

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Les derniers avis

  • 0.2

    Un ouvrage construit de façon originale entre récit autobiographique, anecdotes, histoires et contes pour exprimer le malaise de Maryam, enfant exilée, enfant intégrée. J'ai beaucoup apprécié l'aspect véridique de ce livre qui nous montre des évènements et de la terreur qui existaient en Iran. J'ai pris conscience aussi de la difficulté pour les enfants exilés de s'intégrer et de se construire, cependant je peine à comprendre le message de l'auteure dans les cas cités : que propose-t-elle ? que faudrait-il ? J'admire aussi la complexité de cet enfant perdue qui a trouvé des parades pour lutter et finalement pour se construire malgré sa situation. Et l'amour des langues,et de la poésie.
    Un ouvrage complet qui fait rire , qui fait pleurer, qui fait réfléchir.

  • 0.25

    Un récit largement biographique et poétique sur l'exil qu'a vécu l'auteur; Très beau et poignant. A découvrir

  • 0.25

    Maryam Madjidi délivre des myriades d’oiseaux livresques des griffes de la tyrannie iranienne .Ce récit de miel, de sang, d’oppressions, d’une rare beauté, étonnamment puissant est un miroir fissuré par un exil forcé pour Maryam Madjidi à l’âge de six ans à Paris. Ces morceaux d’architecture sont une ubiquité à rude épreuve .Voici deux drapeaux nationaux qui s’enlacent et se déchirent tour à tour lorsque la nostalgie élève son chant de souffrances. Ces fragments d’écriture sont à l’identique d’une parole murmurante l’existentiel émoi. Cette lutte pour l’auteur de devenir authentiquement libre, est un chemin semé d’embuches mémorielles. On devient son ombre, on est fou de rage de voir cette belle Iran saccagée par la révolution. On voudrait étreindre cette Iran en folie pour changer ses habits de luttes infinies en vertus humanistes. On voudrait une France plus tolérante et douée d’accueil pour ses hôtes bousculés par ce voyage sans retour, irrévocable et violent. Comme elle est forte Maryam !!, douée par ce don exutoire d’une écriture toute en essence palpitante et digne. On est saisi par ce rythme doux et manichéen qui page après page bouleverse le lecteur et renforce les lignes d’une passerelle entre les deux rives, Française et Iranienne. « Ce pays massacre ses millions d’enfants… Il s’appelle Paul, c’est un vrai Français, pas comme toi qui es une Française en toc. .. Maryam réconcilie toi avec ta double culture. Fais la paix en toi… »Le titre emblématique « Marx et la poupée »renforce la parabole de la politique Iranienne qui brime une jeunesse talentueuse et joueuse. Où se trouve maintenant cette poupée enterrée dans le jardin familial ? Sans doute dans la rime du temps qui construira la citadelle des réconciliations, et qui sera la plus belle bâtisse sereine, libre, franche, engagée, fière, respectueuse de ses murs. C’est tout l’art de cette autobiographie, de ces jours où pas un souffle de vent indique la bonne direction pour se battre contre soi-même. Ce récit majestueux, majeur, de haute voltige, d’une éclatante mise à nue, devrait se trouver dans chaque lieu républicain, dans chaque cours de géopolitique, de citoyenneté et d’éveil à l’altruisme. On aime écouter Maryam Madjidi dire et se dire. On admire la Maison d’Edition « Le Nouvel Attila » On est fier de savoir ce grand livre porteur, en finale pour le Grand prix Hors- Concours 2017. On sait que l’on vient de lire ce que l’histoire du monde peut engendrer comme épreuves et comme forces insoupçonnables. Voici un livre à lire d’urgence.

  • 0.2

    Chronique Nathalie Bullat 1/10/2017

    Voilà encore un coup de coeur ! Maryam Madjidi raconte la difficulté de l’exil après ses douces années d’enfance en Iran. Un Iran meurtri, abîmé,saccagé par les ayatollahs et par la guerre. Les titres «conte d’exil» ou « je reviendrai tout déterrer» proposés par l’Editeur auraient parfaitement illustrés ce roman.
    Les images du Persépolis de Marjane Satrapi nous reviennent dans l’évocation de cette jeunesse meurtrie.
    Roman sur le déracinement, l’identité, l’intégration, le rejet puis la réconciliation avec ses racines.
    Ecriture particulièrement riche et poétique. Pourtant la construction narrative peut surprendre. L’auteure oscille sans cesse entre passé et présent. Elle fait des pirouettes de la première à la 3ème personne. Chacun parle à la première personne…
    Ce n’est pas vraiment un roman, mais un récit où virevoltent des souvenirs, des blessures, des joies, des interrogations.
    Elle est née 1980, ses parents communistes espéraient dans la révolution iranienne. Mais l’histoire en a décidé autrement. La police religieuse est terrifiante. Le jeune oncle de Maryam est jeté en prison, sa jeunesse sera détruite. Vivre en Iran devient dangereux.

    Arrivée à 10 ans en France elle partage une minuscule chambre de bonne avec ses parents alors qu’elle avait une belle maison avec jardin en Iran. Sa mère n’a plus le sourire. Sa grand-mère lui manque affreusement. La langue a une place importante. La petite fille finira par rejeter sa langue maternelle, le Persan, qui pour elle, évoque le deuil et la séparation. Elle devient une petite française qui fait du vélo en débardeur et short dans la rue. Jamais elle ne pourra plus faire çà en IRAN se disent ses parents qui hésitaient à rentrer mais ne peuvent pas enlever la liberté à leur fille.
    Je ne suis pas un arbre je n’ai pas de racines dit-elle à son père ! Devenue adulte, elle se souvient et regrette ses mots .
    Elle Jongle tant bien que mal entre ses deux identités.
    Mis l’Iran lui murmure de revenir. Elle y retournera régulièrement retrouver famille et amis.
    Et dans ce »chaos infernal » elle parvient à être heureuse quand elle entend un chauffeur de taxi réciter les vers d’un grand poète Iranien...

  • 0.25

    La politique occupe une place importante dans la vie de Maryam Madjidi.
    Née de parents communistes, dès sa petite enfance, elle a appris à partager et à donner ses jouets aux gamins démunis du quartier. Pas facile pour une petite fille de se séparer de sa poupée.

    Puis la famille doit se résoudre à l’exil. A leur arrivée à Paris, Maryam refuse d’abord de parler le français qu’elle maîtrise pourtant rapidement, puis se décide finalement à faire l’extrême inverse, adoptant cette nouvelle langue jusqu’à faire une croix complète sur le persan. A son père, dépité, qui lui dit que ce sont ces racines auxquelles elle tourne le dos, elle répond : « Je ne suis pas un arbre, je n’ai pas de racines ».
    J’ai beaucoup aimé ce roman, l’auteure y montre une grande sensililité qui ne peut que toucher le lecteur. J’ai souvent pensé au cours de cette lecture à « Persépolis » le roman graphique de Marjane Satrapi, comme si les deux textes s’unissaient pour raconter une seule et même histoire.
    Les chapitres se succèdent, et on se retrouve ballotté dans le temps. Les trajectoires individuelles rassemblées mettent en perspective la terrible absurdité du parcours de ces réfugiés. Le couple a laissé derrière lui son passé d’opposants politiques et mène en exil une fantomatique existence.
    On ne peut s’empêcher de ressentir une immense tendresse pour les membres de cette famille, notamment pour la grand-mère souvent convoquée dans les souvenirs de la narratrice. Toutefois avec réalisme sont aussi évoqués les relations conflictuelles ainsi que les traumatismes des souvenirs iraniens.
    Maryam Madjidi réussi grâce à une écriture sensible, pleine de poésie, avec aussi une pointe d’humour à raconter l’exil, la tristesse du déracinement mais aussi la reconstruction et la réconciliation avec soi-même.

  • 0.25

    Maryam Madjidi nous livre, avec Marx et la poupée, un récit très fort sur l’exil, le déracinement, l’identité, et le rôle de la langue comme vecteur de la culture. Un premier roman de toute beauté.
    Nous assistons aux trois naissances de Maryam : sa naissance originelle en Iran, de parents militants communistes pendant la révolution iranienne; sa deuxième naissance en France où ses parents se sont exilés; et une troisième naissance lorsque, à l’occasion de sa thèse, elle apprend le persan littéraire et retourne en Iran pour y trouver un apaisement et une réconciliation avec ses origines.
    L’auteur nous décrit tour à tour, avec beaucoup d’émotion et des images puissantes, la difficulté pour une enfant de quitter son pays, abandonnant livres et jouets, et donc tous biens matériels au nom de l’idéal communiste. Sans verser dans le pathos, Maryam Madjidi décrit très bien l’arrachement, la violence du déracinement, et le sentiment d’isolement une fois arrivée en France. Pour autant, la soif de vie et l’adaptabilité de l’enfance prendront rapidement le dessus et permettront à Maryam de s’intégrer dans ce pays de liberté, quitte à jouer, le moment opportun, de sa double culture et des images mythiques que véhiculent ses origines iraniennes. Ce n’est pourtant que le retour en Iran, aussi perturbant sera-t-il, qui lui permettra de trouver son identité propre.
    Les portraits des parents, de la grand-mère et des deux oncles, sont de véritables déclarations d’amour de Maryam à ses proches. La voix off de la grand-mère qui veille à distance, attentive et aimante, est particulièrement touchante.
    Un premier roman très sensible, à l’écriture poétique et la construction aboutie. On a hâte de découvrir le suivant!
    https://accrochelivres.wordpress.com/2017/08/09/marx-et-la-poupee-maryam-madjidi/

  • 0.15

    Le livre commence avec les horreurs du régie de Khomeini, semblables à celles du régime du Shah, qui l'a précédé. Le récit de cette désillusion, d'autres auteurs l'avaient mieux écrit (Marjane Satrapi par exemple). Rien d'original donc. L'histoire gagne en intérêt quand l'auteur nous parle de sa vie en exil, de son dur apprentissage du français, de sa quête d'identité. Elle le fait avec beaucoup de sensibilité et de poésie. Les références aux grands poètes perses (ex: Khayyam) ne sont jamais loin.
    Je n'ai pas été bouleversé par ce roman parce que j'avais beaucoup lu sur l'Iran et la période post-révolutionnaire. En revanche, j'admets que c'est un premier roman bluffant de sincérité et d'intelligence. La psychologie d'une enfant traumatisée par son déracinement est présentée avec finesse.

  • 0.2

    Un premier roman réussi, une écriture poétique, sensible, parsemée de poèmes persans. L'histoire d'une petite fille qui doit couper ses racines et survivre à l'exil. Elle quitte l'Iran, sa grand-mère, sa maison, son univers, les saveurs orientales des plats savamment mitonnés, les odeurs, l'ambiance qui l'a bercée depuis sa naissance, elle n'a que 6 ans.
    Pourtant, rien n'était simple avec ses parents, militants actifs, opposés au régime en place ; déjà dans le ventre de sa mère, elle se souvient d'avoir été malmenée lorsque sa mère participait à des manifestations, le déchirement d'avoir à offrir aux autres enfants ses jouets, ordre de ses parents communistes convaincus que le partage est nécessaire dès l'enfance.
    Un beau récit émouvant où la douleur de l'exil est omniprésente. L'apprentissage de la langue française, la vie étriquée au 6ème étage d'un immeuble parisien, la mère absente, les yeux vers l'horizon, les premiers croissants du matin qu'elle n'arrive pas à goûter, le père qui fait des petits boulots pour subvenir aux besoins de la famille.
    Et malgré tout l'impossibilité de retourner vivre en Iran en femme libre et éduquée.
    Et puis la réconciliation avec elle-même, l'acceptation, la lucidité et le soulagement d'un retour en France.
    Un très beau texte à ne pas manquer.

  • 0.25

    « Un homme est assis seul, dans une cellule. Il tient dans une main une pierre, de l’autre une aiguille à coudre. Il creuse la pierre avec la pointe de l’aiguille.... Il grave un nom , une manière de dire qu’il pense à elle, ce bébé qui n’a que quelques jours et la vie devant soi ».

    Maryam Madjidi n’est encore qu’une enfant, lorsqu’avec ses parents, elle quitte son pays, l’Iran. Elle ne comprend pas le pourquoi de cet exil, cette déchirure, cet abandon de tout ce qui faisait sa vie de petite fille, les jouets qu’il faut donner, et les livres qu’il faut enterrer.

    « Marx et la poupée » est le récit d’un déracinement, d’un enracinement dans un pays (la France) dont les codes, la langue, les odeurs sont totalement inconnus.

    Maryam conte plus qu’elle ne raconte. Elle conte l’adieu, l’exil dans sa vérité nue,le poing levé et le poing qui s’ouvre.

    « Ouvre le poing et ne détruis pas ce que tu tiens à peine dans ta main »

    Elle conte la souffrance, la peur, la mémoire endormie et réveillée. Celle qui sauve de l’oubli.

    Elle chante la Perse, la poésie, Omar Khâyam et Hâfez.

    Elle peint la vie, la mort, la peur, le sublime, une étoile filante.

    Elle raconte les trois naissances qui ont été nécessaires à la réconciliation entre la persane et la française.

    J’ai été totalement emportée par ce roman tissé par la grâce, la lumière, et l’indubitable talent de Maryam Madjidi.

    J’ai été bouleversée par le destin de cette famille, par le lien entre l’enfant et ses parents, par cette grand-mère aux « mains ridées, aux veines saillantes », symbole de la libération et de la liberté d’Etre Soi.

    La mémoire qui sommeille en chacun de nous, les racines auxquelles on ne peut échapper, la transmission intergénérationnelle, et bien sûr la dénonciation de la dictature en Iran, sont les principaux ingrédients de ce roman aux accents autobiographiques, aux senteurs de thé noir et de panir-é-Tabriz, aux intonations de farsi, aux douces sonorités poétiques.

    « Marx et la poupée » est un livre lumineux, à l’écriture puissante.

    Il a reçu le prix Goncourt du Premier Roman 2017, ainsi que le le 13e prix Ouest-France Etonnants voyageurs.

    Je remercie lecteurs.com pour cette lecture inoubliable, découverte dans le cadre des 30 romans sélectionnés pour le prix Orange du Livre.

    Merci aux Editions le Nouvel Attila et à Maryam pour les émotions, les émotions, les sourires, les rires, et les yeux qui piquent !

    « Je suis une guirlande de mots accrochée à un arbre qu’un enfant montre du doigt »

  • 0.25

    Ni roman, ni récit, ni journal et tout à la fois, la poésie en plus, parfois le conte. Lu d'une traite (ou presque) et par moment à voix haute pour en profiter encore plus. Un petit livre sur l'exil, le rapport à la langue (maternelle ou non), à la culture, à la famille... A ne pas manquer !

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