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L'ultime testament

Couverture du livre « L'ultime testament » de Giulio Cavalli aux éditions L'observatoire
Résumé:

Depuis que les émotions ont été abolies, le petit pays de DF ne s'est jamais aussi bien porté. Du Centre pour l'enfance où sont élevés les nourrissons à la zone pavillonnaire où se voient assignés les adultes, les habitants de DF sont des êtres résolument raisonnables. C'est simple, tout ce qui... Voir plus

Depuis que les émotions ont été abolies, le petit pays de DF ne s'est jamais aussi bien porté. Du Centre pour l'enfance où sont élevés les nourrissons à la zone pavillonnaire où se voient assignés les adultes, les habitants de DF sont des êtres résolument raisonnables. C'est simple, tout ce qui est susceptible d'émouvoir est interdit : à quoi bon le rouge et le jaune, quand existent le gris 422 et le noir 727 ; finie la notion poussiéreuse de famille, ici le couple est un partenariat à visée reproductive en CDD ; et qui a besoin de musique et de peinture lorsqu'il y a la salle de sport où exsuder ses humeurs ?

Aussi lorsque Fausto est surpris en flagrant délit d'émotivité, il n'y a pas de temps à perdre : direction l'hôpital. Mais comment ne plus ressentir quand la doctoresse Anna Cordio est si jolie et que son voisin de chambre cache des livres sous son matelas ? Les habitants de DF sont des êtres résolument raisonnables... jusqu'à l'étincelle.

Giulio Cavalli poursuit son exploration du roman d'anticipation comme arme politique et littéraire. Une grande oeuvre, désespérément drôle, joyeusement tragique.

Né à Milan en 1977, écrivain, journaliste et dramaturge, Giulio Cavalli vit depuis 2007 sous protection policière pour son engagement dans la lutte antimafia. Après À l'autre bout de la mer (Observatoire, 2021), L'Ultime Testament est son deuxième roman publié en France.

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Articles (1)

Avis (3)

  • Qu'il fait bon vivre à DF!
    Pour le bonheur de ses habitants, tout ce qui provoque des émotions est interdit : la musique, la littérature, la danse, la sculpture, la cuisine, l'amour, la peur... L'alcool est distribué sous forme de pilule à ingérer avant de rencontrer ses rapprochés, des...
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    Qu'il fait bon vivre à DF!
    Pour le bonheur de ses habitants, tout ce qui provoque des émotions est interdit : la musique, la littérature, la danse, la sculpture, la cuisine, l'amour, la peur... L'alcool est distribué sous forme de pilule à ingérer avant de rencontrer ses rapprochés, des personnes choisies pour vous avec qui vous êtes autorisés à passer votre temps libre, votre femme vous est assignés pour 5 ans, et les seuls moments d'intimités avec elle sont autorisés uniquement pour procréer.
    Vos enfants vous sont enlevés dès la naissance et placés dans un centre d'éducation. Les habitations sont toutes identiques selon la classe de citoyen à laquelle vous appartenez.
    Les couleurs sont bannies, seules les nuances de gris, noir et blanc sont autorisées et vous n'entendrez aucune musique car même les ouvriers sont priés de travailler en évitant toute mélodie rythmique avec leurs instruments de travail.

    "Quelle horreur!" Allez-vous me dire?

    Et bien non, puisque dès la naissance, avant même votre premier cri, vous recevez un vaccin vous enlevant toutes formes d'empathie, gommant toutes les émotions qui peuvent venir faire dérailler le programme mis au point par le gouvernement.
    Mais ce vaccin a ses failles et lorsque quatre habitants de DF sont hospitalisés car il semblerait qu'ils ressentent quelques émotions, c'est tout le système du Président Bussoli et de ses bénis "oui oui" qui va s'en retrouver ébranlé!
    Les premières lignes sont déroutantes car la mise en page est plutôt atypique : de longues, très longues phrases et des dialogues insérés dans la narration, mais cela produit l'effet escompté par l'auteur, j'imagine : on suffoque, on se sent oppressé, à l'image de cet état où tout le monde est contrôlé!

    Vous l'aurez compris, c'est une très belle découverte! Alors n'hésitez pas et laissez-vous tenter par ce roman qui se dévore!

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  • "... il y a des endroits où on peut choisir sa maison avec des pièces, des couleurs et des goûts différents, et si le goût existe alors la beauté existe et ainsi l'amour éclot"

    La vie à DF est paisible. La nourriture, la décoration, le travail, tout est décidé pour les citoyens. Même le...
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    "... il y a des endroits où on peut choisir sa maison avec des pièces, des couleurs et des goûts différents, et si le goût existe alors la beauté existe et ainsi l'amour éclot"

    La vie à DF est paisible. La nourriture, la décoration, le travail, tout est décidé pour les citoyens. Même le partenaire reproductif est affecté pour une durée limitée, et les enfants placés dès la naissance dans des centres pour y grandir. Ni enfants, ni vieux, ni couleurs, ni goûts, ni désirs. Paisible.

    Fausto est pris d'un sentiment, ce qui est parfaitement anormal. Il va donc à l'hôpital. Il va y rencontrer deux choses redoutables : la beauté d'une femme, et des livres.

    " Des heures à lire ainsi de façon obscène, sauvage, crasseuse, misérable, avec le besoin de rejeter cette couverture qui s'effilochait et la tête qui explosait de questions, mais pourquoi ? Où ? Comment est-ce possible ? Cela existe-t-il vraiment ?"

    Soudain, une fenêtre sur autre chose. Des émotions, des envies. Une étincelle de vie s'est allumée.
    La liberté, ce serait de sentir. D'aimer. De désirer. De pleurer. Mais les émotions peuvent être terribles aussi, et le prix lourd à payer.
    Faut-il tous les réveiller ?

    "On doit s'habituer à la liberté et s'habituer est parfois douloureux, c'est pourquoi bien des hommes préfèrent la familiarité rassurante des chaînes."

    Immense coup de poing que ce roman glaçant. Un style particulier, condensé, où les dialogues se fondent dans les phrases sans vraiment de ponctuation. Froid, comme DF. Une réflexion intelligente sur la société. J'y ai vu plus qu'une dystopie théâtrale. Vraiment plus. Un écho douloureux, carrément. Un avertissement.

    "Une peur sans pensée est une guerre qui couve sous la braise, un amas de citoyens prêts à devenir soldats, à détruire au nom de la légitime défense, une horde autorisée à anéantir quiconque menace la sérénité du peuple et de la nation, le gouvernement de DF avait recruté la plus grande armée à disposition du pouvoir, les apeurés."

    Certains passages sont transposables au présent, tellement. Et c'est ça qui en fait un de ces romans qui bousculent.

    Immense coup de cœur.

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  • Pépite !

    Imaginez une ville où les citoyens ne ressentent ni empathie ni sentiment. Une ville sans couleur, sans livre, sans culture, sans musique, sans amour, sans amis, sans bon repas, sans sexe (uniquement pour procréer), sans loisirs….une ville où le gouvernement détermine les menus,...
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    Pépite !

    Imaginez une ville où les citoyens ne ressentent ni empathie ni sentiment. Une ville sans couleur, sans livre, sans culture, sans musique, sans amour, sans amis, sans bon repas, sans sexe (uniquement pour procréer), sans loisirs….une ville où le gouvernement détermine les menus, choisit les couples, les relations, les professions, les lieus d’habitation en fonction d’un classement…..
    Une ville où tout est maîtrisé par le gouvernement et son président.
    Une ville où l’on fait un vaccin à tous les nourrissons afin de supprimer les émotions, les sentiments et l’empathie dès la naissance !
    Imaginez un hôpital où l’on conduit les habitants « étranges » ayant ri ou ressenti un semblant d’émotion…… Imaginez 3 hommes dans une même chambre, un marché noir de livres, de vêtements colorés, de nourriture…..
    Imaginez une brigade des sentiments essayant de changer les choses…..

    C’est fou ! C'est terrifiant ! C’est génial ! C’est original !
    Une très belle découverte ! J’ai adoré !

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