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L'insoumise de la porte de Flandre

Couverture du livre « L'insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui aux éditions Julliard
  • Date de parution :
  • Editeur : Julliard
  • EAN : 9782260030416
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d'un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là,... Voir plus

Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d'un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là, elle se faufile discrètement dans un immeuble et en ressurgit quelques minutes plus tard habillée à l'occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis elle reprend sa marche, toujours en flânant. Par des détours sinueux, elle atteint finalement le quartier malfamé de l'Alhambra, pousse la porte d'un sex-shop, pénètre dans une cabine où dansent des strip-teaseuses et se prépare à entrer en scène. Avant de rentrer tranquillement chez elle. Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel, aller et retour, se répète inlassablement. Jusqu'au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux de Fatima, décide de la suivre pour s'assurer qu'elle est bien l'épouse idéale. Sa déconvenue est au-delà de tous ses pires cauchemars.
Mais qui, de ces trois femmes, est véritablement Fatima ? Celle, pudique, qui fuit le regard des hommes sous son voile ? Celle, émancipée, qui leur sourit en caressant sa chevelure ? Ou bien celle, affolante, qui les électrise de son corps dénudé ? À cette question, Fawzi, terrassé par la jalousie, n'est pas en mesure de répondre. Pas plus que le journaliste, intrigué par leurs agissements, qui les suit à son tour dans la ville en projetant sur eux d'absurdes scénarios terroristes. Car ce mystère, c'est à Fatima, et à elle seule, de l'élucider. Ce qu'elle fera, après un coup de théâtre imprévu.

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Articles (1)

Avis (4)

  • D'abord il y a Fatima , une femme qui avance le visage baissé et à pas mesurés dans les rues de Mollenbeck . Elle cache en elle « trois ou quatre personnalités emboitées les unes dans les autres comme ces matriochkas russes vivement colorées, à ce détail près que dans son cas, elle est vêtue de...
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    D'abord il y a Fatima , une femme qui avance le visage baissé et à pas mesurés dans les rues de Mollenbeck . Elle cache en elle « trois ou quatre personnalités emboitées les unes dans les autres comme ces matriochkas russes vivement colorées, à ce détail près que dans son cas, elle est vêtue de noir », d'une djellaba et d'un voile islamique , C'est une de celles qu'on appelle « ninja » ou « corbeau ». Elle se rend à son « travail », où elle deviendra « Dany la louve » .

    Et puis, il y a Fawzi qui la suit , qui l'observe attentivement , cherche des preuves de ses bonnes mœurs . Il attend son heure ….Plus loin, c'est une jeune fille attirante, légère et court vêtue qu'il suit …..

    Enfin, il y a Eddy KoeKoek, un journaliste intrigué . « Pourquoi un marocain morose qui fila naguère un corbeau filait-il maintenant une bimbo ? ». Il les prend alors en filature , flairant quelque chose de louche .

    Un roman essentiellement narratif . Peu de dialogues , surtout des monologues intérieurs . En suivant l'avancée de chaque personnage, le lecteur suit en même temps son cheminement intérieur , tout ce qu'il rumine en lui-même .

    L'histoire d'une insoumise en marche en quête d'une vengeance qui prendra une tournure inattendue .

    Une histoire menée à un rythme allègre et dont la saveur tient à la plume réjouissante de Fouad Laroui et à l'humour acerbe par lequel il dénonce la condition de la femme dans le monde musulman .

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  • Voici un ouvrage qu'il me tardait de lire, non seulement parce que les livre de cet auteur ne me déçoivent jamais mais aussi par le sujet qu'il a décidé d'aborder dans celui-ci.
    Fatima est une jeune fille en manque d'indépendance dans une Belgique où commence à fleurir les les tenues sombres,...
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    Voici un ouvrage qu'il me tardait de lire, non seulement parce que les livre de cet auteur ne me déçoivent jamais mais aussi par le sujet qu'il a décidé d'aborder dans celui-ci.
    Fatima est une jeune fille en manque d'indépendance dans une Belgique où commence à fleurir les les tenues sombres, née de parents marocains et installée à Molenbeek elle a toujours appris à passer inaperçue. Elle est brillante et suit des cours à l'université mais un jour la voilà qui arbore elle-aussi cette tenue noire dont seul l'ovale du visage apparaît, Fatima sort ainsi du quartier de Molenbeek.
    Une fois passé le pont qui sépare son quartier du reste de la ville, elle se faufile dans une rue, rejoint l'appartement d'une amie et se transforme en une jeune fille éperdue de liberté. Sa vie à l'extérieur de ce carcan que représente son quartier et le poids du regard des autres est à l'opposé de ce que son éducation lui enjoint de faire. C'est en s'ouvrant aux autres qu'elle s'émancipe et retrouve son corps, elle se sent libre enfin et tout se passe très bien jusqu'au jour où Fawzi son fiancé auto-proclamé décide de la suivre.

    Je retrouve dans ce roman le style de l'auteur n'hésitant pas à teinter d'humour un sujet épineux, j'ai aimé cette jeune femme qui cherche à se libérer de tout ce qui l'a enfermé: éducation, environnement, le regard de ceux que l'on nomme voisins et qui d'un seul mot peuvent anéantir une vie. Tous ces personnages choisi par l'auteur ne sont pas caricaturaux du tout, ils représentent malheureusement bien l'état actuel des choses, le genre humain est riche en bêtise mais que voulez vous? il faut de tout pour faire un monde paraît-il!

    Le roman est court mais l'intrigue prenante, chaque chapitre accorde la parole à un personnage revenant parfois sur les faits afin que l'on s'imprègne bien des pensées de chacun. Un très bon moment de lecture, je vous recommande cet auteur.

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  • Fatima est issue d'une famille marocaine vivant à Molenbeek. Son quartier a changé les dernières années, de longues robes noires recouvrent les corps, un voile cercle l'ovale des visages des femmes, c''était pas comme cela avant...

    Fatima est très intelligente et cultivée, elle poursuit des...
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    Fatima est issue d'une famille marocaine vivant à Molenbeek. Son quartier a changé les dernières années, de longues robes noires recouvrent les corps, un voile cercle l'ovale des visages des femmes, c''était pas comme cela avant...

    Fatima est très intelligente et cultivée, elle poursuit des études supérieures à l'université libre de Bruxelles avec brio, elle est libre mais depuis deux mois elle a décidé aussi de porter le niqab et la djellaba à la surprise de ses parents, influencée sans doute par le poids des regards dans son quartier.

    Lorsqu'elle quitte son quartier, elle se métamorphose en se changeant chez sa copine en jeune fille moderne, libérée, sexy même. Elle a "mis en suspens " ses cours pour disparaître l'après-midi rue de Malines où elle devient Dany et exhibe son corps nu dans un sex-shop. Elle a dit-elle envie de se venger du regard des hommes. Elle reviendra bientôt à ses études fermant cette parenthèse.

    Tout va pour le mieux si l'on peut dire mais il y a Fawtzi. Il vend des téléphones portables dans son quartier et il s'est auto proclamé son fiancé... Un jour il la prend en filature et tout basculera. Un journaliste Eddy Koekboek sera témoin de l'affaire à sa façon....

    Je m'arrête ici pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture et les rebondissements à venir.

    Un sujet d'actualité, dans un quartier hypermédiatisé ; Molenbeek, on parle des "corbeaux" comme certains les appellent , toutes vêtues de noir, telle est la vision de la femme musulmane. Fatima s'étonne en effet du changement d'attitude de son père lorsqu'adolescente devenant, elle ne trouve plus la place sur les genoux de son père, plus jamais un câlin paternel...

    Le poids des traditions, de la religion. La femme est la "chose" de l'homme. L'auteur avec beaucoup d'adresse démontre aussi les motivations et interprétations que l'on peut donner à certains actes; c'est facile de parler "terrorisme" et de dire qu'un acte isolé en est. Des oeillères et des préjugés empêchent souvent d'être rationnel. Il ne faut pas se fier aux apparences.

    J'ai vraiment beaucoup apprécié la plume de Fouad Laroui que je découvrais ici. Elle est fluide, teintée d'humour et d'ironie, très juste et nous amène à nous poser des questions sur une société en changement guidée par des préjugés et de l'irrationnel sur un sujet brûlant.


    C'est un coup de coeur ♥♥♥♥♥


    Les jolies phrases

    Et puis cette phrase lue dans un livre de Ben Jelloun, à propos d'une jeune femme mariée à un vieillard pieux : "il lui lève les jambes, dit "Au nom de Dieu" et enfonce son membre dans la chair qui palpite dans l'obscurité". Le sacrificateur enfonce le couteau bien aiguisé dans la chair de l'animal.

    Que dit le verset coranique ? "Vos femmes sont un champ pour vous" Labourez et semez, complète-t-elle en pensée. Cheval de labour. Cheval de trait. Elle voit distinctement une image. Ardennais, Brabançon. Elle, qu'est-elle ? Jument, pouliche ?

    Elle se venge des uns en se dénudant pour les autres, et se venge de ceux-là en ne leur accordant rien.

    Honte ? Non. Je n'ai pas de honte. Personne ne connaît mon nom. Je n'y suis pour personne. Dès que les lumières s'éteignent, je cesse d'apparaître. On peut paraître et ne pas être : c'est moi, ça. Ma condition. De femme, objet, corps.

    C'est plus compliqué, quand il s'agit de franchir le pont qui mène à la Porte de Flandre, celui qui enjambe le canal qui sépare les Marocains des Belges.

    On se fait des idées, mais les idées tuent.

    L'ampleur de la trahison se révèle par bribes. La chevelure en cascade sur les épaules... Il a l'impression qu'elle marche nue (ne disait-on pas, chez lui, 'elle est sortie nue' pour exprimer 'elle est sortie en cheveux '?), il croit revivre ses rêves qui le hantent fréquemment où elle s'offre nue la nuit de noces - mais ce n'est jamais en pleine rue, et certainement pas dans celle des Poissonniers.

    Le point commun est celui-ci : la radicalisation précède la conversion. L'islam n'est qu'un prétexte, comme le fut autrefois le tiers-monde ou "la cause du peuple" (il mima de ses doigts les guillemets) ou la révolution prolétarienne.

    Ce n'est pas en répétant à ces hébétés qu'il y a un islam pacifique, ce n'est pas en essayant de les orienter vers le soufisme qu'on va les convaincre. Autant proposer une tasse de camomille à quelqu'un qui réclame de la vodka - si j'ose dire, vu le sujet...




    https://nathavh49.blogspot.be/2017/10/linsoumise-de-la-porte-de-flandre-fouad.html

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  • Oui, elle est peu ordinaire Fati, de parents marocains installés à Molenbeek qui, trop vieux, ne sortent plus de chez eux. Elle a entrepris des études supérieurs mais, un jour, elle décide de les suspendre.

    Fati sort de chez ses parents, dans le quartier, habillée en noir de pieds en cap,...
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    Oui, elle est peu ordinaire Fati, de parents marocains installés à Molenbeek qui, trop vieux, ne sortent plus de chez eux. Elle a entrepris des études supérieurs mais, un jour, elle décide de les suspendre.

    Fati sort de chez ses parents, dans le quartier, habillée en noir de pieds en cap, seul son visage est visible, musulmane en drap sombre qui tente de prendre le moins de place possible comme le lui a appris sa mère.

    Mais sortie du quartier, Fati a une autre vie, une vie inimaginable pour son fiancé auto-proclamé Fawzi qui un jour décide de suivre cette jeune femme bien sous tout rapport. Sauf que Fawzi, qui, disons-le tout net a un petit poids dans la tête, va tomber sur un os.

    J’ai adoré cette jeune femme indépendante et sûre d’elle, capable d’argumenter et qui cherche à retrouver son corps et la jouissance de celui-ci.

    J’ai aimé le style de l’auteur, son humour, sa façon de nous décrire ce quartier sensible et ses lois, les rapports humains engendrés par cette situation.

    Merci, M. Laroui, je découvre votre plume avec ce roman, et, en le refermant, je me suis sentie plus riche.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de Fawzi qui crève un mannequin de vitrine de sous-vêtements à coup de couteau.

    http://alexmotamots.fr/linsoumise-de-la-porte-de-flandre-fouad-laroui/

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