Fouad Laroui

Fouad Laroui
Professeur de littérature à l'université d'Amsterdam, romancier, poète, journaliste et critique littéraire, Fouad Laroui a publié, entre autres, aux Éditions Julliard : Les Dents du topographe, De quel amour blessé, Méfiez-vous des parachutistes, Tu n'as rien compris à Hassan II, Le Jour où Malik... Voir plus
Professeur de littérature à l'université d'Amsterdam, romancier, poète, journaliste et critique littéraire, Fouad Laroui a publié, entre autres, aux Éditions Julliard : Les Dents du topographe, De quel amour blessé, Méfiez-vous des parachutistes, Tu n'as rien compris à Hassan II, Le Jour où Malika ne s'est pas mariée (sélectionné pour le Goncourt de la nouvelle 2010), Une année chez les Français (sur la liste du prix Goncourt 2010) et, chez Robert Laffont, De l'islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.

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  • Autour d'un verre avec Fouad Laroui

Articles (7)

Avis (60)

  • Couverture du livre « Tu n'as rien compris à Hassan II » de Fouad Laroui aux éditions Pocket

    Stéphanie Giovinazzo Cissoko sur Tu n'as rien compris à Hassan II de Fouad Laroui

    Recueil de nouvelles qui débute dans un café sur ce petit groupe d'intellectuels qui débattent sur la place qu'occupera Hassan II dans l'Histoire du Maroc mais l'un d'entre eux est bien plus occupé à contempler une jeune femme assise seule et pleurant. Il faut se poser la question de qu'est ce...
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    Recueil de nouvelles qui débute dans un café sur ce petit groupe d'intellectuels qui débattent sur la place qu'occupera Hassan II dans l'Histoire du Maroc mais l'un d'entre eux est bien plus occupé à contempler une jeune femme assise seule et pleurant. Il faut se poser la question de qu'est ce qui est réellement important dans la vie.
    Les seize nouvelles qui composent ce livre sont donc des tranches de vie, un petit œil sur le quotidien à la fois drôle et déprimant. Fouad Laroui aborde toujours des thèmes délicats avec subtilité, enrobant la tristesse d'un voile d'humour, accompagnant les personnages avec délicatesse en s'émerveillant de la bêtise et en plaisantant de la beauté.
    Tout est affaire de façon de voir et d'aborder ce qui nous entoure, c'est vers cette idée que ces nouvelles nous emportent; que dire de Didi cet homme reconnu par ses pairs seulement parce qu'il porte un costume Pierre Cardin ou bien encore de ce célèbre poète qui devient fou car ne trouve pas de rime avec le mot kalachnikov.
    J'ai été amusé par celle de cet homme qui doit sa réussite à un père qui le premier dans le village acquis une télévision captant d'ailleurs des émissions des îles Canaries. Pas très épais mais bien fourni, ce livre d'à peine 120 pages est un condensé de bonne humeur et d'absurde, des portraits de gens simples, de scènes saugrenues mais où transparaît toute la folie de l'être humain.

  • Couverture du livre « L'insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui aux éditions Julliard

    Stéphanie Giovinazzo Cissoko sur L'insoumise de la porte de Flandre de Fouad Laroui

    Voici un ouvrage qu'il me tardait de lire, non seulement parce que les livre de cet auteur ne me déçoivent jamais mais aussi par le sujet qu'il a décidé d'aborder dans celui-ci.
    Fatima est une jeune fille en manque d'indépendance dans une Belgique où commence à fleurir les les tenues sombres,...
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    Voici un ouvrage qu'il me tardait de lire, non seulement parce que les livre de cet auteur ne me déçoivent jamais mais aussi par le sujet qu'il a décidé d'aborder dans celui-ci.
    Fatima est une jeune fille en manque d'indépendance dans une Belgique où commence à fleurir les les tenues sombres, née de parents marocains et installée à Molenbeek elle a toujours appris à passer inaperçue. Elle est brillante et suit des cours à l'université mais un jour la voilà qui arbore elle-aussi cette tenue noire dont seul l'ovale du visage apparaît, Fatima sort ainsi du quartier de Molenbeek.
    Une fois passé le pont qui sépare son quartier du reste de la ville, elle se faufile dans une rue, rejoint l'appartement d'une amie et se transforme en une jeune fille éperdue de liberté. Sa vie à l'extérieur de ce carcan que représente son quartier et le poids du regard des autres est à l'opposé de ce que son éducation lui enjoint de faire. C'est en s'ouvrant aux autres qu'elle s'émancipe et retrouve son corps, elle se sent libre enfin et tout se passe très bien jusqu'au jour où Fawzi son fiancé auto-proclamé décide de la suivre.

    Je retrouve dans ce roman le style de l'auteur n'hésitant pas à teinter d'humour un sujet épineux, j'ai aimé cette jeune femme qui cherche à se libérer de tout ce qui l'a enfermé: éducation, environnement, le regard de ceux que l'on nomme voisins et qui d'un seul mot peuvent anéantir une vie. Tous ces personnages choisi par l'auteur ne sont pas caricaturaux du tout, ils représentent malheureusement bien l'état actuel des choses, le genre humain est riche en bêtise mais que voulez vous? il faut de tout pour faire un monde paraît-il!

    Le roman est court mais l'intrigue prenante, chaque chapitre accorde la parole à un personnage revenant parfois sur les faits afin que l'on s'imprègne bien des pensées de chacun. Un très bon moment de lecture, je vous recommande cet auteur.

  • Couverture du livre « Ce vain combat que tu livres au monde » de Fouad Laroui aux éditions Julliard

    Stéphanie Giovinazzo Cissoko sur Ce vain combat que tu livres au monde de Fouad Laroui

    Comme à son habitude Fouad Laroui utilise un fait spécifique de notre vie contemporaine y ajoute un brin d'humour pour partager son avis sur la question. Dans ce roman Ali un jeune ingénieur marocain travaillant en France vit un amour simple avec Malika institutrice, il emménage ensemble et tout...
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    Comme à son habitude Fouad Laroui utilise un fait spécifique de notre vie contemporaine y ajoute un brin d'humour pour partager son avis sur la question. Dans ce roman Ali un jeune ingénieur marocain travaillant en France vit un amour simple avec Malika institutrice, il emménage ensemble et tout aurait pu aller pour le mieux sauf qu'à cause des préjugés d'un gros client américain Ali est écarté du plus important projet de sa société.
    Blessé par cette injustice il sombre dans la dépression avant de se tourner vers la religion et poussé par son cousin Brahim s'oriente de plus en plus vers un extrémisme dangereux qui le conduira en Syrie. Le réveil sera dur pour Ali.

    C'est à la lecture du roman que j'ai pu comprendre le sens du titre, Ce vain combat que tu livres au monde est réellement un combat qu'aurait pu livrer Ali pour dénoncer l'injustice mais a préféré un autre mode de lutte pas très réjouissant. Un sujet lourd qui est pourtant traité avec humour par l'auteur, le piège dans lequel Ali est tombé est devenu tellement connu depuis tous ces terribles attentats que cela ne nous est plus étranger. Nous connaissons dorénavant les façons de faire des recruteurs et somme hébété de voir avec quelle facilité une tête bien pensante comme Ali a pu se faire influencer de la sorte, l'auteur intègre quelques données historiques permettant au lecteur de comprendre comment on a pu en arriver là.
    A côté de ce personnage complètement perdu dans une société qu'il ne comprend plus, nous suivons également Malika la petite amie qui ne sait plus comment agir avec Ali et sa meilleure amie qui représente à elle seule une société libérée de tout carcan.

    Roman et document à la fois, Fouad Laroui a su traiter dans ce livre un sujet grave en prenant le recul nécessaire pour ne pas juger complètement. Son humour et son art de conteur transforme cette lecture en vrai plaisir. Je n'ai pas lu toute la bibliographie de l'auteur mais j'ai, avec quelques ouvrages, adhérer totalement à son écriture.

  • Couverture du livre « L'insoumise de la porte de Flandre » de Fouad Laroui aux éditions Julliard

    nathalie vanhauwaert sur L'insoumise de la porte de Flandre de Fouad Laroui

    Fatima est issue d'une famille marocaine vivant à Molenbeek. Son quartier a changé les dernières années, de longues robes noires recouvrent les corps, un voile cercle l'ovale des visages des femmes, c''était pas comme cela avant...

    Fatima est très intelligente et cultivée, elle poursuit des...
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    Fatima est issue d'une famille marocaine vivant à Molenbeek. Son quartier a changé les dernières années, de longues robes noires recouvrent les corps, un voile cercle l'ovale des visages des femmes, c''était pas comme cela avant...

    Fatima est très intelligente et cultivée, elle poursuit des études supérieures à l'université libre de Bruxelles avec brio, elle est libre mais depuis deux mois elle a décidé aussi de porter le niqab et la djellaba à la surprise de ses parents, influencée sans doute par le poids des regards dans son quartier.

    Lorsqu'elle quitte son quartier, elle se métamorphose en se changeant chez sa copine en jeune fille moderne, libérée, sexy même. Elle a "mis en suspens " ses cours pour disparaître l'après-midi rue de Malines où elle devient Dany et exhibe son corps nu dans un sex-shop. Elle a dit-elle envie de se venger du regard des hommes. Elle reviendra bientôt à ses études fermant cette parenthèse.

    Tout va pour le mieux si l'on peut dire mais il y a Fawtzi. Il vend des téléphones portables dans son quartier et il s'est auto proclamé son fiancé... Un jour il la prend en filature et tout basculera. Un journaliste Eddy Koekboek sera témoin de l'affaire à sa façon....

    Je m'arrête ici pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture et les rebondissements à venir.

    Un sujet d'actualité, dans un quartier hypermédiatisé ; Molenbeek, on parle des "corbeaux" comme certains les appellent , toutes vêtues de noir, telle est la vision de la femme musulmane. Fatima s'étonne en effet du changement d'attitude de son père lorsqu'adolescente devenant, elle ne trouve plus la place sur les genoux de son père, plus jamais un câlin paternel...

    Le poids des traditions, de la religion. La femme est la "chose" de l'homme. L'auteur avec beaucoup d'adresse démontre aussi les motivations et interprétations que l'on peut donner à certains actes; c'est facile de parler "terrorisme" et de dire qu'un acte isolé en est. Des oeillères et des préjugés empêchent souvent d'être rationnel. Il ne faut pas se fier aux apparences.

    J'ai vraiment beaucoup apprécié la plume de Fouad Laroui que je découvrais ici. Elle est fluide, teintée d'humour et d'ironie, très juste et nous amène à nous poser des questions sur une société en changement guidée par des préjugés et de l'irrationnel sur un sujet brûlant.


    C'est un coup de coeur ♥♥♥♥♥


    Les jolies phrases

    Et puis cette phrase lue dans un livre de Ben Jelloun, à propos d'une jeune femme mariée à un vieillard pieux : "il lui lève les jambes, dit "Au nom de Dieu" et enfonce son membre dans la chair qui palpite dans l'obscurité". Le sacrificateur enfonce le couteau bien aiguisé dans la chair de l'animal.

    Que dit le verset coranique ? "Vos femmes sont un champ pour vous" Labourez et semez, complète-t-elle en pensée. Cheval de labour. Cheval de trait. Elle voit distinctement une image. Ardennais, Brabançon. Elle, qu'est-elle ? Jument, pouliche ?

    Elle se venge des uns en se dénudant pour les autres, et se venge de ceux-là en ne leur accordant rien.

    Honte ? Non. Je n'ai pas de honte. Personne ne connaît mon nom. Je n'y suis pour personne. Dès que les lumières s'éteignent, je cesse d'apparaître. On peut paraître et ne pas être : c'est moi, ça. Ma condition. De femme, objet, corps.

    C'est plus compliqué, quand il s'agit de franchir le pont qui mène à la Porte de Flandre, celui qui enjambe le canal qui sépare les Marocains des Belges.

    On se fait des idées, mais les idées tuent.

    L'ampleur de la trahison se révèle par bribes. La chevelure en cascade sur les épaules... Il a l'impression qu'elle marche nue (ne disait-on pas, chez lui, 'elle est sortie nue' pour exprimer 'elle est sortie en cheveux '?), il croit revivre ses rêves qui le hantent fréquemment où elle s'offre nue la nuit de noces - mais ce n'est jamais en pleine rue, et certainement pas dans celle des Poissonniers.

    Le point commun est celui-ci : la radicalisation précède la conversion. L'islam n'est qu'un prétexte, comme le fut autrefois le tiers-monde ou "la cause du peuple" (il mima de ses doigts les guillemets) ou la révolution prolétarienne.

    Ce n'est pas en répétant à ces hébétés qu'il y a un islam pacifique, ce n'est pas en essayant de les orienter vers le soufisme qu'on va les convaincre. Autant proposer une tasse de camomille à quelqu'un qui réclame de la vodka - si j'ose dire, vu le sujet...




    https://nathavh49.blogspot.be/2017/10/linsoumise-de-la-porte-de-flandre-fouad.html

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