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Les silences d'Ogliano

Couverture du livre « Les silences d'Ogliano » de Elena Piacentini aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330161255
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

La fête bat son plein à la Villa rose pour la célébration de fin d'études de Raffaele, héritier de la riche famille des Delezio. Tout le village est réuni pour l'occasion : le baron Delezio bien sûr ; sa femme, la jeune et divine Tessa, vers laquelle tous les regards sont tournés ; César, ancien... Voir plus

La fête bat son plein à la Villa rose pour la célébration de fin d'études de Raffaele, héritier de la riche famille des Delezio. Tout le village est réuni pour l'occasion : le baron Delezio bien sûr ; sa femme, la jeune et divine Tessa, vers laquelle tous les regards sont tournés ; César, ancien carabinier devenu bijoutier, qui est comme un père pour le jeune Libero ; et bien d'autres. Pourtant les festivités sont interrompues par un drame. Au petit matin, les événements s'enchaînent. Ils conduisent Libero sur les hauteurs de l'Argentu au péril de sa vie.
Situé au coeur d'un Sud imaginaire, aux lourds secrets transmis de génération en génération, "Les Silences d'Ogliano" est un roman d'aventures autour de l'accession à l'âge adulte et des bouleversements que ce passage induit. Un roman sur l'injustice d'être né dans un clan plutôt qu'un autre - de faire partie d'une classe, d'une lignée plutôt qu'une autre - et sur la volonté de changer le monde. L'ensemble forme une fresque humaine, une mosaïque de personnages qui se sont tus trop longtemps sous l'omerta de leur famille et de leurs origines. Placée sous le haut patronage de l'"Antigone" de Sophocle, voici donc l'histoire d'Ogliano et de toutes celles et ceux qui en composent les murs, les hauts plateaux, les cimetières, les grottes, la grandeur.

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Articles (2)

Avis (21)

  • Devenu médecin, le narrateur Libero Solimane revient à Ogliano, son village natal. La vue, sur les hauteurs, du pallazzo Delezio désormais abandonné aux ronces et à la décrépitude, le replonge dans la tragédie survenue ici, l’année de ses dix-huit ans.

    Cerné par le massif de l’Argentu dont...
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    Devenu médecin, le narrateur Libero Solimane revient à Ogliano, son village natal. La vue, sur les hauteurs, du pallazzo Delezio désormais abandonné aux ronces et à la décrépitude, le replonge dans la tragédie survenue ici, l’année de ses dix-huit ans.

    Cerné par le massif de l’Argentu dont les montagnes le dérobent au monde tout en lui fermant l’accès à la Méditerranée toute proche, soumis aux bourrasques du libeccio bien connu des Corses et des Italiens, Ogliano, oublié du temps, semble toujours vivre comme au siècle dernier, selon les lois d’autant plus immuables du patriarcat et de la féodalité, que personne ne se risquerait à troubler l’omerta qui pèse sur cet assemblage de clans et de lignées soigneusement cloisonnés entre pauvres et riches, mais aussi par les haines rancies, la vendetta, et, de plus en plus, par les dérives mafieuses.

    La violence est partout et le sang prompt à couler, selon cette loi du plus fort qui prend le dessus dès que la justice et le droit ont le dos tourné. Une violence qui n’en finit pas de ricocher, chaque mort en appelant une autre, dans une inextricable escalade que chacun subit dans la douleur et le silence. Dans ce contexte de tragédie grecque qui leur rappelle l’Antigone de Sophocle dont ils ont fait leur référence, Libero - de père inconnu - et son ami Raffaele – fils héritier du baron Delezio qui règne en maître sur le village – rêvent passionnément de justice. Ils vont apprendre qu’il n’est toutefois pas facile de démêler les culpabilités, qu’après tant d’iniquités, de violences et de torts infligés de toute part, le choix entre le bien et le mal n’est plus manichéen, qu’on peut même faire le mal pour un bien, et que, dans cet imbroglio dont ils vont peu à peu, au fil d’aventures qui mettront leur vie en péril, découvrir les insoupçonnables imbrications secrètes, les motivations des pires tueurs peuvent au final avoir trait à l’amour et à l’honneur.

    Menée de main de maître par une auteur habituée des romans policiers, la narration joue avec efficacité de la curiosité du lecteur, entre vieux secrets de famille, poursuites dans le maquis et règlements de compte dont l’ensemble forme un tableau très plausible que l’on croirait tout droit sorti d’une Corse ou d’une Italie qui auraient troqué la féodalité seigneuriale contre celle de la mafia. Mais la plume, d’une grande beauté, d’Elena Piacentini ne se contente pas de nous tenir en haleine et de nous plonger dans des paysages méditerranéens avec une puissance d’évocation qu’expliquent sans doute ses origines corses. Alors que, dans ce drame, meurtriers ou victimes, tous ploient sous l’héritage d’une même et vieille douleur, cristallisée en haine et en désir de vengeance, elle nous interroge, au-delà de la peur et du sentiment d’impuissance, sur les moyens - et le courage – de briser ce fatal engrenage. Une gageure qui a déjà coûté la vie de bien des juges, et qui ne rend que plus admirable le sacerdoce de ceux qui, contraints de vivre sous protection, poursuivent leur mission coûte que coûte. Ce sont eux qui permettent l’espoir. Coup de coeur.

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  • Cet été là, Libero va vivre une véritable initiation qui va lui permettre de comprendre qui il est et d’où il vient.

    Dans le petit village d’Ogliano qui ressemble fortement à un village du Sud de l’Italie, le jeune homme vit avec sa mère qui l’a élevée seule. Malgré les nombreuses questions...
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    Cet été là, Libero va vivre une véritable initiation qui va lui permettre de comprendre qui il est et d’où il vient.

    Dans le petit village d’Ogliano qui ressemble fortement à un village du Sud de l’Italie, le jeune homme vit avec sa mère qui l’a élevée seule. Malgré les nombreuses questions qu’il a pu lui poser dès l’enfance, elle a toujours refusé de lui révéler l’identité de son géniteur.

    Les villageois vivent d’un côté sous la domination de la riche famille Delezio qui leur fournit du travail, de l’autre de ceux qui prennent des libertés avec la loi et imposent souvent la leur avec violence.

    La fête donnée par Delezio pour célébrer la fin des études de son fils Raffaele, à laquelle tout le village est convié, sera le point de départ d’évènements graves qui vont bouleverser la vie de Libero et mettre à mal ses convictions. Le jeune homme va ainsi découvrir ce que veut dire devenir adulte et que l’amour naît parfois entre deux coeurs que pourtant tout sépare.

    C’est le premier roman que je lis d’Elena Piacentini et j’ai adoré son style et son écriture. J’ai plongé tout de suite dans cette formidable histoire remplie de personnages aux caractères très forts et pourtant empreints de sensibilité.

    Très belle découverte et excellent moment de lecture.

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  • Pour la première fois, je découvre l’écriture d’Éléna Piacentini avec ce magnifique roman Les Silences d’Ogliano, et je suis séduite et même envoutée. Cette chronique d’un village, imaginaire au sein du massif de l’Argentu, a l’évocation puissante des essences gorgées du soleil du maquis. Le...
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    Pour la première fois, je découvre l’écriture d’Éléna Piacentini avec ce magnifique roman Les Silences d’Ogliano, et je suis séduite et même envoutée. Cette chronique d’un village, imaginaire au sein du massif de l’Argentu, a l’évocation puissante des essences gorgées du soleil du maquis. Le jeune Libéro Solimane, pour entrer dans sa vie adulte libre et conquérant, doit rassurer les fantômes du passé, assumer ses désirs profonds et dompter sa colère.

    Une fête est donnée par le notable du lieu, le Baron Delezio, pour la fin des études secondaires de son unique fils, Raffaele. Alors, tout le village s’affiche avec ses non dits, ses influences et ses ressentis. Comme un rapace annonce un malheur dans un ciel azur, le décès de la vieille Herminia, dite la folle, déclenche une série d’incidents dont le rapt du fils du notable.

    Libéro doit s’arracher à l’aura de Tessa, jeune épouse du baron à la sensualité provocante. Il est fils de l’Argenta, institutrice du village, Cette femme, fière et altière, a choisi d’élever seule son fils qu’elle souhaite libre et fort. Le grand-père est choisi comme tuteur de vie. César, l’artiste bijoutier et ancien carabinier, est présent aussi pour lui apprendre l’exigence du travail bien fait, la recherche de la beauté et de l’excellence.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2022/06/16/elena-piacentini/

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  • "L'été, quand vient la nuit sur le village d'Ogliano, les voix des absents sont comme des accroc au bruissement du vivant"
    Dans un Sud imaginaire, que je vois pourtant aux couleurs de la Corse, à Ogliano, un village reculé dont l'horizon se verticalise avec les montagnes de l'Argentu qui...
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    "L'été, quand vient la nuit sur le village d'Ogliano, les voix des absents sont comme des accroc au bruissement du vivant"
    Dans un Sud imaginaire, que je vois pourtant aux couleurs de la Corse, à Ogliano, un village reculé dont l'horizon se verticalise avec les montagnes de l'Argentu qui semblent faire corps avec le ciel, durant six jours et six nuits se joue un drame qui fera éclater au grand jour l'omerta et les secrets e famille qui gangrènent le village tout en le maintenant dans un équilibre fragile.
    Libero Solimane raconte cet été de ses dix-huit ans après lequel rien ne sera plus comme avant. Il laisse par sept fois la parole à sept personnages qui délivrent un message ou dévoilent un secret;
    "En réalité, beaucoup d'entre eux ne sont pas les monstres qu'on aimerait qu'ils soient. Ou alors nous les sommes tous.Ce qui nous distingue les uns des autres, c'est ce qu'on fait de sa colère."
    Roman d'aventures autant que roman initiatique, sur l'injustice d'être né dans un clan plutôt qu'un autre et la volonté de changer les choses avec la tragédie d'Antigone de Sophocle en référence.
    C'est le premier roman de littérature blanche de l'autrice connue et primée pour ses polars.Et cela se sent dans la tension grandissante et les révélations distillées savamment au fil des pages. J’ai beaucoup aimé les personnages nombreux, complexes aux fortes personnalités à l'image de ce coin de terre taillé dans la pierre, le poids des morts qui pèsent sur les vivants, l'espoir et la lumière qui émanent de certains personnages.
    "A force de coups du sort, les femmes d'ici devenaient plus dures que le granit, des Atlas condamnées à porter les vivants et es morts, trop de morts.Elles enfilaient les habits de deuil pour ne plus es quitter, finissaient par flotter dedans à mesure que l'âge les rabougrissait."
    Un très beau roman, à la façon d'une tragédie antique, écrit d'une plume superbe.
    Merci Lecteurs.com pour cette lecture !

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  • Ogliano est un petit village du Sud, entre soleil et montagne. Ses habitants y vivent à l’ombre de la Villa Rose, propriété du baron Delezio. Justement, celui-ci a décidé de fêter la fin des études de son fils, Raffaele et de convier tout le village pour cet évènement. Parmi les convives se...
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    Ogliano est un petit village du Sud, entre soleil et montagne. Ses habitants y vivent à l’ombre de la Villa Rose, propriété du baron Delezio. Justement, celui-ci a décidé de fêter la fin des études de son fils, Raffaele et de convier tout le village pour cet évènement. Parmi les convives se trouve le jeune Libero. Mais un drame survient lors de cette soirée. Et le lendemain Libero est entraîné sur les pentes de l’Argentu, la montagne qui entoure Ogliano, sur les traces de son ami d’enfance, Gianni. Une confrontation qui va changer pour toujours la vie de Libero.

    Roman initiatique, ce récit happe le lecteur dès l’incipit par son style sans affèterie et par ce qu’on devine d’une intrigue qui ne nous lâchera plus jusqu’à son dénouement.

    Dès les premières lignes le ton est donné : “L’été, quand vient la nuit sur le village d’Ogliano, les voix des absents sont comme des accrocs au bruissement du vivant.” Et c’est toute l’atmosphère du roman qui est posé. L’étouffement, la chaleur, la lumière écrasante qui éclaire autant qu’elle dissimule. Les vivants et le souvenir des morts qui les hantent, avec leurs secrets.

    Car ce village d’Ogliano est habité par de lourds secrets sur lesquels Libero lèvera le voile petit à petit. Mais pas sans perdre quelques illusions au passage. S’il entreprend son périple en adolescent un peu rêveur et plein de projets, il en ressortira adulte, ayant fait en très peu de temps l’expérience intime de la mort, de l’amour, de la trahison, de la peur. De quoi transformer un caractère et donner un autre sens à une vie.

    Elena Piacentini nous raconte ici une lutte âpre entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n’ont presque rien, entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui subissent. Les secrets ont forgé des destins, provoquer des drames. Les mettre à jour aura un effet dévastateur mais aussi libérateur pour tous. Le roman est porté par une galerie de personnages qui jouent tous un rôle essentiel, comme autant de pièces d’un puzzle qui ne peut être compris que si chacun est à sa place.

    On sent chez l’auteure la parfaite maîtrise du déroulement des événement et sa capacité à relancer une intrigue sans doute dû à sa longue pratique du polar. C’est efficace, concis, précis. Mais elle y ajoute cette touche de poésie portée par les paysages d’Ogliano et par le personnage de Raffaele, adolescent plein d’idéal qui ne se sépare jamais de son livre Antigone en qui il semble trouver une certaine force.

    L’atmosphère variera ainsi au fil du roman, suivant l’état d’esprit de Libero et ce qu’il découvrira. C’est tour à tour oppressant ou lumineux, violent ou tendre, angoissant ou réconfortant. L’esprit du lecteur n’est jamais libre de vagabonder, tout à l’attention qu’éveille le roman.

    On retrouvera ici un peu de l’atmosphère du livre de Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta. Ce sont des romans qui se voient et se vivent autant qu’ils se lisent et qui font éprouver des sensations physiques au lecteur de chaleur, de lumière, de frissons.

    Un très beau roman à découvrir.

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  • C'est bon de se faire embarquer dans une histoire, de s'immerger dans un univers imaginaire dont certaines bribes vous rappellent ici un décor, là des situations mais en prenant bien soin de s'en tenir à distance raisonnable. Juste ce qu'il faut pour renouer avec le plaisir de la découverte. Un...
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    C'est bon de se faire embarquer dans une histoire, de s'immerger dans un univers imaginaire dont certaines bribes vous rappellent ici un décor, là des situations mais en prenant bien soin de s'en tenir à distance raisonnable. Juste ce qu'il faut pour renouer avec le plaisir de la découverte. Un roman d'aventures. Le décor a beau être imaginaire, ce sud évoque la méditerranée, l'Italie ou les îles proches. Mais peu importe car très vite il acquiert une existence propre dans l'esprit du lecteur invité à en explorer les pentes, les collines, les grottes et surtout les silences. Car à Ogliano, les secrets sont partout. Il suffira d'une soirée, à la Villa Rose, fief du baron Delezio pour que tout l'équilibre du village bâti sur les silences soit soudain mis en péril.

    Elena Piacentini est une autrice de polars et cela se sent dans sa façon de faire monter doucement la tension et de doser les révélations. Mon scepticisme de départ s'est rapidement évanoui, je me suis laissé prendre et surprendre, de plus en plus convaincue au fil des pages. Il y a ici une confrontation des générations quand les plus jeunes refusent de se soumettre à un destin tracé, il y a la passionnante question de la justice et de son iniquité liée à l'appartenance de chacun à un clan ou un autre. Si les personnages semblent inspirés de certains déjà rencontrés dans la littérature, ils sont pourtant vite éloignés de tout stéréotype et leur singularité contribue grandement à l'empreinte que ce récit peut laisser. La nature est omniprésente, ancrant les protagonistes dans un territoire qui les définit mais les contraint aussi et dont ils devront apprendre à se libérer pour mieux le retrouver. Les événements de cette soirée à la Villa Rose sonnent le glas de l'enfance pour Libero et Raffaele et détermineront la suite de leurs parcours, sous l'égide d'Antigone dont ils ne se sépareront jamais de leurs exemplaires respectifs.

    La justice est fragile, un combat de tous les instants. Il faut des hommes pour y croire, pour la porter même au péril de leur vie, pour y sacrifier bien des choses. "Ce qui nous distingue les uns des autres, c'est ce qu'on fait de sa colère"... Ce combat universel et intemporel nous a souvent été raconté sans pour autant en épuiser le propos ni la nécessité. En voilà une nouvelle et convaincante démonstration littéraire.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • Je ne pouvais qu'être attirée par cette couverture lumineuse où le bleu de la mer se confond avec le bleu du ciel, moi qui ai passé ma jeunesse en Provence. Cette première attirance visuelle a été confortée par la découverte de ce beau roman âpre.
    A Ogliano, qui pourrait être un village perdu...
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    Je ne pouvais qu'être attirée par cette couverture lumineuse où le bleu de la mer se confond avec le bleu du ciel, moi qui ai passé ma jeunesse en Provence. Cette première attirance visuelle a été confortée par la découverte de ce beau roman âpre.
    A Ogliano, qui pourrait être un village perdu de Corse, de Sicile ou du sud de l'Italie, va se jouer un drame qui changera à jamais la vie de tous les protagonistes. Libero, 18 ans, qui ne connaît pas son père, assiste à la fête gigantesque que donne le baron Delezio, l'homme le plus riche de la région, pour la fin d'études de son fils Raffaele avant que celui-ci n'entre à l'université. Mais Raffaele est enlevé et Libero, en essayant de le sauver, découvrira les secrets qui vont conduire au drame qui changera tous les protagonistes à jamais.
    Ce roman est construit comme une tragédie antique dont il imite les caractéristiques tout en les modernisant : unité de lieu (Ogliano et l'Argentu, la montagne sauvage qui le surplombe), unité de temps (quelques heures), des secrets qui vont précipiter le Fatum (le Destin) des personnages, sans oublier le chœur antique dont le rôle était, en voix off, de commenter l'action, de décrire l'évolution des personnages même si ici il s'agit de monologues qui interrompent régulièrement le récit. Tout le roman s'appuie sur, fait référence à, cite "Antigone" de Sophocle, livre de chevet de Raffaele, qui l'aide à comprendre la vie, à envisager son avenir.
    Même si le roman décrit une société patriarcale, où règne un fossé infranchissable entre les classes sociales, où la mafia fait sa loi, où la violence règne, où la mort rode, les femmes sont des personnages très émouvants avec le courage et la liberté de la mère de Libero qui a élevé son fils seule en taisant le nom du père, la dignité de la mère dont on vient de tuer le fils de 18 ans, la révolte de celle qui fut jadis violée et dont le fiancé fut assassiné.
    C'est un roman âpre, violent, dont on sent la tension aller crescendo mais lumineux par l'amour qui sous-tend les actes des uns et des autres et qui ne peut se vivre que dans le secret. La beauté sauvage des paysages est magnifiée par l'auteure qui lui confère une âme grâce à son style poétique et imagée.
    Je remercie lecteurs.com et les éditions Acte Sud pour ce beau moment de lecture dans le cadre du Club des Ambassadeurs du Prix Orange du Livre.

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  • Elena Piacentini, forte de sa culture et de ses origines méditerranéennes nous raconte une histoire. Plutôt bien puisque c’est sans trainer les pieds que nous allons au bout des deux cents pages de ce pur drame du sud. Corse, Sicile ou Sardaigne, il est évident que sans le dire la romancière...
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    Elena Piacentini, forte de sa culture et de ses origines méditerranéennes nous raconte une histoire. Plutôt bien puisque c’est sans trainer les pieds que nous allons au bout des deux cents pages de ce pur drame du sud. Corse, Sicile ou Sardaigne, il est évident que sans le dire la romancière situe son roman dans l’insularité à consonnance italienne. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’au fil de la lecture les noms de Laurent Gaudé et Jérôme Ferrari nous reviennent en mémoire, tant l’intrigue de ces « silences d’Ogliano » semblent issus de la même famille littéraire que « Le soleil des Scorta » et « Le sermon sur la chute de Rome ». Secrets, vengeance, violence dans un maquis marqué par le choc de générations, le contexte bien que volontairement intemporel ne nous est pas inconnu. D’autant plus que si l’on dépasse le mélodrame classique qui nous est proposé, on peut distinguer également l’influence de Lampedusa et son « Guépard » pour le caractère social. Mais la comparaison s’arrête là. Malgré le fait qu’il soit bien écrit, le roman d’Elena Piacentini reste très prévisible dans les situations, peu intense dans le déroulé de son action, comme si toute gravité était rapidement désamorcée pour boucler ce conte au plus tôt. La tension semble bridée nous privant d’un emballement de la fiction qui aurait eu plus de corps qu’un final à la Agatha Christie. Peu de temps nous est donné pour comprendre véritablement tous les personnages desquels nous restons souvent en surface. Preuve en est une histoire d’amour qui se veut surprenante et originale dans le contexte, mais à laquelle il manque sans doute la racine psychologique trop cruellement absente pour adhérer à une passion qui nous est servie froide.
    Toutefois, même si un sentiment de « déjà lu » ou de « déjà vu » accompagne notre lecture, le style nous retient. Sans doute Elena Piacentini n’a pu laisser au vestiaire son passé d’écrivain de polars. C’est dommage.

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