Les années

Couverture du livre « Les années » de Annie Ernaux aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070402472
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

"La photo en noir et blanc d'une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée,... Voir plus

"La photo en noir et blanc d'une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l'autre laissée dans le dos. Tout révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d'Ambre Solaire, d'échapper à son corps humiliant et sans importance de petite fille. Au dos : août 1949, Sotteville-sur-Mer." Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.

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  • Les années d'Annie Ernaux est un livre à part : ni essai historique, ni autobiographie, c'est un livre où Histoire et vie personnelle se mêlent intimement. Ces deux visions du passé nous offrent un roman des plus intéressants.

    La thématique principale est bien sûr le temps qui nous emmène...
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    Les années d'Annie Ernaux est un livre à part : ni essai historique, ni autobiographie, c'est un livre où Histoire et vie personnelle se mêlent intimement. Ces deux visions du passé nous offrent un roman des plus intéressants.

    La thématique principale est bien sûr le temps qui nous emmène vers une fin inéluctable, avec un poids du passé qui ne fait que s'accentuer et qui est l'objet de tant de débats, d'inquiétudes et de réminiscences, véritables listes à la Prévert d'événements passés qui s'enchaînent inexorablement. La forme épouse parfaitement le fond lorsque Annie Ernaux ne met pas de majuscules à certaines des phrases comme si le temps justement lui manquait.

    Un livre optimiste et touchant sur un thème qui nous concerne tous d'une manière ou d'une autre.

    Nous terminerons avec cette très jolie citation de l'auteure (toute dernière phrase de cet ouvrage) :

    Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais.

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  • Je ne sais pas trop s'il m'est possible de donner mon avis sur ma lecture de "Les années" tant je suis fan de l'écriture d'Annie Ernaux ! Je manque donc forcément d'objectivité. Mais en même temps est-on jamais objectif face à une lecture ? Surtout une lecture comme celle-ci qui tresse les fils...
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    Je ne sais pas trop s'il m'est possible de donner mon avis sur ma lecture de "Les années" tant je suis fan de l'écriture d'Annie Ernaux ! Je manque donc forcément d'objectivité. Mais en même temps est-on jamais objectif face à une lecture ? Surtout une lecture comme celle-ci qui tresse les fils du temps en y accrochant des images, photos jaunies ou réminiscences ; des gens, la famille, les inconnus, les "célèbres" ; des conversations ; des instants ; toute une vie.

    Il s'agit d'un roman autobiographique sans que cela soit un roman ni une autobiographie. Il s'agit du passage des années entre l'immédiat après-guerre et aujourd'hui. Des années qui sont à la fois inscrites dans la mémoire collective et dans celle, personnelle, de l'auteur. Ce jeu entre proximité intime et distance impersonnelle instaure une profondeur de champ cinématographique dans laquelle chaque lecteur peut projeter ses propres souvenirs.
    Le temps trouve toute sa mesure dans cette démarche qui met la mémoire au coeur de la réflexion, et d'une manière plus profonde encore, qui pose finalement la question de l'être.

    L'écriture d'Annie Ernaux nous révèle nos propres secrets, notre propre condition, dans un murmure qui constate plus qu'il n'analyse. Et c'est de tout cela que surgit l'émotion, la puissance, le rayonnement du roman.
    Comment puis-je parler objectivement d'un roman d'Annie Ernaux ? Je ne le peux pas car son roman, celui-là comme les autres, fait partie de ce qui m'est essentiel, vital, de ce souffle qui me fait avancer de manière moins tâtonnante. Et de ce qui me fait aimer toujours davantage les mots, les livres, les gens et la vie. Tout simplement.

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  • Roman largement autobiographique pourtant écrit à la troisième personne, sans doute pour donner à l’ensemble un regard extérieur au personnage qu’elle était alors. Annie Ernaux raconte son histoire à travers les évènements qui ont fait les Trente Glorieuses et jusqu’à ceux du début du 21è...
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    Roman largement autobiographique pourtant écrit à la troisième personne, sans doute pour donner à l’ensemble un regard extérieur au personnage qu’elle était alors. Annie Ernaux raconte son histoire à travers les évènements qui ont fait les Trente Glorieuses et jusqu’à ceux du début du 21è siècle. Un bon roman qui joint mémoire individuelle et mémoire collective.

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  • Découvert l'auteur et ce livre au cours de mes études de lettres et ce fut une réelle révélation ! Je me reconnais tellement dans ce parcours, mais surtout, j'ai apprécié sa manière de parler d'elle en parlant de la société de son temps, ou en agrémentant son récit de quelques photographies...
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    Découvert l'auteur et ce livre au cours de mes études de lettres et ce fut une réelle révélation ! Je me reconnais tellement dans ce parcours, mais surtout, j'ai apprécié sa manière de parler d'elle en parlant de la société de son temps, ou en agrémentant son récit de quelques photographies qu'elle décrit sans jamais dire que c'est elle, mais on le comprend aisément.

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  • Toute cette mémoire accumulée par chacun de nous et qui s’efface le jour de la mort peut disparaître définitivement ou bien être conservée grâce à l’écrit, comme l’a fait avec le talent immense qu’on lui connaît, Annie Ernaux, dans "Les années".

    Ces années ont passé mais la lecture de ce...
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    Toute cette mémoire accumulée par chacun de nous et qui s’efface le jour de la mort peut disparaître définitivement ou bien être conservée grâce à l’écrit, comme l’a fait avec le talent immense qu’on lui connaît, Annie Ernaux, dans "Les années".

    Ces années ont passé mais la lecture de ce livre est une revue passionnante de tout ce temps, mêlant l’intime au général, la vie familiale à celle du pays et du monde, comme chacun d’entre nous le vit, finalement. L’enfance de l’auteure qui parle d’elle toujours à la troisième personne du singulier, est marquée par les récits des adultes, à table, ce qu’ils ont vécu et ce que l’Histoire nous apprend : « Dans le temps d’avant raconté, il n’y avait que des guerres et la faim. »
    Dans l’après-guerre, en Normandie, « la plupart des vies se déroulaient dans le même périmètre d’une cinquantaine de kilomètres... » En juillet, l’horizon s’élargissait car la France était « arpentée par les coureurs du Tour dont on suivait les étapes sur la carte Michelin punaisée au mur de la cuisine. » Le silence était le fond des choses et le vélo mesurait la vitesse de la vie.
    « Les garçons et les filles étaient partout séparés » et la réclame, sur Radio Luxembourg permettait de voir venir le progrès : « Il était dans le plastique et le formica, les antibiotiques et la Sécurité sociale, l’eau courante sur l’évier et le tout-à-l’égout, les colonies de vacances, la continuation des études et l’atome. » Il faudrait tout citer ou presque, parler du sexe qui « était le grand soupçon de la société qui en voyait les signes partout… Dans ces conditions, elles étaient interminables les années de masturbation avant la permission de faire l’amour avant le mariage. »
    Annie Ernaux n’oublie rien, écrivant avec ce style précis qu’on lui connaît. Ses phrases peuvent être très courtes avant d’aborder de longs paragraphes, peu ou pas de points et des alinéas pour chaque idée, chaque souvenir. Chaque nouvelle étape part d’une photo retrouvée, photo qu’elle décrit minutieusement, détachant « elle » que l’on verra ainsi évoluer au fil du temps.
    Mai 1968, le combat des femmes pour légaliser l’avortement et cette société qui a maintenant un nom : « société de consommation » avant « la société libérale avancée » de Giscard avec des décisions positives mais le refus de la grâce pour Ranucci… Heureusement, la lecture de "Charlie-hebdo" et de "Libération" donnent de l’air. Ainsi, le temps passe et s’accélère. Aux photos s’ajoutent les films super 8 avant la vidéo puis l’élection de François Mitterrand : « Tout paraissait possible. » Lors de sa réélection, en 1988, elle constate : « Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s’énerver continuellement sous la droite. » Khomeiny condamne à mort un écrivain, Salman Rushdie, coupable d’avoir offensé Mahomet mais le Pape aussi condamne à mort « en interdisant la capote mais c’était des morts anonymes et différés. »

    C’est enfin le temps des repas avec ses enfants devenus adultes et ses petits-enfants pour ce qu’elle qualifie comme «une sorte d’autobiographie impersonnelle » qui permet de « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais. »

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  • Les Années est le livre qui m'a fait aimer Ernaux. J'avais déjà lu La Place, sans être vraiment convaincue. Mais là, ce fut une révélation. C'est un livre que j'ai étudié cette année en lettres, mais pour moi, c'était plus que cela. C'est une leçon, c'est une découverte, c'est un livre...
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    Les Années est le livre qui m'a fait aimer Ernaux. J'avais déjà lu La Place, sans être vraiment convaincue. Mais là, ce fut une révélation. C'est un livre que j'ai étudié cette année en lettres, mais pour moi, c'était plus que cela. C'est une leçon, c'est une découverte, c'est un livre extraordinaire et fascinant. Les Années, c'est tout d'abord l'histoire d'une enfant qui nait pendant la guerre, en 1940. C'est l'histoire d'une fille de commerçants originaire de Lillebonne en Normandie, qui peine à trouver sa place dans l'établissement privé où elle étudie. C'est l'histoire d'une femme, aussi. Une femme qui s'élève au-dessus de sa condition, et qui peine à trouver sa place dans le monde. Avortement, masturbation, divorce, Ernaux nous dit tout dans ce livre raconté à la troisième personne, de sa vie personnelle aux événements qui ont fait l'histoire comme Mai 68. A travers des descriptions de photographies personnelles, et des références à la troisième personne ("La fille de la photo, c'est elle.") Annie Ernaux parle de sa vie au lecteur comme elle ne l'a jamais fait, et j'ai adoré. On passe des photos de bébé aux photos où elle porte ses petits-enfants, en passant par les photos d'étudiante et de mariée, sans voir le temps passer. Les pubs, les machines à laver, les repas de famille et le développement de la société de consommation, Annie Ernaux décrit tout, jusqu'au désabusement gradissant de la population. J'aime son style d'écriture direct, j'admire son courage à travers les sujets qu'elle aborde, sa lecture des événements historiques me passionne. La lecture des Années a été une véritable révélation pour moi, et m'a poussée à lire d'autres livres d'Ernaux, cependant, celui-ci demeure mon préféré.
    J'ai aussi posté une critique de ce livre en anglais sur mon blog, et je le recommande à tous ceux qui ne savent pas quoi lire !
    https://clemisbookishworld.wordpress.com/2016/02/10/les-annees-my-review/

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  • Parce qu’à certaines périodes la vie, il est des écrivains qui nous sauvent, qui nous aident à tenir, à rester en vie. Parce qu’Annie Ernaux appartient à cette catégorie d’auteurs. Parce que Les années ont, d’une certaine façon, changé ma vie.
    Deux mille huit fut pour moi une année charnière ;...
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    Parce qu’à certaines périodes la vie, il est des écrivains qui nous sauvent, qui nous aident à tenir, à rester en vie. Parce qu’Annie Ernaux appartient à cette catégorie d’auteurs. Parce que Les années ont, d’une certaine façon, changé ma vie.
    Deux mille huit fut pour moi une année charnière ; l’année d’une nouvelle décennie, la première à devoir continuer de me construire sans mes racines, sans ma Juliette, sans mon Teodoro, mes grands-parents adorés, ceux qui m’ont tellement appris. Premier arrière-petit-enfant qu’ils ne connaîtraient pas, celui qui était dans mon ventre. Première année à devoir continuer de me construire en sentant si fort la tristesse, la difficulté de vivre de mes parents.
    Mais deux mille huit fut aussi la redécouverte d’Annie Ernaux, grâce à la lecture de « ces années ». Comment exprimer à quel point ce récit a résonné, a pénétré chaque centimètre carré de mon épiderme jusqu’au plus profond de mon être ? Cette lecture fut une bouffée de nostalgie à chaque page, chaque mot, chaque virgule, comme si je découvrais –enfin ?- ce qu’avaient vécu et ressenti mes grands-mères, ma mère, mes tantes et bien sûr les hommes autour d’elles.
    Etait-ce le moment de la lecture en lui-même qui m’a bouleversée ? Ou cette force qu’a Annie Ernaux de nous rappeler à l’essentiel, de nous dire l’universel à travers l’unicité de chaque événement vécu ? Etait-ce cette écriture, son écriture, une des plus belles que je connaisse ?
    « Quand elle désirait écrire, autrefois, dans sa chambre d’étudiante, elle espérait trouver un langage inconnu qui dévoilerait des choses mystérieuses, à la manière d’une voyante. Elle imaginait aussi le livre fini comme la révélation aux autres de son être profond, un accomplissement supérieur, […] Par la suite, dans des classes brutales de quarante élèves, derrière un caddie au supermarché, sur les bancs du jardin public à côté d’un landau, ces rêves l’ont quittée. Il n’y avait pas de monde ineffable surgissant par magie de mots inspirés et elle n’écrirait jamais qu’à l’intérieur de sa langue, celle de tous, le seul outil avec lequel elle comptait agir sur ce qui la révoltait. Alors, le livre à faire représentait un instrument de lutte. Elle n’a pas abandonné cette ambition mais plus que tout, maintenant, elle voudrait saisir la lumière qui baigne des visages désormais invisibles, des nappes chargées de nourritures évanouies, cette lumière qui était déjà là dans les récits des dimanches d’enfance et n’a cessé de se déposer sur les choses aussitôt vécues, une lumière antérieure. » (pp.240-241)
    Par son écriture, Annie Ernaux se libère de tous les carcans et son style épuré, d’une précision inouïe lui permet d’aller dans les abîmes les plus intimes de l’existence. Dans ce récit, chaque tranche de vie débute par la description d’une photo d’elle et pourtant, elle n’utilise non pas le « Je » en tant qu’entité à part entière mais ce « Nous » collectif, ce qui nous fait être à plusieurs, notre Histoire, nos points de repère, comme pour mieux nous révéler à nous-mêmes, au-delà des époques, des générations. Et là est sans doute la plus grande prouesse de l’écrivaine dans ce récit. Un véritable chef-d’œuvre à mes yeux.

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