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Le champ

Couverture du livre « Le champ » de Robert Seethaler aux éditions Sabine Wespieser
Résumé:

Comment caractériser une vie entière ? Les voix qui s'élèvent ici sont celles des habitants du cimetière, qu'on nomme « le champ » dans la petite ville de Paulstadt. À la concision des épitaphes, l'écrivain substitue les mots des défunts. Par un souvenir, une sensation fugace, une anecdote... Voir plus

Comment caractériser une vie entière ? Les voix qui s'élèvent ici sont celles des habitants du cimetière, qu'on nomme « le champ » dans la petite ville de Paulstadt. À la concision des épitaphes, l'écrivain substitue les mots des défunts. Par un souvenir, une sensation fugace, une anecdote poignante, chacun de ces narrateurs évoque ce que fut son existence.
Au fil de la lecture émerge le portrait d'une bourgade comme tant d'autres, marquée par le retour de la prospérité au mitan du siècle dernier. La vie tourne autour des figures locales : le maire, la fleuriste, le facteur, le curé dévoré par les flammes dans l'incendie de l'église, le marchand de légumes...
Les voix se font écho, s'entrelacent, se contredisent parfois, formant le tableau d'une communauté riche d'individus et de sensibilités différentes. Subtil interprète de l'âme humaine, Robert Seethaler se penche sur leur intimité : les amours naissantes, les amours heureuses, ou moins harmonieuses - quand les fantasmagories de la femme signent pour son époux échec, malheur et drame.
Le plus saisissant dans ce texte est l'émotion qui sourd de chaque histoire : non celle de savoir le protagoniste disparu, mais l'empathie que parvient à susciter l'auteur pour ces êtres si vivants, leurs espoirs, leurs doutes, leurs ambitions, leur solitude.
Le Champ est un livre sur la vie, que Seethaler réussit à dire avec autant de simplicité que de profondeur.

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  • Un homme flâne presque chaque jour dans Le champ, le cimetière de Paulstadt, petite ville d'Autriche imaginée par Robert Seethaler. Assis sur un banc de bois sous un bouleau tordu, il est convaincu d'entendre parler les morts. Ces morts qu'il a pour la plupart connu, vont successivement faire...
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    Un homme flâne presque chaque jour dans Le champ, le cimetière de Paulstadt, petite ville d'Autriche imaginée par Robert Seethaler. Assis sur un banc de bois sous un bouleau tordu, il est convaincu d'entendre parler les morts. Ces morts qu'il a pour la plupart connu, vont successivement faire entendre leur voix au travers de chapitres plus ou moins courts (juste deux mots pour Sophie Breyer). Certains récits ont un lien entre eux, d'autre pas mais tous sont des témoignages de la vie ordinaire de leur communauté.
    Nombre de voix ne font qu'effleurer des évènements et laisse donc une grande place à l'imagination, comme celle du facteur dont on ignore réellement l'histoire ou du curé qui met le feu à son église et périt dans les flammes.
    J'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteur, dépouillée et poétique, mêlant dans ces témoignages, joie, regrets, amours et même espoirs. Je me suis laissée emporter par cette lecture certes "décousue", comme le disent d'autres lecteurs, mais à mon sens, très agréable.

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  • Le champ est le cimetière de la petite ville de Paulstadt. Des voix s'en élèvent pour raconter leur vie, un épisode, une rencontre marquante, une suite de moments doux ou difficiles. Mais rien de particulièrement sombre, ces habitants de Paulstadt ne mentionnent en général pas les circonstances...
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    Le champ est le cimetière de la petite ville de Paulstadt. Des voix s'en élèvent pour raconter leur vie, un épisode, une rencontre marquante, une suite de moments doux ou difficiles. Mais rien de particulièrement sombre, ces habitants de Paulstadt ne mentionnent en général pas les circonstances de leur mort, que l'on apprend incidemment par la voix d'autres habitants du « champ ».
    « Ensuite, j'eus une blouse à moi et le droit de servir les clients. Je savourais les parfums et les couleurs. J'aimais entendre les noix s'entrechoquer dans leurs sacs et, lorsque personne ne m'observait, je plongeais les mains dans la corbeille aux lentilles ou faisais ruisseler les amandes et les pistaches entre mes doigts. »
    Ces phrases sont bien représentatives du style de l'auteur qui dit beaucoup des sentiments et des sensations avec une belle économie de mots.
    Le roman m'en a rappelé un autre lu cette année, d'Olga Tokarczuk (Dieu, le temps, les anges et les hommes), par le genre de mélange réussi entre chroniques, nouvelles et roman. Il m'a manqué peut-être un personnage, un motif, un lieu précis récurrent ou des liens plus nombreux entre les personnages pour être vraiment passionnée, mais les phrases qui sonnaient très juste compensaient largement ce manque.
    Toutefois, à la longue, ce qui n'était pas du tout mon ressenti avec ses deux romans précédents, le texte m'a semblé un peu répétitif et s'apparenter plutôt à un exercice de style. Même si je dois concéder que l'auteur possède une vraie sincérité et une empathie profonde avec ses personnages, je n'ai donc pas été totalement conquise.

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  • Un vieil homme erre dans le cimetière de la petite ville de Paulstadt, en Autriche. Il a connu bien des défunts qui y reposent, et il lui semble les entendre, tour à tour, prendre la parole pour évoquer ce qui a marqué leur existence.

    Chaque texte est bref et dépouillé. Pathos et émotions...
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    Un vieil homme erre dans le cimetière de la petite ville de Paulstadt, en Autriche. Il a connu bien des défunts qui y reposent, et il lui semble les entendre, tour à tour, prendre la parole pour évoquer ce qui a marqué leur existence.

    Chaque texte est bref et dépouillé. Pathos et émotions sont l’apanage des vivants. Ici, comme chuchoté à votre oreille par les ombres discrètes et fugitives de ceux qui vous ont précédé, ne subsiste que l’humble résumé, quasi désincarné, des quelques faits qui font chaque vie : certains dramatiques, la plupart ordinaires, de ceux qui comptent tellement pour soi mais demeurent totalement insignifiants pour le monde.

    Dès lors, il n’est guère facile de s’abandonner à la narration, sans autre fil conducteur que la juxtaposition de destins individuels, chacun souvent trop banal et trop vite évoqué pour vraiment captiver et permettre de s’y immerger. Même si l’effeuillage de toutes ces existences met en exergue leur fugacité, exhalant une tendre mélancolie, parfois ironique et souvent désabusée, même si tous ces murmures fantomatiques finissent par s’amplifier les uns les autres en une sorte de rumeur de la vie, l’on se prend à regretter leur quasi totale absence de liens, qui exige du lecteur un effort de concentration fatal à son plaisir de lecture.

    Résultat d’un choix sans doute prémédité, puisqu’une trame romanesque liant les personnages aurait dilué l’intention du récit dans un autre thème narratif - le sujet n’est pas l’histoire des vivants, il est ce qu’il en reste après la mort, soit le sentiment d’une extrême fugacité, voire d’un certain dérisoire -, ce parti-pris qui ne va pas dans le sens de la facilité ne flattera sans doute pas le goût de tous les lecteurs.

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