Le camp des autres

Couverture du livre « Le camp des autres » de Thomas Vinau aux éditions Alma Editeur

4

6 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Alma Editeur
  • EAN : 9782362792175
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Gaspard fuit dans la forêt. Il est accompagné d'un chien. Il a peur, il a froid, il a faim, il court, trébuche, se cache, il est blessé. Un homme le recueille. L'enfant s'en méfie : ce Jean-le-blanc est-ce un sorcier, un contrebandier, un timbré ? Une bande de saltimbanques surgit un beau matin.... Lire la suite

Gaspard fuit dans la forêt. Il est accompagné d'un chien. Il a peur, il a froid, il a faim, il court, trébuche, se cache, il est blessé. Un homme le recueille. L'enfant s'en méfie : ce Jean-le-blanc est-ce un sorcier, un contrebandier, un timbré ? Une bande de saltimbanques surgit un beau matin. Ils apportent douze vipères pour que Jean-le-blanc en fasse des potions. L'enfant décidera, plus tard, de s'enfuir avec eux.
Cette aventure s'inspire d'un fait historique. En 1907, Georges Clémenceau crée les Brigades du Tigre pour en finir avec « ces hordes de pillards, de voleurs et même d'assassins, qui sont la terreur de nos campagnes ». Au mois de juin, la toute nouvelle police arrête une soixantaine de voleurs, bohémiens, trimardeurs et déserteurs réunis sous la bannière d'un certain Capello qui terrorisait et pillait la population en se faisant appeler la Caravane à Pépère. La démonstration de force de Clémenceau aboutira au final deux mois plus tard à de petites condamnations pour les menus larcins de cette confrérie errante de bras cassés.
« Je l'ai gardée au chaud cette histoire qui poussait, qui grimpait en noeuds de ronces dans mon ventre en reliant, sans que j'y pense, mes rêves les plus sauvages venus de l'enfance et le muscle de mon indignation. Alors j'ai voulu écrire la ruade, le refus, le recours aux forêts », explique Thomas Vinau à propos ce quatrième roman puissant, urgent, minéral, mûri trois ans durant.

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Les derniers avis

  • 0.25

    C'est une histoire d'humus et de sang mêlés. Un roman de sauvagine humanité qui commence comme un conte : Gaspard, un enfant terrifié, s'enfonce dans la forêt en portant son chien blessé. Fuyant les chemins de passage, il pénètre jusqu'au coeur des broussailles, creusant son refuge au plus loin de la société des hommes.

    Est-ce un ogre, est-ce un sorcier, est-ce justement un homme, celui qui le découvre et le soigne ? Ce Jean-le-Blanc qui partage les savoirs de la nature agit pour Gaspard comme un passeur de liberté, comme une clé ouvrant sur le monde. Une liberté et un monde que l'enfant continue d'apprendre en suivant la belle Sarah et ses compagnons arpenteurs de chemins détournés. Mais en ce début de XXe siècle, la société bourgeoise et policée, "les braves gens [toujours prêts à] inculquer moralité et honnêteté à grands coups de poing dans la gueule", se liguent pour que disparaissent ces "oiseaux de passage", ces gueux, ces vagabonds aux chevilles ailées et leur mode de vie sans maître. Gaspard aura malgré tout eu le temps de comprendre "qu'il y a des gentils qui sont méchants et des méchants qui sont gentils".

    Roman d'apprentissage, roman social qui tresse des passerelles entre passé et présent, poème au lyrisme généreux et charnel, "Le Camp des autres" possède la force tellurique des récits inoubliables. De l'écriture dense, organique, tantôt tumultueuse, tantôt adoucie, s'élèvent des images primordiales, qui saisissent l'âme et s'en vont incruster la mémoire pour y rejoindre celles qui nous font frémir aujourd'hui. Ce roman, je vous l'affirme, est d'une beauté à couper le souffle. Il brûle d'indignation et s'égratigne aux ronces de l'indifférence.

    Comme une poussière d'espoir dansant dans un rai de soleil, Gaspard se réfugie dans le ventre de la forêt...

  • 0.2

    Je l’avais découvert avec « Bleu de travail », c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Thomas Vinau et sa plume, poétique, douce, amère, lumineuse.

    « Le camp des autres » est une ode à la Tolérance, à la Terre, à la Liberté , à l’Humanité, à tout ce qui nous échappe, faute de savoir regarder.

    L’auteur met en scène un enfant, Gaspard. Il fuit. Il court. Il a pour seul compagnon un chien blessé. Il a fui la violence d’un père, le chien l’a défendu. Ces deux êtres meurtris ont trouvé refuge dans une forêt. Ils seront bientôt recueillis par Jean-le-Blanc, un homme étrange et solitaire.

    Gaspard va alors rejoindre une bande de laissés pour compte, déserteurs, marginaux, bohémiens, ceux qui ont refusé de se soumettre à un diktat de la société : c’est la Caravane à Pépére…

    Ici, la réalité historique rejoint la fiction, car il faut savoir que c’est pour venir à bout de ces « bandes sauvageonnes » que Clémenceau a créé en 1907 les Brigades du Tigre, ancêtres de la PJ française.

    Le camp des autres, c’est celui que les « bien-pensants » de la Société actuelle regardent avec le même mépris et la même ignorance qu’il y a un siècle. C’est celui des réfugiés, des migrants, des pauvres, des SDF, des oubliés, des apatrides, des sans-papiers, de tous ceux qui n’entrent pas dans les normes.

    Comme toujours, la plume de Thomas Vinau est somptueusement incandescente, et profondément humaine. Son empreinte laisse dès lors une trace dans le cœur de celui qui l’effleure. « Le camp des autres » est une lecture nécessaire en ces temps d’intolérance, de négation de l’Autre dès lors qu’il est « autre ».

    J’ai été touchée par ces mots si simples, si lumineux, et si tellement « Vinau » ! La Nature dans toute sa splendeur, sa beauté et sa fragilité est un personnage à part entière, et a une place de choix dans cette caravane d’insoumis.

    « Il y a des oiseaux qui n’ont pas droit au ciel. Nous partagerons de force. Nous prendrons ce qu’on nous refuse. Nous sommes la faim des flammes. Le feu qui se tord. L’esprit affamé de la justice. Nous sommes les flammes sans lumière. C’est la nuit que nous voyons le mieux car c’est elle qui nous accueille. C’est le noir qui nous éclaire. La nuit est notre règne, la forêt notre patrie. Nous sommes les fils des bois perdus, de la route, de la boue, des chemins. Nous sommes les fauves en exil. Les apatrides… Venez avec moi, je vous offre l’outrage, la brûlure, la ruade, le galop. Je vous offre la liberté des flammes sans lumière. »

    C’est pour moi un coup de cœur, que je vous souhaite de découvrir.

  • 0.15

    Un roman à l'écriture baroque, parfois truculente, jubilatoire dans sa description de la forêt, de cet enfant sauvage qui s'essaye à la civilisation. L'auteur nous transmet son goût de la langue qu'il manie avec dextérité, et précision quand il faut retranscrire l'humeur d'une époque, celle de l'avant guerre.
    Un plaisir de lecture jusqu'aux dernières pages, en décalage avec la plus grande partie de son livre, bucolique, léger, envoûtant : l'auteur change de registre en s'attardant sur les prouesses des brigades du Tigre. On passe du récit initiatique au documentaire. Dommage. Je n'ai pas aimé non plus les dernières pages de remerciements où l'auteur cite toutes ses références. C'est comme si le magicien révélait ses trucs. On avait deviné qu'il s'inspirait de Jim Harrison, de là à le déclarer si ouvertement... Et puis, ce qui vient tout gâcher, c'est la manière dont il appuie son plaidoyer pour les romanichels, les errants, les gens sans domicile fixe. Nous avions compris, c'était subtile, entre les les lignes. Pourquoi enfoncer le clou si lourdement ?

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/08/28/35586328.html

    Marqué par la déclaration du ministre de l’Intérieur en 2013 sur l’incapacité des Rrom à s’adapter à nos modes de vie, Thomas Vinau a eu envie d’écrire sur l’« image de l’indigence unifiée qui se rebiffe ». Cette envie a été accentuée par l’avènement des attentats. Le matériau littéraire à ce projet, l’auteur le trouve dans l’histoire de la Caravane à pépère. Ce groupe de nomades hétéroclites (bohémiens, déserteurs, évadés…) mené par Jean Capello a sévi sur les routes de France entre 1906 et 1907. Nous sommes en pleine crise sécuritaire en ce début du 20e siècle et l’État déploie des moyens pour rassurer la population : c’est à ce moment-là que naissent les Brigades du Tigre de Clemenceau.

    Dans ce magnifique roman, nous suivons les péripéties d’un jeune garçon, Gaspard, accompagné de son chien. Nous les retrouvons errants dans la forêt au début du récit – sans trop savoir avec exactitude pourquoi – et nous les regardons survivre aux dangers des lieux. Le garçon est finalement recueilli par un certain Jean-le-Blanc qui trafique avec des membres de la caravane. Poussé par la curiosité et l’envie de liberté, le garçon finit par les suivre dans leur parcours à travers la France…

    Comme d’habitude, l’écriture, la langue sont tout simplement sublimes. C’est poétique et viscéral. Voici quelques exemples frappants :

    « Le givre fait gueuler la lumière »

    « Entre les arbres une brume de printemps trempe le jour qui se lève »

    « Un feu, c’est comme une famille. Ça te brûle la peau et te chauffe l’échine. La lumière toute parsemée d’obscurité s’écroule en pluie grise. La nuit arrive comme de la neige sur un pré »

    « La clarté que l’on nous refuse nous la volerons avec le feu ».

    Cette beauté dans le style sert à la perfection ce fond engagé qui ne peut que faire écho à notre monde d’aujourd’hui, un monde où règne le terrorisme mais aussi les migrations. Il se dégage ainsi une profonde humanité qui ne peut laisser de marbre le lecteur et Thomas Vinau offre une véritable ode à la liberté. Je vous le recommande +++

  • 0.25

    Lien : http://livresselitteraire.blogspot.fr/2017/08/le-camp-des-autres-de-thomas-vinau.html

    Le décor se plante à peine la première page ouverte, nous plongeons tête la première dans une forêt et ses bruits effrayants. Là, tapis dans les ronces se cache quelqu’un. Un petit garçon nommé Gaspard et son chien sans nom, son bâtard. Tous deux blessés, ils ont fui leur maison, leur village, le père violent. Le père désormais mort.
    Débute alors une course à la vie, à la survie dans cette forêt inconnue où les loups rodent attirés par l’odeur du sang. Où les animaux sauvages sont sur leur territoire, et où ces deux compagnons de route sont des intrus. Mais Gaspard ne veut pas rejoindre le chemin. Portant son chien blessé sur le dos, il s’enfonce un peu plus dans cette immensité sombre où quelques rayons de soleil viennent percés les feuillages et réchauffer le froid du printemps et de sa solitude. Jusqu’à sa rencontre avec un certain Jean-le-Blanc qui vit reclus dans la forêt. D’abord méfiant face à cet homme qui semble être un sorcier, Gaspard apprend petit à petit à lui faire confiance. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce Jean-le-Blanc a beau vivre reclus, seul il ne l’est jamais très longtemps. Il reçoit régulièrement la visite de drôles de personnes. Capello, qui semble être le chef de groupe, Sarah, une prostituée, Fata’ et bien d’autres. Tous sont des laissés pour compte. Bohémiens, roms, déserteurs, voleurs, diseurs de bonne aventure, anarchistes et j’en passe. Tous sont des rejetés. Des gens du voyage qui semblent terroriser les habitants des villes.

    Mais curieux, comme le sont les enfants, Gaspard décide de rejoindre cette joyeuse bande de marginaux qui se fait appeler la Caravane à Pépère. Avec ses yeux d’enfant et sa naïveté, il les observe, les suit, apprend à les connaître et notamment Sarah qui le prendra sous son aile. Jusqu’au jour où, cette grande famille recomposée va voler en éclats.

    Ainsi, si l’histoire se déroule en 1906 et fait référence à des faits réels en ce qui concerne la Caravane à Pépère, elle est également d’une réalité frappante avec notre société actuelle. Les négligés de l’époque sont toujours ceux d’aujourd’hui et Thomas Vinau nous en fait prendre conscience, nous balançant la merde infâme de la société en plein visage mais aussi notre propension à l’intolérance, à la peur de ce que l’on ne connaît pas, au jugement sans fondement. Le camp des autres se fait alors prise de conscience, véritable claque de remise en question. J'ai d'ailleurs eu envie de vous citer un extrait des dernières pages, que l'auteur écrit en son nom. Mais finalement je n'en ferai rien. Je préfère vous laisser découvrir ces pages criantes de vérité et de beauté.

    Mais revenons au roman à proprement parler.
    Au-delà de ce combat contre l’intolérance, ou plutôt de ce combat pour l’humanité, Thomas Vinau c’est aussi des mots magnifiés. Une bouffée à plein poumon de nature et de naturel. Une ode à la Terre avec la forêt pour lieu de refuge.
    Dès les premières pages, les odeurs envahissent nos narines, la rosée du matin, le froid nous glacent la peau comme ils glacent celles du petit Gaspard et de son chien blessé. On entend chaque craquement de branche, chaque bruit d’animaux. On voit chaque couleur se dessiner devant nos yeux comme un tableau, un tableau écrit, décrit. On a tout simplement la sensation d’être au même endroit, à la même époque. Sans jamais étaler des tartines de description, Thomas Vinau réussit brillamment et avec habilité à nous faire ressentir l’essentiel : le minéral, le végétal et l'animal avec juste ce qu’il faut de détails, juste ce qui est nécessaire à l’envolée de nos sens. C’est puissant ce pouvoir subjectif qu’il a à travers son écriture. Puissant, touchant et envoûtant.

    Vous l’aurez compris, Le camp des autres est un coup de foudre. Je l’ai ressenti comme un appel à la communion des sens, des cœurs et des esprits. La forêt comme lieu de paix malgré cette image récalcitrante que l’on peut avoir d’elle par la non-connaissance, par ses bruits étrangers, par son aspect sauvage. Et finalement j'y ai vu la forêt utilisée comme métaphore de ces sans-famille, ces sans-papiers, ces sans-patrie portés par Thomas Vinau. Et la luminosité qui transperce ce lieu comme une métaphore de l’humanité.

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Les dédicaces

  • Soirée Aux Lettres

    Soirée Aux Lettres

    Le vendredi 15 décembre 2017

    Librairie aux Lettres De Mon Moulin
    12 BD ALPHONSE DAUDET 30000 NIMES

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