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Lark et Termite

Couverture du livre « Lark et Termite » de Jayne Anne Phillips aux éditions Christian Bourgois
Résumé:

Situé dans les années 1950, en Virginie-Occidentale et en Corée, Lark et Termite est une histoire du pouvoir de la perte et de l'amour, de mondes parallèles, des répercussions de la guerre, de secrets de famille, de rêves, de fantômes, des liens invisibles, presque magiques, qui nous unissent et... Voir plus

Situé dans les années 1950, en Virginie-Occidentale et en Corée, Lark et Termite est une histoire du pouvoir de la perte et de l'amour, de mondes parallèles, des répercussions de la guerre, de secrets de famille, de rêves, de fantômes, des liens invisibles, presque magiques, qui nous unissent et nous renforcent.
Quatre voix alternent pour dévoiler, au gré de leurs émotions, les secrets de cette histoire familiale. Au centre du récit : Lark, une adolescente radieuse ; son jeune frère handicapé, Termite, à la sensibilité hors du commun ;leur tante Nonie, qui les élève avec dévouement. En écho, nous parvient la voix du caporal Leavitt, le père de Termite, piégé dans le chaos des premiers mois de combat de la guerre de Corée. Au fil de leurs pensées surgissent et s'évaporent les mystères familiaux, marqués par l'amour de Lola, la mère des deux enfants, pour le soldat Leavitt.

« Ce roman est taillé comme un diamant, avec la même authenticité vive et des éclairs de lumière. » (Alice Munro) « Lark et Termite est un livre extraordinaire et lumineux. C'est une surprenante prouesse de l'imagination. » (Junot Díaz)

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Articles (1)

  • Le roman choral : des mots pour le dire
    Le roman choral : des mots pour le dire

    Le roman choral, un genre qui sait rendre un livre vivant et offrir une richesse littéraire particulière, grâce à la diversité de style de chaque personnage. Très prisé, il est une manne de créativité et donne aux auteurs le moyen de traiter une problématique, un thème avec toute la dimension humaine qu’elle peut revêtir. C’est une façon d'offrir plusieurs points de vues et l'exercice d'une formidable diversité d’expression pour un écrivain, un très bel exercice de style. Alors, « écoutons » ce qu’ils ont à nous dire…. 

Avis (5)

  • Singulière construction pour ce roman qui se déroule sur quatre jours, 26, 27, 28 et 31 juillet, avec les voix entrecroisées des quatre personnages.

    Le roman s’ouvre sur le récit du caporal Robert Leavitt, blessé alors qu’il tente de protéger l’évacuation de civils coréens. Réfugiés dans un...
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    Singulière construction pour ce roman qui se déroule sur quatre jours, 26, 27, 28 et 31 juillet, avec les voix entrecroisées des quatre personnages.

    Le roman s’ouvre sur le récit du caporal Robert Leavitt, blessé alors qu’il tente de protéger l’évacuation de civils coréens. Réfugiés dans un tunnel, les tirs se poursuivent avec une rare violence. Tandis qu’une jeune coréenne chargée d’un enfant handicapé, veille sur lui et tente de le soulager, les souvenirs heureux affleurent à sa mémoire. Lola, sa jeune épouse qu’il a laissée, le ventre rond de promesse.
    Lark, une jeune fille étonnamment dégourdie et sensible, installe le fauteuil de Termite, son petit frère handicapé moteur et cérébral, sous l’arbre du jardin. Du matin au soir, elle s’occupe de cet enfant qui est son petit frère, seul lien avec cette mère qui a préféré se donner la mort un an après la naissance de l’enfant. On apprend que Termite, surnommé ainsi parce, selon sa sœur, « il est enfermé à l’intérieur de lui-même comme un termite dans un mur », est l’enfant de Lola et du caporal Leavitt, mort en Corée au moment de sa naissance.
    Termite, c’est un enfant de neuf ans qui ne marche pas, ne parle pas, voit très mal mais a de multiples sensations grâce au toucher, à l’odorat à l’ouïe et à ce qui lui reste de vision. Les rubans bleus qui flottent autour de son poignet, u minuscule flacon de parfum, le bruit des trains et l’odeur de la rivière sont autant de territoires à découvrir et qui lui offrent ces sensations insignes qui remplissent ses journées et sa vie. Lark, si attentive, si aimante, rythme ses journées et sait communiquer avec lui avec un naturel plein de tendresse.
    Nonie, c’est la tante adoptive, celle qui a accepté tout naturellement de se charger des deux enfants de sa sœur Lola. Nonie a un cœur gros comme ça, un amoureux qui ne peut pas l’épouser à cause d’une belle-mère possessive et acariâtre. Malgré la dureté de la vie, Nonie est courageuse et ne baisse jamais les bras. Elle se bat pour garder ces enfants qui sont devenus sa seule famille, sa raison de vivre. Elle seule connait toute l’histoire de ces enfants orphelins, mais il y a des blessures qui ne se racontent pas.
    Le long de ces quelques jours et au cours de l’inondation qui survient, le destin de ces personnages bascule, les secrets émergent des eaux troubles du passé.
    Tel un puzzle, les récits croisés des personnages apportent peu à peu des pierres à l’histoire. Tandis que le soldat Leavitt agonise sous un tunnel, quelque part en Corée en juillet 1950, la vie trépidante et tragique de Lola est évoquée.
    Toujours en juillet mais neuf ans plus tard, son récit fait écho à ceux de Lark, Termite et Nonie. Lark, en fouillant dans les cartons renfermant les affaires de sa mère, tente de recomposer des pans du passé. Nonie, aimante et généreuse jusqu’au sacrifice, est magnifique de vérité.
    Lors de la crue, les évènements vont se précipiter et le passé refait surface.
    L’histoire se clôt sur Lola, au soir de sa vie.

    L’auteur a su, avec une écriture empreinte de sensibilité et d’émotion, nous faire partager un instant crucial de la vie de ses personnages. Nonie, Leavitt, Lark et Termite sont magnifiques d’humanité, de générosité et de vérité. Elle a su nous ouvrir avec subtilité le monde étrange de Termite, et cet univers fait de sensations est d’une beauté évidente, d’une présence incroyable. Même l’agonie du caporal Leavitt évite les pièges du spectaculaire pour n’en retenir que la fragilité et la tendresse.
    L’auteur nous livre avec talent l’histoire de ce personnage sur fond d’Histoire avec un grand H. C’est très bien documenté, puisqu’elle le situe lors du massacre de No Gun Ri de coréens et de soldats américains qui les évacuaient. Piégés dans un tunnel, ils seront la cible des tirs américains.
    De très belles pages nous sont données à lire sur l’inondation.
    Un roman emplit de sensibilité et de poésie avec des personnages attachants.

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  • Une grande originalité, sans aucun doute.
    Ce livre est le puzzle d’une histoire familiale, avec ses grands et petits secrets, ses tabous et ses sentiments contradictoires.
    L’attachement à Lark et Termite est immédiat.
    La première, à la frontière entre l’adolescence et l’âge adulte, assume...
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    Une grande originalité, sans aucun doute.
    Ce livre est le puzzle d’une histoire familiale, avec ses grands et petits secrets, ses tabous et ses sentiments contradictoires.
    L’attachement à Lark et Termite est immédiat.
    La première, à la frontière entre l’adolescence et l’âge adulte, assume pleinement les contradictions de sa transformation.
    Ces quelques jours de juillet seront pour elle ceux de la métamorphose et des révélations.
    Un seul reproche, peut-être : celui du rythme car l’intrigue peine réellement à démarrer, comme si l’auteur avait mis beaucoup de temps à trouver les premières pièces du puzzle. Puis tout s’enchaîne très rapidement dans les dernières pages, pour laisser apparaître une très belle histoire.

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  • Juillet 1950 et juillet 1959. 4 voix se répondent La première c’est Robert Leavitt, il est dans l’armée américaine en Corée, il agonise dans un tunnel, blessé suite à une attaque d’avions. Il pense à sa femme Lola qui doit accoucher bientôt, et aussi à sa vie. Deux récits se superposent avec...
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    Juillet 1950 et juillet 1959. 4 voix se répondent La première c’est Robert Leavitt, il est dans l’armée américaine en Corée, il agonise dans un tunnel, blessé suite à une attaque d’avions. Il pense à sa femme Lola qui doit accoucher bientôt, et aussi à sa vie. Deux récits se superposent avec neuf ans d’écart. Juillet 1959 La seconde voix, c’est Lark, la fille de Lola, elle est la bonté même. Elle a été élevée par sa tante. Elle a beaucoup de tendresse pour son demi-frère Termite, autiste, elle refuse de se séparer de lui. La troisième voix, c’est Nonie, la tante, elle est pleine de courage face aux difficultés de la vie, elle s’occupe de Lark et deTermite après la disparition de leur mère. La dernière voix, c’est Termite il est le fils de Leavitt et Lola, il est passionné de tunnels, de rubans bleus et ne se sépare jamais de son flacon en forme d’homme lune. il est très sensible aux mots et aux sons. Au fil de l’histoire nous découvrons les secrets de cette famille. Très beau livre.

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  • Roman à 4 voix qui alternent pour raconter une histoire de famille, entre 1950 et 1959, entre Corée et Etats-Unis, pleine de secrets que le lecteur perce peu à peu au fil du récit.
    On se retrouve en juillet 1950, en Corée, avec le soldat Leavitt qui nous raconte ses dernières heures au cœur de...
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    Roman à 4 voix qui alternent pour raconter une histoire de famille, entre 1950 et 1959, entre Corée et Etats-Unis, pleine de secrets que le lecteur perce peu à peu au fil du récit.
    On se retrouve en juillet 1950, en Corée, avec le soldat Leavitt qui nous raconte ses dernières heures au cœur de la guerre…obsédé par le souvenir de Lola, sa jeune femme, énigmatique et fantasque, fragile et douce à la fois, enceinte de son fils. Le récit de cette lente agonie du soldat est entrecoupé par les chapitres relatés par les autres personnages en juillet 1959 :
    Nonie, la sœur de Lola, élève les deux enfants de cette dernière.
    Lark, jeune fille très intelligente, sage, mature, attachante découvre peu à peu l’histoire de sa naissance et les secrets de sa mère. Elle est au cœur de ce roman très dense.
    Termite, jeune garçon de 9 ans, handicapé moteur et mental, certainement autiste : il est le fils de Lola et du soldat Leavitt. Il est né au moment de la mort de son père et n’a vécu qu’un an avec sa mère avant qu’elle ne se suicide en le confiant à Nonie. Il retrouve alors la première fille de Lola, Lark : elle est la seule à sembler capable de percer sa carapace pour le comprendre et l’aimer tel qu’il est.
    Les sujets abordés sont graves, tristes et parfois glauques mais le ton est toujours juste et sensible sans tomber dans le sordide. J’ai été prise par l’histoire et les personnages de Nonie, Lark et Termite mais j’ai eu plus de mal à m’intéresser au récit de la très lente agonie de Leavitt : récit trop décousu, pour évoquer son délire, longueurs qui alourdissent le roman, cassent le rythme de l’histoire. C’est le bémol que je mettrais à ce roman très particulier, fort et assez surprenant, parfois déroutant tant sur le fond que sur la forme.

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  • Lechoixdeslibraires.com

    Ce roman poignant à l'atmosphère faulknérienne - mais sans sa respiration pessimiste ou désespérée - prête sa voix à cinq personnages qui vont nous raconter une histoire qui les lie viscéralement les uns aux autres.

    La première voix est celle du caporal Leavitt tombé dans une embuscade au...
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    Ce roman poignant à l'atmosphère faulknérienne - mais sans sa respiration pessimiste ou désespérée - prête sa voix à cinq personnages qui vont nous raconter une histoire qui les lie viscéralement les uns aux autres.

    La première voix est celle du caporal Leavitt tombé dans une embuscade au début de la guerre de Corée, réfugié dans un tunnel avec une petite coréenne dont il sauve la vie en la couvrant de son corps. Il se remémore sa rencontre avec Lola, son épouse enceinte laissée à Louisville et dont il pressent la naissance du fils qu'il ne connaîtra jamais. Malgré les horreurs de la guerre, certains passages sont d'une beauté à couper le souffle : «La fille se mouille la main et la lui pose sur la gorge, sur la bouche. La nuit est sans nuages. Il ne voit pas le clair de lune mais il le sent qui luit sur la pâle paroi du tunnel.»

    Puis, c'est au tour d'une adolescente de 17 ans, Lark, le premier enfant de Lola, de prendre la parole, neuf ans plus tard. Animée d'une joie de vivre indéfectible, elle doit son nom - alouette, en français - à sa mère qui voulait qu'elle sache grandir en se gardant des dangers et soit capable de s'envoler. Son destin est lié à son petit frère Termite, handicapé mental et moteur presque aveugle, qui ne sait ni parler, ni marcher, auquel elle veut éviter coûte que coûte une institution spécialisée. Irradiant de lumière auprès de tous ceux qu'elle fréquente, elle n'est pas naïve pour autant et sa vision du monde demeure très concrète : «La vie m'apparaît comme quelque chose d'immense, mais je ne suis pas sûre qu'elle soit longue, comme un ciel de saphir qui pèse au-dessus des têtes et toujours de l'eau sur les bords. Ce bord, c'est là où tout change d'une seconde à l'autre. Je sens qu'il se rapproche. Comme un bruit, comme le vent, comme un train dans le lointain.»

    Quant à Nonie, la soeur de Lola - envers laquelle elle nourrit d'obscurs ressentiments qui trouvent une explication dans la dernière partie du livre - elle aussi s'exprime. Avec beaucoup de dévouement, elle élève Lark et Termite comme ses propres enfants avec son compagnon Charlie, afin d'honorer la promesse faite à sa soeur.

    La voix la plus impressionnante est celle de Termite, le fils de Leavitt, dont le nom fait référence à ses doigts qui bougent en tous sens et battent l'air comme les antennes d'un insecte. D'une sensibilité hors du commun - en particulier sa perception des sons et des couleurs - il semble tout connaître, tout savoir, tout comprendre. Son osmose avec Lark est magique : «La pluie va mugir comme la mer dans les coquillages de Lark qu'elle lui colle près de l'oreille pour qu'il entende les vagues. Lark dit les océans cognent comme le sang dans les veines, et elle pose les doigts sur son poignet pour qu'il sente le fragile battement.»

    La dernière, lointaine, est la voix de Lola qui n'a pas eu de chance. Ayant perdu l'homme qu'elle aimait, elle aspire à le rejoindre non sans avoir préalablement assuré l'avenir de ses enfants.

    La chronologie du récit n'est pas linéaire, la plupart du temps traversée par les réminiscences du passé. Tous les personnages - à l'exception de Lola - ont une faculté de survivre à tous les événements, les uns avec et par les autres, unis par des liens invisibles à tout jamais.

    Le point culminant du roman, dans les 50 dernières pages - une tempête dantesque - ramène à la surface des secrets de famille, des rancoeurs, des larmes, mais qui s'estompent en douceur, préfigurant le pardon ainsi qu'une forme de rédemption.

    L'écriture de Jayne Anne Philipps est audacieuse. Ses mots semblent forgés par la terre, matière vivante tantôt visuelle, tantôt sonore, comme un rayon lumineux qui traverse les ténèbres.

    Racontée de plusieurs points de vue, cette histoire offre aussi dans sa conclusion de nombreuses interprétations, dont celle-ci : Termite existe-t-il vraiment ? Comme Lark incarne la beauté du monde, est-il, lui, le miroir des autres, ou le symbole de la conscience, de la perception des choses, du temps ? Certaines visions de Termite peuvent le suggérer : «Il voit son père se découper dans la lumière, il voit son père se retourner et s'éloigner. Son père a un fils comme lui et une fille comme Lark et il les emmène avec lui, il les conduit hors du tunnel.»

    Inoubliable !

    Saluons au passage l'admirable traduction de Marc Amfreville, parfaite restitution du texte original.

    Également disponible en format de poche (coll. 10/18, 2011)

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