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La dernière porte avant la nuit

Couverture du livre « La dernière porte avant la nuit » de Antonio Lobo Antunes aux éditions Christian Bourgois
Résumé:

Au cours des vingt-cinq chapitres que compte le roman - correspondant aux 25 années de prison encourues par les criminels -, cinq narrateurs prennent tour à tour la parole :
Un avocat et son frère, un herboriste, deux collecteurs de créances. Ces cinq hommes sont liés par un pacte criminel... Voir plus

Au cours des vingt-cinq chapitres que compte le roman - correspondant aux 25 années de prison encourues par les criminels -, cinq narrateurs prennent tour à tour la parole :
Un avocat et son frère, un herboriste, deux collecteurs de créances. Ces cinq hommes sont liés par un pacte criminel :
Tous ont pris part au kidnapping et à l'assassinat d'un chef d'entreprise fortuné, dont ils ont dissous le corps dans de l'acide sulfurique, espérant que leur forfait reste impuni (« pas de corps, pas de crime »). Quand ils prennent la parole, chacun des protagonistes évoque le déroulement des faits, mais multiplie également les digressions sur ses états d'âme, les mille et une misères de l'existence, sa famille, ses souvenirs d'enfance, ses obsessions...
António Lobo Antunes nous fait pénétrer dans la maison, l'enfance, le corps, la routine des autres, à travers sa langue éminemment personnelle, puissamment brassée, qui fait résonner les voix entremêlées des vivants et des morts. En nous ouvrant les portes des esprits de ces cinq personnages criminels, António Lobo Antunes nous dépeint une comédie humaine allant du plus sensible au plus grotesque.

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Avis (1)

  • Ici, le roman noir se conjugue à la psychanalyse sous la plume d’Antonio Lobo Antunes au style d’écriture très singulier dans une polyphonie des consciences et des souvenirs qui reviennent comme des lames de fond où parfois les mots se cassent puis reprennent leur cours dans un flux puissant et...
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    Ici, le roman noir se conjugue à la psychanalyse sous la plume d’Antonio Lobo Antunes au style d’écriture très singulier dans une polyphonie des consciences et des souvenirs qui reviennent comme des lames de fond où parfois les mots se cassent puis reprennent leur cours dans un flux puissant et méandreux pour raconter, dès les premières pages, l’histoire de 5 bougres qui viennent de kidnapper et tuer un homme de leur connaissance avec qui ils étaient en affaires et dont ils dissoudront le corps dans un baril d’acide sulfurique avant de le jeter dans une rivière.

    « Sans corps il n’y a pas de crime pas vrai ? »

    Loin de « La splendeur du Portugal » et de tous ses écrits dénonçant le colonialisme, la guerre en Angola et les responsabilités de la société portugaise, l’auteur nobélisé, en versant de façon surprenante dans un polar très noir, contribue toujours à dévoiler le caractère fourbe de ses personnages contredit par le propos de prétentions paradoxales.

    Pour apprécier ce livre, il faut aimer l’écriture de cet auteur qui nous force à une attention assidue pour suivre ce qu’il nous donne à écouter dans un registre esthétique des longs monologues intérieurs qui le personnalise.
    Lire Lobo Antunes c’est surfer sur un verbe en profusion qui s’écoule en abondance. Ici, c’est une polyphonie à 5 voix en 25 paragraphes soit 25 phrases pour 462 pages grand format…

    ‘25’ comme l’ombre des 25 ans de prison que risquent ces 5 assassins abjectes aux apparences si ordinaires (2 frères héritiers d’un cabinet d’avocat, herboriste, gérant de café, infirmier de dispensaire) alors que dès la première ligne du roman, ils sont déjà savamment emprisonnés et solidement ficelés sous la plume d’un monstre de l’écriture contemporaine.

    Au fil de la lecture, on finira par comprendre le pourquoi du comment de cet assassinat sordide en entrant dans le désordre de leurs cerveaux qu’Antonio Lobo Antunes va décortiquer séance après séance dans cette habitude de psychanalyste qui est son métier premier.
    Des faits et des pensées qui vont adhérer à des descriptions photographiques de leurs environnements, de leurs souvenirs d’enfants à leurs quotidiens, mettant à nu leurs failles, leurs amertumes, leurs rancœurs, leurs arrogances, leurs absences de toute empathie, leurs soifs d’échapper à leurs présents pour aller vers un futur de richesse qu’ils estiment préférable.

    « (…) qui n’a pas dans la tête une malle bourrée de vieux rogatons, des épisodes apparemment sans queue ni tête dont le sens se dessine soudain et le passé de se mettre à grandir (…) »

    J’ai aimé me faire embarquer par ces voix discordantes dans l’éclat d’un grand art littéraire virtuose.

    Opaque et tout à la fois lumineusement noir.

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