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Iran's religious minorities

Couverture du livre « Iran's religious minorities » de Alfred Yaghobzadeh aux éditions Cdpeditions
Résumé:

Alfred. Une courte signature pour un grand nom de la photographie. Une simple apostrophe pour désigner un compagnon attentif et jovial à l'accent inimitable, qui a couru tous les fronts pour traquer les conflits de ces trente dernières années. Alfred a embrassé le reportage pour inlassablement... Voir plus

Alfred. Une courte signature pour un grand nom de la photographie. Une simple apostrophe pour désigner un compagnon attentif et jovial à l'accent inimitable, qui a couru tous les fronts pour traquer les conflits de ces trente dernières années. Alfred a embrassé le reportage pour inlassablement explorer le cosmopolitisme de ses racines, décrypter les tourments de ce Moyen-Orient dont il est originaire, et mieux comprendre les mystères d'une terre multiconfessionnelle. Alfred est né à Téhéran. Son passeport est iranien, mais il a choisi de revendiquer habilement une mère assyrienne et un père arménien. Son aïeul portait le nom de Babaian. Pour fuir les représailles turques, il a poussé son chemin plus loin, enfoui son nom arménien, et commencé une nouvelle vie en Perse sous le nom de Yaghobzadeh. Alfred se souvient de cette enfance qui l'a poussé à replonger aujourd'hui dans les méandres de ces minorités iraniennes : « Tous les jours, sur le chemin de mon école, je passais par la rue Manouchéri, commerçante et peuplée d'antiquaires juifs. Au fil des jours de fermeture des échoppes, je me suis familiarisé avec les fêtes de la communauté juive. À l'école où j'ai effectué ma scolarité en pantalon de flanelle grise, chemise blanche et cravate, la rigueur côtoyait les enseignements millénaires de Zarathoustra. Jusqu'au lycée, je célébrais avec mes amis le Nouvel An perse, la Fête du feu, et visitais régulièrement le temple zoroastrien. L'islam était loin, et on baignait dans la Perse antique. » Tout jeune homme, la guerre Iran-Irak lui fait fourbir ses premières armes de photographe de guerre. Ses images font la «Une» des magazines. Le monde arabe et ses conflits deviennent le théâtre de ses reportages. Liban, Afghanistan, Irak, Pakistan : il couvre, depuis 1984 pour l'agence SIPA, les soubresauts d'une région qui s'enflamme et d'un islam qui inquiète. La religion est étroitement liée aux maux de cette fin de siècle. Malraux le prédisait ; Alfred observe les hommes pétris dans leurs contradictions, souvent enclins à louer un Dieu devenu absolutiste. Parce qu'il porte en lui les traces de toutes les religions, parce que l'Iran est devenu le centre, parfois ardent, de l'islam chiite, nul mieux qu'Alfred ne pouvait s'immerger des mois durant dans le creuset de la civilisation perse, dans les arcanes de ces minorités religieuses qui coexistent farouchement, et souvent harmonieusement, au sein de la République islamique d'Iran. Car celle-ci reconnaît officiellement dans sa Constitution les trois religions « révélées » : les chrétiens, les juifs et les zo-roastriens, qui disposent de leurs représentants au Parlement. Avec douceur et humanisme, sans flatterie ni dogmatisme, Alfred a ramené un témoignage unique sur la communauté juive implantée en Iran depuis vingt-cinq siècles, sur ces Arméniens qui continuent de se marier en costume et robe blanche, sur ces adorateurs de Zarathoustra tout droits sortis d'un vieux grimoire des Mille et une Nuits. Depuis sa création, en 1978, Le Figaro Magazine n'a jamais cessé de faire la part belle à la photographie. La photo qui informe. La photo qui éclaire. La photo qui parle au coeur le langage universel de l'émotion... Quand Alfred nous a fait part de son projet, nous savions que son travail s'inscrivait dans la droite ligne de notre histoire éditoriale. Il nous offre un tableau méconnu, coloré, vivant d'un pays sous le feu des projecteurs de l'actualité. En lui rendant hommage pour les 20 ans de Visa pour l'Image, c'est aussi toute une profession qui donne à Monsieur Yaghobzadeh ses lettres de noblesse. PAR CYRIL DROUHET, rédacteur en chef Photo Figaro Magazine.

Introduction par Agnès de Gouvion Saint-Cyr et Jean-François Leroy.

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