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Ce qu'il faut de nuit

Couverture du livre « Ce qu'il faut de nuit » de Laurent Petitmangin aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses.... Voir plus

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

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Articles (1)

Avis (10)

  • A Ala rentrée littéraire, il y a des romans qu’on attend avec impatience et parfois nous sommes un peu déçus et puis il y en a d’autres, ceux qu’on ne voit pas arriver, ceux qu’on n’attend pas et qui nous marquent, nous retournent, ne nous laissent pas indifférents et bouleversent la rentrée...
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    A Ala rentrée littéraire, il y a des romans qu’on attend avec impatience et parfois nous sommes un peu déçus et puis il y en a d’autres, ceux qu’on ne voit pas arriver, ceux qu’on n’attend pas et qui nous marquent, nous retournent, ne nous laissent pas indifférents et bouleversent la rentrée littéraire. Et c’est souvent la Manufacture des livres qui réalise ce coup de maître de bouleverser les attentes des lecteurs, de mettre dans leur liste de romans de la rentrée des pépites.

    Avec Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin, la rentrée littéraire 2020 s’annonce comme une excellente rentrée.

    Couverture du livre « Ce qu'il faut de nuit » de Laurent Petitmangin aux éditions La Manufacture De Livres
    Dans ce premier roman, nous suivons le récit d’un père. C’est un homme simple, ouvrier à la SNCF, veuf, qui à la mort de sa femme continue tant bien que mal d’élever ses deux fils, Fus – un amateur de football – et Gillou, un gros nounours, en admiration devant son grand frère. Nous sommes dans l’Est de la France, une Lorraine ouvrière, touchée par la crise, comme beaucoup d’autres régions. Crise économique mais aussi crise politique car ce père, ouvrier engagé à gauche, ne retrouve plus les élans politiques dans la jeunesse actuelle. En dehors de Jérémy, un ancien copain de Fus, les gamins se désintéressent de la politique ou pire flirtent avec l’extrême droite. Père seul, un peu démuni face à ses garçons qui grandissent, il essaie de les conduire sur le bon chemin mais l’amour d’un père n’est parfois pas suffisant…

    « Que toutes nos vies, malgré leur incroyable linéarité de façade, n’étaient qu’accidents, hasards, croisements et rendez-vous manqués »

    Ce roman est une claque en cette rentrée littéraire. Pour un premier roman, c’est un coup d’éclat. Ce récit fort, juste dans les mots et dans le verbe, est un tableau sans compassion d’une famille banale où les enfants partent vers des chemins que les parents ne connaissent pas. A la fierté des Grandes écoles succède la honte d’un fils parti vers l’Extrême Droite, mais face à ces deux extrêmes, il reste un père, un homme qui aime ses enfants par delà leurs actes et leurs choix. Ce récit est prenant tant par le langage choisi, entre argot et prose poétique, entrecoupé, fragile et saccadé, que par le thème social et tellement réaliste. Les dernières lignes de ce roman m’ont bouleversée, m’ont pris aux tripes.. On ne peut pas rester indifférent en lisant ce roman.

    En résumé : un grand premier roman

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  • Ce qu’il faut de silence pour créer un fossé ! Ce qu’il faut d’obstination pour ne plus pouvoir communiquer et expliquer et ensuite, pardonner ! « Ce qu’il faut de nuit » pour laisser ainsi gâcher la vie d’un gamin et à jamais le regretter !
    Laurent Petimangin aborde dans « Ce qu’il faut de...
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    Ce qu’il faut de silence pour créer un fossé ! Ce qu’il faut d’obstination pour ne plus pouvoir communiquer et expliquer et ensuite, pardonner ! « Ce qu’il faut de nuit » pour laisser ainsi gâcher la vie d’un gamin et à jamais le regretter !
    Laurent Petimangin aborde dans « Ce qu’il faut de nuit » les liens entre un père qui ne reconnait plus son fils et entre un fils qui aimerait tellement que son père le reconnaisse.
    La situation décrite dans ce premier roman est toute simple. Une longue maladie fait basculer une famille. La « moman » meurt après trois ans d’hôpital. Son mari, Fuz et Gillou, leurs garçons, ont mis entre parenthèse leurs vies pour la soutenir. Alors lorsqu’elle n’est plus, chacun s’isole dans sa souffrance essayant de retrouver sens à la vie et à celle d’une famille qui n’est plus. Le père pare à l’entretien de la maison, à l’éducation de ses enfants, au quotidien mais déborde un peu au bistrot d’à côté lorsque les garçons sont couchés.
    Pas disponible de toutes façons pour s’apercevoir que son aîné flanche. Et pour Fuz c’est le schéma habituel : l’absentéisme scolaire, un copain un peu particulier, une bande plus accueillante que les murs d’une maison et bien sûr une petite copine.
    Seulement lui, il ne choisit pas la religion. Il choisit un groupuscule d’extrême droite alors que son père est un vieux militant socialo façon Programme commun. Et la blessure du père est trop forte. La présupposée honte, aussi ! Le regard des autres, la fierté bafouée et les rêves effacés vont transformer peu à peu une relation paternelle protectrice en rage larvée.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2020/09/14/laurent-petitmangin-ce-quil-faut-de-nuit/

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  • La Lorraine. Un homme, cheminot, élève seul ses deux fils, Frédéric dit Fus et Gillou après la mort de leur mère. A l'adolescence, Fus se laisse entraîner par un groupe de jeunes du FN; écoeuré, le père, qui milite au parti socialiste et a voulu transmettre ses valeurs à ses fils, se détache de...
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    La Lorraine. Un homme, cheminot, élève seul ses deux fils, Frédéric dit Fus et Gillou après la mort de leur mère. A l'adolescence, Fus se laisse entraîner par un groupe de jeunes du FN; écoeuré, le père, qui milite au parti socialiste et a voulu transmettre ses valeurs à ses fils, se détache de son fils aîné, évite tout échange et concentre ses attentes, son amour et sa fierté sur son cadet, qui partage ses idées et réussit à intégrer une école parisienne. Et se produit l'irréparable qui mettra à l'épreuve les liens qui unissent les trois hommes.
    Tout en pudeur, en sensibilité, en tendresse, l'auteur raconte une histoire d'hommes, de transmission père-fils, de déceptions paternelles, d'amour entre frères sur fond d'une région, la Lorraine, où les commerces ferment, où les perspectives professionnelles sont limitées, où les distractions se limitent aux matchs de foot locaux, tout ce qui offre un terreau fertile aux extrémismes et à la violence.
    L'émotion m'a saisie rapidement et ne m'a pas quittée jusqu'à la fin du roman devant ce père qui oscille entre honte d'avoir un fils d'extrême droite et son amour pour lui, devant ce frère aîné qui fera tout pour que son cadet ait un avenir plus brillant que le sien et celui de son père, devant ce fils qui ressent un profond amour pour son père et son frère mais ne sait l'exprimer.
    Magnifique et poignant premier roman qui m'accompagnera encore quelque temps.

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  • Après le décès de la « Moman », le narrateur, le père, se retrouve seul avec ses deux fils, Fus et Gillou, dans une petite ville de lorraine. Pour vaincre leur tristesse, ils partagent des moments ensemble, notamment autour du football. Les garçons grandissent et prennent des chemins différents...
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    Après le décès de la « Moman », le narrateur, le père, se retrouve seul avec ses deux fils, Fus et Gillou, dans une petite ville de lorraine. Pour vaincre leur tristesse, ils partagent des moments ensemble, notamment autour du football. Les garçons grandissent et prennent des chemins différents sous l’œil impuissant de leur père. S’il est toujours proche de Gillou, le père s’éloigne de Fus et ne semble plus rien partager avec celui-ci. C’était sans compter sur l’amour paternel, infallible malgré le drame.

    Laurent Petitmangin signe un premier roman poétique, sur l’amour paternel et les liens familiaux. Certaines scènes ne sont pas sans nous rappeler « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu. À l’inverse de ce dernier, il y’a beaucoup de tendresse dans « Ce qu’il faut se nuit ». Un très beau premier roman et un auteur à suivre!

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  • C’est la signature de la Manufacture : des romans qui percutent. L’admirable premier roman de Laurent Petitmangin ne déroge pas à la règle.
    Ça se passe en Moselle mais, particularismes du langage mis à part, ce serait pareil à Brest ou à Marseille. On a beau faire notre possible, nos enfants...
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    C’est la signature de la Manufacture : des romans qui percutent. L’admirable premier roman de Laurent Petitmangin ne déroge pas à la règle.
    Ça se passe en Moselle mais, particularismes du langage mis à part, ce serait pareil à Brest ou à Marseille. On a beau faire notre possible, nos enfants nous échappent. C’est toute l’ingratitude de la condition de parent : préparez-vous à sourire mais aussi à souffrir.
    À partir de quel moment cet enfant, qu’on a élevé et chéri, devient une créature autonome ? Qu’est-ce qui concourt à en faire un ange ou un démon ? Quelle est la part de responsabilité de celui qui héberge, n’ayant aucune prise sur l’environnement ? L’amour du père peut-il excuser les faux pas du fils ? À toutes ces questions, le roman de Laurent Petitmangin tente d’apporter des éléments de réponse.
    Des éléments, seulement, parce qu’on est ici dans la vraie vie. Le drame n’est pas repassé au vernis du spectaculaire. La mère, morte d’un cancer, ne s’est pas battue, elle n’a pas dit « je ne vais rien lâcher » comme une abrutie de la téléréalité. Le fils traîne avec des connards du FN et son père se demande en vertu de quoi il devrait être indulgent avec lui. Car il arrive aux cow-boys de douter de leur bon droit et aux indiens, d’être plus cruel qu’on ne l’imagine. Et réciproquement.
    Dans un style qui se peaufine au fil de son récit, Laurent Petitmangin a fait d’une vie ordinaire, suite de petits riens, un destin extraordinaire qui renseigne sur notre humanité.
    Bilan :

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  • « Ainsi les hommes filent : et si les hommes étaient faits d'étoffe indémaillable, nous ne raconterions pas d'histoires, n'est-ce pas ? » Voilà ce qu’écrit Pierre Michon dans Les onze.
    Je pense que ce premier roman répond totalement à cette assertion.
    L’auteur m’a engloutie dès la première...
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    « Ainsi les hommes filent : et si les hommes étaient faits d'étoffe indémaillable, nous ne raconterions pas d'histoires, n'est-ce pas ? » Voilà ce qu’écrit Pierre Michon dans Les onze.
    Je pense que ce premier roman répond totalement à cette assertion.
    L’auteur m’a engloutie dès la première scène (bien qu’il s’agisse de foot) où l’amour paternel irradie le terrain sur lequel joue son aîné Fus.
    « Un moment que je ne cèderais pour rien au monde, que j’attends au loin dans la semaine. » Dans une vie simple et ordinaire où le travail prime, ces instants sont des moments entre parenthèses et ils constituent des petits trésors pour les vieux jours des parents quand les enfants se sont éloignés pour eux-mêmes faire leur vie.
    Le décor est planté, nous sommes en Lorraine, le foot est l’activité de loisirs, le stade lieu de rencontre alors que les alentours se désertifient, absence de manufactures, elles sont délocalisées, l’école survit mais pour combien de temps…
    Le père en un long lamento raconte comment il doit faire face (même de cela il n’est pas sûr) à la maladie de la moman, qui succombera au cancer à quarante-quatre ans seulement. Trois ans entre chimio et hospitalisation à vivre à pas feutrés, à laisser le grand Fus s’occuper du petit Gillou, car chez ces gens-là on ne cause pas beaucoup, on agit. Et Fus a pris son rôle de grand frère sans avoir à lui demander, il s’est occupé aussi de la maison quand le père est absent pour le travail. Cela s’est fait naturellement dans l’amour filial et fraternel. Car de l’amour il y en a.
    Il y a aussi les réunions à la section (parti socialiste) mais l’activité est en berne, le monde tel qu’il se présente n’aide pas, les désillusions conduisant plutôt à l’inertie.
    « On tracte ce qu’il faut. Je ne crois pas que cela serve à grand-chose, mais il y a un jeune qui a le sens de la formule. Qui sait dire en une page la merde qui noie nos mines et nos vies. Jérémy. »
    Ce même Jérémy qui fut ami avec Fus et qui ensuite entraînera Gillou dans son sillage vers l’ENA.
    Pour le père il y a la honte de constater qu’il éprouve du soulagement à la mort de sa femme, de la culpabilité de voir que ses fils ont grandi vite, car les circonstances poussent vers des vies d’homme bien trop tôt.
    Le tout est montré par touches, comme les impressionnistes savaient faire émerger de la flamboyance dans leurs tableaux.
    Comment pallier l’absence ?
    C’est aussi l’histoire de la solitude de chacun face aux grands évènements de la vie.
    Soudain le roman bifurque car Fus fera une sortie de route. Pour certains les parois de la vie sont lisses.
    J’ai lu ce livre en apnée, plongée au cœur de ce trio d’hommes.
    L’écriture, le vocabulaire ont une justesse rarement égalée sur un tel sujet.
    Le réalisme de ces vies minuscules, avec des scènes magnifiques de connivence entre le père et ses fils, cette voix que j’entendais et qui me guidais dans ma lecture tant elle était une évidence.
    Ce premier roman bouleverse viscéralement, il vous laisse à fleur de peau et vous amène à trouver l’équilibre, celui qui vous pousse à affronter chaque jour nouveau.
    Et je conclue (à nouveau) par une citation de Pierre Michon sur la littérature, car ce roman est de la belle littérature.
    « Je découvrais les livres, où l'on peut s'ensevelir aussi bien que sous les jupes triomphales du ciel. J'apprenais que le ciel et les livres font mal et séduisent. »
    Vies minuscules (1984) de Pierre Michon
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 05 septembre 2020.

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  • Une petite ville de Lorraine meurtrie par les commerces qui ferment les uns après les autres, l'école du village qui ne va pas perdurer, même à la section du parti socialiste, il y a de moins en moins de monde. On tracte encore, même si cela ne sert plus à grand-chose.

    La mère elle est...
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    Une petite ville de Lorraine meurtrie par les commerces qui ferment les uns après les autres, l'école du village qui ne va pas perdurer, même à la section du parti socialiste, il y a de moins en moins de monde. On tracte encore, même si cela ne sert plus à grand-chose.

    La mère elle est partie, emportée par un cancer, sans lutter, le père essaye d'oublier ces trois années de merde, la maladie, l'hôpital, le deuil. Il n'a pas le choix, il lui faut bien nourrir ses deux zèbres, tenir bon jusqu'à ce qu'ils se couchent, se laisser aller après. La vie ne lui a pas fait trop de cadeaux, mais il est fier que ses deux gaillards soient toujours là l'un pour l'autre. Gillou le cadet rêve de faire une grande école à Paris, mais Frédéric, Fus pour tout le monde, l'aîné, il a bien changé. Un jour Fus rentre avec un bandana et une croix celtique symbole des fachos, des négationnistes, des ordures, des pires salauds ; le monde du père s'effondre..

    Une histoire simple, belle et tragique, les rapports conflictuels entre un père et son fils aîné. L'histoire d'un père qui essaye du mieux d'élever ses enfants dans les valeurs de fraternité et qui voit son fils aîné se laisser séduire par les idées d'extrême droite. C'est un roman ancré dans notre époque, mais derrière ce récit tragique se cache une belle histoire d'amour familial faite de silence et de non-dits, le monologue d'un père, porté par une écriture sensible et fine.

    Le fait que ce roman soit court lui donne une force incroyable tant l'auteur sait choisir les mots justes.

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  • Très bon premier roman.
    Histoire intéressante (aux ramifications familiales, sociales, politiques), à l’écriture fluide.
    Bref : un excellent moment de lecture.

    Très bon premier roman.
    Histoire intéressante (aux ramifications familiales, sociales, politiques), à l’écriture fluide.
    Bref : un excellent moment de lecture.

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