Yann Moix

Yann Moix
Journaliste de formation, Yann Moix se lance dans l'écriture dans les années 1990. Son premier roman 'Jubilation vers le ciel' reçoit un joli accueil critique et le prix Goncourt du premier roman (1996). 'Les Cimetières sont des champs de fleurs' et 'Anissa Corto' confirment son statut d'écrivain... Voir plus
Journaliste de formation, Yann Moix se lance dans l'écriture dans les années 1990. Son premier roman 'Jubilation vers le ciel' reçoit un joli accueil critique et le prix Goncourt du premier roman (1996). 'Les Cimetières sont des champs de fleurs' et 'Anissa Corto' confirment son statut d'écrivain, mais il lui faut attendre 2002 et son livre 'Podium' sur un sosie de Claude François, suivi d'un film avec Benoît Poelvoorde, pour que le grand public retienne son nom. En 2001, il réalise le court métrage 'Grand oral' avec Julie Depardieu.

Avis (6)

  • Couverture du livre « Rompre » de Yann Moix aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Fabienne DEFOSSE sur Rompre de Yann Moix

    Il semblerait que la cinquantaine soit une étape délicate dans la vie...
    En 2009, un publicitaire déclarait que si à cet âge-là on n'avait pas de Rolex, c'est qu'on avait raté sa vie. Cette semaine, Yann Moix affirmait à cinquante ans être incapable d'aimer les femmes de cinquante ans, au motif...
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    Il semblerait que la cinquantaine soit une étape délicate dans la vie...
    En 2009, un publicitaire déclarait que si à cet âge-là on n'avait pas de Rolex, c'est qu'on avait raté sa vie. Cette semaine, Yann Moix affirmait à cinquante ans être incapable d'aimer les femmes de cinquante ans, au motif que c'était trop vieux. Autant vous le dire, entre Yann Moix et la gente féminine, c'est la rupture. Justement en la matière, il excelle. Pour preuve, il publie aux Éditions Grasset Rompre. Alors provocation gratuite ou promotion maladroite ?
    Avec ce court roman, Yann Moix revient à son thème de prédilection, l'amour. Plus exactement ses difficultés à aimer, à commencer par lui.
    Rompre prend la forme d'un dialogue imaginaire où l'auteur bavarde, à la terrasse d'un café, avec un ami qui tente de le consoler à la suite de sa dernière déconvenue amoureuse… En réalité, Rompre est la retranscription, mot pour mot, d'un entretien qu'a eu l'écrivain avec un journaliste. Plutôt que de répondre aux questions, Yann Moix, s'est complètement laissé submerger par ses émotions. Il a mis des mots sur ces maux. Ils étaient tellement beaux, touchants que le journaliste a décidé de les coucher sur papier et de contacter Grasset, la maison d'édition de l'auteur. C'est ainsi que ce qui devait être qu'un entretien de plus, s'est transformé en véritable hymne à l'amour.
    Dans Une simple lettre d'amour, déjà il l'affirmait. Ce que les femmes préfèrent chez Moix, c'est le quitter. Il faut dire que l'auteur fait tout pour et semble parfaitement parvenir à ses fins. La rupture dit-il est inscrite dans ses amours comme un infarctus dans le myocarde. Mais comment lui en vouloir quand laminé, dévasté par le chagrin, Yann Moix trempe sa plume dans les tréfonds du désespoir amoureux et qu'il dissèque son état psychologique d'après rupture ? Gouverné par l'affect, l'auteur est enfermé dans son histoire d'amour qui vient de se conclure. Il se met à nu. Évoque sa vision du couple, le processus de destruction lente. le tout le renvoie à son enfance, aux douleurs et humiliations enfouies. Il convoque ses hématomes du passé.
    Pour survivre, Yann Moix se plonge dans le travail. L'écriture. Que l'on apprécie ou pas l'homme dans ce qu'il donne à voir, il faut bien reconnaître que la douleur lui sied à merveille. le chagrin magnifie un peu plus sa verve. Bien que court (128 pages), Rompre est un roman très dense. Aucun doute, c'est beau un amour qui s'achève vu par Yann Moix.
    J'adresse tous mes remerciements à la plateforme NetGalley ainsi qu'à Grasset qui m'ont permis de lire en avant première ce très bel opus.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/01/mon-avis-sur-rompre-de-yann-moix.html

  • Couverture du livre « Partouz » de Yann Moix aux éditions Grasset Et Fasquelle

    julien Raynaud sur Partouz de Yann Moix

    L'auteur déballe son sac, déverse son venin (c'est son droit), ose tout, dit tout même si certains lecteurs, du fait de leurs origines ou religion, vont bondir. C'est parfois répétitif, mais c'est logique dès lors qu'on déverse ses obsessions. le livre est un peu à cacher dans un recoin de sa...
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    L'auteur déballe son sac, déverse son venin (c'est son droit), ose tout, dit tout même si certains lecteurs, du fait de leurs origines ou religion, vont bondir. C'est parfois répétitif, mais c'est logique dès lors qu'on déverse ses obsessions. le livre est un peu à cacher dans un recoin de sa bibliothèque avec Sade ou les onze mille verges, car un enfant ne doit pas tomber sur certains passages (ce serait de l'exposition de mineurs à des messages pornographiques). Quant au style, il est unique, même si on a l'impression que c'est le brouillon de l'auteur qui a été publié et que ce dernier a refusé de retravailler son texte : les idées sont jetées un peu dans l'ordre où elles ont pu apparaître dans la tête de l'auteur. On peut aussi concevoir que le but recherché était de faire croire à des idées exprimées à vif, dans toute leur brutalité, alors que tout était préfabriqué pour créer une oeuvre déchaînée. Peu importe après tout, a-t-on besoin de savoir?

  • Couverture du livre « Terreur » de Yann Moix aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Fabienne DEFOSSE sur Terreur de Yann Moix

    Inutile d'attendre de moi que je le dézingue, j'en suis bien incapable. Et oui, Yann Moix est un de mes chouchous ! Je sais ô combien il peut agacer, mais sa plume me plaît terriblement. Elle me fait l'effet d'une gourmandise en bouche. Alors, lorsqu'un nouveau Yann Moix paraît, je n'ai d'autres...
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    Inutile d'attendre de moi que je le dézingue, j'en suis bien incapable. Et oui, Yann Moix est un de mes chouchous ! Je sais ô combien il peut agacer, mais sa plume me plaît terriblement. Elle me fait l'effet d'une gourmandise en bouche. Alors, lorsqu'un nouveau Yann Moix paraît, je n'ai d'autres choix que de le lire. Mais cette fois-ci, ce n'est pas un roman que nous propose Yann Moix (on aurait tellement préféré qu'il s'agisse d'une fiction), mais un essai. Un essai sur le monde dans lequel nous vivons depuis les attentats de Charlie Hebdo.

    Terreur est un recueil de notes écrit au jour le jour, pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher. Yann Moix ne le publie que deux ans après les événements, pour respecter le temps du deuil ; et se donner la faculté de suspendre celui de la réflexion. Il précise s'il en était besoin, qu'il n'est ni sociologue, ni spécialiste de l'islam. Il n'a d'autre spécialité que de vouloir rester en vie. Comme nous, il traverse une réalité gangrenée par la mort et contaminée par la peur. Cette réalité, loin d'être abstraite, est là, en bas de nos rues. Conscient de cette nouvelle donne, Yann Moix a pensé les attentats. C'est une gageure, parfois même un oxymore. Ce livre décousu est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qui sont ressassés à longueur de journées sans jamais être analysés, disséqués, malmenés. Yann Moix est obsessionnel, il revient à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Il nous livre une théorie sur le terrorisme, les terroristes. Un essai pour comprendre ce qui peut pousser ces jeunes à jouer à la guerre, plus qu'ils ne la font réellement avec des morts qui eux, paradoxalement, ne jouent pas.

    J'étais un passant, un simple passant. J'en suis mort. Je suis mort de ce crime, de cette impardonnable faute : passer par là.

    Terreur est un livre intelligent à l'image de son auteur. Yann Moix nous propose en trente chapitres une réflexion particulièrement fouillée, exhaustive, pertinente. Sa démonstration est convaincante, évidente. On s'étonne même de ne pas y avoir pensé. Et puis, Terreur est bourré de citations dont certaines percutent.

    On ne "rate" jamais sa mort, on ne "rate" jamais une mort - on est mort, ou on est vivant. On peut rater un suicide, un assassinat - la mort, elle, est toujours (parfaitement) réussie.

    Le terroriste est aussi mort que nous sommes vivants. Un enfant, cela vient au monde le premier jour de la vie ; un terroriste, cela vient au monde le premier jour de la mort.

    Les terroristes sont des analphabètes de l'émotion.

    Terreur ne se lit pas comme un roman, parce qu'il n'en est pas un. Il se lit comme un recueil, un recueil de pensées qui se tient à notre disposition pour nous aider à méditer sur le terrorisme, ce terrorisme qui reste malheureusement toujours d'actualité.

    Bonne méditation !

    http://the-fab-blog.blogspot.fr/2017/03/mon-avis-sur-terreur-de-yann-moix.html

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