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Wilfrid Lupano

Wilfrid Lupano
Wilfrid Lupano est né en 1971 à Nantes et réside aujourd'hui à Toulouse. Ses parents lui transmettent leur passion pour le Neuvième Art et il s'intéresse très jeune aux techniques narratives de la BD. Mais c'est surtout par la pratique du jeu de rôle qu'il apprend les ficelles d'un bon raconteur ... Voir plus
Wilfrid Lupano est né en 1971 à Nantes et réside aujourd'hui à Toulouse. Ses parents lui transmettent leur passion pour le Neuvième Art et il s'intéresse très jeune aux techniques narratives de la BD. Mais c'est surtout par la pratique du jeu de rôle qu'il apprend les ficelles d'un bon raconteur d'histoires. Après une première série dessinée par Fred Campoy chez Delcourt, Little Big Joe, Wilfrid Lupano rencontre le succès avec Alim le Tanneur, dessiné par Virginie Augustin, également chez Delcourt.

Avis sur cet auteur (101)

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    Couverture du livre « Blanc autour » de Wilfrid Lupano et Stephane Fert aux éditions Dargaud

    Bd.otaku sur Blanc autour de Wilfrid Lupano - Stephane Fert

    Aurait-on pu imaginer qu’une école pour jeunes filles noires ait existé dans l’Amérique profonde trente ans avant l’abolition de l’esclavage ?
    Tel fut pourtant le défi lancé par l’institutrice Prudence Crandall à la bourgeoisie bien-pensante du Connecticut. Cette affaire méconnue, portée...
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    Aurait-on pu imaginer qu’une école pour jeunes filles noires ait existé dans l’Amérique profonde trente ans avant l’abolition de l’esclavage ?
    Tel fut pourtant le défi lancé par l’institutrice Prudence Crandall à la bourgeoisie bien-pensante du Connecticut. Cette affaire méconnue, portée devant les tribunaux à l’époque, inspire à Wilfrid Lupano et Stéphane Fert leur nouvel album : « Blanc autour » paru chez Dargaud. Un album graphique qui met en avant le courage de cette institutrice et de ses élèves qui militeront pour le droit d’apprendre.

    Révolution, révolution

    Les thèmes du dynamisme et de la sororité sont d’emblée mis en avant par la couverture : on y voit un groupe constitué de jeunes femmes noires ou métisses saisies de profil et bien individualisées par leurs gabarits divers et variés, se dirigeant vers un endroit qui reste hors champ. Elles semblent déterminées et les couleurs et les décors marquent un renouveau. D’emblée, elles paraissent en quête de liberté.
    Ce thème est cher aux deux artistes. Wilfrid Lupano n’est, en effet, pas que l’auteur du « Loup en slip » et des « Vieux fourneaux ». Il a écrit des albums « historiques » tels « Les Communardes » et « le Singe de Hartepool » ; il réorchestre ici ce qui parcourait ces précédents albums : le féminisme et la critique des préjugés. Stéphane Fert, quant à lui, a mis en scène dans ses deux contes, « Morgane » et « Peau des Mille bêtes », deux héroïnes luttant pour leur indépendance dans un monde dominé par des hommes. Après avoir raillé dans « Quand le cirque est venu » les dictateurs de tout poil, ils s’associent cette fois pour dénoncer l’hégémonie du pouvoir des WASP qui entrave Prudence et ses pensionnaires comme le résume de façon frappante le titre « Blanc autour » raccourci énigmatique et percutant du titre originellement choisi « le pouvoir blanc autour ».
    Même si le Connecticut ne pratique plus l’esclavage, les préjugés y ont la vie dure : on n’y voit déjà pas trop l’intérêt d’enseigner aux jeunes filles blanches ; alors, l’instruction prodiguée aux fillettes noires est perçue comme une hérésie ! Le scénariste décrit le quotidien de l’école tout en rapportant les différentes décisions de justice prises par les tribunaux. Il n’édulcore nullement la dureté, la violence et même la haine auxquelles l’institutrice et ses élèves ont été confrontées.

    Un dessin décalé et coloré

    Le travail sur la couleur de Stéphane Fert apparaît alors comme décalé : il ajoute une douceur au récit qui tranche avec la dureté du propos. Il a commencé dans l’animation et on perçoit dans son dessin l’influence du style tout en rondeurs de Mary Blair la dessinatrice des Studios Disney qui œuvra sur « Cendrillon », « Alice » et « Peter Pan » dans les années 1950. Il y a du Pimprenelle, Flora et Pâquerette également dans les silhouettes pastel des jeunes filles en aplats doux libérés de contours. Tout cela concourt à provoquer l’empathie du lecteur.
    A contrario, Fert manie la caricature lorsqu’il met en scène les notables qui’ s’opposent à l’initiative de Prudence : le juge Judson est comme sanglé dans ses principes et son col amidonné et les trois notables qui viennent raisonner Prudence sont décrédibilisés par leur faciès : nez énorme en forme de courgette et disproportionné par rapport à un tout petit corps, silhouette dégingandée voire clownesque. Reprenant les codes de l’illustration enfantine, le dessin oriente le jugement.

    Une absence de manichéisme

    Il ne faudrait pas y voir cependant une forme de manichéisme. Si c’est l’histoire de Prudence Crandall (et c’est d’ailleurs le nom que porte le musée construit sur les restes de l’école) les auteurs ont choisi de ne pas tomber dans l’écueil du « white saver » : Prudence est une héroïne parmi d’autres. Sarah, Eliza, Maria et les autres sont tout aussi importantes. Avec leurs différences, leurs mésententes parfois, elles vont trouver une force dans le collectif.
    Fert et Lupano abordent aussi de façon délicate et nuancée le thème de la spiritualité grâce notamment aux personnages de Miriam la sorcière blanche, Jeruska et Eliza et ne tranchent jamais pour l’une ou l’autre, la seule voie qui est clairement blâmée est celle du prédicateur rigoriste qui appelle à la haine : façon pour Lupano de dénoncer comme dans « Alim le tanneur » les extrémismes religieux ! L’album met enfin en avant deux façons de réagir : à travers l’histoire de Nat Turner rapportée par le jeune Sauvage, on perçoit le désespoir qui étreint une partie de la population et le choix de la violence ; à travers l’attitude de Prudence et de ses élèves c’est la voie pacifiste qui est choisie. Là encore, aucune démarche n’est valorisée par rapport à l’autre. En effet le personnage de Sauvage permet de mettre en question la pertinence du combat de Prudence et de ses élèves : l’enfant souligne en effet combien le monde est façonné et pensé par les blancs et combien les élèves s’obstinent à rentrer dans des codes qui ne sont pas les leurs… Ce roman graphique suscite donc des questions mais laisse au lecteur le choix de ses réponses. Refusant le dogmatisme, il prodigue néanmoins une leçon d’espoir grâce au dossier de postface qui montre comment les élèves ont poursuivi le combat de Prudence en devenant des membres du « railway » et surtout en enseignant.


    Donc ce roman graphique n’est pas une simple relation d’une anecdote historique mais bien un miroir qui permet de réfléchir aussi sur notre société : l’album nous ramène à des thèmes d’actualité : la lutte des femmes pour leurs droits et leur visibilité dans la société, les violences policières à l’encontre des minorités, le rôle de l’éducation et la remise en question de celle-ci, l’acceptation de l’autre. « Blanc autour » est donc très actuel ! Cet album rappelle dans un contexte fort particulier (il est sorti peu de temps après l’assassinat de Samuel Paty) combien l’instruction est importante pour vaincre les préjugés et comment les plus grands changements sont souvent nés de petites graines plantées dans une salle de classe.

    #NetGalleyFrance #BlancAutour#Dargaud

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    Couverture du livre « Les vieux fourneaux T.6 ; l'oreille bouchée » de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet aux éditions Dargaud

    dubonheurdelire sur Les vieux fourneaux T.6 ; l'oreille bouchée de Wilfrid Lupano - Paul Cauuet

    Quoi de mieux que commencer la semaine avec une bonne bande dessinée ?! C’est ce que j’ai fait ce matin avec le 6ème volume des Vieux Fourneaux dont je suis une fan absolue !

    Couverture du livre « Les vieux fourneaux T.6 ; l'oreille bouchée » de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet aux éditions...
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    Quoi de mieux que commencer la semaine avec une bonne bande dessinée ?! C’est ce que j’ai fait ce matin avec le 6ème volume des Vieux Fourneaux dont je suis une fan absolue !

    Couverture du livre « Les vieux fourneaux T.6 ; l'oreille bouchée » de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet aux éditions Dargaud
    A bas les jeunes, vive les vieux ! tel est mon credo lorsque je sors d’une lecture des vieux fourneaux. Outre les personnages, toujours drôles, caustiques de la bande dessinée – Emilie, Antoine et Pierrot – chaque volume aborde un phénomène de société. Dans l’oreille bouchée, nos vieux compères se retrouvent en Guyane pour aider la population locale contre la terrible déforestation dont même en Europe nous vivons les conséquences. A l’heure du réchauffement de la planète, de la sensibilisation de plus en plus forte à l’économie d’énergie, au respect de la nature, Les Vieux fourneaux viennent à point nommé pour pour traiter ce sujet par le biais du rire.

    En résumé : une bande dessinée, drôle mais engagée !

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    Couverture du livre « Blanc autour » de Wilfrid Lupano et Stephane Fert aux éditions Dargaud

    Claire @fillefan2bd sur Blanc autour de Wilfrid Lupano - Stephane Fert

    Quand on veut asservir une population, quoi de mieux que de lui interdire l’accès à l’instruction pour lui éviter d’avoir accès à la lecture et l’écriture. En effet, savoir lire permet de découvrir des idées ou de connaître des situations dont on ne soupçonnait même pas l’existence et réveille...
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    Quand on veut asservir une population, quoi de mieux que de lui interdire l’accès à l’instruction pour lui éviter d’avoir accès à la lecture et l’écriture. En effet, savoir lire permet de découvrir des idées ou de connaître des situations dont on ne soupçonnait même pas l’existence et réveille des esprits qui peuvent être embués et empêchés en raison de maltraitance physique et intellectuelle.

    Alors quand en 1832, la jeune Sarah, qui ne peut fréquenter l’école de Canterbury CT, en raison de la couleur de sa peau, soumet à Melle Crandall l’institutrice, un problème de physique concernant le changement de la direction de la lumière entre l’air et l’eau (le bâton cassé), cette dernière décide que la jeune fille devrait avoir le droit, au même titre que les jeunes filles blanches de la communauté, de s’instruire.

    Mais cette nouvelle arrivée ne plaît guère aux habitants de cette ville à majorité blanche, qui vont alors refuser cette promiscuité. En effet les femmes noires risqueraient de se trouver « d’égales à égales avec les femmes blanches, elles deviendront arrogantes et voudront épouser des Blancs ». Devant cette hostilité Miss Crandall décide que dorénavant son école, financée par des donateurs blancs, n’accueillera exclusivement que des jeunes filles noires…

    Ce très bel et très intéressant album de Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (dessin) est tiré de faits réels dont on ne peut que souligner l’indéniable intérêt historique en raison des questions soulevées depuis que des esclaves noirs furent envoyés dans ce qui n’étaient encore que des colonies européennes.

    L’esclavage fut aboli par le 13e amendement additionnel à la Constitution adopté en 1865 et complété par le 14e en 1868 protégeant les anciens esclaves en leur donnant la citoyenneté et en leur garantissant une égale protection sur tout le territoire. Cependant, ces deux amendements n’empêcheront pas la mise en place d’une ségrégation raciale dans certains états du sud entre 1877 et 1964.

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    Couverture du livre « Blanc autour » de Wilfrid Lupano et Stephane Fert aux éditions Dargaud

    Madame Tapioca sur Blanc autour de Wilfrid Lupano - Stephane Fert

    Immédiatement les couleurs des dessins sautent aux yeux. Il se dégage une grande douceur du trait de Stéphane Fert contrastant avec la gravité du thème choisi par Wilfrid Lupano.

    1832, dans l’Amérique ségrégationniste, alors que la révolte sanglante de l’esclave Nat Turner fait scandale, une...
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    Immédiatement les couleurs des dessins sautent aux yeux. Il se dégage une grande douceur du trait de Stéphane Fert contrastant avec la gravité du thème choisi par Wilfrid Lupano.

    1832, dans l’Amérique ségrégationniste, alors que la révolte sanglante de l’esclave Nat Turner fait scandale, une institutrice décide d’ouvrir son école à des jeunes filles noires. Inspirée d’une histoire vraie, « Blanc autour » réussi à être à la fois un récit historique, une bd pour tous les âges, un appel à la tolérance, à la résistance et à la sororité.

    Malgré la noirceur du sujet, la luminosité l’emporte grâce à la justesse des personnages et la beauté des dessins. Un incontournable du moment qui à la maison a autant séduit la mère que la fille.

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