Sylvain Pattieu

Sylvain Pattieu
Né à Aix-en-Provence en 1979, Sylvain Pattieu est maître de conférences en histoire à l'Université Paris VIII-Saint-Denis, après avoir enseigné au lycée Jean-Rostand de Villepinte. Il travaille notamment sur les populations noires en France. Il est l'auteur de deux livres d'histoire, Tourisme et ... Voir plus
Né à Aix-en-Provence en 1979, Sylvain Pattieu est maître de conférences en histoire à l'Université Paris VIII-Saint-Denis, après avoir enseigné au lycée Jean-Rostand de Villepinte. Il travaille notamment sur les populations noires en France. Il est l'auteur de deux livres d'histoire, Tourisme et travail, de l'éducation populaire au secteur marchand (1945-1985), Presses de Sciences Po, 2009 et Les camarades des frères. Trotskistes et anarchistes dans la guerre d'Algérie, Syllepse, 2002 (préface de Mohammed Harbi), publié aussi en Algérie par Casbah éditions, 2006. Des impatientes est son premier roman.

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Articles en lien avec Sylvain Pattieu (5)

Avis sur cet auteur (18)

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    Couverture du livre « Forêt-Furieuse » de Sylvain Pattieu aux éditions Rouergue

    Marie Kirzy sur Forêt-Furieuse de Sylvain Pattieu

    Le prologue se veut bienveillant à l'égard d'un lecteur qui pourrait être perdu avec tout ce qui va suivre. Il plante le décor, les lieux et les personnages. A savoir, en une époque et un lieu indéfinis post-apocalypse :

    - « une histoire d' enfants sauvages » vivant dans ce qu'ils appellent...
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    Le prologue se veut bienveillant à l'égard d'un lecteur qui pourrait être perdu avec tout ce qui va suivre. Il plante le décor, les lieux et les personnages. A savoir, en une époque et un lieu indéfinis post-apocalypse :

    - « une histoire d' enfants sauvages » vivant dans ce qu'ils appellent « la Colonie », à la lisière d'une forêt qui fait peur et attire à la fois. Des orphelins, des abandonnés, des malades, des estropiés, des irradiés. Ils ont des noms bizarres ou à rallonge ( Tout-Le-Fait-Rire, Destiny-Bienaimée, Trogne, Tricératops ) et ont crée leur propre société, pas meilleure que celle des adultes, avec ses rapports de force, ses violences, ses dominants.

    - « et puis il y a un village » quasi médiéval traversé d'une lutte des classes entre les grands propriétaires, maîtres des forges, des mines, des éoliennes, et les paysans menés par le berger Darnert qui veulent garder l'usage de la forêt

    - « des histoires de religion, dans ce village, il faut les prendre au sérieux », on y trouve des christian, des muslim, des supermuslim et des vrais supermuslim qui menacent l'équilibre et veulent transformer le village en califat

    - une forêt mystérieuse avec sa femme-arbre

    Là, tu commences à te dire qu'il n'y a pas que la forêt du titre qui furieuse, tu pressens que tout ce roman est carrément fou furieux. Et c'est exactement cela, un véritable OLNI ( objet livresque non identifié ) d'une liberté absolue, qui s'affranchit de tous les genres. Sylvain Pattieu propose même une sorte de syncrétisme détonnant à partir d'un viaduc d'inspirations complètement hétéroclites : les récits mythiques des trois monothéismes ( par exemple, le nom de la Colonie est celui du roi de Salem dans la Bible, Melkisedek ), des légendes pyrénéennes ( les sabots de Bethmale, avec leur pointe en aiguille pour encorner les coeurs ), la guerre historique des Demoiselles en Ariège au XIXème siècle ( ou comment des paysans en rébellion contre un code forestier leur interdisant l'usage de la forêt se déguisent en femmes pour attaquer les grands propriétaires et les maitres des forges ) , le roman Sa Majesté des Mouches de Wiliam Golding et sa communauté d'enfants livrés à eux-mêmes etc

    Le récit est incroyablement foisonnant et multiple, et pourtant, jamais je ne m'y suis sentie égarée. Au contraire, on sent que l'auteur sait où il va ; lorsqu'il croise les histoires, elles se finissent par se recouper de façon très cohérente, un tour de force pour un roman qui frôle avec le fantastique et l'imaginaire.

    On est clairement dans la littérature de « genre », entre roman épique, roman d'aventures, récit postapocalyptique. Et pourtant, il n'est en rien déconnecté de la réalité contemporaine, le lecteur reconnaît parfaitement le monde d'aujourd'hui, notamment la deuxième partie « Les vrais supermuslim » qui décrypte sous couvert romanesque le phénomène du djihadisme avec brio, tout particulièrement avec le personnage du jeune Brille.

    En fait, tous les personnages sont passionnants, Danert le berger rebelle déguisée en demoiselle ; Esclarelys, son ancienne amoureuse Esclarelys qui canalise sa fougue amoureuse et sexuelle en se convertissant en vrai supermuslim des plus zélées ; et bien sûr, La-Petite-Elle-Veut-Tout-Faire-Toute-Seule devenue sous le nom d'Onyx une sorte de Jeanne d'Arc animée par les voix de la Femme-Arbre, une jeune fille puissante qui devient le guide des enfants perdus ; le conteur Mohamed-Ali dont les chants et poèmes ponctuent habilement le récit et lui apporte du coffre.

    Cerise sur le gâteau, cette formidable vitalité romanesque est incroyablement portée par une écriture forte, très originale, métissée, puisant aussi bien dans la fougue homérique que dans la rythmique contemporaine du slam ou du rap. Les phrases sont longues, très travaillées, lyriques, poétiques, parfois peu ponctuées, amples. Elles m'ont happée, essoufflée, enthousiasmée.

    Vraiment un roman étonnant, très original, qui détonne dans la production littéraire actuelle par son sens absolue de la liberté.

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    Couverture du livre « Et que celui qui a soif, vienne ; un roman de pirates » de Sylvain Pattieu aux éditions Rouergue

    kadeline sur Et que celui qui a soif, vienne ; un roman de pirates de Sylvain Pattieu

    Et que celui qui a soif vienne est une très belle histoire d'aventures, de traite négrière et de piraterie, le tout combiné à une quête de la liberté.
    Le récit commence avec une « nouvelle », ma mère et le loup. Ce texte était trop bizarre pour moi et l'écriture non structurée m'a gênée. Comme...
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    Et que celui qui a soif vienne est une très belle histoire d'aventures, de traite négrière et de piraterie, le tout combiné à une quête de la liberté.
    Le récit commence avec une « nouvelle », ma mère et le loup. Ce texte était trop bizarre pour moi et l'écriture non structurée m'a gênée. Comme entrée en matière c'est risqué car c'est particulier et ça tranche vraiment avec le coeur du roman. Heureusement pour moi tout n'était pas écrit comme ça. La suite est super fluide et intéressante. le roman a une structure qui fonctionne bien, on commence par suivre un à un les différents bateaux puis les occupants se croisent. le rythme est agréable ce qui n'est pas évident à maitriser quand on a un début avec une structure répétitive.
    J'ai beaucoup aimé que le premier chapitre axé sur le bateau esclavagiste joue sur l'absence de noms pour les personnages. Ils sont quantité négligeable, ça renforce la perte d'humanité des esclaves et du mousse.
    Niveau personnages, il y en a pour tous les gouts. La galerie présentée est grande, maitrisée, variée et bien travaillée. Bien que j'ai apprécié la majorité des personnages, j'ai eu un petit faible pour Karl et son parcours hors du commun.
    Juste un bémol, l'auteur insère des éléments anachroniques et des digressions qui m'ont régulièrement sortie de ma lecture.
    Pourquoi insérer dans un récit historique situé environ au 16ème siècle, une renault R5, Gabin et Signoret, un avion détourné… ?
    Pourquoi raconter les souvenirs de sa mère et de sa maladie/mort ?
    Pour moi ça n'a rien à faire là, soit on fait une autobiographie soit un roman d'aventures/historique.
    J'ai beaucoup apprécié cette lecture dont les messages sont touchants.

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    Couverture du livre « Beauté parade » de Sylvain Pattieu aux éditions Lgf

    Sophie Gauthier sur Beauté parade de Sylvain Pattieu

    Boulevard de Strasbourg, Xème arrondissement de Paris. Des rabatteurs incitent les passants à entrer dans les salons de coiffure-manucure qui bordent la rue. Celles et ceux qui y travaillent sont pour la plupart des personnes sans papiers, venues d'Asie e d'Afrique. Etroitesse des boutiques,...
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    Boulevard de Strasbourg, Xème arrondissement de Paris. Des rabatteurs incitent les passants à entrer dans les salons de coiffure-manucure qui bordent la rue. Celles et ceux qui y travaillent sont pour la plupart des personnes sans papiers, venues d'Asie e d'Afrique. Etroitesse des boutiques, manipulation de produits nocifs, manque d'aération, manque de protection, manque de considération... l'attente désespérée d'une carte de séjour mettent les employés à l'entière merci de leurs patrons et les empêchent de protester contre les conditions de travail insupportables.

    En 2014, dans la boutique sise au numéro 50 du boulevard, le patron s'évanouit dans la nature. Après deux mois de travail sans salaire, sept des employées décident d'occuper les lieux. Lin Mei, Fengzhen, Madissou, Yangpin, Gang, Adja et Souqin se déclarent en grève, la première dans ce secteur d'activité. Pendant 3 mois, la boutique devient le lieu de leur résistance. Syndicalistes, militants, soutiens, familles, amis, curieux passent, échangent, traversent ce lieu que les grévistes se sont réapproprié.

    A l'écoute, attentif aux liens qui se créent mais aussi aux histoires individuelles de chaque personne, Sylvain Pattieu écrit la chronique de ces jours où les soumis ont relevé la tête. Aux paroles respectueusement recueillies, il adjoint les informations nécessaires pour décortiquer le fonctionnement du système vicieux qui asservit les clandestins. Soucieux de replacer chacun dans son histoire singulière et unique, il évite toute généralisation et décrit avec une finesse extrême un état des lieux désastreux.

    Un reportage aux allures de roman social qui déborde d'empathie et d'humanité.

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    Couverture du livre « Nous avons arpenté un chemin caillouteux » de Sylvain Pattieu aux éditions Plein Jour

    Anne-Laure Vaucelle sur Nous avons arpenté un chemin caillouteux de Sylvain Pattieu

    Jean et Melvin McNair ont choisi de détourner un avion pour trouver une vie meilleurs de Noirs en Algérie puis en France.
    Dans la contextualisation de l'acte de ces pirates de l'air, un choix de vie assumée tourné vers l'avenir.
    La vie de Jean et Melvin McNair entre ségrégation d'état...
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    Jean et Melvin McNair ont choisi de détourner un avion pour trouver une vie meilleurs de Noirs en Algérie puis en France.
    Dans la contextualisation de l'acte de ces pirates de l'air, un choix de vie assumée tourné vers l'avenir.
    La vie de Jean et Melvin McNair entre ségrégation d'état jusqu'à la vie de quartier tranquille à Caen est romanesque.
    C'est le récit que propose Sylvain Pattieu pour découvrir ce choix de vie et cet engagement social pour les autres de ces deux personnages étonnants.
    Ce court récit permet de remettre dans le contexte des années 70/80 le fait d'être noir aux Etats-Unis avec quelles conséquences pour choisir un acte terroriste et quel avenir tracer pour les autres au delà de cet acte.