Patrick Modiano

Patrick Modiano
Né à Boulogne-Billancourt en 1945, Patrick Modiano a écrit près d'une trentaine de romans, souvent autobiographiques. Il a été récompensé par de nombreux prix pour l'ensemble de son ?uvre.

Articles (3)

Avis (94)

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    Couverture du livre « La petite bijou » de Patrick Modiano aux éditions Gallimard

    Sophie Wag sur La petite bijou de Patrick Modiano

    Bien écrit mais histoire bof, bof...

    Bien écrit mais histoire bof, bof...

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    Couverture du livre « Encre sympathique » de Patrick Modiano aux éditions Gallimard

    Marie-Laure VANIER sur Encre sympathique de Patrick Modiano

    Modiano me fait toujours l'effet d'un auteur qui serait resté enfermé quelques décennies dans une boîte très hermétique que l'on aurait enfin ouverte. Rien de ce qui fait le XXIe siècle ne concerne ses romans: pas de traces de téléphones portables, d'ordinateurs ou de réseaux sociaux… Non, chez...
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    Modiano me fait toujours l'effet d'un auteur qui serait resté enfermé quelques décennies dans une boîte très hermétique que l'on aurait enfin ouverte. Rien de ce qui fait le XXIe siècle ne concerne ses romans: pas de traces de téléphones portables, d'ordinateurs ou de réseaux sociaux… Non, chez Modiano, on cherche un nom dans le Bottin, on écrit des lettres avec de l'encre bleu Floride, on parle de dancing et de bureau des PTT, de magnétophone et de télégramme…
    Les gens sont aimables ou méfiants, habitent ou ont habité Paris (ils peuvent aussi être absents momentanément de Paris, ce qui est toujours vaguement inquiétant ou risqué) et s'appellent comme on ne s'appelle plus : Gérard Mourade, Noëlle Lefebvre ou George Brainos...
    Généralement, l'un d'entre eux a disparu et un narrateur le recherche. Pourquoi ? On ne sait pas vraiment et lui non plus dans le fond. S'ensuit une espèce d'errance essentiellement parisienne, dans un périmètre assez limité et une chronologie relativement vague. On a toujours l'impression que le narrateur souffre d'une myopie prononcée qui l'empêche de voir au-delà d'une certaine distance (autrement, ce qu'il voit est flou) et qu'une forme d'amnésie l'a frappé peu de temps après sa naissance. Le personnage principal est donc quelqu'un qui ne se souvient pas et les gens qu'il interroge ne se souviennent pas eux non plus. Bref, tout le monde a tout oublié et l'on cherche des gens que personne n'a jamais rencontrés, et qui sont certainement morts depuis longtemps (mais là, c'est pas sûr!)
    (Seules les traces font rêver, disait René Char… )
    Bref, on tourne pas mal en rond, on rencontre une poignée de personnages (très peu) mais on finit quand même par les confondre (moi en tout cas), on se perd dans des détails (des histoires de lettres, de dossiers égarés ou incomplets…), les années passent, on vieillit (mais on ne change pas vraiment), on ne renonce pas à chercher (en s'autorisant quelques pauses assez longues tout de même) comme si le sens de la vie dépendait de ce qu'on allait trouver (ou pas) et puis, on finit toujours par mettre la main sur une personne : est-ce vraiment celle que l'on cherchait au début ou bien quelqu'un qui lui ressemble vaguement ? Peu importe, elle fera l'affaire.
    Dans cette atmosphère hors du temps et hors de tout, des paroles d'une très grande banalité prennent soudain l'allure de questionnements philosophiques très profonds : exemple page 26 : « Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » Eh oui, qu'est-ce qu'on fout là, dis-le moi…
    Bref, on aime Modiano ou pas. Si vous aimez, vous adorerez ce roman ; si vous n'aimez pas, passez votre chemin.
    Quant à moi, je fais partie des fans absolus : j'aime l'écrivain qui à chaque question qu'on lui pose répond par « C'est compliqué » avant de plonger son regard inquiet dans le vide et de répéter une autre fois comme quelqu'un qui prend douloureusement conscience de la difficulté de traduire l'existence en mots, « oui, c'est compliqué »… J'aime ses textes parce qu'ils expriment une vision du monde très personnelle, et c'est bien là la caractéristique d'un grand écrivain, isn't it ?
    L'errance modianesque dit le temps qui passe, s'effiloche, la mémoire qui vacille et l'oubli qui prend le relais. Les lieux, seuls, forment de vagues repères… et encore… Rien ne résiste au temps, ni les gens, ni les choses…
    L'homme n'est qu'un passant… Un passant de passage… Qui a presque tout perdu et tout oublié.

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    Couverture du livre « Encre sympathique » de Patrick Modiano aux éditions Gallimard

    Henri-Charles Dahlem sur Encre sympathique de Patrick Modiano

    «À mesure que je tente de mettre à jour ma recherche, j’éprouve une impression très étrange. Il me semble que tout était déjà écrit à l’encre sympathique.» Dans ce court roman, le Nobel de littérature continue à jouer sa partition avec maestria. Il nous entraîne sur les pas de la mystérieuse...
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    «À mesure que je tente de mettre à jour ma recherche, j’éprouve une impression très étrange. Il me semble que tout était déjà écrit à l’encre sympathique.» Dans ce court roman, le Nobel de littérature continue à jouer sa partition avec maestria. Il nous entraîne sur les pas de la mystérieuse Noëlle Lefebvre, rassemblant petit à petit les pièces d’un puzzle fascinant.

    Bien entendu, c’est toujours le même roman et bien entendu, il est à chaque fois différent. Les inconditionnels de Modiano y retrouveront sa plume délicate et ses promenades dans Paris, sa volonté de retrouver ses souvenirs et celle d’en faire œuvre littéraire. Quant à ceux qui n’ont pas encore goûté au plaisir de lire l’un des romans du dernier Prix Nobel de littérature français, ils pourront sans crainte découvrir son univers avec ce court roman, qui doit être son trentième.
    Tout commence cette fois avec un document retrouvé, une carte de poste restante au nom de Noëlle Lefebvre.
    Le narrateur se souvient qu’il a travaillé quelques mois pour le compte de l’agence de détectives La Hutte et qu’on lui avait confié la tâche de retrouver la trace de cette jeune fille mystérieusement disparue. Une première pièce d’un dossier qu’il va rouvrir et tenter de reconstruire.
    Outre cette carte de poste restante, quelques lieux fréquentés par la jeune femme, quelques personnes de son entourage vont apparaître. Un certain Roger Behaviour, le 13 de la rue Vaugelas ou le 85 rue de la Convention, la maroquinerie Lancel proche de l’Opéra où Noëlle a travaillé, le Dancing de la Marine, le Cours d’art dramatique Paupelix, Gérard Mourade «Il faudrait encore des détails qui sembleraient à première vue sans aucun rapport les uns avec les autres, jusqu’au moment où de nombreuses pièces du puzzle seraient rassemblées. Et il ne resterait plus qu’à les mettre en ordre pour que l’ensemble apparaisse à peu près au grand jour.»
    Comme dans Souvenirs dormants ou encore Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, la magie opère, à tel point que cette enquête – qui est d’abord une quête de la vérité, de la permanence des souvenirs, de la façon de les présenter – va devenir secondaire par rapport au travail de l’écrivain. «À mesure que je tente de mettre à jour ma recherche, j’éprouve une impression très étrange. Il me semble que tout était déjà écrit à l’encre sympathique [… ] Et, en définitive, cela me permettra peut-être de mieux me comprendre moi-même.
    Voilà pourquoi Noëlle Lefebvre l’obsède à ce point, voilà pourquoi le lecteur ne tarde pas à le suivre dans cette recherche. Car il pressent qu’il s’agit ici de trouver les clés de l’existence, le moteur qui nous fait avancer, les réponses aux seules questions qui valent. Et sans dévoiler l’épilogue de ce roman, on trouvera au hasard d’une réflexion – «J’ai peur qu’une fois que vous avez toutes les réponses votre vie se referme sur vous comme un piège, dans le bruit que font les clés des cellules de prison» – le secret de l’œuvre modianesque. Et c’est la raison pour laquelle on
    se réjouit déjà du prochain livre. Qui, on le sait sera le même. Et sera bien différent.
    https://urlz.fr/bhkb

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    Couverture du livre « Dora Bruder » de Patrick Modiano aux éditions Gallimard

    Nonode sur Dora Bruder de Patrick Modiano

    En 1988, Patrick Modiano tombe sur un article de journal daté du 31 décembre 1941 dans lequel est publié un avis de recherche, celui de Dora Bruder. Une courte description de la jeune fille y figure.
    Modiano se met en tête de retracer l'histoire de cette jeune fille dont on ignore presque tout...
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    En 1988, Patrick Modiano tombe sur un article de journal daté du 31 décembre 1941 dans lequel est publié un avis de recherche, celui de Dora Bruder. Une courte description de la jeune fille y figure.
    Modiano se met en tête de retracer l'histoire de cette jeune fille dont on ignore presque tout sauf le nom et l'apparence physique. Grâce aux archives, il parvient à retrouver la trace de ses parents habitant au 41 boulevard Ornano, a retrouver le couvent catholique dans le XIIe arr. dans lequel Dora séjourna. Pour combler les vides, Modiano imagine ce qu'aurait pu être la vie de cette Dora Bruder. Il va sur places, refait les trajets, suppose, imagine, déduit. C'est l'occasion pour Modiano de parler de son histoire personnelle, des souvenirs de son père, juif, arrêté comme Dora par la police, et de retracer l'histoire de Paris et de l'Occupation pendant les années 40, 41 et 42.
    L'attachement de Modiano est Paris est palpable dans ce roman : il se plait à décrire les lieux, les rues de la capitale et imagine ce qui a pu exister en tel ou tel endroit. L'histoire est très plaisante à lire et donne à Patrick Modiano l'opportunité d'entremêler le récit de la guerre, de Paris, et de son histoire personnelle.