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Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar
1903-1987 Marguerite de Crayencour est née le 8 juin 1903, à Bruxelles, d'une mère belge qu'elle perd à la naissance. Élevée par son père, un anticonformiste, grand voyageur et très cultivé, elle passe son baccalauréat à Nice, sans avoir fréquenté l'école. Son premier poème dialogué est publié à... Voir plus
1903-1987 Marguerite de Crayencour est née le 8 juin 1903, à Bruxelles, d'une mère belge qu'elle perd à la naissance. Élevée par son père, un anticonformiste, grand voyageur et très cultivé, elle passe son baccalauréat à Nice, sans avoir fréquenté l'école. Son premier poème dialogué est publié à compte d'auteur en 1919 et signé Yourcenar, anagramme de son nom de famille. En 1939, son père est mort depuis dix ans, elle manque d'argent et l'Europe s'agite dangereusement. Elle part aux États-Unis pour rejoindre Grace Frick, son amie. Elle y passera le reste de sa vie: citoyenne américaine en 1947, elle enseignera la littérature française jusqu'en 49.Son roman Les Mémoires d'Hadrien, en 1951, connaît un succès mondial et lui vaut le statut définitif d'écrivain, consacré en 70 par son élection à l'Académie Royale de langue belge et de littérature française et onze ans plus tard, par son entrée à l'Académie française.Sa vie se partage entre l'écriture dans l'isolement de l'île des Monts-Déserts et de longs voyages dont un périple autour du monde avec Jerry Wilson, son dernier compagnon. Elle meurt en décembre 87 à Bar Harbor, aux Etats-Unis. Des romans historiques aux mémoires autobiographiques, l'oeuvre de Yourcenar s'inscrit en marge du courant engagé de son époque. Retour à l'esthétisme et à la tradition avec le désir d'affirmer la finalité de la littérature: la narration. Inspirée par la sagesse orientale, la pensée de l'écrivain ne s'est jamais éloignée de l'humanisme de la Renaissance.

Avis sur cet auteur (24)

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    Couverture du livre « Mémoires d'Hadrien » de Marguerite Yourcenar aux éditions Gallimard

    Chantal YVENOU sur Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar

    Ce monument de la littérature française, peut intimider voire effrayer le futur lecteur, par crainte de ne pas maîtriser les notions historiques, ou de se retrouver confrontéà un style complexe et abscons. Et pour avoir oser franchir le pas, dès les premières pages , je suis revenue sur ces...
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    Ce monument de la littérature française, peut intimider voire effrayer le futur lecteur, par crainte de ne pas maîtriser les notions historiques, ou de se retrouver confrontéà un style complexe et abscons. Et pour avoir oser franchir le pas, dès les premières pages , je suis revenue sur ces préjugés. Le test des 80 premières pages n’a pas été nécessaire, je me suis laissée séduire autant par la forme que par le fond.

    Ce testament de vie d’un homme qui pressent l’arrivée de sa mort, et lègue à son neveu et futur successeur Marc Aurèle, alors âgé de 17 ans, un bilan assorti de suggestions et mise en garde pour assumer au mieux le pouvoir de régner sur un empire, est à la fois édifiant et émouvant.

    Hadrien revient sur son histoire personnelle, sa jeunesse et les erreurs qui l’ont marquée , et son arrivée au pouvoir, après le décès de Trajan . Et sans en avoir l’air, dessine ainsi un état des lieux de la société romaine de la fin du deuxième siècle.

    Cet empereur semble bien avoir été un gouvernant vertueux. Opposé à la guerre, si ce n’est pour défendre son territoire, mais en aucun cas par goût de l’affrontement et de la conquête, il se range plutôt du côté des pacifistes. Il vise une société plus équitable, se penchant sur le statut des esclaves dont il améliore le sort, ainsi que sur celui des femmes.


    Il entreprend également une grande réforme de l’agriculture, une réorganisation de l’administration et du droit romain.

    Cet amoureux des arts et des lettres est aussi à l’origine de grands travaux, s’inspirant des traditions grecques et égyptiennes.

    Hadrien confie aussi les aléas de sa vie amoureuse. amateur des jolies femmes, même s’il n’était pas très attiré par la sienne, c’est surtout sa passion pour Antinoüs qu’il nous conte. Il ne se remettra jamais de la mort tragique du bel éphèbe, dont il fera dresser un nombre considérable de statues, et même élèvera une ville à son nom.

    Il y aurait encore tant de choses à dire sur ces confidences pré mortem, empreintes de sagesse. Le récit va bien au delà d’une page d’histoire, c’est une méditation sur la vie, l’amour et la mort, qui a quelque chose d’universel et d’éternel.

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    Couverture du livre « Mémoires d'Hadrien » de Marguerite Yourcenar aux éditions Gallimard

    GeorgesSmiley sur Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar

    Erudit mais bien ennuyeux !
    Qu’est-ce qui ne va pas, chez moi, pour m’être autant ennuyé à la lecture de ce chef d’oeuvre ? Je viens de parcourir les avis cinq étoiles pour tenter de comprendre ce que j’ai raté : « L'écriture est splendide, le vocabulaire est merveilleux », « le style est...
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    Erudit mais bien ennuyeux !
    Qu’est-ce qui ne va pas, chez moi, pour m’être autant ennuyé à la lecture de ce chef d’oeuvre ? Je viens de parcourir les avis cinq étoiles pour tenter de comprendre ce que j’ai raté : « L'écriture est splendide, le vocabulaire est merveilleux », « le style est limpide, esthétique, élaboré », « Un concentré d'érudition, de talent...un pur chef d'oeuvre ! », « un Hadrien plus vrai que nature. »
    Il y a beaucoup d’adjectifs et d’affirmations mais peu de démonstration comme si les lecteurs avaient du mal à concrétiser leur plaisir. Allons voir ce que disent les grincheux ?
    Oiseaulire me semble plus précise et nettement plus convaincante :
    « L'empereur Hadrien développe des réflexions bien contemporaines qui sont plutôt celles de Marguerite Yourcenar elle-même : un parfum d'anachronisme se dégage de ce roman, accentué par la volonté de l'auteure de restituer autant que possible le style à la fois fleuri et viril des textes anciens.
    Hadrien se présente comme un homme pourvu de mille qualités : peu de pages dans lesquelles, sous une apparente modestie, il ne fasse sa propre apologie : voyez comme je suis intelligent, sensible, viril, perspicace, lettré, aimant la paix mais bon guerrier et stratège, excellent ami, bon chef d'état, amoureux sincère. Seule ma carrière d'époux n'est pas exemplaire, mais est-ce ma faute ? Sabine est si maussade.
    Il m'a semblé lire une excellente dissertation, pleine de solides qualités, mais lisse, très lisse, un exercice académique bien mené sans aspérité, sans vrai souffle. Intelligent mais sans génie. »
    Ca semble acquis, Hadrien n’aimait pas sa femme qui le lui rendait bien. Il préférait les garçons en particulier le (très) jeune Antinoüs qui, si j’en crois la statuaire, était effectivement très beau. Il mit fin aux guerres de conquête de son prédécesseur Trajan… quoique… il mit quatre années à « pacifier » la Judée (comprendre mâter la rébellion juive qu’il avait provoquée en décidant de faire bâtir un temple dédié à Jupiter sur l’emplacement du Temple) de telle sorte que «cinquante forteresses, et plus de neuf cents villes et villages avaient été saccagés et anéantis ; l’ennemi avait perdu près de six cent mille hommes » et, détail intéressant, aujourd’hui encore : « La Judée fut rayée de la carte, et prit par mon ordre le nom de Palestine. »
    Privé de descendance, il ne le regretta pas : « certes, aux heures de lassitude et de faiblesse où l’on se renie soi-même, je me suis parfois reproché de n’avoir pas pris la peine d’engendrer un fils, qui m’eût continué. Mais ce regret si vain repose sur deux hypothèses également douteuses : celles qu’un fils nécessairement nous prolonge, et celle que cet étrange amas de bien et de mal, cette masse de particularités infimes et bizarres qui constitue une personne, mérite d’être prolongé. »
    Il y a bien quelques pages émouvantes sur la fin de vie, ses affres et ses hontes, quelques intéressantes considérations politico-philosophiques sur l’empire, son expansion, ses limites et son déclin, dont on peut malgré tout penser qu’elles sont, comme les lignes ci-dessus, plus imputables à Marguerite qu’à Hadrien. Rien de bien palpitant. De même les, à mon goût, trop longs développements sur « l’attachement » de l’empereur au jeune (14 ans) Antinoüs, les références à Achille et Patrocle et la divinisation du jeune homme, pourraient sans doute, pour des esprits étroits dont j’avoue ne pas être totalement éloigné, apparaître comme un manifeste pro domo en faveur de mœurs qu’à la vision idyllique de Marguerite, les esprits chagrins pourraient opposer celle de l'historien Sextus Aurelius Victor écrivant dans son Livre des Césars, près de 250 ans après, alors que les relations entre hommes et éphèbes sont tombées en disgrâce : « On le (Hadrien) vit enfin rechercher, avec une scrupuleuse sollicitude, tous les raffinements du luxe et de la volupté. Dès lors mille bruits coururent à sa honte : on l'accusa d'avoir flétri l'honneur de jeunes garçons, d'avoir brûlé pour Antinoüs d'une passion contre nature : c'était là, disait-on, le seul motif pour lequel il avait donné le nom de cet adolescent à une ville qu'il avait fondée ; c'était pour cette raison qu'il avait élevé des statues à ce favori ».
    Il pourrait paraître piquant qu’à une époque où tout un chacun condamne à juste titre un Weinstein, personne ne se demande si le petit Antinoüs était vraiment consentant au « grand amour » d’un empereur de quarante ans dont ce roman fait le panégyrique.

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    Couverture du livre « Mémoires d'Hadrien » de Marguerite Yourcenar aux éditions Gallimard

    Cyrille Maman sur Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar

    Un chef-d'œuvre de la littérature française tout simplement.

    Un chef-d'œuvre de la littérature française tout simplement.

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    Couverture du livre « Les Memoires D'Hadrien (Progamme Classes Prepa+Veto) » de Marguerite Yourcenar aux éditions Nathan

    Maïlys sur Les Memoires D'Hadrien (Progamme Classes Prepa+Veto) de Marguerite Yourcenar

    Cet ouvrage est très paradoxal. J'ai eu énormément de mal à le terminer, et même à le lire tout simplement. Le style assez philosophique est très poussé et n'est pas simple au premier abord. Cependant, après cette approche très compliquée cet ouvrage est un délice. En effet, la structure...
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    Cet ouvrage est très paradoxal. J'ai eu énormément de mal à le terminer, et même à le lire tout simplement. Le style assez philosophique est très poussé et n'est pas simple au premier abord. Cependant, après cette approche très compliquée cet ouvrage est un délice. En effet, la structure triangulaire de l'oeuvre est très originale et mime bien l'âge d'or (section Saeculum Aureum) et le déclin de l'empereur Hadrien. La philosophie stoïcienne représentée par Marc Aurèle est bien expliquée et la réflexion sur le suicide est intéressante.
    Marguerite Yourcenar nous livre ici une très belle biographie romancée, et la relation d'Hadrien et d'Antinoüs est très intéressante. La description que fait Hadrien d'Antinoüs est magnifique, et c'est certainement mon extrait littéraire préféré.
    Ce livre est donc paradoxal car sur le coup je dois avouer que je ne l'ai pas savouré mais à la fin, quand on ferme la dernière page, on se rend compte de l'ampleur de ce roman. Un style unique, des passages splendides, mais comme seul défaut une accroche difficile.