Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Lenka Hornakova-Civade

Lenka Hornakova-Civade
Lenka Hornakova Civade, née dans la province de Moravie en actuelle République tchèque, vit dans le Sud de la France. Elle peint également.

Avis sur cet auteur (25)

  • add_box
    Couverture du livre « La symphonie du nouveau monde » de Lenka Hornakova-Civade aux éditions Alma Editeur

    Chantal Lafon sur La symphonie du nouveau monde de Lenka Hornakova-Civade

    D’emblée deux scènes fortes, à Prague séparées par un demi-siècle.
    1953 Vladimir Vochoc fait face à un tribunal populaire .
    2002 Josefa fait face à sa fille et son gendre, l’inondation de la ville devrait l’inciter à partir mais elle ne veut pas sortir de chez elle.
    « Elle ne possède pas de...
    Voir plus

    D’emblée deux scènes fortes, à Prague séparées par un demi-siècle.
    1953 Vladimir Vochoc fait face à un tribunal populaire .
    2002 Josefa fait face à sa fille et son gendre, l’inondation de la ville devrait l’inciter à partir mais elle ne veut pas sortir de chez elle.
    « Elle ne possède pas de valise, pas de grand sac. Elle est toujours assez bien parvenue à dissimuler une sorte de folie obsessionnelle : ne pas bouger de Prague, ne pas s’éloigner de son quartier et perdre de vue, le moins possible, sa rue, son immeuble. »
    Un lien entre les deux : l’année 1938.
    Certaines choses ne peuvent se dire que par un artifice, ici une poupée de chiffon. Cette poupée a tout vu, tout entendu mais dira-t-elle tout ?
    C’est le symbole de la transmission.
    Ce qui peut paraître comme une structure déroutante, au contraire renforce la narration.
    Vladimir Vochoc est consul de Tchécoslovaquie à Marseille, dès 1938 il est lucide sur la situation mondiale.
    L’auteur nous trace le portrait d’un Juste. Diplomate reconnu « Juste parmi les Nations », un de ceux qui ont pu sauver de la Shoah des milliers de personnes.
    Ceux qui ont eu l’audace, le grain de folie d’enrayer la machine à exterminer. C’est un portrait haut en couleurs, parmi ces milliers de gens qui essayent de fuir, de se faire oublier.
    Un homme qui a su s’extraire de « l’ordinaire » pour être au croisement de ceux qui doivent s’exiler.
    Une femme parmi ces milliers de visages, Bojena et son bébé Josefa.
    C’est de ce duo, dont la poupée de chiffon, va nous révéler le destin.
    Un éclairage sur ce lien très particulier entre cette mère et l’enfant, car entre elles, les mots sont un fil à dérouler : « Je ne comprends pas, j’ai menti pour la première fois. Pourtant, on est en paix, non ? Est-ce que le mensonge pendant la guerre avait été plus acceptable ? Plus léger ou justifié qu’en temps de paix ? Pour survivre, on a tous les droits ? Puis, dans le mensonge il y a « songe ». C’est comme si les rêves étaient faux. Comment un rêve peut-il être faux ? Et un rêve, peut-il être vrai ? »
    Cette poupée comme mémoire, d’elle surgit l’origine de Josefa.
    Une voix comme celle de l’auteur qui fait resurgir pour mieux conserver.
    Comme son héros Vladimir Vochoc, Lenka Horňáková-Civade nous démontre que chaque destin est extraordinaire, tissé par des liens souvent insoupçonnables.
    L’auteur peint de très beaux portraits d’hommes et de femmes sur la toile de l’Histoire. Non, pas des ombres, des êtres humains qui restent en mémoire.
    Une écriture forte, comme l’eau-forte ce procédé de gravure en taille douce pour baigner notre mémoire collective.
    En 2016, l’auteur déclarait que la langue française lui permettait de dire ce qui était indicible dans sa langue maternelle. Une fois de plus dans ce troisième roman, tout fait sens et elle sait avoir la bonne distance.
    En conclusion, vivre n’est-ce pas répondre à ceci : « Il faut savoir si l’on se bat pour son passé ou pour son avenir. Il faut savoir si l’on veut se battre. Notre passé, les interprétations et les légendes qu’il nous propose. »
    Livre lu dans le cadre de Masse Critique Babelio, merci à eux et à Alma éditions.
    © Chantal Lafon-Littérature Amor 15 octobre 2019.

  • add_box
    Couverture du livre « La symphonie du nouveau monde » de Lenka Hornakova-Civade aux éditions Alma Editeur

    Nicolemotspourmots sur La symphonie du nouveau monde de Lenka Hornakova-Civade

    Déjà le troisième roman de Lenka Hornakova-Civade après le bouleversant Giboulées de soleil et l'ambitieux Une verrière sous le ciel, révélant le regard d'une artiste mêlant avec talent ses deux passions, la peinture et la littérature. A chaque fois, des voix fortes et surtout un thème central,...
    Voir plus

    Déjà le troisième roman de Lenka Hornakova-Civade après le bouleversant Giboulées de soleil et l'ambitieux Une verrière sous le ciel, révélant le regard d'une artiste mêlant avec talent ses deux passions, la peinture et la littérature. A chaque fois, des voix fortes et surtout un thème central, la quête de la liberté, révélant de bouleversants parcours de femmes. Avec ce nouveau roman, il est encore question de liberté mais cette fois, c'est une figure masculine qui domine. Un personnage bien réel, ancien consul de Tchécoslovaquie à Marseille pendant la dernière guerre mondiale, que l'auteure fait ici revivre et que j'ai adoré rencontrer.

    Il y en a eu tant, des individus comme lui qui ont œuvré à leur niveau, sans bruit, simplement parce qu'ils avaient un idéal de liberté chevillé au corps, une certaine façon de concevoir leur devoir. Vladimir Vochoc était un fonctionnaire de la toute jeune Tchécoslovaquie (créé en 1918) dont l'encre de la constitution était à peine sèche lorsque, en 1938, il est nommé Consul pour le sud de la France et Monaco, basé à Marseille. A ce moment, son pays fait face à la convoitise du voisin allemand qui se montre de plus en plus pressant, on connait la suite à commencer par les désastreux accords de Munich et l'inertie du reste du monde. Vladimir est au service d'un idéal de liberté et de démocratie auquel son tout jeune pays sert de laboratoire : melting-pot d'origines et de confessions appelées à cohabiter harmonieusement et sans restriction. La guerre et l'occupation nazie dont on connait les thèses viennent rompre cette harmonie, l'après-guerre et la mainmise soviétique n'arrangeront pas les choses...

    Lenka Hornakova-Civade nous plonge dans ces années charnières et dramatiques à travers le destin croisé de jeunes tchécoslovaques qui se retrouvent sur le territoire français pour différentes raisons. Parmi eux, Bojena, en route pour l'Amérique avec son mari, en escale à Strasbourg le temps de mettre au monde son enfant. Piégés par l'embrasement mondial, ils se retrouvent à Marseille où Vladimir maintient coûte que coûte l'activité de son consulat afin de fournir des papiers à ceux qui tentent d'échapper aux rafles nazies. Il s'agit de sauver des vies, malgré le cynisme et le désintérêt des hiérarchies de l'administration française après la signature de l'armistice. Secrets, fuites, séparations, emprisonnement, résistance... L'auteure nous emporte dans un tourbillon où le noir côtoie la lumière et où les destins sont irrémédiablement transformés.

    Il souffle dans ces pages, toute la détresse d'un pays à l'Histoire déjà très chahutée (cf l'Empire austro-hongrois), le désespoir des idéaux broyés par la convoitise, la barbarie ou l'indifférence. La musique, déjà présente dans ce beau titre, les traverse, par les chants yiddish qui se transmettent de mères en filles et bercent les veillées des fugitifs. L'auteure donne à Vladimir l'élégance des êtres d'exception que l'on ne peut qu'admirer. Et elle trouve, en faisant raconter une bonne partie de l'histoire de Bojena par la poupée de chiffon qui traversera les années aux côtés de son enfant puis de sa petite-fille, un formidable ressort à la fois dramatique et poétique.

    J'ai trouvé ce roman superbement émouvant et je souhaite à de nombreux lecteurs de faire un bout de chemin avec Vladimir Vochoc qui trouve ici un bien bel écrin. Merci beaucoup, Lenka, pour ce récit lumineux.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

  • add_box
    Couverture du livre « La symphonie du nouveau monde » de Lenka Hornakova-Civade aux éditions Alma Editeur

    Gerry sur La symphonie du nouveau monde de Lenka Hornakova-Civade

    J'ai un souci avec ce livre.
    Le sujet et les personnages sont intéressants, l'histoire est intéressante, l'idée même de faire parler à certains moments la poupée est très intéressante … mais, je me suis un peu ennuyée.
    C'est vraiment dommage, car j'aurai adoré aimer cet ouvrage....
    Voir plus

    J'ai un souci avec ce livre.
    Le sujet et les personnages sont intéressants, l'histoire est intéressante, l'idée même de faire parler à certains moments la poupée est très intéressante … mais, je me suis un peu ennuyée.
    C'est vraiment dommage, car j'aurai adoré aimer cet ouvrage.
    D'ailleurs, je suis sûre que d'autres lecteurs l'apprécieront plus que moi.

  • add_box
    Couverture du livre « Giboulées de soleil » de Lenka Hornakova-Civade aux éditions Alma Editeur

    Sy Dola sur Giboulées de soleil de Lenka Hornakova-Civade

    Ce roman parle du destin de trois femmes, la mère, la fille et la petite fille qui ont toutes trois la particularité de ne pas avoir de père.
    Trois femmes au destin contrarié par des questions géopolitiques. Tout d'abord la guerre qui a poussé un grand nombre de personnes sur les routes puis la...
    Voir plus

    Ce roman parle du destin de trois femmes, la mère, la fille et la petite fille qui ont toutes trois la particularité de ne pas avoir de père.
    Trois femmes au destin contrarié par des questions géopolitiques. Tout d'abord la guerre qui a poussé un grand nombre de personnes sur les routes puis la main mise de la Russie sur les pays qui formeront le bloc soviétique. Et c'est sans compter sur la domination masculine et le poids des traditions.
    Néanmoins, elles feront fi et avanceront dans la vie et démontreront que les femmes sont fortes et courageuses.
    Très beau roman sur la condition de la femme qui voit sa situation évoluer même si celle-ci reste de nos jours toujours encore précaire.
    Ce roman nous brosse aussi une image d'un pays marqué par le communisme et le collectivisme et nous en montre ses limites : l'absence de nourriture, et surtout l'absence de liberté.

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !