Julie Bonnie

Julie Bonnie
Julie Bonnie, née le 3 mars 1972 à Tours, est une chanteuse, violoniste, guitariste et auteur française.

Avis (19)

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    Couverture du livre « C'est toi, maman, sur la photo ? » de Julie Bonnie aux éditions Editeur Globe

    Mumu Dans le Bocage sur C'est toi, maman, sur la photo ? de Julie Bonnie

    Alors autant vous le dire tout de suite cette lecture ne fut pas une réussite, ni un plaisir. Je pense qu’elle n’était pas faite pour moi tout simplement. C’est le récit autobiographie de Julie Bonnie, âgée de 46 ans qui se penche sur la Julie jeune, tourangelle de naissance et violoniste au...
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    Alors autant vous le dire tout de suite cette lecture ne fut pas une réussite, ni un plaisir. Je pense qu’elle n’était pas faite pour moi tout simplement. C’est le récit autobiographie de Julie Bonnie, âgée de 46 ans qui se penche sur la Julie jeune, tourangelle de naissance et violoniste au sein d’un groupe, les Myosotis, pour lequel elle a tout quitté, famille, études.

    Elle feuillette ses souvenirs en utilisant une écriture faite de petites phrases donnant à l’ensemble du rythme mais avec un vocabulaire assez brut et naturel, mais dont je me suis très vite lassée, parlant d’elle à la troisième personne puis de temps à autre s’adressant à la Julie (jeune), comme pour la consoler, la rassurer, la comprendre, alternant passé et présent et en y introduisant les notes de Ben, un autre membre du groupe, un autre regard sur l’aventure vécue.

    "L’écriture permet ne distance, un point de vue, un angle, qui donne la possibilité d’un éloignement de vue, un angle, qui donne la possibilité d’un éloignement émotionnel, la création de personnages, même dans un récit, même lorsqu’on parle de « réalité ». Trois pirouettes, un ou deux changements de prénom, une excuse maladroite pour éviter les sujets qui fâchent, et, en un tour de passe-passe, derrière mon écran, je parle d’un monde assez éloigné de moi pour que j’arrive à survivre à sa description. (p50-51)"

    Revenant sur l’amitié qui unissait (et parfois plus) les différents membres du groupe et en particulier celle qui la liait à Clarisse, mêlée d’admiration pour la jeune femme, évoquant les tournées en particulier en Allemagne, l’auteure fait un travail de mémoire et tente de refaire la route qui l’a menée à l’âge adulte et à la femme qu’elle est devenue, si loin de la Julie de la scène et des tournées.C’est très imprégné de références générationnelles (qui ne sont pas les miennes) quant aux codes vestimentaires, musiques etc….. et j’ai eu un peu de mal parfois à imaginer ou comprendre le milieu.

    En fin de récit, une certaine mélancolie, nostalgie, un petit côté désabusé, transparaît au moment de refermer l’album des souvenirs, car si forts étaient les liens qui les unissaient, ils se sont désagrégés définitivement pour certains pour diverses raisons. Mais n’est-ce pas souvent le cas au passage à l’âge adulte et nombre de récits l’évoque, c’est souvent une rupture douloureuse (mais aussi parfois en douceur) avec ce que nous étions et ce que nous sommes devenus.

    Il faut être, je pense, versé dans le monde musical et en particulier ici le rock hard, punk, extrême, parfois border-line, être intéressé par l’envers du décor, par les milliers de kilomètres parcourus, la vie presque communautaire qu’engendre les tournées, les rencontres faites, l’organisation d’une tournée et de ses aléas etc… pour y trouver un intérêt. Pour ma part je le prends comme un témoignage d’une époque, d’une ambiance mais sans y prendre plaisir et intérêt.

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    Couverture du livre « C'est toi, maman, sur la photo ? » de Julie Bonnie aux éditions Editeur Globe

    Les Lectures de Sophie sur C'est toi, maman, sur la photo ? de Julie Bonnie

    Je n’avais pas sollicité ce roman des éditions Globe, il me semble avoir juste commenté une publication Instagram à son sujet, mais je suis ravie de l’avoir reçu ! Je suis en effet tombée amoureuse du catalogue de cette maison d’édition l’an dernier, quand j’ai découvert La note américaine de...
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    Je n’avais pas sollicité ce roman des éditions Globe, il me semble avoir juste commenté une publication Instagram à son sujet, mais je suis ravie de l’avoir reçu ! Je suis en effet tombée amoureuse du catalogue de cette maison d’édition l’an dernier, quand j’ai découvert La note américaine de David Grann (ma chronique). J’ai eu un coup de cœur pour ce titre, et à la découverte des publications précédentes, j’avais envie de presque tout lire ! J’ai depuis découvert Nomadland de Jessica Bruder (ma chronique), qui a été une claque monumentale. Le titre dont on va parler aujourd’hui m’avait intrigué, car il racontait l’adolescence, la musique, la route, les concerts, à une époque qui est aussi celle de mon adolescence. Je me suis d’ailleurs rendu compte, en cherchant à écouter le groupe dont il est question, que je les avais entendus en concert à Rennes, en marge des Transmusicales, dans les années 1990 !!!
    Julie Bonnie choisit de raconter son adolescence, chose assez rare. En général, on découvre des récits autobiographiques sur l’enfance, et quand ça concerne une vie entière, les auteurs ont tendance à zapper assez vite cette période de la vie qui est pourtant celle de la construction du futur adulte que l’ado sera. On teste, on fait des erreurs, on choisit le/les chemin(s) qu’on veut emprunter. On en change parfois souvent, de chemin. C’est une période pas évidente, souvent parsemée d’embûches, d’erreurs… C’est un passage de la vie que je trouve passionnant, justement par les errements que l’adolescence engendre parfois.
    Ici, l’autrice se rebelle contre ses parents et sa vie de bonne élève rangée. Elle veut partir, aller à l’aventure, découvrir. Elle veut jouer de la musique, du rock, à l’opposé de la musique classique écoutée à la maison par ses parents. J’ai aussi eu une adolescence compliquée, mais je n’ai jamais osé aller au bout des choses. Je n’ai pas quitté mes parents avant ma majorité. Je n’ai pas pris la route avec un groupe de rock alternatif, j’ai simplement fait des concerts à l’étranger avec un orchestre moins underground. Mais, comme Julie, j’ai erré dans ma vie, je me suis cherchée, j’ai laissé, à cette époque là, mes études de côté avant d’y revenir plus tard, une fois adulte. Bref, j’ai été très touchée par le parcours de cette adolescente, avec qui je partage un certain nombre de points communs déjà énumérés, sans compter les cheveux rouges (sans les dreadlocks pour moi^^). En fait, en tout elle a osé quelques pas plus loin que moi… Le plus fort a quand même été quand j’ai percuté sur le vrai nom de son groupe et que je me suis souvenu l’avoir vue sur scène !
    Julie a vécu des années folles, sur la route, alors qu’elle était très jeune. Elle a fait des erreurs, beaucoup de ses rêves se sont écrasés contre le mur de la réalité, mais au moins, elle a été au bout de ses envies, de ses rêves. Ce livre a énormément résonné en moi. On a été ado à la même période, on a vécu de grands bouleversements historiques, comme la chute du mur de Berlin. Au cœur de l’Histoire. Elle en Yougoslavie, moi en Pologne. Toutes les deux dans l’ex RDA. Mais là où j’étais consciente de ce que je vivais, où j’ai été touchée de mes rencontres et des échanges, notamment avec les jeunes allemands, elle planait, et vivait uniquement pour son groupe, ses amis et son amour. Son amour incroyable pour Nicolas, qui a résisté à toutes ses aventures, tous ses errements. Vingt-cinq ans plus tard, il est toujours à ses côtés ! Mais si ce livre contient des histoires d’amour, elles ne sont jamais mièvres. Comme les amitiés très fortes, fusionnelles entre les membres du groupe et tout particulièrement avec l’autre fille, dont elle ne révélera pas le vrai nom, ni le vrai nom du groupe. Elle a souhaité respecter les volontés de certains de ne pas apparaître, de ne pas être reconnus. Vous pourrez trouver le nom du groupe, et de fait le nom des autres protagonistes si vous le souhaitez et si vous en faites la recherche. Mais je ne les citerai pas ici, par respect pour le choix de l’autrice.
    Je suis consciente de ne pas rédiger une chronique conventionnelle, mais ça n’a pas été une lecture conventionnelle. Ça a été une plongée dans l’adolescence tourmentée de Julie tout autant que dans la mienne. Ce livre m’a permis de me retourner vers mes expériences de jeunesse. J’ai très envie de le faire lire à mes parents pour leur montrer que, finalement, mon adolescence a été assez « tranquille » comparée à d’autres^^ Je crois bien n’avoir jamais autant parlé de moi que dans cet article. Ce livre m’a touchée profondément par identification, et parce que ce sont les années de mon adolescence. Mais je pense que cette autobiographie romancée peut toucher au-delà de ma génération, car les affres de l’adolescence sont universelles. On a tous (ou quasiment tous) à un moment ou à un autre fait des erreurs, vécu des expériences plus ou moins heureuses. C’est ce qui fait les adultes que nous sommes devenus.
    J’ai souvent dit à ma fille que mon adolescence était un exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire, mais avec le temps je m’aperçois que c’est le cahot de ces années là, les rencontres et les erreurs, qui ont forgés ma vie d’adulte. Et comme Julie, je ne renie en rien cette période, même si comme elle le dit dans une interview, elle ne referait sans doute pas la même chose, car « la vie était dure, trop dure. Maintenant que j’écris, ça va mieux, mais après ces aventures musicales, je me suis retrouvée auxiliaire de puériculture pendant dix ans, je n’étais pas à ma place, je n’étais à ma place nulle part dans la société. Rien de fixe, rien de sérieux. Pas d’études, pas de diplômes, pas de formation. » (dans La gazette des éditions Globe de mai 2019). J’ai eu la chance d’être poussée à passer mon bac, même si sur le coup c’était l’enfer. Ça m’a permis de revenir à des études quelques années plus tard. Mais comme Julie, si c’était à refaire, je changerais bien des choses…
    J’ai parlé du fond, mais pas de la forme… C’est Julie la narratrice, on vit son histoire au plus près, et ça renforce l’identification, ou au moins l’empathie pour cette jeune fille paumée. Le style est direct, sans fioriture, mais pas vulgaire, à l’exception d’un peu d’argot, toujours en italique. Sur la deuxième partie du livre, l’autrice a ajouté quelques extraits du journal de Ben, un de ses complices de l’époque, qui nous donne un petit bout d’une autre perspective sur son histoire. Ben qui lui a fourni des cartons d’archives du groupe, et l’a aidé à se replonger dans leur vie commune, dans leur vie communautaire, dans leur camion sur les routes de France et d’Europe.
    Vous l’aurez compris, cette lecture a une fois de plus été un coup de cœur aux éditions Globe. Pour des raisons particulièrement personnelles, mais je suis persuadée que ce livre est à même de toucher nombre de lecteurs, par ses sujets, l’adolescence, la musique, les voyages, l’apprentissage de la vie, même si on est dans tous les cas loin du conventionnel.
    J’ai reçu la version papier de ce livre de la part des éditions Globe. Merci à eux pour la découverte, et à Julie Bonnie pour la gentille dédicace.

    https://leslecturesdesophieblog.wordpress.com/2019/05/15/cest-toi-maman-sur-la-photo-julie-bonnie/

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    Couverture du livre « Barbara, roman » de Julie Bonnie aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Joëlle Guinard sur Barbara, roman de Julie Bonnie

    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/10/barbara-roman-de-julie-bonnie.html

    "Joue, piano, joue."

    Barbara, voix incontournable de la chanson française…
    Julie Bonnie nous raconte ici, de façon romancée, la Barbara de l'avant-succès quand elle s'appelait encore Monique Serf et nous...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/10/barbara-roman-de-julie-bonnie.html

    "Joue, piano, joue."

    Barbara, voix incontournable de la chanson française…
    Julie Bonnie nous raconte ici, de façon romancée, la Barbara de l'avant-succès quand elle s'appelait encore Monique Serf et nous révèle la femme qui était derrière cette artiste tourmentée. Le récit commence en 1938, Monique a huit ans et n'est pas intéressée par l'école, elle veut devenir pianiste.
    Sa famille est pauvre et déménage souvent. Entre un père toujours absent et une mère qui pleure beaucoup, Monique vit avec ses frères et sœurs une enfance où rien n'est jamais expliqué aux enfants.
    Pendant la guerre, cachée de maison en maison avec son frère aîné, elle ne manque de rien sauf d'affection et d'explications et vit dans une inquiétude permanente.

    Julie Bonnie nous raconte le destin qui bascule avec l'inceste subi de la part de son père lorsqu'elle a dix ans, un inceste qui va durer pendant de longues années... Mais sa volonté de devenir chanteuse est plus forte que tout. Viennent alors les longues robes noires et les premiers spectacles à Bruxelles de Monique Serf devenue Barbara Trodi puis Barbara. Les chansons jugées par beaucoup comme démodées, puis la rencontre avec Brel qui la voit comme "sa jumelle habitée" et lui écrit un texte "La place". Une période où Barbara est enrobée, encombrée par son corps, et porte des cheveux très longs.

    Julie Bonnie nous fait découvrir la femme derrière l'artiste. Une femme entière à la forte personnalité qui ne fait que ce qu'elle a décidé, un être pour qui la liberté compte plus que tout, une femme possédée par son envie de survivre et de chanter, une femme qui vit avec un constant sentiment d'abandon, avec ses fêlures, ses contradictions et ses sentiments ambivalents pour son père.

    Julie Bonnie mêle avec brio la narration à la troisième personne et le "je" pour nous raconter l'intimité de cette femme, de son enfance au début de sa reconnaissance avec le fameux "Nantes".

    Julie Bonnie a du puiser dans ses propres sensations de chanteuse pour décrire si finement les sensations éprouvées par Barbara avant la montée sur scène

    " Sentir la chaleur. Les intestins, fragiles, qui se tordent avec la trouille.
    Se demander pourquoi on est là. Vouloir tout annuler, rentrer chez soi.
    Quelle idiotie, monter sur scène. Cela ne sert à rien.
    Puis, trouver la force, on ne sait où, peut-être vient-elle d'ailleurs,de plus mystérieux, de plus ancien.
    Poser un pied devant l'autre, apparaître dans la lumière, de l'autre côté, sous les applaudissements timides.
    Manquer s'effondrer puis recevoir la foudre, qui donne l'énergie de tenir debout, efface le passé et le futur, ancre la plante des pieds dans le ventre brûlant de la planète, étire le haut du crâne vers les astres.
    Devenir quelqu'un d'autre et pourtant l'essence de soi-même."

    Une approche toute en pudeur, sensibilité et douceur dans laquelle on sent bien l'admiration de Julie Bonnie pour Barbara à qui elle rend un bien bel hommage. Un roman d'une chanteuse qui sait parler de la musique et décrypter les paroles des chansons de manière très poétique.

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    Couverture du livre « Barbara, roman » de Julie Bonnie aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Apitre sur Barbara, roman de Julie Bonnie

    Julie Bonnie est auteure compositeur, violoniste et surtout chanteuse. Premier point commun avec Barbara. Être chanteuse, c’est d’abord ressentir la musique, en entretenant notamment un rapport très affectif avec elle, comme Julie Bonnie (Putain de violon, autobiographie musicale) ; c’est le...
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    Julie Bonnie est auteure compositeur, violoniste et surtout chanteuse. Premier point commun avec Barbara. Être chanteuse, c’est d’abord ressentir la musique, en entretenant notamment un rapport très affectif avec elle, comme Julie Bonnie (Putain de violon, autobiographie musicale) ; c’est le second point commun avec Barbara. Mais être chanteuse, c’est aussi s’inventer un personnage de scène… comme Barbara. D’ailleurs, si vous observez le titre, le mot « roman » y figure. Pour bien marquer la différence d’avec la biographie, oui, mais surtout pour ancrer le personnage dans la fiction. Comme si la vie de Barbara était elle-même un roman, aux péripéties nombreuses comme dans les romans d’aventures, à la découverte de soi comme dans un roman d’apprentissage.

    Julie Bonnie a vécu sur les routes pendant plus de dix ans et connu la dépression. Quatrième point commun avec Barbara, puisque ce roman raconte les années d’errance puis l’accomplissement de « Monique Andrée Serf ». Monique Andrée Serf, c’est l’enfance de Barbara. Une enfance pauvre, ballotée de maisons en maisons, de péripéties en drames : le drame de la guerre, puis le drame de l’inceste. L’impossibilité de parler pour se libérer de ce père qui « l’aime trop » puis qui disparaît. Mais Monique Andrée Serf, c’est aussi la passion pour la musique, qui sauve, qui libère et qui transporte. Chanter, envers et contre tout. De maisons d’artistes en cabarets, l’errance devient finalement source d’accomplissement pour celle qui devient alors « Barbara », la longue dame brune. Le piano de papier s’incarne, la parole de Monique est libérée par la musique de Barbara.

    Avec autant de drames, et de points communs entre l’auteur et le personnage, on pourrait croire ce roman très sombre et difficile à lire. Le récit est au contraire assez pudique, et l’écriture dynamique de l’auteur nous happe et nous entraîne. Même si j’ai dévoré ce roman pour en savoir plus sur Barbara, ce n’est pas un coup de cœur (quelques effets de styles un peu lourds sur la fin, entre autres). Mais cela m’aura donné envie de réécouter tout le répertoire de Barbara avec une oreille neuve (ou presque !).

    Les paroles de « Ma plus belle histoire d’amour c’est vous » résonneront différemment à vos oreilles. Pour info, la Philharmonie de Paris lui consacre une exposition du 13 octobre au 18 janvier 2018.

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