Jean-Marc Parisis

Jean-Marc Parisis
Jean-Marc Parisis a publié sept romans, dont Avant, pendant, après (Stock, 2007, prix Roger Nimier), Les Aimants (Stock, classé dans les vingt meilleurs livres de l'année 2009 par Le Point) et La Recherche de la couleur (Stock, 2012). Il est aussi l'auteur de la biographie du dessinateur Reiser (... Voir plus
Jean-Marc Parisis a publié sept romans, dont Avant, pendant, après (Stock, 2007, prix Roger Nimier), Les Aimants (Stock, classé dans les vingt meilleurs livres de l'année 2009 par Le Point) et La Recherche de la couleur (Stock, 2012). Il est aussi l'auteur de la biographie du dessinateur Reiser (Grasset, 1995, rééditée en 2003) et d'un récit politique, Renvoi d'ascenseur (2003, La Table Ronde). Il signe régulièrement papiers et portraits dans la presse.

Avis (7)

  • Couverture du livre « Les inoubliables » de Jean-Marc Parisis aux éditions J'ai Lu

    Florence Husson-Gomez sur Les inoubliables de Jean-Marc Parisis

    Une photo de cinq enfants juifs réfugiés à La Bachellerie en Dordogne pendant la deuxième guerre mondiale permet à l’auteur, connaissant bien ce village, de commencer cette enquête le menant vers d’autres personnes ayant eux aussi connu la tragédie, la déportation ou la mort.
    Un récit très bien...
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    Une photo de cinq enfants juifs réfugiés à La Bachellerie en Dordogne pendant la deuxième guerre mondiale permet à l’auteur, connaissant bien ce village, de commencer cette enquête le menant vers d’autres personnes ayant eux aussi connu la tragédie, la déportation ou la mort.
    Un récit très bien documenté qui m’a permis de découvrir l’histoire de cette région, la Dordogne, qui au début de cette guerre a recueilli des réfugiés juifs et non juifs venant de l’Alsace. Malgré un intérêt pour cette histoire, je trouve que le récit est un peu confus avec des aller/retours vers le passé de ses réfugiés, vers son passé à lui, jeune vacancier en Dordogne et également à cause d’un nombre important de noms où je m’y suis un peu perdue.

  • Couverture du livre « Les inoubliables » de Jean-Marc Parisis aux éditions J'ai Lu

    Nicole Grundlinger sur Les inoubliables de Jean-Marc Parisis

    C'est un livre conçu à partir d'un silence. Pour remplir ce silence, Jean-Marc Parisis aurait pu choisir l'option du roman ; il a préféré la réalité de faits établis, notifiés noir sur blanc dans des dossiers épais, bien rangés sur les rayonnages des Archives. Une façon de rendre justice à ceux...
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    C'est un livre conçu à partir d'un silence. Pour remplir ce silence, Jean-Marc Parisis aurait pu choisir l'option du roman ; il a préféré la réalité de faits établis, notifiés noir sur blanc dans des dossiers épais, bien rangés sur les rayonnages des Archives. Une façon de rendre justice à ceux dont on ne parle plus et avec lesquels il partage une même unité de lieu : le village de La Bachellerie, niché au fin fond de la Dordogne, que l'on aurait pu croire, à tort, à l'abri des tourmentes de l'histoire.

    Lorsqu'il était enfant, dans les années 60-70, qu'il passait tous ses étés dans la maison de ses grands-parents dans ce petit coin de paradis, il n'a jamais entendu parler de la façon dont La Bachellerie avait traversé les années de guerre. Un silence plutôt répandu dans les familles à cette époque. C'est par hasard, en faisant des recherches sur un autre événement que Jean-Marc Parisis tombe sur la photo qui orne à présent la couverture de son livre : cinq enfants d'une même famille juive, victimes de la rafle du 30 mars 1944 à La Bachellerie. Il prend alors conscience de tout ce qu'il a partagé avec ces enfants, lui dont la propre enfance s'est déroulée au contact des mêmes pierres, des mêmes champs baignés de soleil, des mêmes chemins où cueillir des mûres. Il part à leur recherche à travers les nombreux écrits et témoignages disponibles, rencontre l'un des rares survivants ayant échappé à la rafle, Benjamin, âgé de 14 ans à l'époque des faits.

    Sous sa plume, surgit alors la réalité d'une époque. Celle d'un village qui, jusqu'en 1940 ignorait ce qu'était un juif. Une région qui voit soudain affluer les populations de l'Est de la France, contraintes à l'exil au moment de l'armistice. Parmi elles, de nombreuses familles juives qui vont trouver asile et travail dans la campagne, auprès d'une population accueillante et solidaire où le bon sens paysan semble prévaloir. On s'entraide, chacun à son niveau, les fermiers en offrant du travail, les gendarmes en trafiquant des rapports, aidés en cela par la bienveillance du préfet. La vie s'organise, certes précaire. Mais la gangrène gagne, sous la forme de la milice qui s'infiltre jusqu'aux endroits les plus reculés. Et les habitants qui pensaient qu'un coin aussi perdu passerait peut-être entre les mailles du filet vont être vite détrompés lorsque la division Brehmer qui remonte vers Paris avec pour mission de nettoyer les maquis sur son chemin fait étape à La Bachellerie.

    C'est un véritable objet littéraire que nous offre Jean-Marc Parisis, bien au-delà du simple récit. A travers le parallèle entre les enfances vécues à différentes époques, il met à jour des correspondances entre des individus qui ne se sont jamais connus et qui pourtant sont liés pour toujours. Et l'on se dit que les murs ne devraient pas être les seuls à se souvenir.
    Très émouvant le moment où il s'aperçoit face aux quelques survivants des camps que sa quête ne peut aller au-delà des faits vécus au village car ensuite, cela dépasse son propre entendement et cela n'est plus son propos : "Si les mots ont manqué à ceux qui ont vécu l'enfer, il n'y a rien à ajouter".

    Tout simplement magnifique. Belle ambition, belle réalisation. Indispensable.

  • Couverture du livre « Les inoubliables » de Jean-Marc Parisis aux éditions J'ai Lu

    VANILLE LN LECLERC sur Les inoubliables de Jean-Marc Parisis

    Ils sont cinq. Cinq enfants, quatre garçons et une fille qui fixent l'objectif et tout observateur de la photo. Cinq enfants figés dans l'innocence de leur enfance, des enfants souriants, qui avaient sans aucun doute des rêves pour plus tard. Mais il n'y aura pas de plus tard… D'autres gens en...
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    Ils sont cinq. Cinq enfants, quatre garçons et une fille qui fixent l'objectif et tout observateur de la photo. Cinq enfants figés dans l'innocence de leur enfance, des enfants souriants, qui avaient sans aucun doute des rêves pour plus tard. Mais il n'y aura pas de plus tard… D'autres gens en décident autrement.

    Ces cinq enfants juifs ont été raflés par les Allemands à la Bachellerie, petit village à l'est de la Dordogne, déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz. Ce petit village, l'auteur de ce récit le connaît bien pour y avoir passé des étés entiers dans la maison de ses grands-parents maternels.

    Tombé par hasard sur le cliché de cette fratrie martyre alors qu'il cherchait des photos du rafle du Vél' d'Hiv', Jean-Marc Parisis est parti à la rencontre des destins brisés de Isaac, Cécile, Jacques, Maurice et Alfred. Happé par le drame, il s'est lancé dans une enquête minutieuse, précise, intime. Il a interrogé les lieux – des lieux qui lui sont familiers –, les liens et les hommes, les archives et même un survivant, Benjamin Schupack, qui, adolescent, a échappé aux rafles. Sans pathos ni emphase, Parisis parvient à faire un vrai travail non pas d'historien mais de témoin, grâce à une subtile alliance entre documentation et incarnation. La fratrie est décrite avec beaucoup de simplicité, de poésie et en même temps de rigueur. On suit leur exil de Strasbourg en Dordogne, là où la famille espérait pouvoir échapper au pire…

    On lit dans ces pages que l'auteur éprouve une réelle tendresse pour ces frères et sœur, ces petits qui "viennent de l'enfance, ce vieux pays dont on ne peut dessiner les frontières qu'après l'avoir quitté". Un pays qu'ils n'auront pas eu la chance ni le temps de pouvoir quitter…

    Parisis mêle parfaitement présent et passé, période actuelle et années noires, se fait discret et sobre, pleinement conscient que ni l'auteur de ce récit, ni l'homme qui questionne le passé, ne peuvent aller jusqu'au bout du voyage, au terminus de ce train dont aucun de ces enfants n'est revenu.

    "Toujours nous unit" sont les derniers mots de ce récit pudique, tout en retenue et en dignité. Un récit douloureux et infiniment nécessaire.

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