Gaelle Josse

Gaelle Josse
Après Les heures silencieuses , Nos vies désaccordées et Noces de neige, Gaëlle Josse poursuit, dans ce quatrième roman, une narration tendue servie par une écriture exigeante, son inlassable exploration du labyrinthe des passions humaines.

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Avis (129)

  • Couverture du livre « Une longue impatience » de Gaelle Josse aux éditions Noir Sur Blanc

    0.2

    Elizabeth Neef-Pianon sur Une longue impatience de Gaelle Josse

    Une longue belle triste et douloureuse histoire.
    Anne, veuve modeste d’un marin pêcheur, mère du petit Louis, épouse en second noce Etienne, le pharmacien du village qui est amoureux d’elle depuis l’enfance et ils font deux enfants.
    Au sortir de la seconde guerre mondiale, les sentiments...
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    Une longue belle triste et douloureuse histoire.
    Anne, veuve modeste d’un marin pêcheur, mère du petit Louis, épouse en second noce Etienne, le pharmacien du village qui est amoureux d’elle depuis l’enfance et ils font deux enfants.
    Au sortir de la seconde guerre mondiale, les sentiments sont encore tout en retenue.
    Louise est un peu perdue dans cet environnement bourgeois qui n’est pas le sien. Pourtant Etienne est un mari très aimant et leurs deux enfants les comblent. Mais Etienne est plutôt dur avec Louis, si dur qu’un jour il le frappe à la ceinture, et que Louis s’enfuit. Il ne reviendra pas et Anne l’attendra, lui écrira de lettres, lui décrivant la fête exceptionnelle que sera son retour, mais elle dépérira petit à petit.
    C’est beau et lancinant.
    L’amour d’une mère. La maladresse d’un beau-père. Les différences de classes sociales. L’amour d’un mari…..
    Tout se mêle et s’embrouille.
    Dans un décor de Bretagne d’après-guerre, dont on voit les couleurs, dont on sent les odeurs, dont on goûte les saveurs, des personnages véridiques, avec leurs failles et leurs blessures tentent tant bien que mal de trouver un sens à leur vie. Et le talent de Gaëlle Josse est de nous les rendre si proches, si réels. Le jardin secret d’Anne, sa tristesse que rien ne peut atténuer sont envoûtants.
    Le roman est court mais percute droit au cœur.
    Je n’arrête pas de me dire que c’est déprimant de lire des livres tristes, mais quand ils sont aussi bien écrit que celui-ci, c’est toujours un grand moment. Et tant pis pour le moral !

  • Couverture du livre « Une longue impatience » de Gaelle Josse aux éditions Noir Sur Blanc

    0.2

    Héloïse Goy sur Une longue impatience de Gaelle Josse

    Avec une plume ciselée et un rythme habilement tenu, Gaëlle Josse, un peu à la manière de Marguerite Duras dans la Douleur, nous raconte l'attente. L'attente insoutenable d'une mère dont le fils s'est enfui. L'attente quotidienne qui occulte tout le reste: la joie, l'amour, la légèreté. Car une...
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    Avec une plume ciselée et un rythme habilement tenu, Gaëlle Josse, un peu à la manière de Marguerite Duras dans la Douleur, nous raconte l'attente. L'attente insoutenable d'une mère dont le fils s'est enfui. L'attente quotidienne qui occulte tout le reste: la joie, l'amour, la légèreté. Car une mère qui attend est une mère qui ne vit pas. L'attente est un sursis qui empêche d'avancer.

    Ce roman m'a beaucoup émue par sa justesse, j'ai eu l'impression d'attendre avec Anne, cette mère esseulée. Comme elle, mon temps s'est arrêté le temps de cette lecture. Je découvre Gaëlle Josse avec ce roman et je suis très impressionnée par la puissance de son écriture et l'efficacité de son récit car je dois avouer qu'en lisant la quatrième de couverture, j'ai esquissé une moue sceptique : comment ces 200 pages sur l'attente vont-elles me tenir en haleine ? Je ne regrette pas de l'avoir ouvert car je n'ai presque pas levé les yeux du livre de la première à la dernière page. Ce livre est celui des liens humains indestructibles, celui de l'amour d'une mère pour son enfant, celui d'une introspection toute entière. Une grande réussite.

  • Couverture du livre « Une longue impatience » de Gaelle Josse aux éditions Noir Sur Blanc

    0.25

    Amandine Cirez sur Une longue impatience de Gaelle Josse

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    C’est une silhouette qui se dessine, là, face à l’océan infini. Sur le bord d’une falaise, une femme, Anne, guette les bateaux, les signes, les vagues. Et l’odeur de l’iode nous parvient, le sel déposé...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    C’est une silhouette qui se dessine, là, face à l’océan infini. Sur le bord d’une falaise, une femme, Anne, guette les bateaux, les signes, les vagues. Et l’odeur de l’iode nous parvient, le sel déposé par le vent pourrait presque se poser sur notre peau et l’assécher, comme l’absence assèche le cœur d’Anne. Elle attend chaque jour, qu’importe le vent, qu’importe la pluie et la toux. Elle attend que son Louis revienne. Car un jour, dans un geste de trop d’un beau-père qui pensait pouvoir l’aimer assez lorsqu’il a épousé Anne, il a quitté la maison. Il avait 16 ans. Il a pris la mer sur un coup de tête. Comme une exploration intime et infinie. Partir en mer comme son père l’avait fait toute sa vie jusqu’à ce que la seconde guerre mondiale éclate ses bombes et ses mitraillettes sur le bateau de pêche.

    Dans un monologue intérieur, Anne à travers la plume brillante de Gaëlle Josse se confie sur sa vie, sur cette grande demeure dans laquelle elle a posé ses valises après avoir épousé Etienne et dans laquelle elle ne se sent pas tout à fait chez elle. Si éloignée de son milieu d’origine. Elle décrit cet amour parfois douloureux, ce soutien qu’elle a trouvé en lui mais aussi cette promesse non tenue d’aimer Louis comme son propre fils. Et puis d’autres enfants sont arrivés, et tout à basculer. Oui c’est un long soliloque sur l’attente et l’absence de sa chair. Hiver après hiver, année après année, rides après rides elle tient debout comme elle peut, pour éviter les regards et les qu’en dira-t-on. Elle attend et imagine son retour. Elle écrit à « Monsieur Louis Le Floch, en mer » à quel point son retour sera beau et grand. Elle se le promet, elle lui promet, ce sera une grande fête. Où les mets seront servis jusqu’à n’en plus pouvoir. Un festin digne d’un prince. Et alors, en lisant chacune de ses lettres, peu à peu, se dessine sous mes yeux une fresque divine. Celle de Léonard de Vinci, La Cène, avec en son centre le bien-aimé. A la différence qu’ici ce ne serait pas le dernier repas mais le premier après le retour (et si toutefois l'on s'en tient à ne pas analyser le message de la fresque) ou encore la peinture de Philippe de Champaigne, Le repas chez Simon.

    Un tableau c’est ainsi que j’ai envie de résumer le roman de Gaëlle Josse, parce qu’il m’a procuré les mêmes émotions que lorsque je regarde une peinture. Les détails, la finesse s’apparentent à la précision d’un pinceau qui ne laisse rien au hasard. Et la beauté relève aussi de cette écriture épurée, justement dosée, qui révèle la complexité des relations humaines, la force des sentiments, comme un peintre révèle celle des couleurs. Lors d’une rencontre en librairie, Gaëlle Josse disait ne pas choisir d’écrire de courts romans, elle expliquait que cela s’imposait un peu à elle alors qu’elle aimerait parfois écrire 300 pages. J’ai tenté de lui dire à la fin, que même si ce n’était pas une volonté, ce style épuré suffisait et même renforçait la beauté de son roman car il n’y a parfois pas besoin de 500 pages pour serrer un cœur, pour faire couler des larmes. Une écriture pure, poétique et viscérale à la fois suffit.

    Et la dernière partie qui s’intitule « Ce qui vient et ce qui part » qui aurait pu s’appeler également « Ceux qui viennent et ceux qui partent » fut pour moi le coup de grâce, un bouleversement sans commune mesure. Foudroyant de beauté et de tristesse à la fois.

    Une longue impatience est ce roman de l’attente, de la douleur. Il est ce cri d’amour d’une mère à un fils. Il est ce questionnement sur la place à trouver lorsqu’on ne vient pas du même milieu, sur la difficulté de reconstruire une famille et la délicatesse de ce roman tient aussi dans le fait qu’aucun jugement n’est porté. Il est juste une vie, celle d’une mère, qui se perd dans l’attente d’un fils.

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