Une longue impatience

Couverture du livre « Une longue impatience » de Gaelle Josse aux éditions Noir Sur Blanc
Résumé:

« C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les... Voir plus

« C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les années soixante, et ce pourrait être ailleurs, partout où des femmes attendent ceux qui partent, partout où des mères s'inquiètent. » Une femme perd son mari, pêcheur, en mer, elle se remarie avec le pharmacien du village. Son fils, issu de sa première union, a du mal à s'intégrer dans cette nouvelle famille et finit par lui aussi prendre la mer. Commence alors pour la narratrice une longue attente qu'elle tentera, tant bien que mal, de combler par l'imagination du grand banquet qu'elle préparera pour son fils à son retour.
Encore une fois, par son écriture sensible et sans faille, Gaëlle Josse nous entraîne dans les méandres de l'amour.

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  • 0.2

    Une longue belle triste et douloureuse histoire.
    Anne, veuve modeste d’un marin pêcheur, mère du petit Louis, épouse en second noce Etienne, le pharmacien du village qui est amoureux d’elle depuis l’enfance et ils font deux enfants.
    Au sortir de la seconde guerre mondiale, les sentiments...
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    Une longue belle triste et douloureuse histoire.
    Anne, veuve modeste d’un marin pêcheur, mère du petit Louis, épouse en second noce Etienne, le pharmacien du village qui est amoureux d’elle depuis l’enfance et ils font deux enfants.
    Au sortir de la seconde guerre mondiale, les sentiments sont encore tout en retenue.
    Louise est un peu perdue dans cet environnement bourgeois qui n’est pas le sien. Pourtant Etienne est un mari très aimant et leurs deux enfants les comblent. Mais Etienne est plutôt dur avec Louis, si dur qu’un jour il le frappe à la ceinture, et que Louis s’enfuit. Il ne reviendra pas et Anne l’attendra, lui écrira de lettres, lui décrivant la fête exceptionnelle que sera son retour, mais elle dépérira petit à petit.
    C’est beau et lancinant.
    L’amour d’une mère. La maladresse d’un beau-père. Les différences de classes sociales. L’amour d’un mari…..
    Tout se mêle et s’embrouille.
    Dans un décor de Bretagne d’après-guerre, dont on voit les couleurs, dont on sent les odeurs, dont on goûte les saveurs, des personnages véridiques, avec leurs failles et leurs blessures tentent tant bien que mal de trouver un sens à leur vie. Et le talent de Gaëlle Josse est de nous les rendre si proches, si réels. Le jardin secret d’Anne, sa tristesse que rien ne peut atténuer sont envoûtants.
    Le roman est court mais percute droit au cœur.
    Je n’arrête pas de me dire que c’est déprimant de lire des livres tristes, mais quand ils sont aussi bien écrit que celui-ci, c’est toujours un grand moment. Et tant pis pour le moral !

  • 0.2

    Avec une plume ciselée et un rythme habilement tenu, Gaëlle Josse, un peu à la manière de Marguerite Duras dans la Douleur, nous raconte l'attente. L'attente insoutenable d'une mère dont le fils s'est enfui. L'attente quotidienne qui occulte tout le reste: la joie, l'amour, la légèreté. Car une...
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    Avec une plume ciselée et un rythme habilement tenu, Gaëlle Josse, un peu à la manière de Marguerite Duras dans la Douleur, nous raconte l'attente. L'attente insoutenable d'une mère dont le fils s'est enfui. L'attente quotidienne qui occulte tout le reste: la joie, l'amour, la légèreté. Car une mère qui attend est une mère qui ne vit pas. L'attente est un sursis qui empêche d'avancer.

    Ce roman m'a beaucoup émue par sa justesse, j'ai eu l'impression d'attendre avec Anne, cette mère esseulée. Comme elle, mon temps s'est arrêté le temps de cette lecture. Je découvre Gaëlle Josse avec ce roman et je suis très impressionnée par la puissance de son écriture et l'efficacité de son récit car je dois avouer qu'en lisant la quatrième de couverture, j'ai esquissé une moue sceptique : comment ces 200 pages sur l'attente vont-elles me tenir en haleine ? Je ne regrette pas de l'avoir ouvert car je n'ai presque pas levé les yeux du livre de la première à la dernière page. Ce livre est celui des liens humains indestructibles, celui de l'amour d'une mère pour son enfant, celui d'une introspection toute entière. Une grande réussite.

  • 0.25

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    C’est une silhouette qui se dessine, là, face à l’océan infini. Sur le bord d’une falaise, une femme, Anne, guette les bateaux, les signes, les vagues. Et l’odeur de l’iode nous parvient, le sel déposé...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/02/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    C’est une silhouette qui se dessine, là, face à l’océan infini. Sur le bord d’une falaise, une femme, Anne, guette les bateaux, les signes, les vagues. Et l’odeur de l’iode nous parvient, le sel déposé par le vent pourrait presque se poser sur notre peau et l’assécher, comme l’absence assèche le cœur d’Anne. Elle attend chaque jour, qu’importe le vent, qu’importe la pluie et la toux. Elle attend que son Louis revienne. Car un jour, dans un geste de trop d’un beau-père qui pensait pouvoir l’aimer assez lorsqu’il a épousé Anne, il a quitté la maison. Il avait 16 ans. Il a pris la mer sur un coup de tête. Comme une exploration intime et infinie. Partir en mer comme son père l’avait fait toute sa vie jusqu’à ce que la seconde guerre mondiale éclate ses bombes et ses mitraillettes sur le bateau de pêche.

    Dans un monologue intérieur, Anne à travers la plume brillante de Gaëlle Josse se confie sur sa vie, sur cette grande demeure dans laquelle elle a posé ses valises après avoir épousé Etienne et dans laquelle elle ne se sent pas tout à fait chez elle. Si éloignée de son milieu d’origine. Elle décrit cet amour parfois douloureux, ce soutien qu’elle a trouvé en lui mais aussi cette promesse non tenue d’aimer Louis comme son propre fils. Et puis d’autres enfants sont arrivés, et tout à basculer. Oui c’est un long soliloque sur l’attente et l’absence de sa chair. Hiver après hiver, année après année, rides après rides elle tient debout comme elle peut, pour éviter les regards et les qu’en dira-t-on. Elle attend et imagine son retour. Elle écrit à « Monsieur Louis Le Floch, en mer » à quel point son retour sera beau et grand. Elle se le promet, elle lui promet, ce sera une grande fête. Où les mets seront servis jusqu’à n’en plus pouvoir. Un festin digne d’un prince. Et alors, en lisant chacune de ses lettres, peu à peu, se dessine sous mes yeux une fresque divine. Celle de Léonard de Vinci, La Cène, avec en son centre le bien-aimé. A la différence qu’ici ce ne serait pas le dernier repas mais le premier après le retour (et si toutefois l'on s'en tient à ne pas analyser le message de la fresque) ou encore la peinture de Philippe de Champaigne, Le repas chez Simon.

    Un tableau c’est ainsi que j’ai envie de résumer le roman de Gaëlle Josse, parce qu’il m’a procuré les mêmes émotions que lorsque je regarde une peinture. Les détails, la finesse s’apparentent à la précision d’un pinceau qui ne laisse rien au hasard. Et la beauté relève aussi de cette écriture épurée, justement dosée, qui révèle la complexité des relations humaines, la force des sentiments, comme un peintre révèle celle des couleurs. Lors d’une rencontre en librairie, Gaëlle Josse disait ne pas choisir d’écrire de courts romans, elle expliquait que cela s’imposait un peu à elle alors qu’elle aimerait parfois écrire 300 pages. J’ai tenté de lui dire à la fin, que même si ce n’était pas une volonté, ce style épuré suffisait et même renforçait la beauté de son roman car il n’y a parfois pas besoin de 500 pages pour serrer un cœur, pour faire couler des larmes. Une écriture pure, poétique et viscérale à la fois suffit.

    Et la dernière partie qui s’intitule « Ce qui vient et ce qui part » qui aurait pu s’appeler également « Ceux qui viennent et ceux qui partent » fut pour moi le coup de grâce, un bouleversement sans commune mesure. Foudroyant de beauté et de tristesse à la fois.

    Une longue impatience est ce roman de l’attente, de la douleur. Il est ce cri d’amour d’une mère à un fils. Il est ce questionnement sur la place à trouver lorsqu’on ne vient pas du même milieu, sur la difficulté de reconstruire une famille et la délicatesse de ce roman tient aussi dans le fait qu’aucun jugement n’est porté. Il est juste une vie, celle d’une mère, qui se perd dans l’attente d’un fils.

  • 0.25

    Histoire très sensuelle et des beaux moments pour decouvrir se livre pour moi l histoire est bien résumer j attends avec impatience ma chance de le lire bientôt super

    Histoire très sensuelle et des beaux moments pour decouvrir se livre pour moi l histoire est bien résumer j attends avec impatience ma chance de le lire bientôt super

  • 0.25

    Après la mort d’Yvon, Anne se retrouve seule et misérable avec son fils Louis. Etienne, le pharmacien, amoureux d’elle depuis l’enfance lui propose le mariage. Il aimera Louis comme son fils, promet-il.
    Le couple a deux enfants qui relèguent un peu Louis dans le coeur d’Etienne. L’adolescent...
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    Après la mort d’Yvon, Anne se retrouve seule et misérable avec son fils Louis. Etienne, le pharmacien, amoureux d’elle depuis l’enfance lui propose le mariage. Il aimera Louis comme son fils, promet-il.
    Le couple a deux enfants qui relèguent un peu Louis dans le coeur d’Etienne. L’adolescent peine à se trouver. Un soir d’avril, Etienne le frappe à coups de ceinture. Louis s’enfuit.
    Anne apprend qu’il s’est embarqué sur un navire et reviendra en décembre.
    Commence alors pour cette mère blessée une longue attente.
    « Je suis seule, face à l’immense de l’océan, face à l’immense de mon amour absent, face à l’océan vide, face au trop-plein de mon coeur. Je marche, et je cherche ma place dans ma propre histoire. »
    Elle s’occupe de ses deux autres enfants, en veut presque silencieusement à Etienne qui l’a sauvée et détruite et se promène chaque jour sur la lande guettant le retour des bateaux.
    Elle écrit de longues lettres à son fils lui décrivant successivement ingrédient par ingrédient le repas qu’elle préparera pour le retour du fils, ce roi en exil. Elle détaille avec gourmandise les crêpes, fruits de mer, poissons, légumes nous faisant miroiter cette journée exceptionnelle avec ses couleurs, ses goûts, ses parfums.
    C’est sa manière à elle de dire combien elle sera heureuse de l’accueillir, « le goût de nourrir, de rendre heureux de cette façon-là »

    Quelle douceur dans ce récit! Comme Etienne, j’aime cette femme, « habitée d’absents, cousue d’attentes, de cauchemars et de désirs impossibles ». Cette mère qui court sur la lande, s’inquiète au plus profond de son coeur muselant ses craintes pour ne pas peiner son entourage. Cette femme d’une grande simplicité qui souffre en silence des regards envieux des habitants aux vies étriquées de ce village de province.

    Comme Anne, attendant son roi en exil, Gaëlle Josse tisse cette toile avec tous les petits éléments de vie qui ont construit cette femme, cette mère débordant d’amour maternel. Au fil des pages, la douleur de l’absence grandit mais avec tant de pudeur, de retenue que l’émotion monte graduellement. Alors un simple mot de pardon d’Etienne me fait chanceler et la boule d’émotion finit par éclater lors du dénouement.
    Il y a tant de grâce dans ce récit qu’il est impossible d’en parler sans être dégoulinant d’émotion.

    Un des plus beaux textes qu’il m’a été donné de l

  • 0.25

    Anne est morte d’inquiétude. Son fils, Louis n’est pas rentré et la nuit tombe. Il ne rentrera pas ce soir, ni le soir d’après.

    Nous sommes dans les années 50 en Bretagne. Après avoir vécu deux ans seule avec son fils, suite à la disparition de son mari en mer, Anne cède aux avances...
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    Anne est morte d’inquiétude. Son fils, Louis n’est pas rentré et la nuit tombe. Il ne rentrera pas ce soir, ni le soir d’après.

    Nous sommes dans les années 50 en Bretagne. Après avoir vécu deux ans seule avec son fils, suite à la disparition de son mari en mer, Anne cède aux avances d’Etienne, le pharmacien, qui l’aimait depuis l’enfance. Ils se marient. Etienne accueille Louis. Deux autres enfants naissent de cette union et le comportement du mari change vis-à-vis de son beau- fils. Un soir, Etienne corrige Louis à coups de ceinture. Le lendemain Louis ne rentre pas.

    Commence alors pour Anne une interminable attente. Elle cherche son fils partout.

    « Je le cherche comme n’importe quelle mère cherche son enfant et ne cessera d’errer, de renifler toutes les traces possibles comme un animal. J’ignorais abriter en moi, au creux de mon corps de mère, autant de place, autant de replis, d’interstices que la douleur pouvait irriguer d’un flux sans fin. »

    Anne apprend que son fils s’est engagé sur un cargo malgré ses seize ans. Tous les matins elle se rend sur la côte pour guetter un éventuel retour. Par tous les temps on peut la trouver, là, scrutant l’horizon. Ce n’est plus qu’une moitié de mère, qu’une moitié de femme. Elle ne rentre que pour accomplir ses tâches, préparer les repas, s’occuper de ses deux autres enfants. Comme Pénélope guettant le retour d’Ulysse, sa vie ne devient qu’attente. Elle écrit à son fils lui promettant pour son retour un festin digne de celui du fils prodigue dans la Bible. Elle s’accroche à l’espoir du revoir Louis.

    « Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par le vent mauvais, je m’invente des poids pour tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre. Toutes ces choses ténues, dérisoires, je m’y accroche pour repousser le prénom qui cogne à mes tempes, à mon cœur, à tout mon corps, pour tenir à distance ce halo d’ombre qu’il agite autour de moi. J’invente tout ça pour me protéger de la houle qui arrive en traître, de côté, qui donne de la gîte à ma pauvre embarcation. Et ma tête tourne, ivre de tant d’absence, de mon Louis volatilisé, disparu, perdu. Et rien, jamais rien pour me rassurer, pour m’aider à accélérer le passage des jours, à escalader les nuits, à compter les mois, les années, les siècles, l’éternité. Rien pour m’aider à ne pas perdre pied, pour résister au champ magnétique du Trou du diable et de toutes les sirènes de brume. Et chaque jour je retourne sur le chemin. »

    Avec ce nouveau roman, poignant, puissant, Gaëlle Josse m’a une fois de plus subjugué. Son personnage de mère déchirée, dévastée mais toujours debout m’a bouleversé. Il est porté par la plume pleine de force et de sensibilité de l’auteure. Des phrases rythmées, musicales qu’on se prend à lire à voix haute. Anne restera gravée dans ma mémoire. Je ne peux que vous recommander cet énorme coup de cœur.

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2018/02/04/36111907.html

    Dans ce magnifique roman, Gaëlle Josse nous raconte une femme et sa douleur. Anne Quemeneur, veuve Le Floch, ne voit pas son fils Louis, seize ans, rentrer à la maison. Elle apprend qu’il a pris la mer à l’image de son...
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    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2018/02/04/36111907.html

    Dans ce magnifique roman, Gaëlle Josse nous raconte une femme et sa douleur. Anne Quemeneur, veuve Le Floch, ne voit pas son fils Louis, seize ans, rentrer à la maison. Elle apprend qu’il a pris la mer à l’image de son défunt père. Commence alors une longue et douloureuse attente pour cette femme. « Je ne suis qu’une déchirure » dit Anne à un moment. Cette phrase résume parfaitement cette femme blessée au plus profond de son cœur, tiraillée, déchirée entre l’amour inconditionnel pour son fils et celui qui reste fort pour son second époux.

    Comment vivre l’absence ? Comment ne pas tomber dans la folie quand on attend chaque jour au port le retour de son fils ? Malgré la douleur et la tristesse, Anne Quemeneur choisit le silence et la dignité. Elle garde tout en elle, comme un puit sans fond, comme une grotte. Elle garde tout pour ne pas sombrer et ne pas faire sombrer son entourage. Il faut rester debout aussi parce que dans un petit village breton des années 50, tout problème ou toute faiblesse se répand comme une trainée de poudre dans les maisonnées. Il faut faire face, donner le change même si à l’intérieur tout est en cendres. Anne Quemeneur choisit aussi l’espoir, l’espoir du retour quitte à le rêver, à le sublimer aux limites de la folie que seul l’amour peut donner. Elle écrit de longues lettres à son fils où son amour transpire partout même dans la description d’un repas qu’elle donnerait en son honneur. Anne a aussi la force, l’abnégation de composer avec un amour qui fait mal. Comment continuer à aimer son mari qui lui a à la fois tout donné et tout pris ? Comment être un couple avec cette absence entre eux ? Et puis, il y a cette fin bouleversante qui fait basculer notre cœur. Une fin que j’ai relu malgré les larmes parce que c’est peut-être triste mais c’est aussi très beau.

    Merci Gaëlle Josse de nous avoir donné ce portrait de femme si bouleversant, si fort et fragile à la fois. Merci pour cette poésie, pour cette pudeur dans chaque mot. Merci pour la délicatesse de votre écriture. Merci de nous montrer – si besoin en était – que la littérature nous donne des émotions incroyables, des frissons.

  • 0.25

    Un petit chef d'oeuvre de délicatesse et d'émotions. Un livre qui jamais ne tombe dans la sensiblerie. L'auteur réussit à partager la douleur de son héroïne, en chair et en âme. J'ai beaucoup aimé le final qui m'a rappelé Ulysse et sa Pénélope. Je vais suivre Gaëlle Josse avec attention.

    Un petit chef d'oeuvre de délicatesse et d'émotions. Un livre qui jamais ne tombe dans la sensiblerie. L'auteur réussit à partager la douleur de son héroïne, en chair et en âme. J'ai beaucoup aimé le final qui m'a rappelé Ulysse et sa Pénélope. Je vais suivre Gaëlle Josse avec attention.

  • 0.25

    Bretagne en 1950, dans la famille Quémeneur, Anne, la mère est fébrile, elle attend Louis son adolescent de seize ans qui, à la nuit tombée, n’est toujours pas à la maison. Cette attente est palpable, qui mieux qu’une mère peut ressentir ces choses-là, l’indicible de l’absence, pas un petit...
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    Bretagne en 1950, dans la famille Quémeneur, Anne, la mère est fébrile, elle attend Louis son adolescent de seize ans qui, à la nuit tombée, n’est toujours pas à la maison. Cette attente est palpable, qui mieux qu’une mère peut ressentir ces choses-là, l’indicible de l’absence, pas un petit retard, non le vide qui s’immisce comme le froid pénètre vos vêtements.
    Les frissons de la peur sous la peau, le corps qui se tétanise dans une attente infinie…
    « Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du jour, si réconfortante, ne sert à rien. Elle n’éclaire qu’une absence ».
    Cet incipit est le premier point d’Alençon fait à l’aiguille par la dentellière Gaëlle Josse.
    Le dessin artistique de l’auteur : « Je n’ai pas encore fermé les volets, je ne peux m’y résoudre, ce serait murer la maison, ce serait dire à Louis qu’il ne peut plus entrer, que la vie s’est retranchée à l’intérieur et que personne ne doit désormais en franchir le seuil. »
    Le piquage, cette perforation régulière de l’ouvrage, se fait naturellement en laissant glisser les mots d’une mère : « Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »
    Ensuite, la trace : « Son absence est ma seule certitude, c’est un vide, un creux sur lequel il faudrait s’appuyer, mais c’est impossible, on ne peut que sombrer, dans un creux, dans un vide. »
    De son aiguille, elle effectue les réseaux, ces points spécifiques au décor réalisés de mailles plus ou moins espacés pour créer des ombres : « Depuis ce sont des jours blancs. Des jours d’attente et de peur, des jours de vie suspendue, de respiration suspendue, à aller et venir, à faire cent fois les mêmes pas, les mêmes gestes, à essayer de reconstituer les derniers moments de la présence de Louis à la maison, à tenter de me souvenir des derniers mots échangés, de les interpréter, d’y trouver un sens caché. »
    Anne s’interroge, voit sa vie défiler, et de son aiguille effectue les points spécifiques au relief réalisés sur la trace, que les dentellières appellent le brode. « Dans ces temps-là, je me disais que peut-être, les courants froids et les vents contraires pouvaient être domptés, apaisés, évités. Et une autre voix murmurait, très loin en moi, qu’un jour les courants et les vents domptés, apaisés, se réveilleraient et viendraient demander leur dû. »
    De ce travail minutieux, « la belle ouvrage » prend un semblant de vie : « Désormais, les jours se ressemblent, les saisons ne se distinguent que par l’ajout d’un manteau, d’une écharpe, ou par le retrait d’une épaisseur, d’une paire de bottes, par un ajustement auquel je m’efforce pour aller sur le chemin sans trop y souffrir du froid, du vent, de la pluie ou de la chaleur, et ils se fondent en une suite indistincte qui ne me laisse aucun souvenir. »
    Il est temps d’exécuter le levage, détacher la dentelle du parchemin à l’aide d’une lame de rasoir et de prendre sa petite pince pour l’éboutage, c’est-à-dire détacher les brisures de fils avec minutie : « Car toujours les mères courent, courent et s’inquiètent, de tout, d’un front chaud, d’un sommeil agité, d’une fatigue, d’un pleur, d’une plainte, d’un chagrin. Elles s’inquiètent dans leur cœur pendant qu’elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentent à tout, à tous, tandis qu’une voix intérieure qu’elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l’enfant un jour sorti de leur flanc. »
    Une fois encore j’avais rendez-vous avec Gaëlle Josse, cela fait sept ans que ce rendez-vous a lieu.
    Une fois le livre acheté, le cœur bat plus vite, l’œil furète pour lire la quatrième de couv’, pour regarder cette belle jaquette …
    Et puis chez soi, plonger dans sa lecture comme en eaux profondes, en apnée, car les premiers mots vous happent. Vous ne voulez plus rien savoir, juste éprouver les émotions que les mots de l’auteur instillent en vous. Une lecture où vous êtes juste à l’écoute de vous-même.
    La dentelle au point d’Alençon est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et je n’ai pas trouvé de plus belle comparaison pour qualifier l’œuvre de Gaëlle Josse. Cet écrivain, fait une œuvre remarquable avec simplicité et une justesse de mot incomparable. Chaque livre est marqué de son estampille, ce style précis, doux, mélancolique et si raffiné. A chaque roman, elle me surprend, les fins de ses livres sont exemplaires, à chaque fois tellement inédites et authentiques.
    Pour moi la lecture c’est cela, savourer chaque mot d’une histoire, éprouver chaque émotion, vivre l’histoire dans ma chair.
    En conclusion, mamans du monde, dites et redites à vos enfants « je t’aime » et vous enfants, dites-le-nous, ce mot si doux que nous le gardions comme un trésor.
    Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 janvier 2018.

  • 0.25

    « Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du soir, si réconfortante, ne sert à rien. Elle éclaire qu’une absence ».

    Il est certains romans qu’on peine à...
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    « Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du soir, si réconfortante, ne sert à rien. Elle éclaire qu’une absence ».

    Il est certains romans qu’on peine à chroniquer, tant l’apnée post-lecture vous enserre le cœur et vous noue le ventre. J’ai refermé « Une longue impatience », le dernier-né de Gaëlle Josse paru en cette belle rentrée littéraire aux Editions Noir sur Blanc, avec cette sensation-là, avec cet arrière-goût d’iode, de large, de vide, d’absence, d’éclipse. Avec ces émotions à fleur de peau, distillées au fil des pages.

    Cette longue impatience, cette attente infinie, c’est celle d’Anne Quémeneur, depuis que son fils Louis, âgé de seize an, n’est pas rentré, à la suite d’une énième altercation avec Etienne, son beau-père.

    Alors, tous les jours, elle va guetter l’horizon, avec l’espoir que l’un des bateaux aperçus au loin le lui ramène. Saison après saison, année après année, elle gravira le chemin qui mène au point depuis lequel elle l’attend. Désespérément. Pour rester debout.

    « Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par les vents mauvais, je m’invente des poids pour tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre »

    Elle lui écrira des lettres poignantes, adressées à « Louis le Floch, loin en mer ». Elle l’attendra comme on attend un nouveau début. Ou une fin.

    « Lorsque tu reviendras, ce sera une délivrance. Oui, je serai délivrée, de tout, et heureuse, même si ce mot m’effraie à prononcer tant il est absolu »

    Elle continuera jour après jour, cheveux blancs après cheveux noirs, à être la digne épouse d’Etienne, le pharmacien du village, qui l’aime tant. Qui l’aime peut-être mal. Elle essuiera ses larmes et les sarcasmes des bien-pensants. Elle espèrera, déchirée et déchirante.

    J’ai été bouleversée par ce roman, par cette histoire de femme, de mère, par cette alternance entre un récit sombre et des lettres lumineuses. L’écriture de Gaëlle Josse est, comme toujours, aussi belle que pudique, aussi fine que sensible.

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