Une longue impatience

Couverture du livre « Une longue impatience » de Gaelle Josse aux éditions Noir Sur Blanc
Résumé:

« C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les... Voir plus

« C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les années soixante, et ce pourrait être ailleurs, partout où des femmes attendent ceux qui partent, partout où des mères s'inquiètent. » Une femme perd son mari, pêcheur, en mer, elle se remarie avec le pharmacien du village. Son fils, issu de sa première union, a du mal à s'intégrer dans cette nouvelle famille et finit par lui aussi prendre la mer. Commence alors pour la narratrice une longue attente qu'elle tentera, tant bien que mal, de combler par l'imagination du grand banquet qu'elle préparera pour son fils à son retour.
Encore une fois, par son écriture sensible et sans faille, Gaëlle Josse nous entraîne dans les méandres de l'amour.

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  • Comme à son habitude, Gaëlle JOSSE a réussi à nous faire ressentir toute l'humanité et la douleur de cette mère.
    "Une longue impatience" est un bijou !

    Comme à son habitude, Gaëlle JOSSE a réussi à nous faire ressentir toute l'humanité et la douleur de cette mère.
    "Une longue impatience" est un bijou !

  • Anne, veuve d'un pêcheur tué pendant la seconde guerre mondiale, se remarie à la libération avec son soupirant de toujours le pharmacien de son petit village breton. Louis, son fils du premier lit, voit alors d'un bon œil la naissance d'un demi-frère et d'une demi-sœur. Malheureusement son...
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    Anne, veuve d'un pêcheur tué pendant la seconde guerre mondiale, se remarie à la libération avec son soupirant de toujours le pharmacien de son petit village breton. Louis, son fils du premier lit, voit alors d'un bon œil la naissance d'un demi-frère et d'une demi-sœur. Malheureusement son beau-père l'accepte de plus en plus mal jusqu'à la correction de trop qui provoque sa fuite. Le titre de ce roman est un oxymore, qui donne la mesure des tourments qui vont accabler Anne. Sa vie ne sera plus qu'une interminable attente. Le style de l'auteure , simple et poétique, donne à cette longue descente vers la folie la force d'une tragédie antique. Le suspens n'est pas dans le dénouement, mais dans la façon d'y arriver. La mère, digne et honorable, sauvera les apparences de la vie de famille, tout en écrivant secrètement des lettres à son fils lui promettant lors des retrouvailles un repas de fête digne d'un roi. Elle trouvera refuge presque tous les jours dans son ancienne maison pour préparer une autre surprise pour le retour du" fils prodigue "...Un roman très émouvant et très pudique à la fois, qui donne envie de découvrir le reste de l'œuvre de Gaëlle Josse.

  • Chaque parution d'un livre de Gaëlle Josse est pour moi un évènement. Je ne les ai pas encore tous lus, mais tous ceux que j'ai eu le plaisir de lire m'ont convaincue. Comme ce dernier titre, qui a vite rejoint ma bibliothèque. Et il ne sera pas resté bien longtemps dans ma PAL : 192 pages vite...
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    Chaque parution d'un livre de Gaëlle Josse est pour moi un évènement. Je ne les ai pas encore tous lus, mais tous ceux que j'ai eu le plaisir de lire m'ont convaincue. Comme ce dernier titre, qui a vite rejoint ma bibliothèque. Et il ne sera pas resté bien longtemps dans ma PAL : 192 pages vite dévorées. Vite lues certes parce que l'ouvrage n'est pas bien long, mais surtout parce qu'une fois plongée dans l'histoire d'Anne et sa famille, il n'est pas possible d'en ressortir avant d'avoir tourné la dernière page. J'aime l'écriture de Gaëlle Josse, la langue, le rythme, la poésie... le récit, l'histoire de cette longue attente... et bien sûr son évocation de la Bretagne ! Un magnifique portrait de femme qui rend un bel hommage à toutes ces pleureuses bretonnes.

    https://itzamna-librairie.blogspot.fr/2018/01/une-longue-impatience-gaelle-josse.html

  • Acheté dès sa sortie, je viens seulement de le lire et à la grande surprise de nombre de lecteurs j’imagine, c’est pour moi le premier roman de cette auteure. Pourquoi, ne suis-je pas allée plus tôt au-devant d’elle malgré les incitations récurrentes d’une amie ? Allez savoir ! Peut-être tout...
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    Acheté dès sa sortie, je viens seulement de le lire et à la grande surprise de nombre de lecteurs j’imagine, c’est pour moi le premier roman de cette auteure. Pourquoi, ne suis-je pas allée plus tôt au-devant d’elle malgré les incitations récurrentes d’une amie ? Allez savoir ! Peut-être tout simplement retardais-je le moment, qui serait beau, j’en étais sûre. Alors, voilà, j’ai fini par sauter le pas, ouvrir le livre et là… Gaëlle Josse, vous m’avez cueillie avec "Une longue impatience".

    Mais que pourrais-je dire de plus que tous les éloges aperçus çà et là ?

    Dire que l’histoire d’Anne Quémeneur et de son fils Louis, un jour parti sans laisser ni trace, ni mot est de celle qui reste longtemps en mémoire ? Dire que cette histoire d’une mère qui, malgré ses deux autres enfants, ne peut plus vivre que d’attente est de celle que toute mère redoute ? Dire que chaque mot, chaque ligne apporte son lot de désespérance tout en retenue ? Dire qu’il s’agit là d’un cri d’amour maternel sans cesse réinventé ?

    Anne Quémeneur est toutes les femmes à la fois. Elle est la mère nourricière qui prépare en pensée le festin qu’elle donnera pour le retour de Louis. Elle est celle qui chaque jour scrute l’horizon dans l’espoir de distinguer le bateau qui le lui ramènera. Mais elle est aussi, cette femme fière, cette femme simple, cette femme de marin qu’elle fut dans une autre vie. Elle est entrée dans la vie d’un autre homme, un homme de condition supérieure sans ne se renier ni rejeter ses valeurs.

    Ce roman est un hymne à la femme poignant, bouleversant, un cantique de louanges à la mère, c’est un chant funèbre délicat et pudique. C’est aussi une histoire de belle écriture, une véritable dentelle, un lacis de mots qui se donnent la main, s’entremêlent et forment une danse certes macabre, mais d’une beauté indicible. "Depuis, ce sont des jours blancs. Des jours d’attente et de peur, des jours de vie suspendue, de respiration suspendue, à aller et venir, à faire cent fois les mêmes pas, les mêmes gestes…" Pas un mot ne manque, pas un n’est de trop, tous justement choisis. Et ils composent une musique qui m’a envoûtée. Je viens de découvrir une merveille, un bijou ciselé, une perle.

    Je souhaite également saluer la très belle couverture dans les tons sépia, aussi poétique que la langue de l’auteure.

    www.memo-emoi

  • Belle découverte de cette auteure Gaëlle Josse dont j'avais beaucoup entendu parler.

    Le livre en lui même est magnifique : belle couverture, belle photo, papier couleur crème et première page rouge, format agréable.

    C'est un magnifique roman sur l'attente et l'angoisse d'une mère. Anne...
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    Belle découverte de cette auteure Gaëlle Josse dont j'avais beaucoup entendu parler.

    Le livre en lui même est magnifique : belle couverture, belle photo, papier couleur crème et première page rouge, format agréable.

    C'est un magnifique roman sur l'attente et l'angoisse d'une mère. Anne attend son fils Louis embarqué sur un navire de commerce pour fuir les tensions au sein d'une famille recomposée ainsi que la rigidité et la dureté d'un beau père.

    Une difficile absence. Une interminable attente face à l'océan en scrutant l'horizon et en espérant. Une très longue impatience.

    Je me suis sentie proche de cette femme. Au fil des pages, je me suis laissée gagner par son optimisme. Un jour, Louis rentrera enfin et ça sera le grand soulagement et les grandes retrouvailles. Une véritable fête.

    Une écriture sensible et poétique.

    Découverte de cette auteure à poursuivre!

  • Anne Le Floch, femme de marin vit dans une petite maison de pêcheur. Après la disparition en mer de son mari Yvon, elle élève seule son fils Louis. Nous sommes juste après guerre, la vie est rude et dure. Anne travaille dans une conserverie.
    Après une attente de deux ans, durée de veuvage...
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    Anne Le Floch, femme de marin vit dans une petite maison de pêcheur. Après la disparition en mer de son mari Yvon, elle élève seule son fils Louis. Nous sommes juste après guerre, la vie est rude et dure. Anne travaille dans une conserverie.
    Après une attente de deux ans, durée de veuvage oblige, Etienne Quémeneur, le pharmacien du village, notable, la demande en mariage et lui promet d’aimer et d’élever Louis comme son propre fils. Il l’aime en cachette depuis le temps béni de l’école. Voici Anne le Floche devenue Anne Quéméneur débarquant, la bague au doigt dans le grand appartement au-dessus de la pharmacie.
    Bientôt deux autres enfants naissent Gabriel puis Jeanne. Le bonheur aurait dû être parfait. Oui mais voilà, Louis ne reçoit plus les attentions de Quémeneur mais plutôt les brimades jusqu’aux coups de ceinturon de trop. Pouraquoi Quémeneur agit-il ainsi ? Est-ce le fait que ce soit le fils d’Yvon qu’il sait n’avoir jamais remplacé dans le cœur d’Anne ? Est-ce également ce que lui a connu avec son propre père ?
    Toujours est-il que ce soir, rue des Ecuyers en ce mois d’avril 1950, Louis n’est pas rentré.
    « Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir… Elle n’éclaire qu’une absence. »
    L’attente infernale débute. Anne sera un fantôme parmi les siens, toute entière dans l’attente, l’espoir de revoir Louis.
    Un livre magnifique, profond sur l’absence et son corollaire, l’attente. Louis est supposé vivant, il s’est engagé sur un bateau. Pour supporter l’absence, Anne lui écrit des lettres, où elle lui raconte le repas magnifique qu’elle concoctera pour son retour. Ces missive, qui ne partiront jamais ?, lui permettent de maintenir Louis dans son réel.
    Il n’y a plus de futur au dehors de Louis. Anne passe son temps, hors les occupations ménagères et le soin aux deux autres enfants, à surveiller les arrivées des bateaux de commerce, à espérer. Elle marche sur le fil qui la sépare de la folie, elle est au bord de la falaise physiquement et mentalement.
    Anne survit pour donner à ses deux autres enfants et son mari, les soins qu’ils demandent, mais en est-elle capable ? Je plains Gabriel et Jeanne qui ont manqué de cet amour maternel, qui n’ont pu jouir de la présence pleine, entière et aimante de leur mère. Ce départ brusque est définitif a redessiné la vie, l’atmosphère de la famille.
    A travers Anne, Gaëlle Josse, par ses phrases ciselées, ses motssi vrais, parle de toutes ces mères dont un enfant a disparu, la douleur de l’absence et l’attente interminable qui sape les bases de leurs vies.
    Un superbe livre poignant, un coup de cœur.

  • Au port, chaque pêcheur se souvient qu'elle est la veuve d'Yvon le Floch, son mari gardé au milieu des flots, son corps jamais rendu par la mer. S'habituer à un deuil sans corps, sans autre preuve que l'absence, sans rien pour déposer ses larmes. De veuve le Floch elle est devenue Madame...
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    Au port, chaque pêcheur se souvient qu'elle est la veuve d'Yvon le Floch, son mari gardé au milieu des flots, son corps jamais rendu par la mer. S'habituer à un deuil sans corps, sans autre preuve que l'absence, sans rien pour déposer ses larmes. De veuve le Floch elle est devenue Madame Quémeneur, la femme du pharmacien, les regards, les convenances, pèsent si lourds ici. Les conversations cessent dès qu'elle arrive, les ragots, les rancoeurs, les rumeurs. Aujourd'hui, elle cherche dans sa nouvelle maison un coin à elle, un refuge, mais elle ne le trouve pas.
    Depuis la naissance des petits, Étienne, son nouveau mari ne supporte plus son fils Louis, qui lui rappelle qu'elle a été la femme d'un autre homme. Elle s'épuise à cette vaine répartition de l'amour. Étienne a annoncé à Louis son départ pour la pension, le soir Louis n'a pas reparu. Il n'a laissé aucun message, il n'a rien dit au cours des jours précédents, rien qui puisse donner une piste, son absence est sa seule certitude, c'est un vide dans lequel elle sombre.
    Il est son fils, sa vie, il s'est embarqué à destination de la Réunion. Depuis, chaque jour, elle l'attend. Elle longe la falaise, sur le chemin des douaniers, elle guette, elle fixe l'horizon pour y déceler le bateau qui la rendra à la vie. Elle lui écrit de longues lettres où elle lui raconte la fête et le festin qu'ils feront à son retour.
    Le portrait magnifique d'une femme et d'une mère qui ne cesse de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de son flanc, qui est parti en mer, depuis elle le suit sur un globe terrestre, sa raison de vivre c'est l'attente de son retour. Les dernières pages sont absolument extraordinaires, elles nous transportent littéralement. Gaëlle Josse sait trouver les mots pour nous décrire d'une façon pudique et bouleversante, l'amour d'une mère et la douleur de l'absence. Une plume d'une grâce infinie qui nous touche au plus profond de notre âme.

  • Un jour de 1943, Anne descend au port où très vite elle comprend qu'elle devra embrasser la vie d'une veuve de marin avec Louis, son tout jeune fils. Deux années de deuil s'écoulent avant que l'improbable ne s'accomplisse. Étienne, le fils du pharmacien qui a pris la relève de son père, la...
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    Un jour de 1943, Anne descend au port où très vite elle comprend qu'elle devra embrasser la vie d'une veuve de marin avec Louis, son tout jeune fils. Deux années de deuil s'écoulent avant que l'improbable ne s'accomplisse. Étienne, le fils du pharmacien qui a pris la relève de son père, la demande en mariage. Eperdument amoureux, il a attendu deux ans que le deuil s'efface et même plus en réalité puisqu'il garde d'Anne un souvenir d'enfance. L'occasion est belle pour Anne, sortir de sa condition difficile pour être la femme du pharmacien, la femme d'un homme qui l'aime. Les années passent et alors que deux enfants naissent de leur union, la promesse d'Etienne d'élever Louis comme son fils se heurte à la réalité, au souvenir qu'Anne fut celle d'un autre. Un jour, la violence éclate un peu plus fort que d'habitude entre Etienne et Louis qui ne peut plus vivre dans ce climat. Il part sans laisser de mot, sans laisser de trace. Pénélope attend Ulysse dans l'odyssée, dans la bible, un père attend le retour de son fils prodigue, en Bretagne, une mère, Anne attend le retour de son fils, Louis. Il s'est embarqué sur un cargo. L'attente commence alors, longue, mystérieuse, inquiétante, chaque navire qui approche est porteur d'espérance puis de désillusion. L'attente se transforme en impatience, en douleur, en desespoir.

    Gaelle Josse nous fait partager l'intimité d'une femme qui n'a su montrer à son fils l'amour qu'elle lui portait alors qu'il était à ses cotés tout au moins le croit elle. Elle se culpabilise, elle en veut à Etienne, responsable du départ de Louis. Mais Anne sauve les apparences, elle vit, tout au moins en apparence. Le départ de son fils qui apparaît comme une disparition voire une mort l'entraine en réalité vers des abymes sans retour. Louis, lui, reviendra.

  • Je viens de finir Une longue impatience, le dernier roman de Gaëlle Josse, et mon émotion est telle que, c'est bien simple, je me sens tout à fait incapable d'en parler.
    Je suis sans voix.
    Tout à l'heure, alors que je déjeunais avec une amie, j'ai tenté de lui dire quel était le sujet du...
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    Je viens de finir Une longue impatience, le dernier roman de Gaëlle Josse, et mon émotion est telle que, c'est bien simple, je me sens tout à fait incapable d'en parler.
    Je suis sans voix.
    Tout à l'heure, alors que je déjeunais avec une amie, j'ai tenté de lui dire quel était le sujet du roman. Le sujet, pas plus. Juste quelques mots. J'en fus incapable. Immédiatement, des images me sont venues à l'esprit et elles furent immédiatement accompagnées de larmes.
    J'ai dû renoncer.
    Je ne peux pas parler de ce livre, de cette histoire, de ces personnages sans pleurer.
    Je ne sais pas si c'est le thème qui m'a touchée (une femme qui attend le retour de son fils), je ne sais pas si c'est l'écriture : des mots simples, justes, sensibles qui filent droit au coeur, je ne sais pas si ce sont les descriptions à la fois poétiques et sobres ou bien le portrait fin et nuancé des personnages ou encore cette pudeur, cette grâce, cette délicatesse qui enveloppe chaque ligne de ce récit.
    Je ne sais pas pourquoi les mots de Gaëlle Josse me bouleversent tant.
    Ce que je sais par contre, c'est que j'ai du mal à parler de son roman.
    Peut-être aurais-je dû attendre un peu avant d'écrire ma chronique mais à mon avis, les images de ce récit sont tellement ancrées en moi que rien n'y fera, l'émotion sera toujours aussi intense.
    Ce que je sais aussi, c'est que moi qui prête volontiers mes livres, celui-là, je ne le prêterai pas. Jamais. J'aurais l'impression de donner un bout de moi-même. Non, il restera près de moi, dans ma bibliothèque, à portée de main, toujours.
    Je sais aussi que si un jour, je rencontre l'auteur, je ne pourrai pas aller lui parler de son roman. L'émotion m'en rendra tout simplement incapable.
    Drôle de billet que celui-ci, me direz-vous.
    Un peu en vrac, comme ce roman m'a laissée.
    « Ne me secouez pas, je suis pleine de larmes. »
    Je cite juste deux extraits, ce ne sont pas forcément les plus beaux, tout le texte est une splendeur. Deux passages pour que vous puissiez lire les mots de Gaëlle Josse.
    « Je suis envahie, pénétrée, toute résistance devenue inutile, par les coups sourds, aveugles, insistants d'une souffrance qui ne me laisse aucun repos. Je vis avec une absence enfouie en moi, une absence qui me vide et me remplit à la fois. Parfois, je me dis que le chemin qui me happe chaque jour est comme une ligne de vie, un fil sinueux sur lequel je marche et tente d'avancer, de toutes les forces qui me restent. De résister au vent, aux tempêtes, au Trou du diable, aux larmes, à tout ce qui menace de céder en moi. Il me faudrait chercher des arrangements pour enjamber chaque jour sans dommage, mais je ne sais rien des arrangements. »
    « J'attends un signe, un courrier, quelque chose sur lequel m'appuyer. Tout ce que je veux, c'est que Louis rentre. Je voudrais retrouver notre unité première, rompue à la naissance, l'oeuf primordial, à nouveau. Réparé, retrouvé, intact, le temps obscur et doux de l'inséparé. J'attends que mon fils me redonne vie, qu'il me fasse renaître, me réveille, me ressuscite. Alors nous serons quittes. »

    Merci, Gaëlle Josse, pour ces mots...

    LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

  • http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    "Comme la vie est lente et comme l'Espérance est violente" Apollinaire - Le pont Mirabeau

    Quand on me demande quels sont mes auteurs préférés le nom de Gaëlle Josse vient rapidement dans ma liste....
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/03/une-longue-impatience-de-gaelle-josse.html

    "Comme la vie est lente et comme l'Espérance est violente" Apollinaire - Le pont Mirabeau

    Quand on me demande quels sont mes auteurs préférés le nom de Gaëlle Josse vient rapidement dans ma liste. Découverte avec Le dernier gardien d'Ellis Island je ne l'ai plus quittée depuis et ses romans suivants L'ombre de nos nuits, et Un été à quatre mains m'ont enthousiasmée. J'aime les thèmes qu'elle aborde et surtout son écriture sensible et poétique, je n'aborde jamais un livre de Gaëlle sans un bon paquet de post-it... J'ai eu la chance de la rencontrer, je la suis sur les réseaux sociaux et j'apprécie autant la femme qu'elle est que l'auteure. J'ai lu "Une longue impatience" deux fois et ai mis des semaines à rédiger ma chronique car trouver les mots pour parler d'un tel livre ne m'était pas simple.

    L'histoire se déroule dans un petit village breton et commence en 1950 dans la période si particulière de l'après guerre. Anne, la narratrice, est confrontée au départ brutal de Louis, son fils de seize ans, sans un mot d'explication après une terrible dispute avec son beau-père Étienne Quémeneur qui ne supportait plus "ce témoin encombrant d'une autre vie" depuis la naissance des deux jeunes enfants du couple. " Il a décidé de partir en me laissant l'absence et le silence pour seul souvenir." A force de violence physique et verbale, Louis s'est senti indésirable alors que sa mère était écartelée entre son fils et son mari, reconnaissante envers Étienne de l'avoir sortie de la misère alors qu'elle se battait pour survivre seule avec son fils après la disparition en mer de son mari.

    Ce remariage avec le riche Étienne Quémeneur, pharmacien, a propulsé Anne, pauvre veuve d'un pêcheur, dans un autre monde. Elle vit dans une grande et belle maison qu'elle n'a jamais pu considérer comme la sienne, dans un village où les ragots vont bon train, où elle est jalousée pour son ascension sociale. "Je sens cette jalousie, cette acidité envers ceux qui ont échappé à leur condition".

    Depuis le départ de Louis, Anne attend son fils avec pour seuls objectifs de ne pas perdre pied, résister à l'attraction des eaux tourbillonnantes du Trou du diable. Chaque jour elle monte sur la corniche au bout du sentier face à l'océan et guette les bateaux à l'horizon, car elle a appris qu'il a réussi à embarquer sur un cargo. Seule sur son avancée rocheuse au bord de la falaise elle guette... Tous les jours elle trouve ensuite refuge dans la petite maison de pêcheur aux volets bleus où elle vivait avec Louis et son père. Sa vie se résume à ce chemin, aux deux maisons et à l'obsession de tenir debout pour sa famille en accomplissant les gestes du quotidien.

    " Son absence est ma seule certitude, c'est un vide, un creux sur lequel il faudrait s'appuyer, mais c'est impossible, on ne peut que sombrer, dans un creux, dans un vide."

    Le roman raconte cette attente, les souvenirs que se remémore Anne et les lettres qu'elle écrit à son fils pour lui décrire le festin qu'elle prévoit pour son retour, un festin tout en couleurs et en odeurs de la Bretagne. Le tout se déroule sur une durée qui n'est pas précisée mais les saisons et les années défilent...

    Gaëlle Josse a fait le choix de centrer son récit sur les sentiments d'Anne, son mari qui "l'a sauvée et détruite" reste à la périphérie du récit avec son silence, son remords et son impuissance. Les deux jeunes enfants du couple grandissent dans l'absence de Louis alors que les villageois "aux vies étriquées et aux regards envieux" observent derrière leurs rideaux.

    Gaëlle Josse restitue à merveille l'atmosphère de la Bretagne qu'elle semble bien connaitre. La rigueur des éléments, le vent, les marées, la rude vie des pêcheurs, l'angoisse des femmes de pêcheurs, l'océan et son lot de malheurs, les chapelles et calvaires en granit, les mouettes, les hortensias, camélias, genêts et bruyère de la lande... Tout y est...

    Gaëlle Josse a brossé un portrait d'une mère inoubliable "torturée par l'absence, par l'attente, par le silence, par l'inquiétude, par le remords" et a eu la très belle idée de ponctuer son attente par de magnifiques lettres adressées à Louis. Dans ce roman, chaque mot, chaque phrase sonnent juste pour retranscrire les ressentis d'Anne et son amour maternel. Le poids des différences sociales, la question des familles recomposées, la culpabilité, la dette, l'amour et le pardon sont également présents dans ce récit empreint d'une douce mélancolie qui se termine d'une façon bouleversante.
    J'ai vécu la lecture de ce roman tout en délicatesse et sensibilité comme un pur moment de grâce.

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