Evans S. Connell

Evans S. Connell
Evan S. Connell est né le 17 août 1924 à Kansas City, dans le Missouri. En 1943, il interrompt ses études de médecine pour s'engager dans la Navy et devenir pilote. En 1959, il publie son premier roman, Mrs. Bridge, qu'il dédie à sa sœur et qui connaît un succès considérable. Il s'attelle ensuite... Voir plus
Evan S. Connell est né le 17 août 1924 à Kansas City, dans le Missouri. En 1943, il interrompt ses études de médecine pour s'engager dans la Navy et devenir pilote. En 1959, il publie son premier roman, Mrs. Bridge, qu'il dédie à sa sœur et qui connaît un succès considérable. Il s'attelle ensuite à l'écriture d'un roman partiellement autobiographique sur une jeune recrue dans la Navy et d'un recueil de poèmes. En 1969, il marie Mrs. Bridge à Mr. Bridge, ce dernier connaissant lui aussi un très grand succès. Les deux romans seront adaptés au cinéma en 1990 par James Ivory avec Paul Newman et Joanne Woodward dans le rôle des époux Bridge. Malgré cette reconnaissance, Evan Connell mène une vie solitaire, quasi-recluse, et reste inconnu du grand public. Et s'il continue d'écrire, il assure son quotidien frugal en devenant tour à tour facteur, employé du gaz ou conseiller dans une agence pour l'emploi. En 2009, il est nommé au Man Booker Prize pour l'ensemble de son œuvre et reçoit le Robert Kirsh Award décerné par le Los Angeles Times en 2010. Evan Connell s'est éteint le 10 janvier 2013, à Santa Fe.

Avis (9)

  • Couverture du livre « Mrs bridge » de Evans S. Connell aux éditions Belfond

    Lisa_D sur Mrs bridge de Evans S. Connell

    Mrs Bridge et son pendant, Mr Bridge étaient non pas dans ma pal mais dans le top de ma « to read list ». J’ai commencé par Mrs Bridge, « desperate housewife » délaissée par son mari et dépassé par ses enfants qui basculent dans la société moderne. Le style plat et descriptif de l’auteur est...
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    Mrs Bridge et son pendant, Mr Bridge étaient non pas dans ma pal mais dans le top de ma « to read list ». J’ai commencé par Mrs Bridge, « desperate housewife » délaissée par son mari et dépassé par ses enfants qui basculent dans la société moderne. Le style plat et descriptif de l’auteur est d’autant plus cinglant. C’est qu’on n’arrive pas à plaindre cette pauvre femme corsetée dans son éducation, son milieu, son époque. D’ailleurs, elle ne semble pas particulièrement s’en plaindre. Une pépite, un gros coup de cœur. Hâte de lire le portrait de Mr Bridge qu’on soupçonne de ne pas être si lisse que ça.

  • Couverture du livre « Mr. Bridge » de Evans S. Connell aux éditions 10/18

    Bill sur Mr. Bridge de Evans S. Connell

    Pendant de Mrs Bridge, publié 10 ans plus tôt, ce roman paru en 1969 décrit la vie de Mr. Bridge, avocat à Kansas City à la fin des années 30.

    On découvre la vie vue par cet homme austère, ses relations (froides) avec son épouse, son fils et ses filles - en s'étonnant de l'attrait que leurs...
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    Pendant de Mrs Bridge, publié 10 ans plus tôt, ce roman paru en 1969 décrit la vie de Mr. Bridge, avocat à Kansas City à la fin des années 30.

    On découvre la vie vue par cet homme austère, ses relations (froides) avec son épouse, son fils et ses filles - en s'étonnant de l'attrait que leurs corps juvéniles exercent sur lui ... 

    Ce roman décrit une vie tournée vers le travail, les convenances, les placements financiers sans risques.

    Une vie de labeur, sans véritables loisirs, une vie d'obligations sans le moindre brin de bonheur, ni de joie comme il l'explique dans la dernière page ... 

    Une plongée dans l'Amérique préservée des années 30, où la crise n'a pas frappé partout ....

  • Couverture du livre « Mrs bridge » de Evans S. Connell aux éditions Belfond

    Mumu Dans le Bocage sur Mrs bridge de Evans S. Connell

    Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube,...
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    Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir.

    Oui voilà ce qu'est la vie de Mrs Bridge, après la lecture de Mr Bridge il y a quelques mois, publié 10 ans après Mrs Bridge, il me fallait connaître la version de Madame sur la vie de sa famille, à partir des années 1930 jusqu'au départ des enfants du nid, au début de la deuxième guerre mondiale.

    J'avais trouvé globalement la lecture assez longue, répétitive sur le quotidien de cet avocat d'affaires, égoïste, obsédé par son travail, se reposant totalement sur sa femme, India, pour le bon fonctionnement de la maison et des enfants mais surtout parce que je me demandais pourquoi sa femme ne réagissait pas, qui était-elle vraiment ? Pas à travers le regard de son époux, mais dans sa tête, à quoi pensait-elle, était-elle heureuse ?

    Pauvre femme de la middle-class américaine des années 30 : que de soucis à régler :

    les enfants en particulier Douglas avec qui elle est en conflit permanent et qui mettra un peu de piquant et d'originalité, les filles : Ruth, jolie, indépendante, artiste, Carolyn, brillante mais le miroir de sa mère. Elle doit tout surveiller, contrôler : le linge, les sorties, les relations amicales et plus, envisager l'avenir de chacun et chacune. 
    le mari : totalement indifférent à sa vie, à ses pensées, à ses aspirations et qui ramène tout à lui, son travail, ses préoccupations. C'est lui qui donne le tempo : même pendant un cyclone, il dîne, ne bouge pas et India attendra qu'il se lève pour se mettre à l'abri ..... Alors qu'elle voudrait tant retrouver les émois du début de leur union..... 
    les domestiques, noirs dont Harriet (beaucoup plus présente dans Mr Bridge) : le racisme imprègne fortement le récit car même si elle ne pense pas faire de la ségrégation, elle n'accepterait pas de vivre dans une maison voisine d'une famille noire...
     que faire de ses journées : l'ennui, la solitude profonde, l'isolement malgré les relations du Country Club : quand le fait d'aller laver la voiture peut embellir une journée qui s'annonçait sombre !
    Comme pour Mr Bridge, il ne se passe pas grand'chose, simplement une chronique sur une dizaine d'années de la vie d'une femme, de son existence qui se résume à peu de choses : elle en est consciente, se trouve ignorante, recherche toujours la perfection dans tout ce qu'elle fait mais surtout très attachée au regard des autres, sur ce que l'on peut penser d'elle, du rang à tenir, de la façon dont elle s'occupe de son foyer..... Le vide sidéral d'une vie, de la conscience qu'elle en a mais de son refus à le changer.  Quand elle se trouve une passion elle l'abandonne très vite, ne se laissant aucune chance de prendre du plaisir.

    Sa vie file, passe et elle le ressent ainsi : elle se raccroche à des souvenirs, à quelques amies mais qui vivent souvent le même désarroi qu'elle.

    Ses réactions sont surprenantes parfois, les répliques sont sans appel, mais elle n'en a pas toujours conscience : elle est le fruit d'une éducation, du milieu où elle vit.

    Lecture qui me laisse un goût amer sur la condition féminine à cette époque bien sûr mais qui reflète également  Kansas City dans le Missouri dans les années 1930 : instructif sur les relations humaines mais surtout sur cette femme qui ne s'avoue pas malheureuse mais qui ne peut dire qu'elle est heureuse : elle est l'image du bonheur, on la gâte (voiture etc...) mais sous le bonheur de surface, elle révèle ses souffrances et son ennui :

    Elle célébrait ses propres anniversaires sans joie, avec résignation et un peu de doute : ils arrivaient et s'en retournaient comme ils le devaient (...) 30,35, 40, ils étaient tous venus lui rendre visite comme des parents à remontrances, et ils avaient tous disparu sans laisser de traces. Et maintenant, une fois de plus, elle attendait.....(p116)

    Lecture agréable, comme pour Mr Bridge, récit constitué de petites chroniques, des chroniques de la vie de tous les jours de cette femme que l'on ne peut totalement aimer mais que l'on se prend à plaindre. J'ai eu envie à plusieurs occasions de la secouer, de la pousser dehors, de lui dire : vas-y bouge, ne te laisse pas faire, agis mais nous sommes en 1930 et la société américaine l'aurait jugée, écartée, mise au ban, et pour India il est impensable de ne pas être ce que les autres attendent d'elle !

    A d'autres moments elle m'a exaspérée, agacée, par ses petites phrases assassines, sur ces prises de position, sur ses jugements.

    Un travail de chroniqueur de la part de l'auteur sur une tranche de vie, en apparence heureuse mais qui se révèle bien triste. Une vision de la société américaine réaliste je pense, sans complaisance ni développement, simplement des événements familiaux. Je pense qu'il faut commencer par la lecture de Mrs Bridge en premier, puis Mr Bridge, cela me semble plus cohérent.

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