Mrs bridge

Couverture du livre « Mrs bridge » de Evans S. Connell aux éditions Belfond
  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714459596
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Attention, chef(s)-d'oeuvre !
Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentît la moindre nervosité. Parfois, cependant, au coeur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un... Voir plus

Attention, chef(s)-d'oeuvre !
Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentît la moindre nervosité. Parfois, cependant, au coeur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir.

Mrs. Bridge et son pendant, Mr. Bridge, forment une oeuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d'après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d'une précision redoutable, un ton à l'élégance distanciée et une construction virtuose, une redécouverte à la hauteur de celle d'un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d'un John Williams avec Stoner. 

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  • Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube,...
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    Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir.

    Oui voilà ce qu'est la vie de Mrs Bridge, après la lecture de Mr Bridge il y a quelques mois, publié 10 ans après Mrs Bridge, il me fallait connaître la version de Madame sur la vie de sa famille, à partir des années 1930 jusqu'au départ des enfants du nid, au début de la deuxième guerre mondiale.

    J'avais trouvé globalement la lecture assez longue, répétitive sur le quotidien de cet avocat d'affaires, égoïste, obsédé par son travail, se reposant totalement sur sa femme, India, pour le bon fonctionnement de la maison et des enfants mais surtout parce que je me demandais pourquoi sa femme ne réagissait pas, qui était-elle vraiment ? Pas à travers le regard de son époux, mais dans sa tête, à quoi pensait-elle, était-elle heureuse ?

    Pauvre femme de la middle-class américaine des années 30 : que de soucis à régler :

    les enfants en particulier Douglas avec qui elle est en conflit permanent et qui mettra un peu de piquant et d'originalité, les filles : Ruth, jolie, indépendante, artiste, Carolyn, brillante mais le miroir de sa mère. Elle doit tout surveiller, contrôler : le linge, les sorties, les relations amicales et plus, envisager l'avenir de chacun et chacune. 
    le mari : totalement indifférent à sa vie, à ses pensées, à ses aspirations et qui ramène tout à lui, son travail, ses préoccupations. C'est lui qui donne le tempo : même pendant un cyclone, il dîne, ne bouge pas et India attendra qu'il se lève pour se mettre à l'abri ..... Alors qu'elle voudrait tant retrouver les émois du début de leur union..... 
    les domestiques, noirs dont Harriet (beaucoup plus présente dans Mr Bridge) : le racisme imprègne fortement le récit car même si elle ne pense pas faire de la ségrégation, elle n'accepterait pas de vivre dans une maison voisine d'une famille noire...
     que faire de ses journées : l'ennui, la solitude profonde, l'isolement malgré les relations du Country Club : quand le fait d'aller laver la voiture peut embellir une journée qui s'annonçait sombre !
    Comme pour Mr Bridge, il ne se passe pas grand'chose, simplement une chronique sur une dizaine d'années de la vie d'une femme, de son existence qui se résume à peu de choses : elle en est consciente, se trouve ignorante, recherche toujours la perfection dans tout ce qu'elle fait mais surtout très attachée au regard des autres, sur ce que l'on peut penser d'elle, du rang à tenir, de la façon dont elle s'occupe de son foyer..... Le vide sidéral d'une vie, de la conscience qu'elle en a mais de son refus à le changer.  Quand elle se trouve une passion elle l'abandonne très vite, ne se laissant aucune chance de prendre du plaisir.

    Sa vie file, passe et elle le ressent ainsi : elle se raccroche à des souvenirs, à quelques amies mais qui vivent souvent le même désarroi qu'elle.

    Ses réactions sont surprenantes parfois, les répliques sont sans appel, mais elle n'en a pas toujours conscience : elle est le fruit d'une éducation, du milieu où elle vit.

    Lecture qui me laisse un goût amer sur la condition féminine à cette époque bien sûr mais qui reflète également  Kansas City dans le Missouri dans les années 1930 : instructif sur les relations humaines mais surtout sur cette femme qui ne s'avoue pas malheureuse mais qui ne peut dire qu'elle est heureuse : elle est l'image du bonheur, on la gâte (voiture etc...) mais sous le bonheur de surface, elle révèle ses souffrances et son ennui :

    Elle célébrait ses propres anniversaires sans joie, avec résignation et un peu de doute : ils arrivaient et s'en retournaient comme ils le devaient (...) 30,35, 40, ils étaient tous venus lui rendre visite comme des parents à remontrances, et ils avaient tous disparu sans laisser de traces. Et maintenant, une fois de plus, elle attendait.....(p116)

    Lecture agréable, comme pour Mr Bridge, récit constitué de petites chroniques, des chroniques de la vie de tous les jours de cette femme que l'on ne peut totalement aimer mais que l'on se prend à plaindre. J'ai eu envie à plusieurs occasions de la secouer, de la pousser dehors, de lui dire : vas-y bouge, ne te laisse pas faire, agis mais nous sommes en 1930 et la société américaine l'aurait jugée, écartée, mise au ban, et pour India il est impensable de ne pas être ce que les autres attendent d'elle !

    A d'autres moments elle m'a exaspérée, agacée, par ses petites phrases assassines, sur ces prises de position, sur ses jugements.

    Un travail de chroniqueur de la part de l'auteur sur une tranche de vie, en apparence heureuse mais qui se révèle bien triste. Une vision de la société américaine réaliste je pense, sans complaisance ni développement, simplement des événements familiaux. Je pense qu'il faut commencer par la lecture de Mrs Bridge en premier, puis Mr Bridge, cela me semble plus cohérent.

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  • Un livre au verbe simple mais néanmoins porteur de réflexions sur la condition féminine dans les années 1940 aux Etats-Unis.
    Est-ce ceci le miracle américain ou plutôt le mirage, pour ces familles. Nous avons ici une femme Madame BRIDGE, qui incarne la femme "modèle", Mais une femme [incapable...
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    Un livre au verbe simple mais néanmoins porteur de réflexions sur la condition féminine dans les années 1940 aux Etats-Unis.
    Est-ce ceci le miracle américain ou plutôt le mirage, pour ces familles. Nous avons ici une femme Madame BRIDGE, qui incarne la femme "modèle", Mais une femme [incapable de réfléchir, dénuée d'imagination et que tout sidère].
    Est-ce ceci le paradigme de la femme? Et je pense que l'on peut extrapoler cette vie avec sa suite de chocs psychologiques à toutes les femmes de ce monde.

    Un "pantin" avec des sentiments réprimés, une absence d'ambition, la peur de décevoir, bref, pour tout dire, un femme malheureuse!

    Où l'on aperçoit seulement, maintenant, leur révolte afin de faire "exploser" ce carcan des conventions, du diktat des normes sociales...édictées par l'homme!

    Agréable à lire, et à mettre sur la table de chevet des hommes...

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  • La réédition de ce Mrs Bridge (et de son pendant Mr Bridge, qui forment un diptyque) est une excellente idée permettant de redécouvrir ce roman paru en 1959 et très apprécié aux Etats-Unis. Evan S. Connell a inventé le concept de Desesperate Housewife bien avant l'heure et c'est avec une belle...
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    La réédition de ce Mrs Bridge (et de son pendant Mr Bridge, qui forment un diptyque) est une excellente idée permettant de redécouvrir ce roman paru en 1959 et très apprécié aux Etats-Unis. Evan S. Connell a inventé le concept de Desesperate Housewife bien avant l'heure et c'est avec une belle acuité et un brin d'ironie qu'il restitue le quotidien d'une femme au foyer de l'entre-deux guerres à Kansas City qui est d'ailleurs sa ville natale. La plume est précise et légère, le regard non dénué d'une certaine cruauté. La finesse de l'ensemble offre une lecture distrayante au cours de laquelle on garde en permanence une sorte de petit sourire en coin.

    "Mrs Bridge passait de longs moments à regarder dans le vide, oppressée par un sentiment d'attente. Attente de quoi ? Elle ne savait. Quelqu'un allait venir, quelqu'un avait sûrement besoin d'elle. Mais chaque jour passait comme celui qui l'avait précédé. Rien d'intense, rien de désespéré n'arrivait jamais. Le temps ne passait pas."

    En 117 courts chapitres, Mrs Bridge passe du statut de jeune mariée à celui de jeune veuve sans se départir de cette chape d'ennui et de solitude qui l'enveloppe. Malgré des conditions de vie très confortables, trois enfants en pleine santé et un mari qui ne semble pas exiger grand-chose d'elle. Mrs Bridge tente d'inculquer à ses enfants les principes d'éducation qui lui ont été transmis par une longue lignée de gens "comme il faut" et surtout, elle s'attache à trouver de quoi occuper ses longues journées. On comprend vite que Mr Bridge passe son temps à son cabinet d'avocat et les deux se côtoient sans vraiment se parler. Mrs Bridge s'en remet pourtant à son mari pour tout, incapable de s'engager par elle-même dans une quelconque activité. Cette femme oisive est la reine de la procrastination, trouvant toujours de bonnes excuses pour ne pas se lancer dans un projet qui semblait pourtant lui tenir à cœur. Les dialogues avec ses enfants devenus adolescents sont savoureux de décalage. Tout comme ceux qui traduisent entre son mari et elle un terrible éloignement de pensée. Enfin, on suit avec un amusement un peu cruel les péripéties de Mrs Bridge dans son environnement social entre cocktails de voisinage qui donnent lieu à compte-rendu dans la gazette locale, concerts auxquels elle ne comprend pas grand-chose, superficialité des conversations ou encore expositions qui l'amènent à penser qu'elle devrait approfondir ses connaissances dans certains domaines (sans jamais le faire, bien sûr). Un personnage enfermé dans le carcan des apparences et des bonnes manières d'une certaine société et qui finit par en devenir touchant de tant de vacuité.

    Voilà comment une vie passe sans que l'on s'en rende compte. En remettant sans cesse à demain, en oubliant d'exister par soi-même et de s'ouvrir au monde. Terrifiant passage où Ms Bridge repense au passage d'un livre qu'elle avait commencé à lire : "certaines personnes, faisait remarquer l'auteur, passent en effleurant les années de leur existence et s'en vont s'enfoncer doucement dans une tombe paisible, ignorants de la vie jusqu'à la fin, sans avoir jamais su voir tout ce qu'elle peut offrir. Ce passage elle l'avait relu, médité (...) Mrs Bridge se souvenait très bien (...) qu'elle avait laissé le livre sur la cheminée avec l'intention d'en lire davantage. Elle se demandait à présent ce qui l'en avait empêchée, où elle était allée, pourquoi elle n'était jamais revenue."

    Pauvre Mrs Bridge ! Je suis bien curieuse de lire Mr Bridge et de découvrir l'histoire du point de vue du mari qui dans ce roman n'est qu'une figure patriarcale assez taiseuse et indifférente au quotidien de sa femme.

    Une lecture distrayante mais intelligente, comme je les aime.

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